Ce samedi 26 Février à la cité des congrès de Nantes, L’invaincu Milan Prat (13 v) devait disputer le titre IBF Youth des poids super-welters face à l'Ukrainien Bohdan Shtonda (10 v). Malheureusement, avec le contexte de guerre survenu dans son pays, Bohdan Shtonda ne pourra pas se déplacer. Ce combat* était l'occasion de faire le point avec l'un des plus grands talents de la nouvelle génération tricolore.

Votre adversaire ne peut pas venir, mauvaise nouvelle...

L'évènement est reporté, je suis déçu bien sûr, j'étais prêt et je vais devoir repartir en préparation, ce n'est pas évident. J'attendais ce combat mais nous n'avons pas le choix que de faire avec. Je pense que Bohdan Shtonda aurait préféré être là, en France, plutôt que sous les bombes en Ukraine.

Vous vous étiez préparé en Angleterre pour ce combat, que retirez-vous de cette expérience ?

Que du positif. J’étais à Londres au Pug, un gym dans le quartier de Finchley. J’ai travaillé avec l’entraineur en chef, le réputé Don Charles qui a formé les Dereck Chisora, Dillian Whyte et Anthony Joshua. Il y avait aussi deux préparateurs physiques et bien sur mon coach de toujours, Kassa Barradji qui supervise toujours mes préparations.

J’ai mis les gants avec deux boxeurs invaincus, les poids moyens Linus Udofia (17 v) et Brad Pauls (15 v) et l’expérimenté Asinia Byfiled (15 v, 4 d, 1 n). En toute modestie, je n’ai rien à leur envier, je me suis senti très bien lors de ces bonnes séances de sparrings, je tiens à les remercier pour leur aide. Nous avons pu travailler sur la tactique à appliquer pour le combat. Je suis fin prêt, j’ai hâte d’être sur le ring.

Photo Vincent Fenech

Avez-vous eu des retours de ces partenaires d’entrainements ?

Oui bien sûr. Encore une fois, en toute modestie, ils ont été étonnés par mon niveau de boxe, surtout quand ils ont su que je n’avais que 22 ans. Ce sont des gens plus âgés qui ont de l’expérience, ces compliments font plaisir, bien évidemment.

Justement, comment expliquez-vous cette maturité qu’il y a dans votre boxe ?

Je pense que le fait d’être passé par l’Equipe de France amateur est un facteur déterminant. Cela permet d’acquérir un gros bagage technique et puis vous savez, à chaque tournoi international, nous sommes opposés aux n°1 de chaque pays. Avoir été confronté à l’élite mondiale amateur est un avantage pour réussir en pros.  

Dans quels secteurs estimez-vous devoir progresser ?

Il faut que je travaille ma défense, je dois être un peu plus calme et hermétique. Ce sont les points qu’il faut que j’améliore.

Vous restez sur huit victoires avant la limite, c’est un objectif de faire tomber tous vos rivaux ?

Pas vraiment, je pense que c’est du à une certaine part d’agressivité quand je boxe. Je ne cherche pas systématiquement à « descendre » mon adversaire, c’est quelque chose qui se construit au fil des rounds, en analysant le style, on voit des failles. Sans prétention, je sais que quand je touche, je fais mal mais le KO n’est pas ce que je recherche à tout prix même si je suis très satisfait quand il intervient.

Vous n’avez pas encore perdu un seul round en 13 combats professionnels, quel a été votre plus dur adversaire ?

Ce sont les deux championnats de France. Je pense que ce sont mes deux meilleures prestations, Fouad El Massoudi et Mathis Lourenco avaient envie et ils étaient solides. J’ai gagné avant la limite mais ils ont été présents.

Votre disqualification vient d’être changée en No Contest, une bonne nouvelle ?

Je suis bien sur satisfait, nous avons été agréablement surpris par cette décision. L’explication vient du fait que l’AFLD a notifié à la FF Boxe le contrôle positif de mon adversaire. La fédération a appliqué le règlement et le verdict du combat est donc logiquement changé, je suis ravi et je tiens à remercier la FF Boxe et Mr Nato.

Photo Vincent Fenech

Qu’est-ce qui vous fait pencher vers une ceinture IBF, plutôt qu’une autre ?

