La Fédération française de boxe a tenu absolument à organiser les championnats de France Elites 2021, après la crise sanitaire qui a fortement perturbé les réunions de boxe depuis le début de la crise sanitaire en Mars 2020. L'ensemble des comités régionaux travaillent à l'organisation de leurs championnats respectifs qui permettront aux meilleurs d’accéder aux phases finales des CFA 2021.

Ces dernières se tiendront cette année en deux sessions :

Tableaux de compétitions et infos pratiques des phases finales des CFA 2021

RING A

RING B

Le règlement et les formulaires d'engagement

Les championnats du monde AIBA masculins se dérouleront, du 24 octobre au 6 novembre, à Belgrade, en Serbie. L’équipe de France y concourra avec l’ambition de repartir du bon pied après sa récente déconvenue olympique.

« Ces championnats du monde marquent le début d’une nouvelle ère ou, à tout le moins, un nouveau départ », explique, en préambule, Malik Bouziane, entraîneur national en charge de la filière masculine. Et ce, à plusieurs titres puisque pour la première fois de l’histoire de la compétition, des prize money seront remis aux médaillés. Ceux qui décrocheront l’or percevront, en effet, la bagatelle de 100 000 dollars, ce qui a de fortes chances d’attirer davantage de pros enclins à tenter leur chance. Sachant, en outre, qu’il y aura treize catégories au programme, soit plus qu’aux Jeux olympiques

En Serbie, Malik Bouziane conduira une équipe composée de six éléments forts. Ce qui signifie que la Direction technique nationale (DTN) a fait le choix de ne pas envoyer un athlète par catégorie mais seulement des pugilistes médaillables ou, a minima, en capacité de se qualifier pour les quarts de finale. C’est en effet, là, un critère essentiel pour prétendre figurer dans le groupe Élite sur la liste des Sportifs de haut niveau (SHN) du ministère. « Ce n’est pas lors d’un championnat mondial que l’on prend véritablement de l’expérience, justifie Malik Bouziane. Il y a plein de tournois internationaux et de stages qui sont faits pour ça. Cela ne sert à rien d’emmener des personnes dont on sait à l’avance qu’elles ne passeront qu’un ou deux tours. C’est une perte de temps, d’énergie et d’argent. »

L’objectif assigné à l’escouade tricolore est de ramener a minima une médaille et de placer au moins deux autres de ses membres en quarts de finale dans un contexte de concurrence planétaire de plus en plus relevé. Le tout à même pas trois ans des JO de Paris dont la préparation a déjà commencé.

La troupe tricolore alignée en Serbie associe trois éléments plus expérimentés - Bilal Bennama, Samuel Kistohurry et Sofiane Oumiha - qui étaient en lice lors des derniers JO de Tokyo et trois autres - Lounes Hamraoui, Moreno Fendeiro et Soheb Bouhafia - qui disputeront leur premiers Mondiaux. Présentations avec l’entraîneur national.

- 54 kg : Bilal Bennama (Blagnac BC)

« On sait que Bilal possède les qualités pour performer au plus haut niveau. Il a également pour lui une expérience certaine dans la mesure où il a déjà participé à toutes les compétions internationales de référence. A lui d’être vraiment déterminé et de se remettre en question. Il devra notamment faire preuve de vigilance lors de ses sorties d’actions pour ne pas s’exposer alors qu’il a tendance à avoir le bras avant un peu bas. »

- 57 kg : Samuel Kistohurry (Ussap Boxe)

« Samuel est une valeur sûre du groupe. Non seulement il est arrivé à maturité mais il est très fort physiquement pour la catégorie. Après sa déconvenue à Tokyo, il a bien rebondi au tournoi de Bosnie en remportant l’or. Plus largement, il a retrouvé ses automatismes et ses marques afin de faire le plein de confiance. A lui d’être vigilant, de prendre tous ses adversaires au sérieux et de ne pas avoir les mains trop basses. Auparavant, il avait tendance à beaucoup boxer en force. Désormais, il éprouve d’autres sensations en étant plus mobile. »

-60 kg : Sofiane Oumiha (Boxoum)

