Battu en finale des poids légers (-60 kg), Sofiane Oumiha a offert à la boxe tricolore et à la délégation française une médaille d’argent, ce mercredi à Rio de Janeiro.



Ce mercredi au pavillon de Riocentro, à Rio de Janeiro, le jeune Toulousain (21 ans) a été battu pour l'or en finale des moins de 60 kg par Robson Conceiçao, qui devient le premier boxeur brésilien médaillé d’or aux Jeux Olympiques. Porté par tout son public, le Brésilien s’est imposé à l’unanimité des trois juges (3 juges à 0 ; 30-27, 29-28 et 29-28). Oumiha remporte la médaille d’argent, comme Daouda Sow dans la même catégorie, en 2008 lors des Jeux de Pékin. Le Tricolore rapporte à la boxe française sa troisième médaille au Brésil. « Ma joie est de rendre les gens fiers. Je suis gêné de lâcher quelques larmes. Aux jeunes qui galèrent, croyez-y. Tout est possible dans la vie. Il y a quatre ans, je galérais dans mon quartier. Je sors de nulle part, mais je veux aller loin 7 ». Une émotion touchante qui correspond bien au boxeur pour Kevin Rabaud, le directeur technique national (DTN) : « C’est un garçon discret et attachant. Il avait promis de ne pas pleurer, mais tous les messages de soutien qu’il a reçu sur les réseaux sociaux l’ont touché. Il a envie de donner du bonheur aux gens ».
« Un équilibriste »
Sofiane Oumiha a aussi parlé des sacrifices, inhérents à la condition d’athlète olympique, mais peut-être encore plus grands dans ces sports de combat qui souffrent d’un déficit de médiatisation. « Pour être ici, a-t-il confié, j’ai raté le mariage de ma sœur, qui compte beaucoup pour moi. Comme vous le savez, ma mère a été accidentée, et ça fait deux mois et demi que je n’ai pas vu les miens. Je sais qu’ils me regardent depuis Tadla, un petit village du Maroc ». Révélé avec sa victoire lors des Jeux méditerranéens en 2013, Sofiane Oumiha a mis un peu de temps avant de confirmer son grand talent. L’entraîneur de l’équipe de France, John Dovi, parle d’un « boxeur virtuose ». Une boxe atypique décryptée par le DTN Kevin Rabaud : « Il possède un placement particulier, un grand sens de l’équilibre et de la contre-attaque. Ça lui donne un style qui lui est propre et qui surprend ses adversaires. Son buste est mobile et part dans tous les sens. Les autres pensent pouvoir le toucher, il les piège et parvient à remiser les coups. C’est un équilibriste ». Depuis deux ans, le boxeur enchaîne les victoires et les bonnes performances. Il avait notamment décroché l’argent lors des Jeux européens de Bakou en 2015. « Ce n’est pas du tout une surprise pour nous, au vu de ses prestations et de toutes ses victoires », explique l’entraîneur John Dovi, qui explique l’émulation qui règne au sein du collectif français : « Tout le monde veut sa médaille. Depuis quatre ans, on est ensemble 250 jours par an lors de stages difficiles, comme à Cuba. On pratique un sport individuel avec une vie de groupe ».


























Par Olivier Monserrat-Robert
Crédit images - AIBA - Karim de la Plaine

