Bis repetita pour Tamba

Comme il l’avait déjà fait en novembre 2019, à Levallois, Gustave Tamba (16 v, 1 n) a conservé son titre national des super-moyens en dominant aux points, à l’unanimité des juges, Steven Crambert (8 v, 6 d), le 27 mars, à Saint-Ouen. Ce qui l’incite, désormais, à viser plus haut.

On comprit très vite que le scénario de cette revanche serait peu ou prou un remake de la précédente confrontation. C’est que la donne était la même : la technique léchée du tenant face à l’imperturbable vaillance du challenger. Dès l’entame, l’Azuréen se montrait à son aise. Il enchaînait à satiété et dédoublait ses directs du bras avant pour trouver l’ouverture et passer de belles combinaisons ou encore, des uppercuts d’école.

Gustave tamba et son entraineur

Pour autant, le Malouin ne s’en laissait pas compter et avançait les mains bien hautes afin de bloquer les remises adverses. Un pressing raisonné et nullement désordonné destiné à lui éviter de suivre le Sudiste et de sans cesse lui courir après. Certes, moins fluide gestuellement, le Breton n’était pas moins actif, travaillant en force et visant fréquemment les flancs pour ensuite tenter de remonter au visage. Mieux, il profitait des quelques largesse défensives du Varois, en sortie d’échanges ou lorsqu’il esquivait les bras ballants, pour le toucher en cross.

Steven Crambert ne s’embarrassait pas de circonvolutions

En somme, les deux hommes s’en tenaient à la ligne de conduite qui avait été la leur lors de leur affrontement initial, à ceci près que le champion en titre se montrait moins saignant et tranchant. Ce qui s’explique aisément par le fait qu’il se remettait d’une fâcheuse blessure aux ligaments du poignet droit, laquelle avait nécessité huit mois d’arrêt, une intervention chirurgicale et une fastidieuse rééducation avant qu’il ne retrouve l’intégralité de ses moyens dans six semaines précédant cette échéance. Toujours est-il que son contradicteur ne s’embarrassait pas de circonvolutions et se révélait plus entreprenant, sans réellement subir. Il faut dire que Gus ne parvenait pas à imprimer les changements de rythme ni les accélérations qui avaient fait tant de mal à son rival, il y a un peu plus d’un an. Les rares fois où il s’y résolvait, il prenait l’ascendant comme au septième round. De son côté, Steven Crambert ne se démontait pas et répondait plus que jamais présent même si ses assauts étaient moins élaborés et donc assez lisibles.

Abandonner la ceinture pour « aller chercher autre chose »

La fin du duel était, de part et d’autre, placée sous le signe du va-tout, ce qui avait pour louable effet de le pimenter. Le Fréjusien appuyait franchement sur le champignon en y mettant du panache. Ses combinaisons lui permettaient de conforter son avance mais ne faisaient en rien céder son solide contradicteur qui résistait admirablement, encaissait gaillardement et répliquait goulûment.

Néanmoins, sur leurs bulletins, les juges donnaient logiquement la primeur de leurs suffrages à celui qui avait été le plus précis et le plus efficace. Vainqueur sans discussion, Gustave Tamba pouvait officialiser son souhait d’abandonner sa couronne « pour aller chercher autre chose », en l’occurrence, une ceinture européenne ou intercontinentale.