Je vous avoue que je boxe et mon staff gère ces choses-là. Cette ceinture était vacante, c’est une opportunité que l’on a saisi. Les ceintures des autres fédérations sont prenables mais celle-là était disponible immédiatement.

Un championnat d’Europe est-il envisageable ?

Je pense que nous allons y penser cette année. Nous travaillons avec Mr Gérard Teysseron, c’est une personne que nous apprécions beaucoup et avec qui nous arrivons à avancer. Nous lui faisons confiance pour défendre nos intérêts à l’EBU.

Est-ce qu’il y a un boxeur que vous aimeriez rencontrer aujourd’hui ?

J’aimerais boxer des hommes d’expérience par rapport à l’Europe, je pense d’abord à l’Espagnol Isaac Real, Orlando Fiordigiglio et puis pourquoi pas le champion de l’Union Européenne Jamal Saïdi ou celui d’Europe, l’Espagnol Kerman Lejarraga.

*Cet entretien a été réalisé mardi, 72h avant l'annulation de la soirée Nantaise

Le Français (30 v, 5 d) remettra en jeu sa ceinture EBU des plumes face au Britannique Jordan Gill (26 v, 1 n, 1 d), ce samedi, en Angleterre. A trente-quatre ans, il savoure.

Ce rendez-vous avait été reporté deux fois. D’abord, parce que le tenant a contracté la Covid-19 ; ensuite, parce que le challenger s’est blessé. Qu’importe, le Tricolore se sent bien dans ses gants : « On est bien préparé. On n’attend plus que le combat », sourit-il. Pour autant, le Manosquin a, comme d’habitude, fait avec les moyens du bord. Certes, il bénéficie, à présent, d’aménagements horaires appréciables de la part de son employeur, en l’occurrence, sa Municipalité. Cependant, il a peiné à trouver des sparring-partners d’autant que des contraintes personnelles l’ont empêché de s’absenter pour aller effectuer des mises de gants loin de chez lui. « On fait ce que l’on peut et on fait avec », résume-t-il.

L’expérience du champion sera, en sus, un précieux atout face à un rival loin d’être manchot. « Jordan Gill a un profil assez technique, analyse-t-il. Il n’est pas mal tactiquement et n’est pas un gros puncheur même si en boxe, on n’est à l’abri de rien. Il sait avancer et reculer et ce n’est pas un bourrin. » On l’aura compris, on ne s’oriente pas vraiment vers une opposition de styles. « Nous avons un peu les mêmes profils », acquiesce l’Azuréen.

«Tout ce qui arrive n’est que du bonus»

Lequel n’aura pas de plan bataille préétabli sur le ring de l’O2 Arena, à Londres : « L’idée est de rester moi-même en misant sur mes qualités. Je verrai au fil du combat. Je vais y aller au feeling. Ce sera un partie d’échecs. Le but sera de désorganiser sa boxe en étant imprévisible et rapide de bras. A la salle, j’ai d’ailleurs beaucoup travaillé l’explosivité. Cela se jouera aussi dans la tête. Je pense qu’il sera possible de gagner aux points là-bas à condition de faire le travail. »

Le Sudiste n’a, de surcroît, pas eu à se soumettre à un régime insupportable, lui qui, désormais, en découd en plumes et non plus en coqs. « Je suis décontracté, se félicite-t-il. Tout ce qui arrive n’est que du bonus et du bonheur. Le but est de prendre plaisir. C’est ma dernière année de carrière mais je ne pense pas à ce que je ferai en cas de défaite. » Mais probablement en cas de victoire.

La vice-Présidente de la FF Boxe était récemment invitée à deux séminaires organisés sous l’égide du ministère des Sports. L’occasion de promouvoir, comme elle le fait inlassablement, la mixité de genre et sociale. Ce qui commande de faire montre de volontarisme politique et de savoir-faire sur le terrain.

La vice-championne olympique de Rio s’est tout d’abord exprimée, début février, à l’Unesco, lors du colloque intitulé « Sports et objectifs de développement durable dans les temps de l’enfance : les enjeux sociétaux d’une pratique sportive adaptée ». Un évènement organisé dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne.

