Hier soir à Nice, Nahed Kharchi (7 v, 4 d) a conquis le titre de championne de France des poids plume pour la seconde fois en battant aux points (79-73, 79-73, 79-73) Amel Anouar (2 v, 1 d).
Ce championnat mettait aux prises deux ex détentrices du titre national. Nahed Kharchi l’avait conquis en 2019 devant Ainara Mota puis l’avait perdu d’extrême justesse à l’extérieur lors de sa première défense contre Helena Claveau. Amel Anouar détrôna Helena Claveau, toujours en 2019 et elle n’avait plus combattu depuis. Le titre était vacant car Amel Anouar fut destituée. «J’ai gagné tous les rounds », se félicite Nahed Kharchi, notre stratégie était de lui rentrer dedans et de gagner toutes les reprises. Pour la majorité des observateurs présents, j’ai dominé techniquement et physiquement le combat. J’ai été « agressive » et elle, plus fuyante, elle a opté pour une boxe en mouvement et en contre mais je ne l’ai pas lâchée en la pressant constamment, round après round. Le but ultime était de la mettre KO. »

La nouvelle championne de France avait déjà battu sa co-challenger dans les rangs amateurs et si elle voulait absolument reprendre la ceinture tricolore, elle tenait à ce que sa victoire soit éclatante pour dépasser une frustration née par plusieurs reports de ce championnat de France. « Le combat devait se faire en juin 2021 mais il fut annulé la veille par un certificat médical indiquant qu’Amel était inapte à combattre le lendemain. J’avais un peu la rage, il fut décalé d’un mois et il a été encore annulé. J’avais donc une petite revanche à prendre, cela m’a motivée pour m’entrainer. Mais une fois sur le ring, peu importe qui est en face, on a faim, on veut gagner et la plus belle des manières de le faire c’est par KO. C’est une fierté de reprendre la ceinture, cela confirme mon titre de 2019 et montre que je n’ai pas été championne par accident. C’est le travail qui paie, c’est grâce à l’organisation de mon club, grâce à Fabien (Guillerme) qui a tout mis en place pour monter ce gala, la salle était comble et tout s’est bien passé. »
L’avenir, que compte faire la toute fraîche championne de France ? «Pour l’instant, rien, savourer ce moment et me reposer, nous verrons ensuite… »
Du côté d’Amel Anouar, c'est la déception qui règne « c’est une défaite logique, je n’étais pas prête physiquement, je manquais de mises de gants, deux ans sans boxer. On m’a donné ma chance, je l’ai saisie même si je savais que je ne serais pas à 100% », confie Amel Anouar.
« J’ai changé de région pour raisons professionnelles, j’ai perdu mes repères. Là-bas (Ile de France), je n’ai pas toujours un entraineur, je reste licenciée au Cannet mais je vais devoir trouver un club et un coach prés de mon nouveau domicile pour m’entrainer sérieusement. Malgré le manque de préparation, j’ai relevé le défi et j’ai tenu les huit rounds. Dès la seconde reprise, j’ai manqué de jambes, j’ai perdu 10 kgs et cette perte de poids s’est faite ressentir. Je suis déçue de moi, nous avons fait un beau combat et elle était prête mais je sais que je suis meilleure techniquement. J’ai un style basé sur la mobilité mais mes jambes n’ont pas suivi, c’est le mental qui m’a fait tenir les huit rounds. Elle m’a bien touché, je ne l’ai pas montré et je n’ai pas voulu mettre un genou au sol. Nahed frappe fort, je l’ai senti mais je ne lui ai pas laissé l’opportunité de me terminer, j’ai tenu bon » indique l’ex championne de France. « Je veux une revanche, je l’ai déjà demandée », conclut Amel Anouar.
L’arbitre normand a été élu, mardi 1er février, Président de la Ligue nationale de boxe professionnelle (LNBP). L’heure est à l’action dans la concertation et le pragmatisme.
Cela faisait cinq ans que Robin Dolpierre siégeait à la Ligue où il s’occupait notamment des classements. « Cette expérience m’a permis de mieux connaître l’envers du décor que paradoxalement j’ignorais, explique-t-il. Il y a, en effet, tout un ensemble d’acteurs que je ne connaissais pas véritablement et avec lesquels j’ai été amené à être en relation autrement que lors des réunions où j’étais présent en tant qu’officiel. En fait, jusqu’à présent, je ne connaissais que le devant de la scène. Là, j’ai vu les coulisses. » Avec ce qui fonctionne bien mais aussi ce qui patine sérieusement. Robin Dolpierre se pose avant tout en rassembleur, conscient que toutes les forces vives et les bonnes volontés sont les bienvenues au regard de l’ampleur de la tâche.
