"Guigui" Frénois devra voyager

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C’est en Espagne, et non à Saint-Quentin comme espéré, que Guillaume « Guigui » Frénois tentera de remporter le titre européen EBU des super-légers.

Le verdict des enchères est tombé hier. En défaveur du Saint-Quentinois Guillaume Frénois (à droite). Photo Luc Couvee

Scénario catastrophe, mardi dans les locaux de l’EBU (European Boxing Union) à Rome (Italie). Le président du BC Saint-Quentin, Pascal Cordier, et le promoteur de Guillaume Frénois, Gérard Teysseron, qui avaient pourtant fait cause commune pour enlever les enchères et l’organisation du championnat d’Europe des super-légers entre Frénois et l’Espagnol Julian Giner (32 ans, 19 combats, 18 victoires dont 8 par K.-O. et une défaite), se retrouvent Gros-Jean comme devant. « On n’a vraiment pas de chance avec cette ceinture EBU », souffle Pascal Cordier, faisant ainsi référence à une situation identique qui s’était produite en 2013 avec le tenant du titre Devis Boschiero. Cette année-là, Gérard Teysseron et Pascal Cordier étaient allés aux enchères chacun de leur côté et s’étaient fait souffler la mise par le camp italien. Le combat entre Boschiero et Guillaume Frénois s’était disputé le 28 septembre 2013 à l’Ippodromo Le Padovanelle de Ponte di Brenta (Vénétie) et s’était soldé par une défaite de l’Axonais aux points. Depuis, le professeur des écoles de Saint-Quentin attendait patiemment qu’une seconde chance lui soit accordée, à domicile, au Palais des sports. Il avait d’ailleurs obtenu des garanties du maire Xavier Bertrand et le soutien inconditionnel de son promoteur. « Depuis toujours, j’œuvre pour que Guillaume remporte la ceinture européenne chez lui », clame Gérard Teysseron avec insistance.

Après moult rebondissements et un suspense insoutenable, le verdict est tombé hier. Cette fois encore en défaveur de Guillaume Frénois. Pourtant, le 16 décembre dernier, quand le challenger officiel, l’Anglais Stephen Smith, avait renoncé à affronter Julian Giner, offrant ainsi à Guillaume Frénois la chance de conquérir un titre auquel il aspire depuis un peu plus de deux ans, l’optimisme était devenu grandissant au BCSQ. La confiance était telle que la date du combat avait même été fixée au vendredi 19 février prochain. Une stratégie avait été mise au point pour que l’opération se termine bien. « Lors du combat entre Romain Jacob et Julian Giner (le 10 novembre 2015 à Boulogne-sur-Mer), j’avais déjà évoqué cette probabilité de Guillaume à Saint-Quentin, confie Gérard Teysseron. Je pensais alors que le message était bien passé ». Malheureusement, les rouages se sont grippés. Un dernier plan de bataille a été établi la veille de l’ouverture des enveloppes. « Lundi soir, j’étais encore au téléphone avec Pascal Cordier, souligne le promoteur isérois. On pensait avoir mis tous les atouts de notre côté ». Finalement, les Espagnols ont offert un peu plus que les Picards. « La différence entre leur proposition et la nôtre oscille entre 8 et 10 000 euros, indique Pascal Cordier. Ce n’est pas rien. Ça prouve surtout que le camp espagnol a plus de moyens que nous. La télévision sans doute ! » « On a été au bout du bout de ce qu’il était possible de faire, reprend Gérard Teysseron. Je suis totalement abattu par le résultat de ces enchères. J’aurais tellement voulu que ça se fasse à Saint-Quentin. Je suis très déçu pour Guillaume ». Guillaume Frénois sera toutefois à l’affiche de la réunion du 19 février, afin de disputer un match de préparation pour son championnat d’Europe (la date et le lieu restent à définir). Une maigre consolation. Quant à Tony Averlant, il tiendra la vedette de la réunion face à un adversaire dont le nom pourrait être connu aujourd’hui.

Par Jacky Lamborion

Source : Le Courrier Picard

 

 

 

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