Goulamirian, vite fait, bien fait

Chapô : Le 15 novembre, à l’AccorHotel Arena, le super champion WBA des lourds-légers (25 v), fidèle à lui-même, n’a pas fait dans la dentelle pour s’imposer, par arrêt de l’arbitre (4e), aux dépens du vaillant Australien Kane Watts (21 v, 4 d).

Il ne fallut qu’une poignée de secondes pour comprendre que ce duel serait à sens unique et n’irait pas à son terme. Dès le premier coup de gong, le tenant était lancé dans une œuvre de destruction majeure. Le plan de bataille était simple : avancer sans cesse, en veillant à ne pas se découvrir, et saper le challenger sous tous les angles en étant précis, donc avec le moins de déperdition possible dans les coups délivrés. A la fin du round initial, au moment de revenir dans son coin, le Français, déjà dominateur, se dégourdissait les jambes pour finir d’évacuer le trop plein de tension qui était le sien après plus d’un an sans avoir boxé. La suite fut essentiellement affaire de crochets chirurgicaux, d’uppercuts qui l’étaient tout autant et d’accélérations fulgurantes, à mi-distance, sans nullement se désunir. Devant un tel récital, l’Aussie, fidèle à sa réputation, se montra d’un grand courage, lequel lui permit de retarder – un peu – l’échéance. En revanche, pareille qualité ne l’empêcha pas d’être compté à la deuxième reprise puis crucifié, pour de bon, au foie, dans la suivante. La messe était dite.

« Ce que je veux l’année prochaine, c’est au moins deux ceintures »

Arsen Goulamirian avait, comme d’habitude, fait le job avec panache en ayant le bon goût de ne pas tomber dans la facilité. « Treize mois d’attente… Travail, souffrance… Finalement, cela a payé, se réjouissait-il au micro de Canal+. J’avais hâte de boxer Je voulais juste remonter sur le ring, mettre des coups, les ressentir, en prendre un peu et revenir chez moi, sur le ring. Mon coach, Abel Sanchez, m’a dit de commencer tranquillement et d’esquiver. J’ai fait au moins cent rounds de sparring et même plus pendant ces treize mois. Cependant, le combat, c’est différent. Il faut boxer plus souvent. Je ne me suis pas trouvé crispé. Comme me le dit Abel Sanchez, j’ai un bon défaut : celui de toujours chercher le coup parfait. Il m’a expliqué que cela arrive en travaillant et à force de donner des petits coups. » Qu’est-ce que cela eu été si le natif d’Erevan en eut donnés des grands…

Reste qu’Arsen Goulamirian a une nouvelle fois répondu présent et voit grand pour 2020 : « C’était le combat que je voulais. Je suis revenu fort. Ce que je veux l’année prochaine, c’est au moins deux ceintures, peu importe lesquelles. » Le Cubain Yuniel Dorticos (24 v, 1 d), champion IBF, le Letton Mairis Briedis (26 v, 1 d), détenteur de la ceinture WBO, et consorts sont prévenus. Et pas rassurés.