« Je ne suis pas là pour refaire le passé. Je m’inscris dans une démarche qui se veut positive et constructive, sachant que de par ma position d’arbitre, je suis neutre et je ne suis le défenseur que d’un seul intérêt, celui de la discipline, insiste-il. Il y a du boulot, en particulier revoir les règlements relatifs aux enchères, au contenu des contrats, aux organisations etc. Il faut remettre tout à plat, en bon ordre et progressivement, sans imposer des règles qui soient inapplicables. L’objectif est d’initier une dynamique pour attirer de nouveau des chaînes de télévision et de favoriser la tenue de combats franco-français quitte, éventuellement, à permettre à des boxeurs jusque-là inéligibles de disputer les championnats de France. Tout cela reste à discuter. » Les pistes sont multiples, notamment toiletter le format de certaines compétitions pour les rendre plus attractives et aisément organisables.

Le but est, bien sûr, de refaire le retard généré par la crise sanitaire et de retrouver un nombre de boxeurs et de boxeuses professionnels identique à celui qui prévalait avant l’émergence de la Covid-19. Mais, là encore, en promouvant les bonnes pratiques et d’abord, l’adoption du statut d’auto-entrepreneur afin de percevoir une rémunération en toute légalité. La performance en bonne due et forme : tel est le leitmotiv de la LNBP, laquelle est, faut-il le rappeler, non pas une entité autonome qui serait dotée d’une personnalité propre mais bel et bien une instance interne de la FF Boxe dont elle dépend intégralement.
Devant son public de Châteauroux, le sociétaire du BC Labo Fenioux (21 v, 1 n, 4 d) s’est emparé de la ceinture vacante de l’Union européenne mi-lourds en dominant, aux points et sans discussion (116-112, 116-112, 117-111), son valeureux cochallenger Kevin Thomas-Cojean (27 v, 2 n, 11 d).
Thomas Faure commençait les hostilités classiquement, avec le bras avant en piston tout en tournant. L’objectif était clair : ne pas se muer en cible fixe pour son rival qui, doté d’une allonge inférieure et davantage bagarreur dans l’âme, avait comme visée de casser la distance. Les échanges étaient équilibrés et, ce qui ne gâtait rien, limpides. Dans l’ensemble, c’était le local qui les contrôlait avec son direct du gauche et les menait à sa guise, parfois en passant sa droite. En face, Kévin Thomas-Cojean se démultipliait mais son pressing à base de crochets larges, trop linéaire et sans changement de rythme ni feinte, était trop lisible pour déstabiliser Thomas Faure qui veillait à conserver les mains bien hautes.
Dans la quatrième reprise, le visiteur breton accélérait mais sans varier ses actions. En revanche, outre sa volonté délibérée de saper son adversaire au corps, il donnait des uppercuts qui faisaient ponctuellement mouche. Rien qui, au demeurant, ne déstabilisait le Castelroussin, lequel boxait tout en remises et en s’appuyant sur sa vitesse de bras. Il se montrait plus précis, en particulier au visage. Cependant, sa domination n’avait rien d’outrancier. Elle tenait à sa propension à délivrer l’essentiel des touches les plus nettes.
De son côté, Kévin Thomas-Cojean ne déméritait nullement, loin s’en faut, à force de continuer ostensiblement à avancer. Il avait parfois tendance à courir après son opposant sans parvenir à lui couper la route ni à le coincer dans les cordes. Toutefois, à compter du septième opus, la donne changeait quelque peu dans la mesure où Thomas Faure semblait émoussé physiquement. Ce dernier cherchait à l’évidence un second souffle et sa mobilité s’en ressentait même si la qualité des enchaînements était de son côté. Le Malouin, lui, ne relâchait pas son étreinte ni ne ralentissait son débit de coups. Malheureusement, sa vaillance ne faisait pas tout : il trouvait rarement l’ouverture pour refaire son retard. La faute à des initiatives trop stéréotypées.
Se sachant en tête au pointage, Thomas Faure ne tombait pas dans le piège d’aller à la guerre pour ravir la foule d’autant que la puissance est loin d’être son atout cardinal. Au contraire, il gérait intelligemment la fin de la confrontation en répliquant en séries et en retrouvant un jeu de jambes digne de l’enjeu. Son passage à vide des minutes précédentes n’était plus qu’un mauvais souvenir et il concluait chaque opus en boulet de canon. Les juges en prenaient bonne note et lui octroyaient un succès mérité à défaut d’être écrasant.

