Mathis Lourenco champion de France des super-welters

Ce samedi 18 juin au gymnase Pierre de Coubertin à Maubeuge, le marseillais Mathis Lourenco (9 v, 4 d, 3 n) est devenu champion de France des poids super-welters en battant Kamel Benyattou par jet de l’éponge à la 3eme reprise.

Mathis Lourenco, coaché par le célèbre Jean Molina, est passé à l’offensive dès le début du combat avec la ferme intention d’imposer l’épreuve de force à un boxeur qui était logiquement favori au vu de son palmarès entaché d’une seule défaite subie des poings du redoutable Anauel Ngamissengue.

Après un premier round d’observation, les deux pugilistes ont échangés quelques coups, Mathis Lourenco plaçant deux durs crochets à la face dans les dernières secondes de cette reprise. Lors des trois minutes suivantes, le provençal a décoché un terrible cross du bras arrière à la tempe de Kamel Benyattou qui s’est écroulé au tapis. Compté et sonné, le nordiste a été arrêté par son coin. On apprendra plus tard que Kamel Benyattou s’est à nouveau blessé à l’épaule.

Après avoir été défait par le grand espoir Milan Prat, Mathis Lourenco n’as pas laissé passer cette seconde opportunité de conquérir ce titre national qu’il convoitait tant.

©Vincent Fenech

« Je vais défendre mon titre »

« L’objectif était de faire mal dès le début du combat pour qu’il ne prenne pas la confiance, confie Mathis Lourenco. Je pense avoir réussi, je me suis entrainé dur avec ce plan établi bien en tête, j’étais prêt pour faire dix rounds à ce rythme.  A la fin de la seconde reprise, je l’ai bien sonné, j’ai accéléré en pensant qu’il allait tomber, il a été sauvé par le gong mais j’ai vu le doute dans son regard. Kamel avait une bonne frappe, je me méfiais mais j’ai continué et au milieu du 3eme round, je l’ai bien touché et il est allé au tapis ». Mathis Lourenco est venu tard à la boxe anglaise, après quelques années passées en pieds-poings, perfectionniste et désireux d’aller au bout de lui-même, il enchaine les séances d’entrainement à une cadence effrénée pour parfaire sa technique et son sens tactique. « Après ma défaite devant Milan Prat, plutôt que me lamenter, je suis reparti à la salle pour tenter d’acquérir ce qui me manque, si j’avais perdu ce soir, j’aurais recommencé ce travail». L’avenir ? Il est encore trop tôt pour l’évoquer mais le marseillais confesse avec modestie qu’il ne lâchera pas son bien si durement acquis, « je vais défendre mon titre, c’est sûr, autant de fois qu’il le faudra. Cette victoire va me permettre d’avancer, je vais encore travailler pour arriver à développer mon potentiel et ne pas avoir de regrets ».   

« j’insiste sur le très bon combat de mon adversaire »

Kamel Benyattou qui a vu son rêve s’envoler, réagit avec classe et fair play, « je veux souligner la qualité de la boxe de Mathis et le féliciter pour sa victoire. Je ne me cherche pas d’excuses, je me suis fait opérer en décembre pour une instabilité de l’épaule. L’opération s’est bien passée, j’ai fait un combat il y a un mois sans soucis particulier mais une douleur est réapparue la semaine suivante. J’ai consulté mon chirurgien et avec l’apport des kinés, j’ai pu me préparer pour ce championnat de France. Malheureusement, début du 2eme round, mon épaule m’a lâché, s’en est suivie l’appréhension que mon épaule se déboite et donc un blocage qui empêche de donner les coups avec toute la puissance. J’ai été touché, on s’est posé la question à la fin de la seconde reprise, si on devait continuer et quand j’ai été de nouveau touché au 3eme round, mon coin a arrêté. Cela ne servait plus à rien, je ne pouvais pas défendre mes chances. Je suis bien sûr très déçu, mais surtout, j’insiste sur le très bon combat de mon adversaire, il était très bien préparé, il est fort, bravo à lui ». Kamel Benyattou ne se projette pas encore sur le futur, la déception est encore trop présente, on sent malgré tout poindre déjà des envies de revanche sur le mauvais sort, « je vais appeler mon entraineur, on va d’abord s’attacher à bien soigner cette épaule. Je ne peux pas abandonner la boxe sans avoir remporté le titre de champion de France ».