Les deux Français ont échoué en finale des championnats d’Europe seniors, à Sofia. Un stade qu’a atteint Sthélyne Grosy, encore une fois brillante.
« Junior Tadah a un peu manqué de fraîcheur physique sur la fin »
Le Lyonnais (-85 kg) a cédé devant le Russe Dmitrii Karmanov. Alors que les duellistes en étaient à un round partout, c’est donc le troisième qui a fait office de juge de paix. « L’objectif était d’imposer une confrontation à mi-distance, en avançant sur le Russe afin de l’empêcher d’exploiter son allonge supérieure, décrypte l’entraîneur national, Kamel Hasni. Mais Junior a un peu manqué de fraîcheur physique sur la fin. C’est là-dessus que cela s’est joué et non pas tactiquement. Ses coups partaient un peu moins vite que d’habitude. Il a également moins débité. C’est dommage parce qu’il n’avait rien à envier à son adversaire, lequel était dans le rouge et a été compté dans la deuxième reprise avant d’être un peu plus actif sur la fin. »
« L’arbitre a mis fin au combat d’Hugo Grau de manière peut-être prématurée »
Opposé à l'Ukrainien Elvin Aliev, Hugo Grau (-65 kg) s’est incliné sur blessure à l’arcade sourcilière. Il a, en effet, été arrêté par l’arbitre au bout de deux minutes et vingt-quatre secondes dans la reprise initiale. Une décision toutefois quelque peu surprenante dans la mesure où si le directeur du combat avait attendu ne serait-ce que la fin du round, le verdict aurait été donné en fonction du pointage de ce dernier. « Il nous aurait sans doute été favorable dans la mesure où Hugo a réussi à boxer de loin avec son bras avant et en deux temps avant de sortir latéralement. Il a contrôlé l’Ukrainien qui n’est pas parvenu à imposer sa boxe ni à s’installer pour délivrer des enchaînements. Enfin, c’est Hugo qui a inscrit les touches les plus nettes, en particulier en donnant des uppercuts », analyse Kamel Hasni.
Sachant aussi, fait-il remarquer, que c’est la première fois, dans un grand championnat, que les demi-finales et les finales ont lieu sans un jour de repos entre les deux. La chose est d’autant moins neutre que le Vendéen s’est blessé au même endroit qu’en demi-finale, au cours de laquelle il avait été touché à la suite d’un choc de têtes. « La plaie s’est rouverte mais ne saignait pas du tout abondamment, note l’entraîneur national. L’arbitre a, à mon sens, sollicité trop souvent le médecin, ce qui l’a incité à mettre fin au combat de manière peut-être quelque peu prématurée. D’autant qu’au cours de ces championnats, certains matchs sont allés jusqu’à leur terme dans les mêmes circonstances. »
« Sthélyne Grosy a montré qu’elle a toute sa place en -60 kg »
L’unique victoire de la journée est donc à mettre à l’actif de Sthélyne Grosy. La Francilienne s’est hissée en finale en dominant la fausse garde turque Gizem Özer qui avait participé aux JO de Paris en 2024. « Elle a fait un super combat, insiste Kamel Hasni. Dans cette catégorie nouvelle pour elle que sont les -60 kg, Sthélyne affronte le plus souvent des filles plus grandes, voire un peu plus puissantes qu’elle. C’est pour cela qu’elle mise avant tout sur sa vista, son coup d’œil, sa vitesse de bras et son sens du déplacement. Plus que jamais, le but est de toucher sans se faire toucher. Or, elle arrive à poser énormément de problèmes à ses rivales. » Ce qui a été de nouveau le cas contre Gizem Özer qui, se sachant en retard, a eu tendance à se jeter et n’a jamais vraiment trouvé la solution. Dans la troisième reprise, « c’est la Française qui a été le plus impactante, essentiellement avec son bras arrière. Elle a, en outre, toujours veillé à tourner du bon côté et à ne jamais rester en face, note l’entraîneur national. Sa prestation est vraiment rassurante car il y avait de l’opposition en face. Elle a montré qu’elle a toute sa place en -60 kg. »