La nécessité cruciale de miser sur la formation

En toile de fond, un constat que nul n’ignore plus. En l’occurrence, le fait que les premières années de l’enfance et de l’adolescence sont déterminantes dans l’apprentissage de la vie en société et que dans ce cadre, une pratique physique et sportive adaptée aux différents stades du développement des jeunes contribue à leur épanouissement et à leur équilibre, au regard des objectifs de développement durable. Et ce, sachant que la pratique physique et motrice adaptée dans les différents temps de l’enfance (de la petite enfance à l’adolescence) favorise l’acquisition de notions fondamentales pour la vie de l’individu : dans le rapport à soi (notions de motricité et de santé physique et mentale de l’individu, d’intégrité et de sécurité), avec les autres (en référence aux enjeux majeurs de mixité, d’égalité des genres et inhérents à toute autre compétence sociale nécessaire à la vie en société) mais aussi le rapport à l’environnement (éducation au développement durable). En somme, comme l’a réaffirmé la ministre charge des Sports, Roxana Maracineanu, « pour construire et nourrir un rapport au monde respectueux et soucieux de l’avenir, la pratique sportive est un levier fondamental dans l’éducation aux objectifs du développement durable dès le plus jeune âge. »

A l’aune de cet impératif, Sarah Ourahmoune a rappelé la nécessité cruciale de miser sur la formation, celle « des encadrants pour accueillir à la fois des jeunes en situation de handicap et des jeunes valides » à la solde de la mixité mais également « la formation autour des études sur le genre pour déconstruire les stéréotypes » et enfin, « la formation pour mesurer l’impact de la pratique de l’Éducation physique et sportive ».

La réalité du terrain confirme qu’il y a plus que jamais du pain sur la planche. Ainsi recense-t-on « un déficit d’engagement chez les jeunes filles entre cinq et sept ans, a pointé la vice-championne olympique de Rio. On entend souvent parler du décrochage à l’adolescence. Or, il faut vraiment agir très tôt afin de leur permettre d’ancrer de bonnes habitudes et de continuer la pratique jusqu’à l’âge adulte. »

Les vertus des rôles modèles

Pour pérenniser la tendance, les pouvoirs publics doivent se l’approprier par-delà les frontières. C’est pourquoi Sarah Ourahmoune a incité les dirigeants européens à « investir sur le sport, lequel est, aujourd’hui, sous-évalué et sous-représenté. En somme, à investir dans la pratique mais aussi dans les instances dirigeantes. En effet, la place des femmes à des postes de responsabilité pour faire évoluer les choses » demeure encore insuffisante. Un déficit d’autant plus dommageable que les rôles modèles ont une vertu aussi précieuse qu’effective : celle de faire des émules. La championne du monde amateur 2008 en est l’illustration.

Quelques jours plus tard, l’élue de la FF Boxe était invitée à témoigner lors de la sortie lors de la sortie du Guide « Sport de haut niveau et maternité, c’est possible ». Un document de référence qui a toute sa raison d’être. « C’est un pas important qui est franchi avec la parution de ce guide, a d’ailleurs insisté celle qui est aussi vice-Présidente du CNOSF. Pour ma part, j’ai eu la chance, lors de mes grossesses, d’être bien entourée et bien accompagnée, notamment par Carole Maitre (gynécologue de l’Insep, N.D.L.R.). Mais j’avais malgré tout de nombreuses craintes. Je me posais beaucoup de questions et j’entendais encore, à l’époque, ces discours négatifs sur le fait d’avoir un enfant en cours de carrière, que je ne retrouverais peut-être jamais mon meilleur niveau etc. Ces discours ont, certes, un peu évolué depuis mais de telles initiatives vont contribuer à rendre les sportives plus sereines. Elles pourront aller au bout de leur aventure sportive et de femme avec moins d’appréhension. » Un double projet aux allures d’exigence. morale.

Le Picard (14 v, 2 n, 1 d) va disputer le combat le plus important de sa carrière, ce vendredi, à Vicenza. Il se mesurera à l’Italien Luca Rigoldi (25 v, 2 n, 2 d) avec l’ambition de se parer de la ceinture vacante de l’UE des super-coqs. Il peut créer la surprise.

