Anne-Sophie Da Costa a encore le feu sacré

La Champenoise a beau s’être inclinée aux points, à l’unanimité des juges, devant la championne d’Europe des pailles, l’Espagnole Joana Pastrana, le 26 juin, à Madrid, elle entend vivre pleinement la fin de sa carrière.

Sa voix trahit invariablement une volonté sans faille, des mots jamais prononcés à la cantonade et donc une propension à s’y tenir. Anne-Sophie Da Costa ne veut pas être une quadra dans le carré magique. « Je n’irai pas jusqu’à quarante ans, avertit-elle. Je sais donc que mes derniers combats auront lieu d’ici décembre. J’arrêterai à ce moment-là. Il est sûr que ce sera fini à mes trente-neuf ans. On verra ce que l’on me propose. J’espère boxer. Mais, avec la Covid-19, c’est compliqué de se projeter. J’aimerais refaire un titre et terminer sur une bonne note. »

« A un moment donné, je me suis dit que je reboxerais jamais »

Dans les circonstances actuelles, toute opportunité est bonne à prendre : « Depuis le début de la crise sanitaire, cela faisait six combats que je devais disputer et qui ont été annulés, dont un contre l’ex-championne du monde autrichienne Eva Voraberger. Pour moi, cela fait deux ans que c’est vraiment très dur psychologiquement. A chaque fois, je pensais que j’allais boxer et puis cela tombait à l’eau. A un moment donné, je me suis dit que je ne reboxerais jamais. Je ne voulais pas finir comme ça. »

C’est que la Rémoise a l’envie. « L’adrénaline que l’on ressent quand on monte sur le ring, cela fait toujours autant de bien, assure-t-elle. Face à Joana Pastrana, j’ai vraiment perdu mais j’ai pris du plaisir même si pour un retour après deux ans d’absence, j’aurais préféré affronter une rivale moins difficile. Mais quand les Espagnols m’ont téléphoné, j’ai, évidemment, dit oui. » Alors que la Française vient de perdre son père il y a deux mois… Elle a d’abord remporté son premier duel, et non des moindres, contre la balance pour faire la limite de la catégorie (-47,128 kg). « Quand on vieillit, c’est de plus en plus difficile », sourit-elle.

« Je ne suis pas du tout satisfaite de ma prestation »

De l’autre côté des Pyrénées, l’affaire n’a pas été simple. De son propre aveu, la Tricolore n’a pas réussi à trouver la solution pour annihiler la force physique de l’Ibère. « Dès le premier coup de gong, j’ai vu que l’Espagnole était vraiment puissante et qu’il fallait me méfier parce que j’aurais pu vite aller au tapis, raconte-t-elle. Elle avait tendance à faire la même chose, en l’occurrence, à enchaîner uppercut du bras arrière – crochet du bras avant. Je me suis donc efforcée de beaucoup me déplacer pour qu’elle ne puisse pas placer cette combinaison et ne pas me faire toucher. Cela a été compliqué car, à la base, je suis quelqu’un qui avance. Le fait de devoir sans cesse bouger m’empêchait de boxer. J’aurais voulu désaxer et toucher mais je n’y arrivais pas ou peu. Je n’ai donc pas pu m’exprimer comme je l’aurais voulu d’autant que mon adversaire n’est pas n’importe qui puisqu’elle a été plusieurs fois championne du monde. » Au final, le bilan n’est donc pas celui espéré : « Je ne suis pas du tout satisfaite de ma prestation. J’aurais voulu faire beaucoup mieux. » Tout n’est pas fini et gageons qu’Anne-Sophie Da Costa aura la sortie que son abnégation et ses qualités humaines méritent.