« Sofiane a fait le choix de retrouver sa vraie catégorie, celle dans laquelle il avait été sacré champion du monde en 2017. C’est en effet à ce poids que le rapport vitesse-puissance lui est le plus favorable. Il faut qu’il reste moins dans l’axe. A l’image de Bilal et de Samuel, il a soif de revanche suite à sa mésaventure au Japon. Il a indéniablement retrouvé du plaisir à boxer et a conservé sa gestuelle. Bref, les feux sont au vert et je suis convaincu qu’il peut de nouveau tirer son épingle du jeu en -60 kg. »

-63,5 kg : Lounes Hamraoui (Le Noble art de Rouen)

« Longtemps handicapé sur le plan physique à cause d’une pubalgie, Lounes poursuit sa progression. En attestent les médailles qu’il a remportées lors de la plupart de ses sorties sur la scène internationale au cours des six derniers mois. Sans compter sa défaite d’un rien aux championnats d’Europe des -22 ans face au futur médaillé d’or. Il est capable de surprendre, sa mobilité, sa rapidité et sa vista étant ses points forts. Mais, pour créer l’exploit, il lui faudra être à 200 % mentalement. Il a en effet encore trop tendance à se mettre juste au-dessus de ses adversaires et à ne pas être suffisamment actif, ce qui prête le flanc à des décisions arbitrales serrées et parfois en sa défaveur. »

-75 kg : Moreno Fendero (Boxe chartraine)

« Il est capable du meilleur comme du moins bon. Il est impératif qu’il soit plus actif et agressif. En effet, il n’a pas le choix : il faut qu’il s’impose. Il a un gabarit impressionnant qui fait peur à ses adversaires. Mais quand ces derniers voient qu’il ne l’exploite pas, ils prennent leurs aises et s’installent dans le combat. Il est donc essentiel que Moreno prenne l’habitude de gagner le premier round. »

-92 kg : Soheb Bouafia (ABC Roubaisien)

« Suite à son opération à l’épaule, Soheb est bien revenu même s’il n’a pas encore retrouvé toute sa mobilité. Il a récemment montré des choses intéressantes, notamment en étant médaillé de bronze aux derniers championnats du monde militaires. Il possède de réelles qualités techniques, notamment un bon direct du bras avant. En revanche, il lui faut veiller à ne pas se jeter et à éviter les accrochages. Et, sur le plan offensif, il ne doit pas hésiter à prendre l’initiative et à être le premier en action tout en évitant d’être sur le reculoir. Soheb a un bagage technique qui lui permet de s’adapter à divers styles. »

Les 6 et 7 Novembre prochain, Laurent Boucher et Franck Romeo feront escale au Parc départemental  d’Olhain (Pas-De-Calais) dans la région Hauts-De-France où se tiendra  la 11eme session de leur formation de cutman en partenariat avec le Comité Régional des Hauts-de-France, à l'initiative de Mehdi Nichane, nouveau DTN de la FFBoxe.

En moins de deux ans d’existence de leur projet, les deux experts ont réussi leur pari qui consistait à sensibiliser les acteurs des sports de combats à la nécessité de toujours plus se professionnaliser pour une meilleure protection des pratiquants. Un bandage raté, une coupure mal gérée etc…Toute une somme de petits détails, qui bien gérés par le coin formé à ces pratiques spécifiques du soin,  feront la différence dans la performance.

Il reste des places pour intégrer cette 11eme session de la FCN, toutes les informations utiles sont à retrouver sur le site ici

04 & 05 décembre à Aubervilliers (Ile-de-France).

Dernière session 2021  Pour clôturer cette année 2021, la dernière session de la FCN se tiendra à nouveau en Ile-de-France. Après le succès retentissant de la formation organisée au Boxing Beats d'Aubervilliers en juin dernier, une nouvelle session sera programmée les 04 et 05 décembre prochain. Les deux techniciens vous y attendent nombreux ! Les inscriptions sont désormais ouvertes sur le site officiel: www.formation-cutmen-nationaux.com.

Cette session sera la 6ème en IDF, avec plus de cent personnes (107 exactement) formées sur le territoire francilien, et ce 8ème week-end de formation terminera l'année 2021.

Introduction Dopage

Le dopage se caractérise par l’utilisation de substances ou de procédés de nature à modifier artificiellement les capacités d’un sportif ou à masquer l’emploi de substances ou procédés ayant cette propriété. La pratique du dopage est interdite par la réglementation indiquée dans le code du sport. Tout sportif compétiteur contrevenant à cette règle est passible de sanctions allant de la suspension à la radiation à vie en cas de récidive, en passant par les amendes.

