Christopher Sébire, 31 ans, affronte l’Argentin Martin Antonio Coggi pour la ceinture (vacante) mondiale WBF des poids super-légers samedi au Cirque Jules-Vernes.

Il jongle entre son travail de chauffeur à Rouen, ses trois enfants et ses entraînements quotidiens en Normandie, à Amiens ou chez Bob Sita à Cormeilles-en-Parisis. Mais trouve pourtant le temps de répondre aux sollicitations médiatiques. Parce qu’il est comme ça, Christopher Sébire, « sincère », selon ses propres mots. Parce qu’il sait aussi que, au-delà de son propre palmarès ses poings incarnent le renouveau de la boxe à Amiens. Et ce, depuis qu’en 2015, il a retrouvé Jérôme Fouache de l’Amiénois Boxing Club, l’homme qui l’avait lancé dans le bain professionnel dix ans plus tôt. Entre les deux, un respect mutuel. « Avec Chisto, nous nous comprenons, résume Fouache. Pas de coup foireux. Pas de papa, il a un papa. Et moi pas de fiston, j’ai des enfants ».

Fouache et son super-léger (1,70 m ; 24 victoires, dont 9 avant la limite, 1 nul, 9 défaites) ont déjà réussi leur pari en exhumant du passé les grandes soirées organisées eu Cirque Jules-Verne. « Je sens qu’Amiens et la Métropole sont derrière moi. Il y a une équipe qui bosse », remercie Sébire. Samedi 22 octobre dans ce cadre somptueux, Martin Antonio Coggi (33 ans ; 33 succès, dont 16 expéditifs, 3 nuls, 6 revers) sera dans le coin opposé. L’Argentin, gaucher, est déjà venu à Amiens. Mais il avait 6 ans et accompagnait son père qui combattait au Cirque (déjà !) le 30 décembre 1989.

Sébire et Coggi se disputeront la ceinture mondiale WBF. « Je suis triple champion de France professionnel, ça ne m’intéresse plus, commente celui qui a déjà disputé un championnat international et deux intercontinentaux WBA, WBC et IBF. J’apprécie ces combats internationaux où j’ai toujours marqué les esprits ». Et quand on lui fait remarquer que son adversaire n’a pas combattu depuis dix-neuf mois, Sébire réplique : « Mais moi, ça fait aussi un an ! Pour Coggi, ça va être le challenge de sa vie ». Et un peu aussi, celui de Christopher.
Par Antoine Caux

