Le 8 juin, devant son public de Balaruc-les-Bains, la Sudiste (14 v, 1 d) a conquis la ceinture WBF des mouches en détrônant sa compatriote Anne-Sophie Da Costa (28 v, 6 d), vaincue aux points, à l’unanimité des juges, au terme d’une confrontation intense et spectaculaire. Un nouveau départ à trente-cinq printemps ?
« Laëtitia a dominé de bout en bout. Elle était préparée pour ça et a surpris tout le monde. Je crois que c’est le plus beau combat de sa carrière, sourit son entraîneur, Frédéric Pérez. Nous nous attendions à ce qu’Anne-Sophie boxe en contre-attaque durant les quatre premières reprises. Pour cela, nous avions prévu de la faire reculer en attaquant sur les côtés. Or, Anne Sophie est plutôt rentrée, ce qui a convenu à Laëtitia car c’est un registre où elle est elle-même très forte. Elle a notamment pu passer ses droites. Surtout, Anne-Sophie a laissé beaucoup de jus et a baissé de régime à partir de la sixième reprise. »
Laëtitia Arzalier a, de surcroît, montré une palette étoffée en usant de son jab et d’un jeu de jambes qu’on ne lui connaissait pas forcément. « Sa force est sa faculté d’adaptation à ses adversaires et d’appliquer les consignes de son coin. Notamment de ne pas tout le temps rester dans l’axe et, au contraire, d’être souple des épaules et des hanches pour précisément désaxer. Cela lui permet non seulement de moins s’exposer mais également de trouver d’autres angles de frappe », analyse Frédéric Pérez.

« La meilleure poids mouche française »
Et de saluer la prestation de la tenante : « Anne-Sophie a été très courageuse. Elle a fait son match et a vraiment essayé de gagner. Bravo à elle d’avoir relevé ce défi d’autant qu’elle savait que Laëtitia est une adversaire très difficile. Je la remercie. » « Anne-Sophie a perdu, admet d’ailleurs son entraîneur, William Guillaume. Nous ne contestons pas le verdict. Elle a sûrement payé physiquement le fait d’avoir disputé trois gros combats coup sur coup depuis mars. Sur le plan de la récupération, c’est toujours difficile. Face à Laëtitia, qui a le même profil puisqu’elle aussi avance et met de coups, il n’y avait pas de stratégie particulière. Anne-Sophie aurait dû plus donner son direct du bras avant et désaxer davantage. Peut-être qu’elle a moins travaillé que Laëtitia qui, elle, a délivré un peu plus de coups précis. »
Toujours est-il que Laëtitia Arzalier, qui avait mis sa carrière pugilistique entre parenthèses pendant deux ans, de 2016 à 2018, pour se consacrer à son activité professionnelle, tutoie à nouveau les sommets planétaires, elle qui avait déjà détenu la couronne WBF des poids minimums. « Lors de son précédent combat, en avril, Laëtitia avait réalisé une prestation vraiment limite et je me suis posé la question de savoir si elle allait revenir, avoue son coach. Mais elle a un tempérament très volontaire et m’a prouvé que non seulement elle est encore là mais que c’est la meilleure poids mouche française. Dès qu’il y a un défi, elle est investie et s’applique. »
L’Héraultaise doit remonter sur un ring le 6 juillet prochain, pour disputer un duel sans enjeu, avant de remettre sa ceinture en jeu à Balaruc-Les-Bains ou, qui sait, d’en briguer une dans une autre fédération. « Nous sommes ouverts à toute proposition », assure Frédéric Perez.

Alexandre Terrini