Prévention

Informations

L’AMA (agence mondiale anti dopage), qui fait référence en la matière, définit annuellement la liste des produits et des méthodes illicites.

Télécharger la liste des interdictions - Entrée en vigueur le 01/01/2023

ACTIONS DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE BOXE

La Fédération Française de boxe s'inscrit activement dans la lutte anti dopage pour garantir une pratique saine et éthique de la discipline et protéger ses athlètes. La commission nationale médicale a dans ses attributions:

L’AFLD (Agence Française de lutte contre le dopage) propose sur son site un moteur de recherche (ici) pour aider et conseiller les sportifs sur la compatibilité des médicaments avec la pratique du sport de compétition.

Dimanche 17 octobre, à Paris, le Hall Boxing accueillait la soirée de lancement du livre écrit par Ingrid Lanzenberg avec le concours de Jean-Pierre Cossegal. « Dans l’ombre du boxeur, l’entraîneur »1 braque les projecteurs sur ceux qui façonnent avec obstination les pugilistes, petits et grands.

Pour une fois, ce sont eux que les feux de la rampe illuminaient avec, en maître de cérémonie, l’ancien speaker, l’ineffable Jean-Pierre Cossegal. Eux, ce sont les entraîneurs, héros de l’ouvrage d’Ingrid Lanzenberg dont la démarche est inédite dans la littérature consacrée au noble art. En l’occurrence, décrypter ce lien à la fois viscéral et ténu, fondateur et fragile qui unit les entraîneurs à leurs athlètes. Sauf que c’est aux premiers que l’auteur a fait le choix de donner la parole dans un ouvrage aux allures de galerie d’autoportraits.

Crédit photo Pierre GIROD

Les protagonistes ont donc eu les honneurs du ring du Hall Boxing. En l’occurrence, Ali Oubaali qui a évoqué la nécessité d’être juste mais dur ; Medi Boufoudi devenu coach comme son père trop tôt décédé dont il porte si haut la mémoire ; Saïd Bennajem, l’âme du Boxing Beats Aubervilliers ; John Dovi, manager des équipes de France masculines deux olympiades durant ; Abadila Hallab, mentor du BAM l’Héritage qui se plaît à décrypter « le code Pin » de chacune de ses ouailles pour les conduire sur le chemin de leur accomplissement ; Nasser Lalaoui, faiseur de Mehdi Bouadla au sein du CSL Aulnay-sous-Bois ; Giovanni Boggia, polisseur de champions à Pont-Sainte-Maxence.

Admirable abnégation et polymorphie de la fonction

Crédit photo Pierre GIROD

Tous étaient là pour témoigner et dire ce qui les meut à l’aune de la polymorphie de leur fonction et de l’admirable abnégation qui sont les leurs. Manquaient seulement à l’appel Youssef Barit, Marcel Denis et Louis Lavaly qui, eux aussi, se sont confiés sous la plume bienveillante d’Ingrid Lanzenberg.

Dont la louable entreprise fait pleinement sens et, comme l’a souligné Dominique Nato, Président de la FF Boxe, invite à voir la discipline dans la plénitude de son humanité. C’est là son mérite hautement salutaire.

1 Pour commander le livre : https://exuvie.fr/livre/dans-lombre-du-boxeur-lentraineur/

Alexandre Terrini

Trois réunions se sont déroulées en France ce week end, la première a eu lieu vendredi soir à Saint-Quentin (voir compte rendu ici) . Retour sur les deux autres et sur la performance de David Spilmont à l'étranger.

A Riga, Lettonie

Le poids lourd David Spilmont (11 v, 7 d) rencontrait l’Ukrainien Bohdan Myronets (3 v, 1 d) dans un combat d’encadrement du championnat du monde WBO des lourd-légers opposant Mairis Briedis à Artur Mann. Contre toute attente, le Français a infligé une première défaite aux points à l’Ukrainien. «Il était dur et compliqué à boxer, il m’a piqué au 1er round et j’ai mis un genou à terre pour récupérer » indique David Spilmont. Le Nordiste a ensuite fait le forcing en harcelant Bohdan Myronets, qui n’avait d’autres solutions que s’accrocher, pour s'octroyer une magnifique victoire aux points en terre étrangère devant un espoir de l'écurie du champion du monde Letton.

