Christian Mbilli voit grand

Le Français (18 v) n’est pas du genre à perdre ses bonnes habitudes : le 22 avril, à West Point, il a laminé le Mexicain Jesus Antonio Gutierrez (27 v, 2 n, 5 d) pour l’emporter par KO (5e). Un succès probant qui le légitime dans son désir de défier les meilleurs super-moyens de la Planète.

Initialement, le Tricolore devait recevoir la réplique d’Ievgen Khytrov et ce, le 18 mars, à Porto Rico, mais ce dernier avait été contraint de renoncer après avoir été diagnostiqué positif à la Covid-19. Dommage car l’Ukrainien était d’un calibre supérieur au valeureux Jesus Antonio Gutierrez. Mais faute de grives, on mange des merles et la réputation d’ouragan des rings de l’ancien membre de la Team Solide n’étant plus à faire, il a toute les peines du monde à trouver des rivaux qui acceptent de lui donner la réplique.

Le premier mérite de Jesus Antonio Gutierrez a été de relever le défi et de ne pas se défiler. Il débutait d’ailleurs les hostilités en tentant crânement sa chance. Mais l’embellie ne durait qu’une poignée… de secondes avant que Christian M’Billi ne lâche véritablement les chevaux, en particulier avec ce bras avant aux usages divers qu’il démultipliait en jabs, en directs et en crochets. La cerise sur le gâteau était sa droite lourde à la face pour porter l’estocade. L’élève de Marc Ramsay était lancé dans son œuvre de démolition, alternant sans cesse les cibles sous tous les angles. Le Latino n’avait que sa vaillance et sa résistance à opposer, ce qui, en pareille circonstance, était déjà fort appréciable.

« Ce combat est un message pour toute la catégorie »

Christian Mbilli

Le duel était un mano a mano de prêt, le plus souvent tête contre tête. C’était au demeurant la seule chose que l’on pouvait quelque peu regretter. Même si c’est là une configuration qui sied naturellement aux immenses qualités du Français, il aurait pu, histoire de varier les plaisirs, tenter ponctuellement d’en découdre un peu plus à distance, quitte à imprimer des accélérations et des changements de rythme au lieu d’être tout le temps à cent l’heure, pied au plancher. Mais on fait la fine bouche alors que sa démonstration était des plus probantes et sa suprématie incontestée. Dans le cinquième opus, un uppercut d’école dédoublé envoyait au tapis Jesus Antonio Gutierrez, lequel faisait montre d’un formidable courage en se relevant avant d’être crucifié sur un crochet gauche au sommet du crâne. La messe était dite.

Heureux de sa performance, le quart de finaliste des JO de Rio entend bien bousculer la hiérarchie, comme il l’a expliqué à sa descente du carré magique : « Le game plan était de travailler au corps et ensuite à la tête. Je voulais le détruire graduellement à chacun des rounds. On savait qu’il allait craquer au fur et à mesure. Ce combat est un message pour toute la catégorie afin de montrer que je suis prêt pour affronter n’importe qui. On va y aller étape par étape mais je suis mûr pour ces combats-là. » Qui en doute encore ?