Extrêmement fair-play, Kévin Thomas-Cojean n’en disconvenait pas, au micro de Fight Nation : « Je n’ai pas su l’enfermer car il bougeait vite. Thomas a donné plus de coups. Il était vraiment prêt. Il a été le plus fort et mérite sa victoire. Il faut savoir le reconnaître. Bravo à lui. Je n’ai pas de regret à avoir. J’ai toujours envie de boxer mais je suis près de la porte sortie. »
Quant au nouveau champion de l’Union européenne, il pouvait légitimement savourer sa performance accomplie : « J’avais dit que je voulais faire un très beau combat. Je l’ai maîtrisé de bout en bout. Il n’y a aucune contestation à avoir. C’est une grande satisfaction car j’avais énormément de pression et de stress. J’avais peur de mal faire. Je savais que Thomas serait déterminé à gagner. Cela m’a permis d’être fidèle à mes intentions car il ne rigolait pas et était aussi là pour chercher la ceinture. Je vais travailler encore plus dur et, pourquoi pas, essayer de disputer le titre européen. Le niveau sera nettement plus élevé. Il faudra que je mette beaucoup plus d’intensité et que j’aie nettement plus de punch. J’ai une carrière aboutie. Je peux être fier de moi et de tous les efforts que je fais. »
Nizar Trimech (9 v, 2 d, 1 n) rencontrera le 31 janvier l’invaincu Russe Pavel Sylagin (9 v) à Moscou dans la catégorie des poids super-moyens.
Nizar Trimech s’est révélé au grand public lors des WSB 2017/2018 sous les couleurs des Fighting Roosters. Quatre combats pour autant de victoires, firent de lui l’une des valeurs sures de la franchise tricolore.
Après pratiquement trois ans d’absence et un retour sur les rings en juillet 2021, c’est en quelque sorte une seconde carrière que s'est offert Nizar Trimech « je me suis sérieusement blessé à l’épaule, une blessure qui a nécessité plusieurs mois de soin, indique celui qui se fait appeler The Bomber. Ensuite, je me suis marié, j’ai continué à m’entrainer, je devais combattre en décembre 2019 et cela ne s'est pas fait puis quand j’ai voulu reprendre la compétition en 2020, la Covid 19 est arrivée ».
Après une prise de repères sur le ring face à Gary Mouhet, Nizar Trimech n’a pas choisi la facilité en allant boxer à l’étranger face à des hommes de niveau international tel que le Vénézuélien naturalisé Espagnol, Ronny Landaeta ex champion d’Espagne et ex challenger européen des super-moyens. Le Français fut déclaré battu aux points d’extrême justesse non sans avoir secoué durement son adversaire. Une défaite controversée jusqu’en Espagne et qu’il considère comme une injustice, sans s’étendre davantage sur le sujet. Il a retrouvé son niveau d’antan et même progressé « je n’ai jamais cessé de m’entrainer, que ce soit avec Karim Harzouz ou Eugène Varoclier, mon entraineur de toujours, je n’étais donc pas inquiet » confesse-t-il modestement mais avec une assurance synonyme de détermination à reprendre le chemin des succès.
Nizar Trimech espérait combattre à domicile face à une bonne adversité, un désistement de dernière minute l’a contraint de rencontrer un boxeur de valeur inférieure avant de se rendre en Pologne pour donner la réplique à l’ex challenger de Gennady Golovkin, l’ex champion d’Europe des poids moyens Kamil Szeremeta. Une nouvelle fois, le Français fit mieux que se défendre, il domina le champion local qui s’en tira avec un généreux match nul.
« Après mon combat en Pologne, je voulais remonter rapidement sur le ring, on m’a proposé cette opportunité il y a quinze jours. Je maintenais un rythme d’entrainement et même si je n'ai pas bénéficié du temps de préparation qu’il aurait fallu pour un tel combat, je n’ai rien à perdre. Pavel Sylagin est n°3 Russe et il est bien classé mondialement, j’ai donc décidé de relever le défi et si je gagne, c’est le top. »

Le Russe est un très bon boxeur avec une bonne carrière amateur disputée en -81kgs. Mobile, clairvoyant et s’appuyant sur un bon direct du bras avant, Pavel Sylagin est difficile à prendre en défaut, ce qui n’inquiète pas outre mesure Nizar Trimech qui effectuera son premier combat en dix rounds. « Je sais que quand on t’appelle pour boxer la vedette, c’est presque pour perdre, après c’est à toi de faire le nécessaire pour inverser le pronostic. Je n’ai pas de promoteur mais je suis un compétiteur. C’est à moi de faire mes preuves, je bosse sérieusement et je fais le job pour me classer à l’international. Je m’entraine dur pour rencontrer de vrais adversaires, avoir un palmarès garni de victoires faciles ne m’intéresse pas. Je suis poids moyen, je vais rencontrer un homme de la catégorie supérieure, cela fait partie du challenge. Je suis sûr qu’il y a un bon coup à jouer, il est prenable » conclut Nizar Trimech. Le Français et son staff se sont envolés ce samedi matin pour combattre lundi, un jour assez inhabituel pour la boxe.
