Le triomphe de Rima Ayadi

La Française (6 v) a brillé afin de conserver avec panache, le 30 octobre, aux Mureaux, son titre WBA continental des super-plumes. Pour cela, elle a dominé aux points, à l’unanimité des juges (99-90, 100-89, 98-91), la solide Vénézuélienne Ana Maria Lozano (20 v, 1 n, 11 d) qui compte cinq championnats du monde à son actif.

La locale entamait le duel comme il le fallait. Dominant son sujet et sereine, elle cherchait d’emblée à construire pour mieux combiner. Bien campée sur ses jambes, son jab et son direct du bras avant sans cesse en action, la fausse garde francilienne trouvait fréquemment l’ouverture avec son bras arrière, d’abord au corps puis au visage. Impressionnante de maîtrise, soignant systématiquement sa gestuelle et sa posture, elle livrait une copie très propre. Son entraîneur Abadila Hallab appréciait : « L’attitude est magnifique ! », s’exclamait-il.

Bien qu’ayant prestement pris l’ascendant, son élève ne s’emballait pas et jamais ne se jetait. Sa gauche, donnée tantôt les appuis bien campés au sol, tantôt en mouvement, faisait systématiquement mouche. Seul bémol, des mains légèrement basses qui, parfois, lui faisaient encaisser les coups lourds de la Sud-Américaine, laquelle recherchait exclusivement l’épreuve de force.

La Française s’offrait le luxe et le plaisir de l’accepter dans la quatrième reprise. Et là encore, c’est elle qui inscrivait les touches les plus nettes. Consciente que ce registre était tout de même aléatoire, elle reprenait le fil de son game plan qui privilégiait les enchaînements à distance. Cependant, dans la septième, la Vénézuélienne durcissait franchement les débats et se ruait à l’attaque. Rima Ayadi ne bronchait pas même si elle goûtait ponctuellement aux crochets et aux uppercuts de son opposante dans les échanges de près. Et, soudain, elle contrait la visiteuse d’une énième gauche en ligne. Cette dernière vacillait puis était envoyée au tapis de la même manière avant d’être sauvée in extremis par le gong.

« Je voulais montrer que maintenant, je suis au niveau mondial »

D’une formidable résistance, Ana Maria Lozano repartait à l’assaut et initiait un à toi à moi qui n’était pas pour déplaire à la Tricolore. Elle montrait que dans ce domaine aussi, elle a désormais du répondant en ne reculant pas et en ne commettant aucune erreur sur le plan défensif. Une facette supplémentaire remarquable quand on sait que ce n’était là que son sixième combat. Sans aucun doute son plus beau par son intensité, la qualité palpitante des actions et la vaillance des deux protagonistes.

« Je voulais montrer que j’ai énormément progressé et que maintenant, je suis au niveau mondial », commentait, au micro de Fight Nation, l’héroïne de la soirée. « Nous sommes allé chercher une Sud-Américaine qui a été fidèle au style de ses compatriotes. Elle n’a rien lâché mais Rima a été à la hauteur de ce que j’attendais d’elle, se félicitait Abadila Hallab. Elle a livré une prestation presque parfaite. Donc, on continue. Rendez-vous en mars pour son championnat d’Europe. »