Mothmora était dans un jour sans

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Le boxeur loir-et-chérien n’a jamais réussi à prendre l’initiative face à Artur Akavov, vendredi à Tartu (Estonie). Et il a fait deux voyages au tapis.

Michel Mothmora compte bien repartir au combat. Crédit photo, Nicolas Derré

Michel Mothmora a quitté le Coq Sports Hall de Tartu, vendredi soir, sans même connaître le décompte exact établi par les juges de son combat face au Russe Artur Akavov. « Et ce décompte, je ne l'ai toujours pas », nous a confié Michel Chagnoux, son entraîneur, samedi matin, quand nous l'avons contacté en Estonie. Avant d'ajouter, lucide : « Mais, quoi qu'il en soit, Michel a subi une nette défaite. » Jamais vraiment dans le coup. Le combat entre les deux hommes, que certains d'entre vous ont peut-être pu suivre sur babahh.com, n'a pas atteint des sommets. Le boxeur d'Ouzouer-le-Marché n'a jamais réussi à prendre l'initiative et il n'a que trop rarement mis en danger son adversaire. « Il était dans un jour sans, résume Michel Chagnoux. Ses coups ne partaient pas. Et quand ils partaient, ils arrivaient dans le vide… Ce n'est pas évident de trouver la distance face à un gaucher. Michel n'est pas parvenu à résoudre ce problème. »

"Ses coups ne partaient pas ou ils arrivaient dans le vide "

Deux fois au tapis. Durant la première moitié de la rencontre, Mothmora s'est contenté de répliquer aux rares accélérations du Russe. Et il l'a même déstabilisé une fois ou deux. Mais la gauche d'Akavov a fait des dégâts par la suite. Le boxeur oratorien a été durement touché, aux septième et huitième rounds. Blessé au nez - son entraîneur craint une fracture - et à l'œil droit, il a été compté par l'arbitre mais a réussi à reprendre un combat qu'il a d'ailleurs plutôt bien terminé, empêchant son rival d'avancer lors des deux dernières reprises. Le Loir-et-Chérien a au moins eu ce mérite, face à un adversaire qui restait sur cinq succès avant la limite. Un arbitrage pas toujours compréhensible. Si la victoire d'Akavov est nette et incontestable, Michel Chagnoux n'a pas du tout compris les interventions, ou les non-interventions, de l'arbitre. Quelques exemples : Mothmora a subi plusieurs réprimandes qui ne semblaient pas s'imposer ; il a encaissé plusieurs coups, alors qu'il tournait le dos à Akavov ; et ce dernier, touché au foie, n'a pas été compté au neuvième round… Sur cette action, le Loir-et-Chérien a sans doute eu le tort de porter un coup de trop, alors que son rival, c'est vrai, était déjà au sol. Une deuxième ceinture ? Mothmora était parti à Tartu pour disputer un championnat d'Europe WBO. Il a découvert en arrivant en Estonie qu'une deuxième ceinture serait mise en jeu lors de son combat. En l'occurrence la ceinture mondiale WBF des poids moyens. Mais attention, pas la WBF (World Boxing Federation) sous l'égide de laquelle il a déjà combattu, mais la World Boxing Foundation ! Aux dernières nouvelles ce titre était pourtant détenu par le Britannique Patrick Mendy… Difficile d'être beaucoup plus précis sur le sujet d'autant que le gala de vendredi n'est évoqué, ni sur le site Internet de la WBO Europe, ni sur celui de la WBF bis. Et maintenant ? Michel Mothmora n'est en rien responsable des errements des différentes fédérations. Et il a même beaucoup de mérite à vouloir, encore et toujours, remonter sur le ring. Après une période de repos dont il a bien besoin, il tient en effet à livrer le combat pour lequel il s'était initialement préparé, celui face au Brésilien Issac Rodrigues. « C'est toujours d'actualité, confirme Michel Chagnoux. J'ai eu un contact avec la WBF (World Boxing Federation), ce jeudi. Si Rodrigues conserve son titre mondial, vendredi 19 juin, il devra obligatoirement le défendre contre Michel. »

Par Olivier Allègre

Source : La Nouvelle République

 

 

 

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