Ségolène Lefebvre championne du monde WBO des super-coqs

Hier soir à Douai, l’invaincue Ségolène Lefebvre (15 v) est devenue championne du monde WBO des poids super-coq en battant aux points (96-93, 96-93, 97-92) la Mexicaine Paulette Valenzuela (13 v, 1 d).

Au-delà de la victoire, c’est la manière qui retiendra l’attention. La Douaisienne a parfois offert un récital de belle boxe devant une Mexicaine ultra offensive et dangereuse avec ses coups à la godille et une propension à boxer tête en avant.

Dès le premier round, Paulette Valenzuela s’est ruée sur la Française qui l’a mise dans le vent en tournant et en utilisant son jab. La Nord-Américaine ne laissait pas une seconde de répit à Ségolène Lefebvre, elle la pressait sous tous les angles sans réussir à la toucher. La Nordiste avait toujours le geste juste; un pas de côté pour esquiver avant de placer une droite pour stopper la marche en avant de sa rivale.

Paulette Valenzuela continuait son pressing, souvent brouillon mais intense, avec de réelles intentions belliqueuses, Robert Pantigny enjoignait sa championne à ne pas tomber dans le piège et de développer sa boxe technique. Ségolène Lefebvre livra un 5eme round à couper le souffle, avec des gestes de grande classe, elle stoppait net la furie Mexicaine avec un uppercut puis un direct, sa boxe en reculant faisait merveille, ses coups étaient d’une précision chirurgicale. La championne locale capitalisait dans la reprise suivante avec un direct du bras avant donné en piston qui empêchait Paulette Valenzuela d’approcher.

La Mexicaine ne renonçait pas et elle repartait à l’attaque, elle délivrait une série de plusieurs crochets au corps au 7eme round mais « Majestic » Lefevbre tempérait ses ardeurs avec une combinaison droite gauche à la face. Le rythme était élevé dans ce championnat du monde, remarquablement préparée physiquement, Ségolène Lefebvre restait imperturbable, quel contraste entre cette jeune fille d’apparence presque frêle et la championne intraitable, qui tel un matador, maitrisait son adversaire sur le ring avec une classe déconcertante.

comptée sur une chute

D’autres se seraient probablement découragées, pas une Paulette Valenzuela rompue à la dureté des salles Mexicaines. Elle attaquait le 10eme et ultime round en trombe pour toucher son adversaire avec un de ses larges crochets, Ségolène Lefebvre encaissait sans dommages puis elle était comptée ensuite sur une action confuse où elle se retrouvait au sol, «victime d’une chute» dira t-elle.  

« Ségolène a livré une prestation quasi parfaite, commente Robert Pantigny, elle a suivi à la lettre la stratégie que nous avions travaillée depuis des semaines et des semaines. Nous savions que Valenzuela était plus petite et qu’elle avançait, les consignes étaient claires : Ne pas se battre avec elle, la tenir à distance et marquer des points. C’est ce que je lui ai répété à chaque minute de repos. On avait axé une part de travail sur la puissance, Ségo n’est pas réputée frappeuse, on a vu qu’elle avait gagné en efficacité. » Quand on fait remarquer au technicien Douaisien  que sa championne paraissait facile, il acquiesce mais il précise « son niveau de boxe est la résultante d’un travail de longue haleine, de plusieurs années. Tout est travaillé, chaque geste est répété, des centaines de fois jusqu’à la perfection. Quand je voyais Ségolène réussir une esquive et frapper ensuite, je revoyais les exercices effectués à la salle. Quand elle arrivée chez nous, elle était encore formatée boxe amateur, nous lui avons apporté un cadre pro, étape après étape, physiquement d’abord puis préparation après préparation en fonction des adversaires, elle a toujours progressé pour arriver au niveau et au résultat d’hier soir. La suite ? Je vais d’abord me reposer car ce fut éprouvant de monter un tel évènement puis on verra, pour l’instant on savoure. »