Thomas Faure (20 v, 1 n, 4 d) et Kévin Thomas-Cojean (27 v, 2 n, 10 d) en découdront, ce samedi, à Châteauroux, pour la ceinture vacante de l’Union européenne des mi-lourds. Une confrontation franco-française entre deux protagonistes que l’abnégation a portés vers les sommets.
Tout d’abord commençons par ce qui est, in fine, l’essentiel : ces deux-là sont formidables et infiniment respectables. Maroquinier chez Hermès, Thomas Faure déhotte tous les matins à 6 h 30 pour embaucher une heure plus tard au travail. Depuis quatre ans, il effectue trois fois par semaine… 350 kilomètres pour aller s’entraîner à Châteauroux, au BC Labo Fenioux, sous la houlette de Sofien Bahi. Il n’a pris que trois jours de repos avant de monter sur le ring. Quant à Kévin Thomas-Cojean, il trime dans le bâtiment où il est désormais plaquiste. Il s’est accordé un mois de congé sans solde. Il a pris la leçon et mis les gants là où il pouvait, dans son garage, dehors et à travers la Bretagne, chez des copains, son club ne disposant pas d’une salle équipée comme il se doit. « J’ai fait deux séances par jour. J’ai bossé comme un fou. Je vais tenter ma chance à 200 %. Si ça passe, se sera magnifique, sinon, je n’aurai pas de regret », résume le sociétaire du Fighting Spirit Club de Saint-Méloir-des-Ondes, qui n’a pas l’intention de raccrocher en cas de défaite.
Voilà pour les présentations. Ces deux hommes se sont affrontés une première fois, le 30 janvier 2021, en championnat de France. A la clef, un match nul et un verdict que n’a pas vraiment digéré Thomas Faure qui estimait en avoir fait assez pour l’emporter. On suppose qu’il aura à cœur de le prouver lors de ces retrouvailles dont l’enjeu est encore supérieur. « Je ne m’exprimerai pas beaucoup sur ce combat, lâche-t-il, loin d’être prolixe sur le sujet. Je sais ce que j’ai à faire. C’est personnel. Disons que je l’aborde avec beaucoup de concentration et d’envie. Je ne suis pas animé d’un sentiment de revanche particulier après notre première confrontation. Je suis passé à autre chose. Je ne veux pas me focaliser sur ça pour ne pas que cela me pollue l’esprit. »
Sur le plan tactique, on devine que le Haut-Viennois voudra avant tout mettre l’accent sur la technique et la mobilité afin de livrer une copie à base de touches nettes et sans bavure. Ce qui, sur le papier, exclut, autant que possible, d’aller au baston et de se livrer à une épreuve de force permanente qui risquerait d’être brouillonne et source de confusion. « J’espère que le corps répondra présent et que je ferai du très bon travail pour remporter cette ceinture. Je me sens très bien. Ma préparation a été très bonne. Je sais que j’ai les rounds dans les jambes. Il n’y a plus qu’à... », sourit l’Aquitain.
Kevin Thomas-Cojean, lui, est tout aussi serein. « Je n’ai pas de stress, admet-il. Je me dis que c’est un combat bonus. Je ne pensais même pas redevenir champion de France un jour ni revenir à ce niveau. C’est du plaisir. Avec mon coach, Morgan Le Gal, j’ai franchi des paliers physiquement. Par ailleurs, j’arrive mieux à boxer en séries et non plus seulement sur un ou deux coups. Par ailleurs, j’ai corrigé la position de mes appuis pour gagner en puissance. Il faudra que j’arrive davantage à enfermer Thomas dans les cordes pour ne pas lui laisser de liberté de mouvement et à imprimer davantage de rythme. Dans ma tête, je sais que je ne serai jamais un champion du monde. » Mais un pugiliste immensément méritant. Tout comme son rival.

Personnage haut en couleur, cette icône de la boxe varoise et plus particulièrement toulonnaise a tiré son ultime révérence, le 23 janvier, vaincu par la maladie, à soixante-seize ans.
Alain Ruocco, c’était avant tout l’authenticité des mots et de l’action. Un homme entier avec toute la générosité et la force de vie qui en sont les corollaires. Il était entre seize cordes comme en dehors : à la fois dur au mal, intransigeant et infiniment humain. Rien ne l’effrayait et il n’avait pas besoin de se faire prier quand il fallait aller au baston. Courageux, volontaire, endurant : autant de qualités qui lui avaient permis d’être sélectionné en équipe de France amateur, de disputer les championnats d’Europe en 1969, puis de mener une carrière professionnelle plus qu’honorable (29 v, 1 n, 8 d). Son principal fait d’armes fut d’avoir détrôné, un soir d’avril 1978, le champion de France des welters, un certain Louis Acariès. Le second fut de ne refuser personne, aussi bien en combat qu’à la salle, lui qui fut le sparring-partner de l’immense Rodrigo Valdès, pas un tendre non plus, et qui défia la terreur yougoslave Marijan Benes, futur champion d’Europe des super-welters.