Luca Rigoldi a été double champion d’Italie, double champion de l’Union européenne et triple champion d’Europe de la catégorie dont deux fois aux dépens de Français, en l’occurrence Jérémy Parodi et Anthony Settoul. Une défaite face à l’Anglais Gamal Yafai, en décembre 2020, à Milan, à l’issue de laquelle il avait cédé sa couronne continentale, a fait office de coup d’arrêt. Le voilà désireux de se relancer et son palmarès autant que son expérience en font, pour beaucoup, le favori en Vénétie.

Néanmoins, Hugo Legros ne franchira pas les Alpes en victime expiatoire, lui qui a profité, mi-janvier, du forfait de l’Espagnol Cristian Rodriguez, initialement désigné cochallenger de l’Azzurri. « Nous avons accepté le défi car j’étais déjà entraîné, justifie-t-il. J’avais d’ailleurs abandonné mon titre national dans l’optique d’une telle opportunité même si nous ne pensions pas qu’elle arriverait aussi tôt. Je me dis que je suis le petit Français qui arrive de nulle part et que je n’ai rien à perdre. J’aborde cette échéance sereinement, sans pression particulière dans la mesure où j’ai effectué une grosse préparation sans pépin physique ni problème. Je me sens donc vraiment bien. »

« J’ai progressé sur le plan technico-tactique »

Cela vaut mieux car le Transalpin, battant plutôt bien organisé dans le carré magique, n’est pas le premier venu : « C’est un client avec un CV long comme le bras, reconnaît sans peine le Tricolore, mais je fais de la boxe pour me confronter aux meilleurs. Je vais donc tout faire pour déjouer les pronostics. Même si la tâche sera compliquée, je suis confiant. Luca Rigoldi est un être humain et il est prenable. Je n’ai pas de complexe à avoir. C’est un gaucher qui aime bien aller à la bagarre, avancer sur ses adversaires et les faire reculer. Je vais tout faire pour qu’il n’y parvienne pas. Il va vouloir imposer la guerre. Il faudra que j’en fasse autant, ne serait-ce que pour montrer que c’est moi le plus fort et impressionner les juges. Si je vois que je ne suis pas à l’aise dans l’épreuve de force, je serai en capacité de boxer tout en technique. Avec nom entraîneur, Giovanni Boggia, qui a su, par ses mots toujours appropriés, me mettre en confiance psychologiquement, nous avons travaillé des choses pour le battre. Depuis plusieurs mois, j’ai progressé sur le plan technico-tactique, en particulier en ce qui concerne les moyens de défense. » Ce qui pourrait s’avérer utile devant le rouleau compresseur italien.

Organisée les 5, 12 et 19 Mars, en partenariat avec le Comité Départemental 95 et les clubs de Cormeilles en Parisis, Pierrelaye et Sannois, la Coupe du Val d’Oise bénéficie du « LABEL » de tournoi qualificatif pour le tournoi international, « Les Ceintures », qui sera organisé, les 11, 12 et 13 Mai 2022 à Argenteuil.

Les vainqueurs gagneront leurs qualifications pour le Tournoi « Les Ceintures » dans la catégorie Elite ou Espoirs. Les finalistes ainsi que les autres boxeurs ayant participé à la Coupe du Val d’Oise seront remplaçants et pourront éventuellement être repêchés, toujours dans l’une ou l’autre des catégories.

Infos pratiques :

OUVERT AUX BOXEURS ET BOXEUSES SENIORS DE PLUS DE 10 COMBATS
Pesée et visite médicale : 17h00 à 19h00 / 500g de tolérance
Sous règlement FFB.

Date limite des inscriptions le 28/02/2022.

Lien pour les inscriptions : https://forms.gle/VVy9eXD985ychiMY8

Hier soir en Allemagne, Mourad Aliev (2 v)  a obtenu une seconde victoire dans les rangs professionnels  en battant par arrêt de l’arbitre au 2eme round, le Bosniaque Dorde Tomic (3 v, 7 d).

Finalement disputé au meilleur des six rounds, ce combat a donné à Mourad Aliev un avant-gout de ce qui l’attend lors de ces premières rencontres destinées à prendre ses marques dans le monde pro. Dorde Tomic était un boxeur frustre et rugueux, qui rendait 25 cms au Français tout en pesant plus de 115 kgs.

