Le Pass sanitaire, un moindre mal qui aura des conséquences

Alors que la quatrième vague de Covid-19 est déjà là et a devancé l’appel, quand bien même n’était-elle attendue qu’à la rentrée, l’Exécutif entend généraliser progressivement le pass sanitaire à de nombreux domaines professionnels comme de loisirs. En particulier, les activités physiques, y compris au bord des rings. Explications.

Depuis le 21 juillet, comme l’a confirmé le ministère des Sports, le Pass sanitaire s’applique dans tous les Établissements recevant du public (ERP), qu’ils soient couverts ou de plein air. Et ce, dès lors que leur capacité d’accueil est supérieure à cinquante personnes. Ne sont pas comptabilisés dans ce seuil les salariés de l’ERP ni les bénévoles, c’est-à-dire pas les encadrants ni les dirigeants. En outre, le pass sanitaire ne concerne pas les mineurs. Enfin, précise le Gouvernement, s’il dispense du port du masque, il n’empêche pas le respect des protocoles sanitaires en vigueur (gestes barrières, distanciation sociale). Pour ce qui est des ERP qui reçoivent moins de cinquante personnes, le pass sanitaire ne revêt pas de caractère obligatoire. En revanche, il l’est (là encore, sauf pour les mineurs, les bénévoles et les salariés) pour les manifestations autorisées ou déclarées dans l’espace public dès lors qu’elles associent plus de cinquante individus.

Le pass sanitaire doit être excipé dès que la jauge est atteinte

Concrètement, qu’est-ce que cela induit pour le noble art ? Que le pass sanitaire doit être excipé par les intéressés âgés de plus de dix-huit ans dès que la jauge fatidique est atteinte. Ce qui peut se produire tant en tribunes au cours d’un gala auquel assiste le public qu’à l’entraînement si plus de cinquante pratiquants sont réunis simultanément. Avec une subtilité : il peut arriver que, dans un gymnase, une grande salle soit divisée en plusieurs aires séparées, par exemple par des rideaux, où chacun parfait ses gammes dans sa discipline respective. En théorie et même si un flou subsiste en la manière, c’est bien l’ensemble des sportifs présents sur le site et non pas chaque groupe qui est pris en compte pour savoir si ladite jauge est dépassée ou pas.

La tâche des clubs singulièrement compliquée

La crainte est, bien sûr, que le Parlement vote un durcissement de ce dispositif. Celui-ci pourrait, par exemple, prendre la forme d’un pass sanitaire qui s’appliquerait aux adolescents de douze ans et plus ou encore, qui entrerait en vigueur dans toutes les enceintes sans considération de jauge.

Dans tous les cas, la FF Boxe se conformera, bien sûr, à la législation et veillera à ce que ses organes déconcentrés en fassent de même. Cependant, on imagine aisément l’impact de telles mesures pour les clubs dont la tâche va être singulièrement compliquée. Ce sera en effet à eux de vérifier, à chaque fois, que chacun est bien titulaire du pass sanitaire requis. Or, ils n’ont souvent pas les moyens humains pour s’acquitter de cette mission chronophage et potentiellement source de tensions avec ceux qui refuseront de produire le précieux sésame. Sans compter, ceux qui, pour des motifs personnels, ne veulent pas se faire vacciner ou faire vacciner leurs enfants mineurs, quitte à renoncer, pour eux-mêmes et/ou pour leurs progénitures, à prendre une licence et à s’adonner à une activité sportive encadrée. Ce qui, après une saison 2020-2021 marquée par une baisse drastique du nombre de licenciés, serait quasiment un coup de grâce.