Les arcanes du noble art n’avaient pas de secret pour lui. Il en endossa divers habits, ceux de manager, d’organisateur et d’entraîneur. D’abord de son fils Marc (battu en championnat d’Europe des super-welters par l’Italien Gianfranco Rosi, en 1987, à Cannes) mais aussi de Varois qu’il mena au sommet, à l’image de Jérémy Parodi (champion de France des super-coqs et triple challenger européen), de Daniel Bicchieray (champion de France des welters et challenger européen) et de Frédéric Sellier (champion d'Europe des super-moyens et deux fois challenger mondial).
A chaque fois, sa ligne de conduite fut identique : protéger davantage ses élèves que lui ne l’avait été, les faire progresser pas à pas pour qu’ils ne se consument sur l’autel du profit et du boxing-business. Il était, à sa manière, un intarissable serviteur du noble art qui faisait prévaloir la franchise sur le mauvais compromis.
La Fédération française de boxe et son Président, Dominique Nato, présentent leurs condoléances les plus émues à sa famille.
Nouveau coup dur pour Tony Yoka (11 v) qui ne pourra pas rencontrer le Croate Filip Hrgovic (14 v) pour une place de challenger IBF (International Boxing Federation).
Les mauvaises nouvelles se succèdent pour le champion olympique 2016 de la catégorie super-lourds. Après l’annulation de la soirée du 15 janvier à l'Accor Hotel Arena de Paris suite aux limitations de public imposées par les autorités Françaises, il se retrouve écarté par l’IBF de ce grand combat suite à une réclamation de l’équipe de Martin Bakole (17 v, 1 d).
Le Congolais, par la voix de son manager Billy Nelson, a informé l’IBF qu’il disposait d’un contrat en bonne et due forme pour rencontrer Tony Yoka au mois de mars. La fédération mondiale qui se veut intransigeante avec le respect des accords écrits a donc écarté le boxeur Français. Il existe une règle dans la charte de l’IBF qui stipule que tout boxeur qui s’engage à combattre pour cette fédération doit être libre de tout engagement contractuel. Aucune autre rencontre n’est tolérée par l’IBF dès lors qu’un boxeur a accepté de combattre pour l’un de ses titres, officiels ou officieux comme cette éliminatoire.
La fédération mondiale reprend donc ses recherches, le prochain sur sa liste est l’Anglais Joe Joyce (13 v) mais il serait blessé à un poignet, l’Allemand Agit Kabayel (21 v) ex champion d’Europe et invaincu lui aussi, pourrait donc être sollicité.

Tony Yoka joue de malchance en passant à côté d’une opportunité qui lui aurait permis de franchir un gros palier en cas de victoire et de donner un sérieux coup d’accélérateur à sa carrière alors qu’il est dans la trentaine et qu’il arrive probablement au sommet de son art.
L’avenir de Tony Yoka n’est pas non plus compromis par ce contretemps, car outre All Star Boxing, il peut aussi compter sur l’emblématique patron de Top Rank Bob Arum et ses relations . Le champion Français, invaincu en onze combats, fait partie des quinze meilleurs poids lourds mondiaux puisqu’il est classé n°15 pour la WBA et la WBO puis recensé à la 11eme place WBC et à la 6eme pour l’IBF. Un CV qui le rend normalement éligible à un championnat mondial dans toutes les fédérations. Une victoire éclatante contre Martin Bakole au printemps remettrait les pendules à l'heure..
« Nous voulons diversifier la pratique et aménager l’offre pour pouvoir nous adapter aux motivations des différents publics. Il s’agit notamment de trouver une passerelle avec les structures privées. Il nous faut aussi clarifier un format pour le monde scolaire et universitaire. L’objectif global est de faciliter l’approche de la discipline, son initiation et l’accès pour tous ces publics », déclare Dominique Nato, président de la Fédération Française de Boxe, à News Tank le 10/01/2022.
« Nous avions 60 000 licenciés à notre pic en 2017 et 50 000 en 2019, avant d’en perdre la moitié au pic de la crise. Une perte que beaucoup de fédérations de combat ont connue. Nous sommes revenus aujourd’hui à pratiquement 40 000 licenciés, sur une bonne dynamique », ajoute le dirigeant élu à la tête de la FF Boxe le 20/03/2021.
« La perte majeure induite par la crise est celle des accompagnateurs et de la motivation des acteurs de proximité. Cette période d’inactivité forcée nous a fait perdre des bénévoles mais financièrement les dégâts sont limités », indique l’ex-vice-président de l’instance (2016-2021) dont il a également été le DTN (2002-2011).
