Djamili Aboudou a décroché le titre de champion de France, son premier chez les seniors, après avoir été sacré chez les juniors en 2013 et 2014. « L’émotion est encore plus forte, parce que là on est dans le monde des grands », explique le boxeur de Coudekerque ring, vainqueur aux points de Rodny Belfroy.

« L’objectif, c’était de gagner la ceinture. Rien d’autre. Je suis très content du résultat. On l’attendait depuis longtemps. On a travaillé pour », poursuit celui qui emploie peu la première personne du singulier pour narrer son exploit. C’est qu’aussi individuelle la boxe puisse être, Djamili Aboudou vit sa passion en équipe. « Je veux remercier ceux qui me soutiennent, les membres du club, les amis, la famille. Et surtout mon entraîneur Karim Hamadi, qui prend beaucoup de son temps pour moi : la semaine et le week-end. Il m’appelle, me conseille, même lors des trêves. Il prend soin de moi à la boxe et à l’extérieur. Si je suis là aujourd’hui, c’est aussi grâce à lui. Je passe plus de temps avec lui qu’avec mes parents ». Un travail acharné qui a payé, vendredi, sur le ring du Cirque d’hiver. « On avait prévu de jouer sur la mobilité : toucher, sortir, ne pas rester dans l’axe. J’ai mis des touches nettes et voilà ». Habituellement stressé à l’approche des grands rendez-vous Djamili Aboudou était étrangement serein avant l’échéance. « Quand je vais voir le médecin avant le combat, il y a beaucoup de stress. Là, je n’avais que 13 de tension. D’habitude, je suis plutôt autour de 15 ou 16, voire plus. Mais cette fois, j’étais en confiance », analysait le Coudekerquois au lendemain de sa victoire.
Changer de catégorie ?
La suite ? Elle est encore assez floue pour l’étudiant en économie-gestion à l’ULCO. « Pour l’instant, je suis dans mes études et la boxe vient après. Ça peut changer, mais ce n’est pas encore d’actualité », explique l’ancien handballeur, qui fait écho aux préconisations de son coach. « On priorisera toujours les choix professionnels. Sur 400 pros en France, il n’y en a qu’une dizaine qui en vivent. Il faut d’abord penser à son avenir. La boxe, on verra en fonction des opportunités », note Karim Hamadi, qui a prévu d’inscrire son poulain aux ceintures Montana, une compétition qui réunit les boxeurs de quarante nationalités mi-avril. « Je ne suis pas sûr qu’on ait le niveau, mais j’ai envie de tenter le coup, car il nous a surpris. ».

Djamili Aboudou sera également convoqué à l’INSEP dans les semaines à venir. Et sur le plus long terme, si Karim Hamadi ne veut pas tirer de plans sur la comète, il a déjà quelques idées. « Si Tony Yoka s’illustre aux JO, il pourrait passer pro et laisser une place vacante. Alors on aura peut-être la mainmise sur la catégorie. S’il revient, c’est prématuré d’aller le défier, mais on envisagera peut-être de changer de catégorie. Djamili est plus petit que les autres. Au niveau international, ils sont plus grands et plus forts ». Passer sous la barre des 91 kg est dans les cordes du Coudekerquois. « Sans régime, il descend facilement à 95 kg. On a de la marge et on peut viser d’autres objectifs. Tout ça pour passer pro un jour s’il le souhaite. Mais ceux qui connaissent le sport le savent : une blessure est vite arrivée. Un jour tu peux être tout en haut et complètement oublié le lendemain ».
Par : M. B.
Source : Le Phare Dunkerquois
Crédit image : Denis Boulanger - Presse-Sports