A Evreux, ( Eure 27)

Le gymnase de l’institution Notre Dame Sainte François était comble avec 400 spectateurs pour le retour de la boxe dans la ville après deux ans d’absence. Huit affrontements amateurs et deux combats pros au programme et une première pour Maxime Roussel qui faisait office de speaker.

Un Maxime Roussel qui envisageait de faire un dernier combat pro devant son public, malheureusement sa main abimée avec une blessure à un métacarpe l’a contraint à reporter cette ultime sortie.

En poids mi-lourd, Martin Owono (8 v, 33 d, 3 n) qui mettra un terme à sa carrière en Janvier, boxait pour la dernière fois dans sa bonne ville d’Evreux. Il était opposé à Matthieu Raymond (1 v, 8 d, 1 n). Martin Owono s’était parfaitement préparé pour l’occasion, en croisant notamment les gants avec Matteo Hache. L’Ebroïcien, animé par la détermination de gagner avec la manière cette rencontre, n'a pas ménagé ses efforts pour livrer une belle prestation. Martin Owono a été à l’offensive pendant les  six rounds du combat, il l’emporte aux points (58-56). Martin Owono a encore une ou deux rencontres de prévues avant de tirer sa révérence après une carrière exemplaire où il aura rencontré le gratin de la boxe pro nationale.  

Le jeune poids moyen Christophe Mbori Endanga (2 v) a dominé largement aux points (40-36) Gary Mouhet (0 v, 2 d).  Christophe Mbori Endanga a remporté tous les rounds devant un Gary Mohet résistant et fort d’une carrière jalonnée de nombreux titres en pieds poings.

A Chateaubriant, Loire-Atlantique (44)

Un seul combat pro au centre municipal des sports de la ville avec la rencontre de poids welters entre Issa Mourzaev (12 v, 15 d, 4 n) et Benjamin Malingue (6 v, 2 d, 1 n) qui faisait son retour sur les rings après deux ans d’absence. Les deux boxeurs avaient été prévenus mercredi pour pallier à la défection d’un combat de lourd-légers.

Benjamin Malingue a été touché au 1er round par un coup au plexus qu'il a encaissé sans encombre, mais qui l'a incité à se méfier de la qualité du travail au corps de son rival. Il a offert une grosse opposition au Nantais avec sa boxe offensive et organisée. Le combat fut équilibré entre un Benjamin Malingue déterminé à réussir son retour et un Issa Mourzaev armé de ses redoutables frappes au corps. Le boxeur de François Riopedre, qui avait mis KO Meryl Vegas il y  a quinze jours à Nantes, a de nouveau réussi un crochet au foie qui a forcé Benjamin Malingue à poser un genou au sol en fin de 4eme reprise, le boxeur de Bressuire a rapidement récupéré pour terminer le combat en trombe. Un compte qui pèsera lourd dans la décision des juges en faveur d’Issa Mourzaev : 58-55, 58-55, 57-56.

A l’initiative d’Azdine Ben Yacoub, Président du Ring de Fontenay, une poignée de fidèles ainsi que les membres de sa famille ont rendu hommage, cinq ans après sa mort, le 15 avril 2016, à celui qui fut l’un des grands poids moyens français de la fin des années cinquante.

Une vingtaine de personnes s’étaient réunies, en ce dimanche d’automne, pour honorer le souvenir de Marcel Pigou. Maître de cérémonie, Azdine Ben Yacoub a redit combien le défunt « était la passion et respirait l’authenticité. Avec lui, vous étiez prêt à déjouer l’impossible car tout était possible avec Marcel. Bref, « il était un type formidable ». Dominique Nato, Président de la FF Boxe, s’était fait un devoir d’être présent à la Halle Roublot, devant laquelle campe une plaque commémorative en l’honneur de Marcel Pigou, « pour honorer l’un des grands champions de la discipline, un membre de la grande équipe de France des années cinquante ». De son côté, Patrice Bedouret, conseiller municipal de Fontenay-sous-Bois, a rappelé combien « la boxe est quelque chose d’important dans la Ville, tant en ce qui concerne le devoir de mémoire que les jeunes pour lesquels il convient de continuer à œuvrer sur le terrain ». Enfin, Évelyne Ciriegi, Présidente du Comité régional olympique et sportif (Cros) d’Île-de-France, a expliqué que Marcel Pigou « a été un ambassadeur parce qu’il a porté haut les valeurs du sport ».