« Le MMA (dont l’organisation de la pratique a été placé sous l'égide de la FF Boxe par Roxana Maracineanu le 21/01/2020 dans le cadre de la légalisation de la discipline en France) bénéficie d’une ligne budgétaire indépendante dans le budget fédéral. L’objectif est de permettre demain aux pratiquants d’avoir leur propre fédération autonome. Notre agrément court jusqu’en 2022. Nous verrons bien ensuite ce que décidera l’État », poursuit Dominique Nato, qui répond aux questions de News Tank.
« Le budget annuel de la Fédération Française de Boxe tourne autour de 5 M€ »
Dominique Nato
Pouvez-vous nous présenter votre écosystème et l’évolution de votre nombre de licenciés ?
Nous représentons une fédération délégataire forte d’environ 1 000 clubs, 13 comités régionaux métropolitains et cinq ultramarins. Les clubs de boxe sont souvent articulés autour d’une structure, parfois modulable, permettant aux municipalités de faire cohabiter plusieurs disciplines. Les structures privées travaillent de leur côté, se servent de l’image de la discipline et l’exploitent. A nous d’opérer un rapprochement avec ces gens-là et leur proposer une offre de pratique adaptée sachant que la licence est liée à la compétition. Les Championnats de France de boxe ont permis de redynamiser comités et clubs »
Nous avions 60 000 licenciés à notre pic en 2017 et 50 000 en 2019, avant d’en perdre la moitié au pic de la crise. Une perte que beaucoup de fédérations de combat ont connue. Nous sommes revenus aujourd’hui à pratiquement 40 000 licenciés, sur une bonne dynamique.
L’épilogue des Championnats de France de boxe a eu lieu en décembre 2021, ce qui a permis de redynamiser les comités et les clubs. Nous allons désormais organiser des Championnats de France Juniors et des Championnats de boxe éducative, ce qui devrait permettre de poursuivre cette dynamique de progression. Nous formons 200 stagiaires formateurs par an »
L’idée première est de mettre à disposition des clubs des moyens, d’offrir quelque chose de cohérent à nos licenciés. Le développement de notre fédération sportive doit être harmonisée et suivre celui des encadrants : formation de dirigeants, de cadres, d’officiels etc. La progression est certes liée aux résultats sportifs, mais il faut que le cadre structurel suive. Nous formons ainsi 200 stagiaires formateurs par an, via plusieurs catégories de diplômes.
Comment la pandémie a-t-elle affecté cet écosystème ?
La pandémie n’a pas entraîné d’accélération de la pratique de la boxe en extérieur. Cela existait déjà de manière ponctuelle au niveau évènementiel, et la pratique du sport en extérieur fait partie intégrante de la préparation des boxeurs. Le nombre de combats illégaux a augmenté avec la crise »
La crise a cependant vu le nombre de combats illégaux augmenter, un phénomène sur les réseaux sociaux qui nous horrifie, car la pratique hors licence et hors cadre comporte des risques inconsidérés car qui dit non licencié dit non assuré ! La boxe est un sport de combat parfaitement réglementé, où la protection de l’athlète reste prioritaire. Il y a toujours une assistance médicale avec un médecin au pied du ring et un examen médical préalable des pratiquants est obligatoire. L’État a répondu présent pendant la crise »
La crise a donc entraîné une perte de licenciés, soit une perte budgétaire, mais l’État a répondu présent avec ses aides et ses dotations exceptionnelles. L’Agence nationale du Sport a poursuivi son rôle d’accompagnement auprès des structures déconcentrées, malgré la pandémie, via des aides aux comités régionaux et aux clubs, comme pour celui du Grand Est où je suis encore licencié. A contrario, qui dit crise, dit absence de compétition et donc de dépenses d’organisation. La perte majeure induite par la crise est celle des accompagnateurs et de la motivation des acteurs de proximité. Cette période d’inactivité forcée nous a fait perdre des bénévoles mais financièrement, les dégâts sont limités.
Quels sont les chantiers majeurs que vous menez depuis votre élection le 20/03/2021 ?
Un des points essentiels est de diversifier la pratique et d’aménager l’offre pour pouvoir nous adapter aux motivations des différents publics. Il s’agit notamment de trouver une passerelle avec les structures privées, avec peut-être un système de compétition adapté à construire.
"Le dispositif des gants de couleur effectif en septembre 2022 »
Dominique Nato
Nous avons, pour ce faire, mis en place les gants de couleurs, qui correspondent à des validations progressives de compétences , au niveau de la motricité, de la coordination avec passage en revue des fondamentaux de la pratique, un dispositif qui sera effectif en septembre 2022.
"La boxe éducative constitue un gros réservoir de pratiquants »
Dominique Nato
Il faut également mettre en place un véritable parcours sportif pour les pratiquants. La boxe éducative constitue un gros réservoir de pratiquants. Il faut assurer une meilleure transition de cette boxe vers la boxe amateure, avec des pratiques, des règlementations et des manières de juger les combats adaptées. Enfin, il nous faut clarifier un format pour le monde scolaire et universitaire. L’objectif global est de faciliter l’approche de la discipline, son initiation et l’accès pour tous ces publics.
