Kevin Thomas-Cojean en reconquête

Le Malouin (27 v, 2 n, 10 d) est redevenu champion de France professionnel des mi-lourds en battant, par arrêt de l’arbitre (7e), chez lui, à Clermont-Ferrand, Hugo Kasperski (34 v, 1 n, 11 d). Un succès qu’il aimerait faire fructifier à l’échelon continental.

« Je ne vais pas mentir, le combat a été compliqué. J’ai douté, avoue, sans ambages, le nouveau champion de France. Hugo était remonté et vraiment déterminé à briller devant ses supporters. Cela a donc été compliqué. Je ne m’attendais pas à une telle prestation de sa part car elle ne reflétait pas ses derniers combats au cours desquels il boxait surtout sur un ou deux coups. Là, au contraire, il était très affûté et avait un débit important. Le but était de l’étouffer car, physiquement, je suis assez fort mais également de le toucher au sommet du crâne en passant au-dessus de sa garde. Au final, c’est moi qui avançais mais c’est lui qui distribuait et qui était le patron sur le ring. Le fait qu’il soit plus grand que moi m’a également posé des problèmes car je n’arrivais pas à trouver ma distance. Et puis c’est un frappeur. Cela cognait et j’ai été touché au deuxième round. »

Si bien que l’Auvergnat menait aux points lorsque dans le sixième opus, il s’est fait contrer sur un crochet droit. Il était alors sauvé par le gong mais n’avait, à l’évidence, pas récupéré à l’entame du septième round. Le Breton s’en est aperçu et n’a pas manqué de saisir sa chance en portant l’estocade finale.

« J’ai conscience que je n’ai pas le niveau d’un Mathieu Bauderlique »

Un scénario que déplore Hugo Kasperski, conscient qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même : « Il fallait boxer à distance or, je ne l’ai pas fait. J’ai préféré aller à la guerre car je voulais gagner avec panache devant mon public. J’ai été poussé par la foule mais ce n’était pas la bonne stratégie à adopter. Je n’ai pas été bon. Félicitations à Kevin. En ce qui me concerne, j’arrête de la boxe parce que j’ai trop d’activités à mener de front. Il y a aussi l’âge. Avant, quand j’étais plus jeune, je gagnais par KO sans forcer et je couchais les mecs. Maintenant, c’est moi qui me fait coucher. Il faut arrêter. J’ai la chance d’avoir une vie professionnelle et une vie familiale bien remplies. Je pense que la boucle est bouclée. »

A trente-deux-printemps, Kevin Thomas-Cojean, lui, aimerait disputer un championnat de l’Union européenne. « C’est mon objectif, assure-t-il. J’ai les pieds sur terre. J’ai conscience que je n’ai pas le niveau d’un Mathieu Bauderlique. Je ne prétends donc pas aller plus haut. Et puis, en France, il y a la jeunesse qui arrive avec des garçons qui sont très forts. »