« Il était assez indépendant de caractère »

Sa biographie en atteste et est, de surcroît, l’incarnation de toute une époque. Il vit le jour le 6 avril 1934, à Chartres où il débuta ses humanités pugilistiques. Après s’être distingué au niveau régional, il monta à Paris et demanda à Jean Bretonnel de le prendre sous son aile. Cependant, il resta encore quelque temps amateur. Sacré champion de Paris, il fut sélectionné pour participer aux championnats d’Europe à Berlin, en 1955. Il s’y para d’une très honorable médaille de bronze. Mais être membre de l’équipe de France l’obligeait à participer régulièrement à des stages à l’Institut national des sports (INS), ancêtre de l’Insep, sous l’autorité des célèbres entraîneurs nationaux d’alors, Fernand Vianey et Marcel Petit. L’expérience finit par tourner court car l’homme avait peu de goût pour la subordination à l’autorité et la vie de groupe dans un cadre aussi strict.

Dans ses mémoires intitulées « Mes boxeurs et moi », Monsieur Jean dresse d’ailleurs le portrait d’un pugiliste talentueux mais loin d’être soumis : « Il était assez indépendant de caractère et il fallait le mener avec doigté mais ce n’était pas pour me déplaire. Finalement, nous nous entendîmes très bien. (…) Pigou était un garçon qui boxait bien, d’une manière très classique. Ce n’était pas un véritable puncheur mais il compensait ce manque de puissance. Il n’était pas non plus très rapide. Il avait fait trop de culturisme dans sa jeunesse et cela l’avait quelque peu noué. Il n’en était pas moins très adroit. »

En tournée américaine avec Germinal Ballarin et Félix Chiocca

Employé aux Halles, il passa donc professionnel en 1955 et ne connut aucun revers en deux ans. De quoi inciter son manager à l’emmener en Amérique dans le cadre d’une tournée qu’il organisa pour ses boxeurs Germinal Ballarin et Félix Chiocca. « Monsieur Bretonnel voulait nous faire progresser et nous donner l’occasion de nous faire boxer autrement, nous avait raconté Marcel Pigou, en 2007. Nous avons fait le voyage en bateau. La traversée a duré une petite semaine. A bord, nous n’avons pas vraiment fait beaucoup d’exercices physiques. On a surtout dansé car il y avait un bal organisé tous les soirs. »

Mais une fois débarqué au Pays de l’Oncle Sam, ce ne fut pas une partie de plaisir : « A New-York, nous nous entraînions dans une salle située dans le Bronx. Ce n’était vraiment pas facile. Les gars étaient durs. La plupart étaient professionnels. Ils voulaient se faire les Français et surtout ne pas se faire moucher par nous. Quand on disputait des rounds contre eux, c’était la baston. En fait, on faisait quasiment un combat tous les soirs. Les entraîneurs américains ne nous donnaient jamais la leçon car, à leurs yeux, nous n’étions que des étrangers. C’est Jean Bretonnel qui s’en chargeait et qui dirigeait nos séances. »

L’un des rares Français à disputer un combat vedette au Madison Square Garden

Par l’entremise de Georges Kanter, le Francilien d’adoption eut l’opportunité de défier Charley Smith, alias Tombstone (La pierre tombale), à Hollywood, le 13 janvier 1957. Il s’inclina de justesse aux points à l’issue d’un combat formidable de vaillance. En septembre de la même année, il céda également de peu devant Gilbert Lavoine, ancien champion de France et d’Europe des moyens. Après être passé sous les drapeaux, Marcel Pigou reprit le cours de sa carrière et repartit à la conquête de l’Amérique, cette fois en avion. Le 17 juin 1960, à New-York, il remporta un succès méritoire avant la limite (KO 7e) mais éprouvant contre le frappeur d’origine argentine, Eduardo Lausse, que beaucoup voyaient comme un futur grand. « Je suis allé à terre à la cinquième reprise. A la fin de la sixième, je pleurais quasiment dans mon coin, se remémorait Marcel Pigou. J’ai alors dit à Bretonnel : « On arrête parce qu’il va me tuer ». Il m’a répondu : « Mais vous n’avez pas vu qu’il est mort ! Et le round d’après, je l’ai donc emporté par KO. » Après un aller-retour dans l’Hexagone, histoire de récupérer, il s’en retourna aux USA dominer le populaire mais vieillissant Ralph Tiger Jones, le 5 novembre 1960, à Boston. Une performance qui fit du Français un potentiel prétendant pour disputer un championnat du monde. Restait à confirmer l’essai pour être désigné challenger officiel du tenant, Gene Fullmer. Pour cela, il devait battre le Portoricain Fiorantino Fernandez au Madison Square Garden. Mais sans doute tétanisé par l’enjeu et le prestige du lieu, il s’inclina par KO dès la deuxième reprise, le 25 mars1961.