Dès le 1er round, le Bosniaque tentait de réduire la distance en avançant et en désaxant le buste. Mourad Aliev le contenait avec son bras avant puis il déclenchait son direct du gauche.  Dorde Tomic était impuissant face à la rigueur de son rival qui ne lui laissait aucune possibilité d’avancer. Il se jetait en balançant son crochet droit à la godille mais Mourad Aliev ne se laissait pas surprendre et il remisait immédiatement.  Le Français touchait avec un crochet gauche à la face, Dorde Tomic encaissait en soufflant.

Un crochet droit derrière la garde du Bosniaque puis un direct du bras gauche à la face, en moins deux minutes, Mourad Aliev avait pris la mesure de son adversaire. Sans se précipiter, il accentuait sa pression et Dorde Tomic encaissait ses coups lourds et variés. Une combinaison des deux mains ponctuée par un large crochet droit sur le haut du crâne, envoyaient le Bosniaque au tapis. Avec beaucoup de roublardise, il crachait son protège dents pour gagner quelques précieuses secondes qui lui permirent de terminer cette première reprise.

"Progresser dans les classements internationaux"

Dorde Tomic attaquait bille en tête le second round en se jetant sur son adversaire mais il se faisait stopper net par un court uppercut. Mourad Aliev appuyait ses coups et sur un bras avant, le Bosniaque reculait; le poids lourd Français enchainait avec une combinaison uppercut droit crochet droit. Dorde Tomic retournait au tapis. L’arbitre le comptait mais visiblement il n’en voulait plus et il était arrêté.

La brève sortie de Mourad Aliev fut convaincante car si Dorde Tomic était un modeste rival, il s’en est débarrassé avec autorité, sérieux et efficacité, le tout s’en prendre un seul coup, de bon augure avant de passer à une adversité plus relevée. «C’était un boxeur qui était classé 257eme mondial, on a fait ce qu’il fallait faire en le mettant KO. J’ai eu de bons retours, les gens ont aimé, ce fut un bon spectacle", indique Mourad Aliev. "J’ai l’habitude de boxer des combattants qui ont ce style de boxe, il ne m’a pas posé de problèmes particuliers». Les voyants sont tous au vert pour le boxeur de Ronchin qui devrait remonter sur le ring dès le mois prochain, «Ce sera en Allemagne, je ne connais pas encore le nom de mon adversaire. Mon objectif est de progresser régulièrement dans les classements internationaux, je me tourne plus particulièrement vers le WBC". Les ambitions de Mourad Aliev sont élevées, " mon objectif ultime est de disputer un championnat du monde des poids lourds ».  

Mourad Aliev a disputé son 2eme combat pro ce samedi 19 Février en Allemagne et il y avait cinq rencontres professionnelles Aux Mureaux et un gala à Gaillard en Haute-Savoie.

A Hambourg, Gymnase Universum

Le poids lourd Mourad Aliev (2 v)  a obtenu une seconde victoire dans les rangs professionnels  en battant par arrêt de l’arbitre au 2eme round, le Bosniaque Dorde Tomic (3 v, 7 d).

Dorde Tomic est allé deux fois au tapis en deux reprises, l'arbitre a stoppé le combat suite au 2eme compte. Plus de détails à venir sur cette rencontre...

Aux Mureaux, Salle COSEC

Hier soir à la salle Pablo Neruda, il y avait trois combats en encadrement des deux championnats internationaux de Chris Esabe (lire ici) et Rima Ayadi (lire ici).

En poids welters, Warren Esabe (5 v) a largement battu aux points (60-54) le Géorgien Dimitrije Djordjevic (1 v, 41 d, 4 n). Le Français a surclassé son rival en offrant aux spectateurs et aux téléspectateurs de Fight Nation, un florilège de gestes de grande classe. Dimitrije Djordjevic fut impuissant face à la classe du Muriautin, qui lui en a fait voir de toutes les couleurs. Uppercuts des deux mains, combinaisons corps face, tout y est passé pendant les six rounds qu’aura duré ce combat. Le Géorgien qui n’avait été défait qu’une fois avant la limite s’est avéré être un bon encaisseur.

