Christian Mbilli s'incline face au roi Canelo

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Ce samedi 31 octobre à Riyadh, le Français (29 v, 1 d, 1 n) a perdu son titre WBC des super-moyens après avoir subi sa première défaite, aux points (115-112, 116-112, 117-110), devant le Mexicain Saul « Canelo » Alvarez (64 v, 3 d, 2 n).

L’expérience des grands combats à enjeux, a incontestablement été un atout majeur en faveur de la légende de Guadalajara. Quand Christian Mbilli a effectué son premier combat professionnel en 2017, Saul Alvarez était champion du monde des super-welters. Canelo a d’ailleurs disputé 28 championnats du monde dans quatre catégories de poids, presque autant de sommets que le nombre de combats livrés par le Français. Lors de sa dernière sortie, le champion Mexicain était apparu sans imagination et sans dynamisme. Il s’était incliné devant l’excellent Terence Crawford et beaucoup d’observateurs en avaient déduit qu’il était en fin de parcours, omettant le fait qu’il souffrait d’une blessure au coude gauche qui a nécessité une intervention et quelques mois d’inactivité.

Personne ne savait réellement quel Canelo allait se présenter devant Christian Mbilli, un paramètre qui explique en partie une certaine retenue du Français qui n’a jamais « lâché les chevaux » au cours de ces douze rounds. Pourtant, le Mexicain n’avait plus gagné avant la limite depuis 2021 et « Solide » a souvent justifié son surnom en montrant de grosses qualités d’encaisseur devant des frappeurs tels que Carlos Gongora et Lester Martinez.

Christian Mbilli a démarré prudemment, sans se jeter mais en prenant la température. Il donnait son bras avant sans parvenir à toucher nettement. Ses coups partaient de trop loin et le Mexicain répondait avec son bras avant. Le Français bougeait à la seconde reprise et il déclenchait une série avant de sortir rapidement mais Canelo touchait avec sa droite et son crochet gauche. Christian Mbilli produisait une accélération avec deux droites à la face en fin de round.

Sa vitesse d’exécution était supérieure mais c’était incontestablement Saul Alvarez qui dictait le rythme du combat. Sa stratégie ne faisait aucun doute ; il se laissait acculer le long des cordes, la garde haute en attendant que le Français se déchaine pour placer ses contres, un domaine où il est redoutable. Le pressing et le débit de coups sont les points forts de l’élève de Marc Ramsay, un style de boxe qu’affectionne le Mexicain. Christian Mbilli ne tombait pas dans le piège et il sortait rapidement après avoir donné quelques coups, la plupart étant bloqués par Saul Alvarez qui se montrait précis dans ses remises.

Les rounds se suivaient et se ressemblaient, Christian Mbilli attaquait pendant la première minute et Canelo finissait mieux. Le combat était équilibré, Saul Alvarez faisait de courtes différences grâce à sa maitrise du combat et ses frappes précises comme cet uppercut accusé par Solide au septième round. L’arbitre infligeait un sévère avertissement au Français au huitième round pour un coup donné sur la nuque. Le Mexicain posait son emprise sur les débats malgré un splendide crochet gauche encaissé au dixième round. Christian Mbilli ne se lâchait réellement que lors de la dernière reprise où il réussissait à toucher son adversaire. Le verdict des juges confirmait la domination tactique de Saul Alvarez.

Aucun des deux boxeurs n’avait été en danger mais on ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine frustration par rapport au déroulé du combat même si Christian Mbilli n’a pas à rougir de sa prestation. Ce championnat du monde face au combattant le plus suivi de la planète lui aura permis d’acquérir la notoriété dont rêvent tous les pugilistes mondiaux.   

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