Sa chance était passée mais le souvenir, lui, resta indélébile : « J’ai été, avec Marcel Cerdan et Laurent Dauthuille, l’un des rares Français à avoir disputé un combat vedette au Madison Square Garden. Quand je vois des noms pareils, je me dis que c’est quand même une référence. Je ne sais pas comment Monsieur Jean avait dégoté ce combat. Je pense que c’était une question de bourse. Peut-être que nous, Français, coûtions moins cher que les autres ! Cela ne m’a pas empêché de toucher une belle somme, 7,7 millions de francs de l’époque. Pour moi, c’était énorme. En effet je travaillais comme chauffeur livreur et j’étais rémunéré six-cents balles par moi. En une soirée, j’ai donc gagné presque dix ans de salaire. Cela m’a permis de m’acheter un appartement de quatre pièces. J’étais père de famille et il fallait que j’assure l’avenir de mes enfants… »

Contraint de raccrocher par la faute de Luis Folledo

Toujours est-il que Marcel Pigou dut revoir ses ambitions à la baisse et les circonscrire à l’échelon national. Il livra ainsi des duels mémorables face à ses compatriotes Jean Ruellet, qu’il battit deux fois, et Hyppolite Annex contre qu’il ne parvint pas à prendre l’ascendant. Il fut surtout contraint de mettre prématurément un terme à son parcours dans le carré magique, à vingt-huit ans, par la faute de l’Espagnol Luis Folledo au palmarès aussi impressionnant que son manque de sportivité. L’Ibère avait en effet une fâcheuse tendance à user de ses pouces quand il ne parvenait pas à terrasser ses adversaires. Ce qu’il ne se priva pas de faire, le 17 décembre 1962, à Paris, au Palais des Sports, aux dépens de Marcel Pigou, quitte à lui provoquer un décollement de la rétine. Opéré en urgence, ce dernier retrouva une vue presque parfaite mais se conforma à l’avis du corps médical et raccrocha les gants.

Plus tard, il ouvrit un restaurant à Vincennes, baptisé Le Garden, en référence aux années glorieuses, et devint entraîneur de l’US Fontenaysienne, club au sein duquel il fit revenir le noble art et où il forma le champion d’Europe des plumes Mehdi Labdouni.

Le 14 octobre, le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé que l’État allait affecter, sur trois ans, 200 millions d’euros à la construction ou à la requalification de 5 000 équipements sportifs de proximité ainsi qu’à l’acquisition d’équipements mobiles. Le Plan 5 000 terrains de sport d’ici 2024 profitera à la boxe. Explications.

Le constat est connu : la France manque cruellement d’équipements sportifs au point que l’Exécutif a pris le taureau par les cornes sous la forme d’une politique nationale et d’un plan massif de création d’équipements. Oui mais pas n’importe lesquels : on est là dans un changement de paradigme revendiqué. Alors que, jusqu’à présent, l’État subventionnait prioritairement de grandes enceintes, en faible quantité, dont les usagers étaient, in fine, souvent éloignés, il s’agit, désormais, de privilégier, en particulier dans les territoires carencés que sont les Quartiers prioritaires de la politique de la Ville (QPV) et les zones rurales, des infrastructures proches des lieux de vie ou de travail et de répondre ainsi aux besoins du quotidien des pratiquants.

Les investissements porteront en partie sur des disciplines classiques pour lesquelles les besoins sont forts, telles les sports de combat. Ainsi, ce seront 1 000 nouveaux dojos, salles d’arts martiaux et de boxe qui verront le jour d’ici trois ans au cœur des quartiers prioritaires « pour y faire émerger des lieux de pratique et des clubs grâce à l’implication des bailleurs sociaux et des collectivités », insiste le ministère des Sports.

