Davina Michel en lice pour la médaille

C’est le grand jour pour la Martiniquaise (-75 kg) : si elle bat, aujourd’hui, en quart de finale des Mondiaux, l’Anglaise Kerry Davis, elle montera pour la première fois de sa carrière sur le podium d’un grand championnat en seniors. Elle en a les moyens.

Et si Davina Michel avait enfin et définitivement fait sa mue pugilistique, elle a qu’il avait été reproché, par le passé, d’être parfois inconstante pour ce qui est de l’appropriation, par l’athlète, des sacrosaintes exigences inhérentes au haut niveau ? Une irrégularité dans la rigueur que beaucoup déploraient à la mesure du potentiel pugilistique que tout le monde reconnaît bien volontiers à cette fine technicienne capable de réaliser tant de belle choses dans le carré magique quand… elle a suffisamment d’essence dans le moteur. En clair, quand le physique suit et que, pour cela, il a été entraîné et rodé comme il convenait en amont. Ce qui n’a pas toujours été le cas…

Sa victoire probante (4-1), en huitième de finale, aux dépens de la fausse garde ouzbèke Mavluda Movlonova, vice-championne d’Asie, est un modèle du genre. Non seulement la Française a occupé le centre du ring mais elle a perturbé son opposante avec sa taille supérieure et son bras avant télescopique. Sa vitesse gestuelle supérieure et sa faculté à en découdre en séries ont rendu impuissante sa contradictrice en panne de solution sur le plan technico-tactique.

« Ses résultats sont la confirmation d’une évolution, d’un changement de mentalité et d’un plus grand sérieux, se réjouit l’entraîneur national, Stéphane Cottalorda. En revanche, ce n’est pas à proprement parler une surprise dans la mesure où l’on avait décelé des signes précurseurs de son sérieux accru et de sa meilleure gestion de son poids. Lors des oppositions, elle était vraiment bien. Elle ne fait que confirmer ce que l’on avait vu à l’entraînement. Elle a également effectué un gros travail sur le langage corporel afin de ne pas montrer qu’elle est fatiguée. Techniquement, ce qu’elle produit est maîtrisé. Il lui faut simplement veiller à éviter les accrochages. » Bref, les feux sont au vert.

Rim Bennama pas assez impactante

En revanche, Rim Bennama (-48 kg) a trébuché (5-0) en huitième de finale face à la Turque Ayse Cagirir, qui a n’a eu de cesse d’avancer. La Toulousaine avait pour mission initiale de contre-attaquer sur plusieurs coups. Mais la perte du premier round l’a contrainte à revoir ses plans et à aller chercher davantage sa rivale, ce qui est moins le domaine de prédilection de l’Occitane. « Elle aurait dû davantage travailler sur des séries plus longues initiées d’un peu plus loin avant de sortir latéralement en montant les mains, analyse Stéphane Cottalorda. Surtout, la différence s’est faite au niveau de l’impact des coups. Il n’y en avait pas assez pour convaincre les juges quand bien même Rim était-elle meilleure techniquement et a peut-être un peu plus touché que son adversaire. Elle a manqué d’efficacité. En outre, Rim a tendance, quand elle se fait toucher, à avoir une attitude, une posture et des déplacements qui s’en trouvent modifiés. Ce sont des défauts assez récurrents qu’elle doit corriger, en particulier en se tonifiant musculairement. »