Quel est votre budget et quelle est sa répartition ? Récupérez-vous une partie des droits TV de certains combats français ?
Le budget annuel de la Fédération Française de Boxe tourne autour de 5 millions d’euros, avec une partie issue des licences, une partie issue des partenariats, la plus grande partie venant des aides de l’État afin de financer la haute performance et le projet olympique. On peut dire que le haut niveau est quasiment pris en charge intégralement par l’État, via l’Agence nationale du Sport.
"La FF Boxe perçoit des taxes fédérales pour chaque organisation évènementielle »
Dominique Nato
Concernant les diffuseurs, Canal+ est le seul groupe à diffuser de la boxe en France. La règle, lors des retransmissions, est que les droits dédiés vont aux promoteurs et non à la Fédération. La FF Boxe perçoit quant à elle des taxes fédérales pour chaque organisation évènementielle. Nous récupérons donc indirectement, via ces taxes, de quoi financer et organiser le secteur de la boxe professionnelle qui concerne environs 450 boxeurs. Dans le cadre du plan de relance post crise, les taxes fédérales ont été divisées par deux pour permettre la relance de l’activité.
Êtes-vous concernés par le plan de développement des 5 000 structures sportives de l’Agence Nationale du Sport ?
Nous sommes concernés par ce plan de développement et par d’autres projets autour de l’insertion par le sport. Il nous faut faire les bons choix, avec des ressources humaines adaptées et qui correspondent à notre savoir-faire. Nous avons la volonté de développer des infrastructures dans les quartiers sensibles (QPV) où nous menons déjà des actions.
La Fédération Internationale de Boxe a changé son acronyme, passant de AIBA à IBA , tout en adoptant un ensemble complet de réformes de gouvernance, le 13/12/2021, suite au rapport McLaren révélant des cas de corruption. La boxe ne fait pas partie de la liste des 28 sports déjà inclus dans le programme sportif initial des Jeux Olympiques d'été de Los Angeles 2028. Quel serait l’impact d’une sortie des Jeux Olympiques pour votre sport ?
Si la boxe sort du programme olympique, c’est une catastrophe. Charge à nos élus de prendre en compte toutes les interrogations et les attentes du CIO. Il y a lieu de constater l’effort fourni par le Russe Umar Kremlev et l’équipe actuelle pour répondre de manière satisfaisante au CIO. M. Kremlev a repris en main l’instance et comblé le gouffre financier »
Pour le moment, nous avons une certitude, c’est que la boxe est au programme des Jeux Olympiques de Paris. Il y a ensuite des effets d’annonce pour la suite, avec cette mise en demeure de la Fédération mondiale. Celle-ci a modifié sa gouvernance, ses textes, sa règlementation, etc. pour coller aux attentes du CIO.
Je ne suis donc pas pessimiste parce que le problème de gouvernance datait de la période 2006-2016, sous la direction exécutive de la mandature en place, qui avait mis à mal la Fédération sur les plans financier et sportif. Depuis, M. Kremlev a repris en main l’instance et comblé le gouffre financier, allant chercher notamment Gazprom comme partenaire. L’aspect financier était un des thèmes sur lesquels la Fédération internationale était attendue. Puis, pour les sujets éthiques, il a fait appel à M. McLaren et pris des mesures suite à son rapport.
Une réunion de boxe a eu lieu sur le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros le vendredi 10/09/2021. Que pensez-vous de ce type d’initiative ?
Le promoteur de la société Ring Star, M. Jerome Abidboul, a organisé cette manifestation avec le boxeur Tony Yoka sur ce site prestigieux qui a drainé environs 8 000 spectateurs. Nous avons pu y offrir, via le Conseil Régional Île-de-France et son vice-président chargé des sports Patrick Karam, 1 000 places dédiés principalement aux clubs d’Île-de-France.
Cela a aussi permis de proposer une séquence TV en direct aux heures de grande écoute. Il s’agit d’une belle réussite médiatique, avec notamment la présence en bord de ring d’un président de la République en exercice, ce qui n’est pas rien.
Le MMA a été placé sous l’égide de la Fédération Française de Boxe le 21/01/2020. Quel bilan faites-vous de cette intégration ?
Il est difficile de tirer un vrai bilan à cause des perturbations liées au Covid. L’équipe précédente avait récupéré l’agrément de l’État pour développer le MMA. Nous avons repris ce projet en cours de route, sachant que cela reste culturellement compliqué. Certains clubs de boxe restent sceptiques.
