Du 3 au 5 mars derniers, avait lieu, à Nancy, le premier stage de détection mis en place par la Direction technique nationale (DTN) afin de sélectionner les pensionnaires du futur pôle France féminin. Ce dernier doit ouvrir ses portes en septembre prochain, au Creps lorrain.
Les conditions pour être autorisée à participer à ce rassemblement n’étaient pas drastiques, de l’aveu même de Stéphane Cottalorda, entraîneur national en charge de la filière féminine qui était, pour la circonstance, épaulé par deux autres entraîneurs nationaux, Elias Friha et Pierre Cougoulic. « Nous n’avons délibérément pas été trop exigeants en ce qui concerne les critères, confirme-t-il. Le but était de ne pas être restrictif afin de pouvoir superviser un nombre conséquent d’athlètes et d’éviter que certaines qui ont du potentiel passent entre les mailles du filet. Nous avons surtout privilégié un public assez jeune et qui avait un minimum d’expérience de la pratique compétitive, que ce soit en BEA et/ou en boxe amateur. » Sachant qu’au bout de deux ans de crise épidémique, il était difficile d’exiger que les candidates arborent un palmarès fourni faute d’avoir eu de nombreuses occasions de monter sur le ring.
Onze demoiselles avaient toutefois fait le voyage jusqu’au Creps. « Le niveau était assez hétérogène mais nous avons eu quelques bonnes surprises, se félicite Stéphane Cottalorda. Malgré le contexte sanitaire, nous avons vu des boxeuses dotées de capacités technico-tactiques appréciables en dépit de leur expérience limitée. Ce qui atteste de la qualité de la formation dispensée par les clubs. L’évaluation a surtout porté sur la coordination générale et spécifique mais a également été effectuée sur la base d’exercices à thème et de situations d’opposition libre. Certaines ont fait montre de réelles prédispositions et, ce qui est important, ont réussi à assimiler des choses au point d’avoir progressé au fil des jours. »
« On ne recrutera pas pour recruter »
S’il n’y a pas eu de débriefing individuel dans la mesure où aucune décision définitive n’a été prise, les coachs ont, en revanche, délivré de précieux conseils sur les axes de travail et les fondamentaux à privilégier dans les mois à venir. Par ailleurs, un deuxième regroupement de ce type est programmé fin avril. Il sera ouvert à toutes les pugilistes qui souhaiteront s’y joindre, y compris à celles qui étaient déjà présentes au premier. Tout comme la tenue du Critérium national cadettes et des championnats de France juniors, fin mars, début avril, il permettra au staff d’affiner sa perception des éléments qu’il a identifiés.
L’objectif est d’en sélectionner entre huit et dix pour intégrer, à la rentrée, le pôle France. Mais ce n’est là qu’un chiffre, l’essentiel étant, bien sûr, que les intéressées aient réellement les atouts pour espérer atteindre le haut niveau. « On ne recrutera pas pour recruter, prévient Stéphane Cottalorda. Et ce, d’autant que pour les filles en question, s’engager dans une telle voie n’est pas un choix de vie anodin. Il est indispensable qu’elles aient un réel double projet, sportif et scolaire. »