Le lourd-légers Tunisien, Sadok Sebki (5 d, 10 d, 2 n) et Ambroise Preira (4 v) ont livré le combat le plus spectaculaire de la soirée. On se demande encore comment Sadok Sebki est parvenu à rester debout et à finir cet affrontement tant il a encaissé de coups durs à la face. Plusieurs fois cueilli par de violents crochets, le Tunisien a souvent semblé à la limite de la rupture sans toutefois totalement sombrer. Ambrois Preira a contrôlé les six reprises en ne cédant pas à la tentation de se livrer inconsidérément pour abréger les débats, son rival est demeuré dangereux par ses frappes imprévisibles, données avec l’énergie du désespoir. Sans surprise, Ambroise Preira fut déclaré vainqueur aux points (60-54) d’un Sadok Sebki qui a montré une combativité et un courage exceptionnels.

Après deux ans loin des rings, le jeune (21 ans) Ali Galtier (5 v) faisait sa rentrée face au dur Ukrainien Serihi Soroka (4 v, 9 d, 1 n).

Lors de la pesée, le visiteur avait provoqué Ali Galtier et les retrouvailles sur le ring entre les deux protagonistes promettaient d'être tendues. Malheureusement, Serihi Soroka a trop souvent confondu bagarre et boxe, sa propension à se jeter tête en avant et à coller Ali Galtier ont gêné le boxeur local qui a éprouvé des difficultés à retrouver ses marques. Malgré cet adversaire rugueux à la boxe peu orthodoxe, Ali Galtier a montré qu’il n’avait rien perdu de son talent. Serihi Soroka a été secoué au 3eme round par une magnifique combinaison crochet gauche, crochet droit au visage et il ne trouva d’autre issue que s’accrocher. Une fois de trop pour Mr Ammar Sakraoui qui le sanctionna d’un avertissement.  L’Ukrainien récoltera un second avertissement à la 6eme et dernière reprise, pour tête en avant et accrochages répétés. Malgré des difficultés pour s’exprimer devant un rival qui n’était pas un cadeau pour une rentrée, Ali Galtier s’impose logiquement aux points (60-52).

A Gaillard, salle Louis Simon

En super-légers, Henri Manga (3 v) s’est imposé aux points (60-54 ; 59-54 ; 59-54) devant Frédéric Basse (2 v, 4 d, 1 n). «J’ai attaqué fort d’entrée, je l’ai touché avec un direct du bras avant puis un crochet droit, indique Henri Manga. Je pense que cela l’a déstabilisé, il ne devait pas s’attendre à une telle pression de ma part. Il était bon et il frappait et encaissait. Je suis satisfait de ma prestation même si j’ai encore souffert de ma jambe (Il a subi une rupture du tendon d’Achille). Je vais faire le critérium car je veux progresser avec l’objectif de disputer un championnat de France dans un proche avenir.

Naïm Bellahcene (1 v, 3 d, 1 n) et Nassim Mahouechi (2 v 1 d, 1 n) n’ont pu être départagés. Leur rencontre a été sanctionnée par un match nul majoritaire (58-56 Nassim Mahouechi, 57-57 ; 57-57).

Le 19 février, chez lui, aux Mureaux, le Français (11v) a conservé avec la manière son titre WBC francophone des plumes en dominant, par arrêt de l’arbitre (8e), l'Argentin Nicolas Nahuel Botelli (10 v, 6 d) à l’issue d’un combat d’hommes auquel il aspirait.

Dès sa montée sur le ring, la mue physique de l’Yvelinois sautait aux yeux. Doté d’un gabarit beaucoup plus musculeux et d’un buste en V, il donnait à avoir toutes les séances de physique effectuées à la salle, ces derniers temps. Ne restait plus qu’à les mettre à profit dans le carré magique, ce qui n’allait, dans un premier temps, pas se révéler une mince affaire. En effet, le Latino abordait les hostilités comme il le fallait. Soignant bien les moyens de défense aves ses mains hautes pour bloquer, il tirait le parti de son allonge supérieure en déployant à bon escient ses longs segments y compris à mi-distance mais sans prolonger inutilement les échanges, préférant se replier judicieusement en bon ordre pour mieux repartir. En face, le Français n’était, bien sûr, jamais dominé mais répliquait par à-coups, sans réellement chercher à enchaîner. Certes, l’exécution gestuelle était, comme toujours chez lui, un modèle du genre. Cependant, pareille parcimonie, quelque peu coupable, l’empêchait de prendre réellement l’ascendant.