"On peut considérer que la structuration du MMA est pratiquement assurée »
Dominique Nato
Depuis, nous avons pu mettre en place les structures pour légitimer cette activité : règles, gestion de la formation des encadrants, sécurisation et organisation des compétitions, dont les premiers Championnats nationaux seniors à Évry-Courcouronnes les 08 et 09/01/2022, etc. On peut donc considérer que la structuration est pratiquement assurée.
Le MMA bénéficie également d’une ligne budgétaire indépendante dans le budget fédéral. L’objectif est de permettre demain aux pratiquants d’avoir leur propre fédération autonome. Pour le moment, le ministère a souhaité que cela se fasse sous l’égide d’une Fédération qui disposait d’un secteur professionnel et amateur, adossé à une discipline olympique, pour le structurer donc et limiter les risques. Notre agrément court jusqu’en 2022. Nous verrons bien ensuite ce que décidera l’État.

Après moult débats, le Parlement a donc, comme prévu, approuvé, le 16 janvier, l’instauration du pass vaccinal. Ses dispositions s’appliquent, à compter du 24 janvier, à l’ensemble du champ du sport et, donc, par récurrence à la boxe. Décryptage.
La chose est claire : que l’on soit pratiquant, encadrant salarié ou pas, dirigeant, bénévole ou simple spectateur, impossible, désormais, si l’on a plus de seize ans, d’entrer dans un Établissement recevant du public (ERP) sans présenter son pass vaccinal. Or, les salles de boxe, les gymnases et autres enceintes accueillant des réunions pugilistiques sont, bien sûr, des ERP. Autrement dit, il conviendra de justifier d’un schéma vaccinal complet au regard de la réglementation qui s’applique à chacun (âge, date de la deuxième dose etc.). Dans certains cas, un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination pourra être présenté. En revanche, les mineurs de 12 à 15 ans pourront exciper un pass sanitaire, c’est-à-dire un test négatif.
A noter que le pass vaccinal sera accessible et activé pour les personnes actuellement non vaccinées si elles reçoivent leur première dose d’ici le 15 février et à deux conditions : effectuer la deuxième dose dans le mois suivant et présenter un test négatif de moins de vingt-quatre heures.
En résumé, le pass vaccinal est à présent obligatoire pour tous les licenciés de la FF Boxe de plus de seize ans tandis que le pass sanitaire l’est pour tous ceux de douze à quinze ans. La règle, en particulier en ce qui concerne le pass vaccinal, vaut également pour les athlètes étrangers qui viennent participer à des compétitions sur le sol français, notamment les boxeurs et boxeuses à l’affiche de galas de boxe pro ou de tournoi amateurs.
Si, en la matière, le contrôle des personnes est plus aisément réalisable lors d’un événement sportif, ne serait-ce qu’en enrôlant des vigiles pour ce faire, il est beaucoup moins évident au quotidien. Il peut en effet incomber au personnel d’accueil de l’infrastructure mais également à un membre du club dont dépendent les licenciés. Avec toutes les tensions que cette astreinte est susceptible de générer.
Jusqu’à quand ? Le 20 janvier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a précisé que le pass vaccinal sera appliqué « aussi longtemps que nécessaire » mais « pas plus que nécessaire ». En somme, jusqu’à ce que « la pression hospitalière soit suffisamment basse et qu’il n’y ait plus de soins déprogrammés ».
Concernant les jauges maximales - 2 000 personnes dans les équipements fermés, 5 000 personnes dans ceux ouverts - elles demeurent de mise jusqu’au 2 février. Un délai, in fine, assez court aux allures d’aubaine pour les organisateurs de galas. D’autant que d’ici là, Ministre déléguée chargée des Sports, Roxana Maracineanu, a ouvert la porte à des modulations possibles au cas par cas. « Cela dépendra de la situation sanitaire, de la configuration de l’équipement sportif, du nombre d'entrées, de sa situation dans la ville et de l'accès qui pourra être facile ou pas entre le stade et les moyens de transport », a-t-elle expliqué. La décision sera de la compétence des préfets qui pourront décider « d’aller au-delà de cette jauge en fonction des territoires et de la circulation du virus ».


Le comité directeur de la Fédération française de boxe (FF Boxe) réuni en date du samedi 11 décembre 2021 a procédé aux votes des différents collèges afin de composer la ligue nationale de boxe professionnelle (LNBP), au regard de l’article 5 du règlement intérieur de cette dernière, pour la période 2022-2024.
Cinq membres ont été désignés par le Comité directeur de la Fédération Française de Boxe, après appel à candidatures :
Un second appel à candidatures a été lancé au mois de décembre 2021 afin de pourvoir les postes restés vacants de la LNBP pour la période 2022-2024 :
Par ailleurs, Pascal CORDIER et Gérard TEYSSERON représenteront le comité directeur fédéral au sein de la LNBP, conformément à l’art. 4.1 du règlement intérieur de la LNBP.