Le champion de France professionnel des moyens affronte un Hongrois samedi à Civray, une étape importante avant de défendre son titre le 16 avril à Saintes.

Depuis quatre mois et demi, Armand savoure son sacre contre Togba-Tchoffo. Photo NR, Éric Pollet
Le clan Armand ne snobe personne. Et surtout pas un adversaire, quel qu'il soit. Alors, inutile de souligner devant le père ou le fils le bilan sans relief du Hongrois Attila Tibor Nagy, alias Tarzan, l'adversaire proposé samedi à Civray pour le combat de rentrée de Davy Armand. « Mais c'est un mi-lourd d'origine, qui boxe souvent des gars des gars de qualité et qui frappe proteste Patrick Armand, l'entraîneur du CLN. Il n'est pas très grand (1,72 m, NDLR), envoie des coups de boutoirs et rentre souvent tête en avant. Il va falloir avoir les mains hautes et -surtout- éviter la blessure ».
28 jours avant l'échéance
Car vingt-huit jours après ce combat de rentrée, c'est une tout autre affiche qui attend Davy Armand. Le 16 avril, à Saintes, le Niortais remettra son titre national en jeu contre l'Audonien Howard Cospolite. Un autre calibre, avec un vrai enjeu. « Je ne pense pas encore au championnat de France, je veux d'abord gagner à Civray avant de me projeter plus loin » affirme Davy Armand, tout en mentionnant, quelques réponses plus loin, que la préparation de la défense du titre est déjà commencée depuis plusieurs semaines. « On a travaillé avec des lourds qui frappent complète son entraîneur de père. Nous sommes allés à Châtellerault. La semaine dernière, nous étions à Saintes. Davy est bien en ce moment » complète Patrick.

La naissance de son premier enfant, prénommé Nino « en hommage à des boxeurs comme Nino Benvenuti ou Nino La Roca » glisse dans un sourire Davy, est arrivée comme un cadeau en janvier, quelques semaines après la consécration nationale. Et la détermination du boxeur niortais à prendre racine sur son petit nuage de félicité demeure intacte. « On a choisi de boxer Tibor Nagy en six reprises car si Davy a besoin de regoûter à la compétition, il faut aussi se méfier de la blessure si près de l'échéance précise Patrick Armand. Le principal, c'est qu'il récite ses gammes, qu'il fasse un beau combat et une belle préparation. Ce combat à Civray est une étape dans la préparation. On va monter progressivement à dix rounds avec des sparring différents. Et je sais qu'il est apte physiquement à tenir la distance contre Cospolite ». Un coup d'œil sur la silhouette filiforme du champion à l'entraînement corrobore l'assertion. Il reste à confirmer tout ça sur le ring dès samedi.
(*) A 27 ans, le Hongrois Attila Tibor Nagy ne compte que 9 victoires (dont 6 par KO) en 28 combats professionnels. Il n'a remporté qu'un seul de ses huit derniers combats.
Par Philippe Jounier
Source : La Nouvelle République