Un peu frustrant quand on connaît les capacités et l’inspiration du Muriautin sur le ring. Il fallait attendre la quatrième reprise pour le voir prendre franchement et brillamment les reines de la confrontation. Comment ? Tout simplement en étant enfin lui-même, ce pugiliste si juste dans ses intentions et ciselé dans sa technique. Il se mettait en effet à devenir imprévisible dans ses actions et donc difficile à décrypter pour le Sud-Américain, handicapé par un œil gauche qui se fermait au fil des minutes à mesure qu’il était pris pour cible.

Instiller de la maturité dans sa boxe

Le Tricolore récitait sa partition sans fausse note. Crochets gauches dédoublés au corps puis à la face, uppercuts dans la cheminée, combinaisons en crochets de deux mains, feintes récurrentes pour rajouter de l’indécision, jabs jaillissants : Christ Esabe, le buste toujours en mouvement pour déclencher à la distance idoine ou pour esquiver dans le temps, était lancé dans un cavalier seul. Au fil de ce mano a mano, il prenait, à l’évidence, l’ascendant sur son rugueux contradicteur contraint de renoncer dans le huitième round, ne voyait plus tous les coups arriver. Une issue inéluctable qui ne devait rien au hasard mais bien au travail de sape savamment engagé par le Français.

Lequel a joint la parole aux actes, lui qui, avant la confrontation, souhaitait que l’on cesse de l’affubler du qualificatif petit en raison de son jeune âge et qui, pour cela, avait promis qu’il instillerait de la maturité dans sa boxe. « Le but était de consolider le match, expliquait-il au micro de Fight Nation. Mon coach m’avait demandé de commencer doucement pour construire la maison et arriver jusqu’au toit. Une fois que la toiture a été posée, cela a été le moment d’abréger. La préparation a été longue et duré quatre mois. Nous avons fait un boulot énorme. » Qui va continuer de payer.

La sociétaire du BAM L’Héritage (7 v) n’a jamais été inquiétée par Olena Medvedenko contre qui elle défendait, le 19 février aux Mureaux, son titre WBA continental des légères (11 v, 9 d). A la clef, une victoire réglée comme sur du papier à musique (100-89, 100-90, 100-90).

Ce n’est pas lui faire offense que d’écrire qu’avec elle, le spectacle commence avant le combat et finit après. En guise de prélude, tout est souvent affaire de mélodie. On avait vue Rima Ayadi faire son entrée sur scène au son du Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Cette fois, c’est Claude Nougaro et son célèbre « Nougayork » qui étaient à l’honneur. Un éclectisme musical loin d’adoucir les mœurs dans le carré magique.

Certes, les débats démarraient non pas tambour battant mais crescendo. Un signe de sagesse et de lucidité de la part de la Francilienne qui prenait l’affaire par le bon bout. La visiteuse se limitait le plus souvent à attaquer en ligne, en se ruant tête en avant, pour, ensuite, débiter en crochets courts de près. Du pain béni pour l’Yvelinoise qui, voyant venir sa rivale, la contrait avec son bras arrière avant de désaxer immédiatement pour ne pas se laisser engluer dans des accrochages stériles. Outre la pertinence tactique de la chose, c’était l’attitude générale de la locale, mêlant savamment maîtrise technique et vista, qui ravissait les puristes.

« On va partir sur un championnat d’Europe »

Rimax dominait son sujet sans la moindre discussion grâce à une gestuelle ciselée et variée, marquée par une précision appréciable des impacts. Elle ne misait pas uniquement sur ses directs du gauche mais également sur des uppercuts bienvenus, des cross au menton et, plus largement, sur des combinaisons corps-face qui faisaient mouche. A compter de la quatrième reprise, son adversaire, bien trop frustre pugilistiquement, encaissait quasiment tout ce qui passait à force de ne jamais prendre la peine de construire ses offensives, d’esquiver, de feinter. Débordée de tous côtés et émoussée physiquement dans le dernier tiers de la confrontation, elle faisait de la résistance vaine sans être en mesure d’inverser ni même d’atténuer le sens unique des échanges. Le score sans appel sanctionnait impitoyablement ses carences et la victoire pleine de panache de la Française.