L’implantation des installations sera le fruit d’un diagnostic national

La sortie de terre de chaque équipement sera soumise à une condition bien compréhensible : aucun d’eux ne devra être délaissé ou inoccupé. Concrètement, chaque site devra obligatoirement faire l’objet d’une convention assurant qu’un nombre minimum d’heures par semaine seront exploitées par un club ou un établissement scolaire et qu’une autre partie sera réservée aux pratiques libres. Par ailleurs, le promoteur du projet devra entretenir et animer l’équipement. Gageons que les enceintes dévolues au noble art ne resteront pas des coquilles vides.

Par ailleurs, pour s’assurer de leur pertinence et s’adapter aux spécificités des territoires concernés, l’implantation de ces installations sera le fruit d’un diagnostic national et local préalable des besoins, le tout en collaboration avec les acteurs locaux. L’idée est de générer, çà et là, une nouvelle dynamique. « La création de ces nouveaux équipements, véritables lieux de vie, va ouvrir de nouvelles perspectives par l’effet d’entraînement économique et de cohésion sociale qu’ils peuvent impulser sur le territoire et favoriser les interactions entre toutes les parties prenantes », suggère le ministère des Sports.

Les fédérations sportives pourront directement porter les projets

Décliné sous la houlette de l’Agence nationale du sport (ANS), chargée par le ministère des Sports de le mettre en musique, ce Plan comporte un volet national et régional. Ce qui signifie que dès 2022, les collectivités territoriales et les associations sportives, à l’image de la FF Boxe, de ses comités régionaux et départementaux et de ses clubs, seront habilitées à proposer des projets de construction que l’État financera a minima à 50 % et jusqu’à 80 % du montant subventionnable. En outre-Mer, l’État pourra soutenir jusqu’à 100 % du coût. Le but est, en effet, de réduire les procédures de cofinancements croisés.

Concrètement, les fédérations sportives volontaires pourront directement porter les projets retenus par les collectivités et recevront, via des conventions dédiées, des fonds à cette fin. Ce sera l’occasion, pour elles, de « donner une nouvelle dynamique à leurs plans de développement en lien avec les collectivités territoriales », assure le ministère. La FF Boxe ne demande pas mieux.

C’est avec une infinie tristesse que nous apprenons le décès de Roland Lehot survenu à son domicile vendredi 15 Octobre. Roland avait 64 ans et il fut arbitre pendant vingt-deux ans dont cinq en tant qu’arbitre national dans les rangs professionnels avant que la maladie ne l'éloigne de cette fonction d'arbitre qu'il aimait tant. La boxe était sa passion, comme la chasse qu’il aimait pratiquer dans sa bonne campagne de Carentan. La boxe et les Lehot est une longue histoire, Roland n’avait pas pratiqué mais il avait été initié à ce sport par le biais de Jean Claude Lamy son beau-frère et boxeur.

Ses fils Fabrice et Jean-François furent boxeurs professionnels et ses neveux Matthieu et Romain perpétuent la tradition familiale dans ce sport. Roland créa en 2000 avec son frère Jean-Louis, Le Noble Art de Carentan, un club devenu une institution dans la formation des jeunes et la boxe éducative. Roland Lehot était apprécié de tous, sa modestie, sa gentillesse n’avaient d’égales que sa rigueur et sa passion pour le Noble Art. Nous le savions gravement malade depuis quelques années, il espérait toujours faire son retour sur le ring et il s’est battu comme un champion pour y parvenir, la vie en a décidé autrement, Roland va terriblement nous manquer..

Mr Dominique Nato, président de la Fédération Française de Boxe, le comité directeur et le comité régional de Normandie par la voix de Mr Michel Corbières son président, présentent leurs sincères condoléances à la famille et aux proches de Roland Lehot.

Les obsèques de Roland Lehot auront lieu Mercredi 20 Octobre à l’église de Ravenoville (50).

Hier soir au Palais des sports de Saint-Quentin, Guillaume Frenois (49 v, 2 d, 1 n) a ajouté une nouvelle ligne à son fabuleux palmarès en s’octroyant la ceinture WBA Continental des poids légers devant le coriace Guiseppe Carafa (14 v, 5 d, 2 n) qu’il a largement battu aux points (98-92, 97-93 et 97-93).

