Irrésistible jusqu’ici, le Montois visera ce soir une place pour sa deuxième finale nationale de rang. Face à lui, le n° 1 français que le Landais avait battu l’an passé à ce stade de la compétition.

Yannick Dehez rêve de porter la ceinture de champion de France amateurs pour son premier combat professionnel, le 28 février prochain à l’Argenté. Crédit photo Loïc Dequier
Le rendez-vous est pris. Le samedi 28 février prochain, Yannick Dehez mettra les gants pour disputer son premier combat professionnel. Le super léger montois aura le privilège d'effectuer son baptême du feu devant son public, dans la salle de l'Argenté de Mont-de-Marsan, à l'occasion de la demi-finale du Tournoi de France. Une première qui aurait encore plus d'allure si à cette occasion le puncheur du Stade Montois arborait la ceinture de champion de France senior amateurs. « C'est clair que ce serait un énorme bonus », confirme son père et entraîneur, Christophe Dehez. « Il est champion de France cadet et junior. Il ne lui manque que ce titre-là ! » On se souvient que la saison dernière le gamin de la Midouze avait trébuché sur la dernière marche menant au titre suprême : un gaillard d'1,85 m et de 26 ans du nom d'Hassam Amzile, sept ans d'expérience de plus que lui. Un échec qui n'a fait que renforcer sa détermination. « C'était ma première finale, mais pas la dernière », assurait-il à l'époque au sortir de sa défaite aux points.
« Un sérieux client »
Le vice-champion de France amateurs 2014 est en passe de tenir parole. Mais pour s'ouvrir les portes d'une deuxième finale nationale consécutive, le jeune montois de 20 ans devra sortir victorieux de son duel avec le Roubaisien Abdel-Malik Ladjali, un puissant droitier de 23 ans, déjà titré en 2013. Une référence dans le landernau du noble art hexagonal et continental (il fut médaillé de bronze au championnat d'Europe il y a deux ans en super légers) que Yannick Dehez avait méthodiquement détruit l'an passé au même stade de la compétition. Membre de l'équipe de France et actuel numéro 1 français, pressenti pour être du voyage à Rio dans un an, le Nordiste n'en demeure pas moins « un sérieux client », souligne l'entraîneur, avant d'enchaîner dans un élan de confiance : « Mais Yannick va le battre. Il est prêt ». Il faut dire que tous les indicateurs sont au vert pour le poids léger montois, auteur jusqu'ici d'un parcours sans faute plus que prometteur. Il a tout gagné. Surclassant chacun de ses adversaires. Souvent avant la limite. À l'image de son quart de finale remporté sur K.-O. au 3e round. Un cheminement plus long que prévu malgré tout. « En tant que finaliste de la dernière édition, il aurait dû être exempté de phases qualificatives et rentrer directement en quarts, mais bon, allez savoir pourquoi, il a dû repartir de zéro », s'étonne son père.
Physiquement « très bien »
Ce soir en Gironde Yannick Dehez livrera son onzième combat d'affilée. Un mal pour un bien selon son entraîneur. « Le point positif c'est qu'il est en jambes et qu'au fil des combats, il est monté en puissance et a emmagasiné un maximum de confiance. » Suffisant pour l'affubler du statut de favori ? « Physiquement, il est très bien. Cette année, il n'a même pas galéré pour être au poids (moins de 64 kg), il est moins fatigué », détaille Christophe Dehez. « Mentalement, il a mûri, et techniquement, il s'est perfectionné. Le travail effectué à l'entraînement avec Samir Ziani (le Villeneuvois, champion du monde WBC, NDLR) a été bénéfique, et il est surtout surmotivé » à l'idée de rouler sa boxe jusqu'au titre. Autant dire que Ladjali devra envoyer du lourd pour ruiner les espoirs de Yannick Dehez d'une éventuelle revanche sur Hassan Amzile, lequel dans le même temps à Fréjus, tentera de prendre le meilleur sur Philippe Delarue.
Par Richard Marquet
Source : Sud Ouest

