Massi Tachour en trombe

Le 13 juillet, à Fontenay-sous-Bois, le Français (16 v, 4 d) a conservé avec la manière sa ceinture de l’Union européenne des super-légers en dominant l’Italien Luciano Randazzo (15 v, 4 n, 4 d) par abandon à l’appel de la cinquième reprise.

Quelque peu dans l’esbroufe à l’heure d’en découdre, le Transalpin faisait, dans un premier temps, mine de chercher l’épreuve de force mais se ravisait assez vite face à la boxe toujours aussi dense et compacte du Val-de-Marnais qui ne se laissait nullement impressionner par les velléités du challenger. Ses coups secs, systématiquement délivrés en force, contraignaient rapidement le visiteur à tourner et à reculer. Le tenant ne cessait, au demeurant, d’avancer avec toute la rage et l’obstination qui sont d’habitude les siennes.

Dominant dans le carré magique, il était néanmoins rappelé à l’ordre par son entraîneur. Pris par sa fougue, il avait en effet tendance à confondre vitesse et précipitation. Résultat : des coups délivrés dans le vide, une main gauche un peu basse qui l’exposait inutilement aux crochets droits de son rival et une tendance à se jeter. C’est pourquoi Mehdi et Rachid Labdouni lui demandaient de « ne pas chercher que la tête mais de le casser au corps », d’être « vigilant », de « cadrer mieux que ça » et de ne pas « s’énerver » pour s’épargner tout contre fatidique.

« J’espère passer à l’étape supérieure pour aller plus haut. »

Au fil des minutes, le Francilien parvenait mieux à tempérer ses ardeurs destructrices tout en continuant à prendre l’initiative. Au point, parfois, de devoir couper la route de son adversaire afin de ne pas avoir à lui courir après. Les débats étaient plus que jamais à son avantage et en passe d’être à sens unique. Ses crochets aux flancs et au visage ponctués d’uppercuts opportuns laminaient lentement mais sûrement l’Azzurri qui répliquait de plus en plus sporadiquement. Lors de la minute de repos à l’issue de la quatrième reprise, ce dernier se plaignait d’une douleur à l’épaule qui le contraignait à renoncer.

Massi Tachour pouvait exulter et savourer ce succès probant : « Le travail à la salle a payé. Je n’étais pas remonté sur le ring depuis le 5 décembre. Cela a été dur de remettre la machine en route. Le but était d’attendre que les rounds passent et d’accélérer au fur et à mesure. Une défense de titre, ce n’est pas comme lorsqu’on le conquiert. Il y a plus de stress et de pression quand on est le tenant. Si bien que parfois, je me suis un peu oublié et j’ai eu tendance à aller à la bagarre d’autant que j’ai un tempérament nerveux. Heureusement, mon coin a été très bien et m’a recadré. Cette victoire à la maison est un soulagement. A présent, j’espère passer à l’étape supérieure pour aller plus haut. »