Guillaume Frenois a livré une prestation de premier plan, avec une variété de coups et une science du ring de niveau mondial face à un adversaire compliqué et imprévisible. Après le traditionnel round d’observation, le boxeur coaché par Giovanni Boggia, a imposé sa boxe avec son phénoménal bras gauche. L’Italien a encaissé des enchainements crochets gauches, uppercuts de toute beauté. L’Expert a livré un récital lors d’une troisième reprise à sens unique. Un premier crochet gauche a éprouvé Guiseppe Carafa qui fut encore secoué par un uppercut puis par un doublé du bras arrière, du grand art ! Guiseppe Carafa a fait preuve d’une résistance hors normes pour ne pas sombrer.  

photo Pierre Girod

L’Italien est resté dangereux, notamment avec sa tête en se jetant, les deux hommes furent d’ailleurs ouverts sur des chocs involontaires. Le visiteur a tenté d’imposer l’épreuve de force avec ses crochets des deux mains, la plupart étant bloqués par Guillaume Frenois. Pendant six rounds, l’Italien fut débordé par la vitesse de bras et la clairvoyance de son rival. Le Saint Quentinois se sachant en avance a géré les derniers rounds sans prendre de coups et en exploitant la moindre ouverture pour remiser. Sans manquer de respect au champion Italien, force est de constater qu'il y avait hier soir une classe d’écart entre les deux hommes. Même si Guillaume Frenois confiera s'être senti un peu rouillé par le manque de combat depuis un an, sa présence physique, son explosivité et sa créativité constituaient un obstacle infranchissable pour le transalpin. Le protégé de Pascal Cordier va faire son entrée au sein de la WBA en poids légers mais au-delà des classements, il a surtout démontré qu’il avait toujours son mot à dire à l’international au plus haut niveau dans deux catégories de poids.

photo Pierre Girod

Quatre autres combats pros figuraient à l’affiche pour le plus grand plus grand plaisir d’un copieux et bruyant public.

La finale de la Coupe de France Elites des poids mi-lourds était attendue, les deux protagonistes s’étaient invectivés sur les réseaux et la tension était palpable quand Mehdi Privat (5 v, 3 d) et Daniel Blenda Dos Santos (17 v, 1 d) sont montés sur le ring pour en découdre.

On attendait le puncheur à l’offensive mais c’est Mehdi Privat qui lançait les hostilités. Daniel Blenda Dos Santos montrait qu’il n’est pas qu’un puncheur en effectuant des retraits du buste millimétrés et des esquives sur les larges crochets de Mehdi Privat. Le combat était tendu, tactique, sans toutefois être fermé.  

A la 5eme reprise, Daniel Blenda Dos Santos trouvait l’ouverture avec un puissant crochet gauche au menton  qui expédiait Mehdi Privat au tapis pour réussir ce qui pourrait devenir le KO Français de l’année 2021.   

La surprise de la soirée est venue de la défaite avant la limite au de l’invaincu Dylan Averlant (6 v, 1 d, 1 n)  au sixième et dernier round devant Yannick N’Galeu (7 v, 5 d).

Dylan Averlant avait bien commencé le combat en tenant à distance son rival avec son bras avant. Au second round, le Saint-Quentinois a fait l’ascenseur sur un gros coup du Francilien. Dylan Averlant  a semblé n’avoir jamais récupéré de ce coup et il s’est attaché à rendre coup pour coup à un rival plus puissant et précis que lui. Yannick N’Galeu secouait durement Dylan Averlant à la 6eme reprise avec une grosse série de coups qui incitait Mr Boubker Idli à sagement arrêter le combat.

En poids super-welters, John Lafont ( 2 v, 2 d, 1 n) a battu par arrêt de l’arbitre au 3éme round l’Amiénois Kamel Guercif (0 v, 1 d) qui effectuait ses débuts professionnels. Deux styles opposés dans ce combat avec un Kamel Guercif mobile et talentueux face à un John Lafont rugueux et offensif. Le combat était équilibré avec une reprise de chaque côté mais une série de John Lafont incitait l’arbitre à stopper le combat.

En poids super-coqs, Mourad Maizou (1 v) a débuté victorieusement dans les rangs professionnels en disposant aux points (39-37, 39-37, 37-39) par décision partagée de Thibault Letray (1 v, 2 d, 1 n). Mourad Maizou a fait la différence par la puissance de ses frappes malgré l’activité de tous les instants de  Thibault Letray.

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