Avec la sincérité et la ferveur qui la caractérisent, Rima Ayadi se livrait, sitôt la ceinture autour de la taille, à son habituel rituel, celui des remerciements non feints à tous ceux - proches, entraîneurs, partenaires - qui la soutiennent dans son entreprise. Puis, au micro de Fight Nation, elle dévoilait ses ambitions à venir : « Ce sont les coachs qui vont décider. Ils veulent y aller étape par étape. Ils ont raison. Moi, je suis un peu trop pressée. Si je pouvais, je disputerais directement un championnat du monde mais, là, on va partir sur un championnat d’Europe. Et, si tout se passe bien, après, pourquoi ne pas viser le monde ? » Pour en être la reine.

  Le double champion du monde amateur et vice-champion olympique de Rio effectuera ses grands débuts chez les professionnels, le 26 février, à Barcelone, face au Vénézuélien Anderson Rangel (6 v, 1 n, 8 d). Une délivrance.

Cela faisait un long bail que ça trottait dans sa tête. Malheureusement, la crise sanitaire et son cortège de reports et d’annulations ont transformé la chose en Arlésienne. Songez qu’initialement, le Toulousain devait en découdre, chez les rémunérés, le 6 mars… 2021, à Lublin, en Pologne. Puis il était question qu’il soit à l’affiche de la réunion programmée le 15 janvier, à Bercy, avec Tony Yoka comme tête d’affiche avant que celle-ci soit décalée au 14 mai pour cause de jauge limite imposée, au cœur de l’hiver, par le Gouvernement.

Las et ardemment désireux de s’engager dans sa nouvelle vie de pugiliste, le Français, qui a pour promoteur l’Anglais Frank Warren, a eu l’opportunité de se produire de l’autre côté des Pyrénées. Il le fallait car, comme il l’explique, il est impératif qu’il compte au moins un combat pro pour avoir ensuite le droit, en tant qu’étranger, de boxer en Grande-Bretagne.

« Je suis en train d’apprendre mon métier »

Reste qu’il n’aborde nullement l’échéance catalane dans la précipitation et l’impréparation. Ce n’est pas vraiment le genre de la maison. Certes, le Tricolore n’avoue ne pas connaître grand-chose de son rival latino ni l’avoir décortiqué sous les moindres coutures en vidéo. Cependant, il n’ignore pas que sur ses six succès, quatre ont été remportés avant la limite. En clair, il ne part pas, loin s’en faut, au front la fleur au fusil, persuadé que ce sera une formalité tant sur la papier que dans le carré magique.

« Je sais simplement qu’Anderson Rangel est un droitier plutôt technique. Pour autant, je ne le prends pas du tout à la légère. Je boxerai à l’instinct, sans prendre de risque et en étant vigilant. Je verrai comment cela se passera au fil des six rounds et je m’adapterai, prédit l’Occitan. Je suis serein car je mesure tout le travail qui a été effectué en amont. Après les Mondiaux amateurs, je n’ai coupé qu’une semaine puis je suis retourné à la salle. Je savais que je devais me tenir prêt dans le cas où j’aurais une opportunité. Qu’importe si j’ignorais qui serait mon futur adversaire et s’il m’était donc impossible de mettre en place une tactique précise. Je voulais impérativement disputer un match d’ici fin février. Je suis en train d’apprendre mon métier. Depuis le temps que j’attends ça, il y a forcément un peu d’appréhension. J’ai vraiment envie de bien faire. »

Mohammed Mimoune, Jaouad Belmehdi et Sandor Martin comme sparring-partners

Pour cela, le Haut-Garonnais a évidemment mis l’accent, à la salle, sur les attendus de la boxe pro. En l’occurrence, « la force, la puissance, le fait de bien poser les appuis pour être moins aérien même si je conserverai ma petite touche qui consiste à boxer sur les jambes », sourit Sofiane Oumiha qui, ces derniers temps, a fait beaucoup de musculation. Il a été épaulé, dans son entreprise, par des sparring-partners de premier choix que sont son pote de club, Mohammed Mimoune, mais aussi l’ancien champion de France des légers, Jaouad Belmehdi, et l’Espagnol Sandor Martin, récent vainqueur de l’Américain Mikey Garcia.

Pour l’instant, rien n’est prévu ni, a fortiori, signé concernant le prochain duel au programme de l’ex glorieux capitaine de l’équipe de France.

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