Davina Michel sur le podium

La Française (-75 kg) a été étincelante pour prendre l’ascendant sans discussion (5-0) sur l’Anglaise Kerry Davis, en quart de finale des championnats du monde, à Istanbul. La voilà assurée de remporter a minima une médaille de bronze amplement méritée.

Déjà prête à en découdre alors que la Britannique continuait à mettre et à régler la fixation de son casque, la Martiniquaise commençait idéalement en campant au centre du ring et en étant intelligemment et constamment active. C’est elle qui avançait en déclenchant dans le mouvement, sans attendre de se retrouver collée à une rivale qui, il faut le rappeler, l’avait battue par le passé. Un rythme d’enfer qui contraignait cette dernière, au mieux, à tourner, au pire, à reculer complètement étouffée qu’elle était par le rythme et le pressing imposés par Davina Michel. Au point que le Sujet de Sa Gracieuse Majesté était comptée au bout d’une bonne minute de combat.

La Tricolore brillait de mille feux. D’abord parce qu’elle ne se précipitait pas et faisait tout en bon ordre. En effet, elle ne négligeait pas le travail de feinte puis prenait soin de d’abord donner son bras avant en directs ou en jabs avant d’enchaîner en séries de crochets des deux mains au visage ou, tout simplement, de passer sa lourde droite. Précise dans ses actions, sachant les interrompre à temps pour qu’elles ne se concluent pas par des accroches stériles, la copie qu’elle livrait était de haute volée.

Des larmes de joie à l’énoncé du verdict

Dotée d’une allonge inférieure et d’une garde peu hermétique, l’Anglaise Kerry Davis ne parvenait pas à remiser lorsqu’elle était en marche arrière et se faisait régulièrement crucifier. D’autant que la Française ne faiblissait pas et conservait jusqu’au bout une belle attitude, sans se déliter pugilistiquement ni négliger les moyens de défense. Aérienne dans ses déplacements mais solide sur ses appuis au moment de frapper, ses cross du gauche faisaient mouche. De même, ses accélérations régulières laminaient la Britannique et venaient conforter un succès acquis avec la manière, illustration d’une métamorphose qui pourrait mener la Tricolore encore plus haut et loin dans cette compétition référence.

« Davina a fait ce que l’on attendait d’elle et ce que nous avions préparé, se félicite l’entraîneur national, Stéphane Cottalorda. Nous l’avions bien mobilisée. Elle avait besoin de cette victoire à titre personnel. » Ses larmes de joie à l’énoncé du verdict en attestaient.