Pour le titre vacant WBF des poids super-coq, la Marseillaise Karine Rinaldo (14 victoires, dont 5 avant la limite, 1 nul, 1 revers) a battu par arrêt de l'arbitre dans le troisième round la Hongroise Alexandra Lazar (19 ans ; 1,70 m ; 4 succès, dont 2 expéditifs, 1 revers), vendredi soir à Marseille (Bouches-du-Rhône).

« Ce soir, c’est l’aboutissement de 10 ans de travail ». C’est par cette phrase que l’entraineur Jean Molina et sa championne ont réagi vendredi soir, après leur victoire. La preuve, s’il en faut, des sacrifices et des efforts fournis par Karine Rinaldo pour parvenir jusqu’à ce titre mondial. Trois rounds d’une intensité incroyable ont suffi pour s’imposer. « J’étais déterminée comme jamais. Dès que le combat a commencé je voulais finir » explique-t-elle. Championnat du Monde ou pas, la Marseillaise n’a pas changé de tactique. Elle s’est ruée vers son adversaire dès le tintement de la cloche. Dans sa ville, et sous les encouragements de la salle Vallier, elle asphyxie la Hongroise avec ses enchainements aussi rapides que puissants.

Alors que le public s’attend à un K.-O. immédiat tant l’assaut est violent, Alexandra Lazar encaisse. Si son visage est rougi par les coups, son regard reste imperturbable. Elle va même réussir à riposter et à toucher la Marseillaise. Le sang coule des narines de Rinaldo jusqu’à sa bouche et lui donne un air de guerrière. C’est alors qu’elle redouble ses coups et trouve la clef pendant le 2e round. « Je l’ai touchée au ventre et c’est à ce moment que j’ai vu le premier signe de douleur dans son regard. Je me suis dit : maintenant ne lâche plus ». Portée par ses supporters, elle maintient son rythme. Lazar, acculée dans les cordes s’écroule. Elle ne se relèvera pas. En à peine plus de 5 minutes et avec toute la fougue et la hargne qui la caractérise, Karine Rinaldo décroche le titre WBF super-coq.
Un titre à défendre
Tout de suite après sa victoire, front contre front, elle communie avec Jean Molina, son entraineur de toujours. C’est d’ailleurs lui qui le premier, lui rend hommage. « Je n’ai jamais douté. Pour moi, c’est la seule boxeuse capable de tenir une telle cadence pendant un combat. Si elle ne gagnait pas au 3e elle l’aurait fait tomber au 7e ou au 8e ». Rinaldo peut maintenant savourer avant de penser à une première défense, sans doute du côté de l’Afrique du Sud. Avant cela, elle sera à Ajaccio, sa deuxième maison, pour une soirée de gala le 9 janvier prochain. « Ce sera une fierté immense d’arriver avec la ceinture. C’est prestigieux, il faut en être digne ». Tout sourire, le visage à peine marqué si ce n’est son nez qui garde les stigmates du combat, Karine Rinaldo a réussi sa soirée. Elle est championne du monde.
Par Jean-Michel Ruscitto
Source : La Marseille



