La consécration de Mathis Vegas

Le Tarbais (8 v) est devenu champion de France des super-coqs, chez lui, en battant, le 13 novembre, aux points, à l’unanimité des juges (99-91, 99-91, 99-91), Sebastian Iacobas (5 v, 2 n, 3 d). A vingt-deux ans, sa performance est de choix.

Mathis Vegas avait mis toutes les chances de son côté, en s’adjoignant notamment les services d’un préparateur mental. « La préparation s’était très bien déroulée, explique-t-il. Devant Sebastian, j’ai boxé en contre-attaque et en séries de deux ou trois coups tout en misant sur ma vitesse d’autant que lui travaille beaucoup en puissance, en particulier avec son bras gauche. Je savais qu’il allait me faire la guerre. En fait, j’ai adopté successivement plusieurs stratégies. Tantôt, j’occupais le centre du ring, tantôt, je reculais pour remiser. Ma rapidité gestuelle, mon endurance, ma plus grande précision et le rythme que j’ai imprimé dans les échanges m’ont permis de faire la différence d’autant que je me suis également efforcé de bien finir les rounds. Parfois, il a essayé de changer de garde mais cela ne m’a pas perturbé car j’arrivais à chaque fois à tourner du bon côté. » Seul bémol, l’Occitan a eu l’arcade sourcilière droite ouverte, dans le neuvième opus, suite à un coup de tête. Il a donc été contraint de gérer la fin du duel sans s’engager outrageusement d’autant qu’il savait que la partie était gagnée.

« Cette ceinture est un bon début »

Plus monolithique tactiquement, Sebastian Iacobas ne conteste pas le verdict quand bien même, fidèle à son tempérament, a-t-il tout donné : « Je n’ai fait qu’avancer pendant dix rounds mais je n’ai pas réussi à le coincer suffisamment. Mathis a été plus malin et a réussi à trouver les solutions pour sortir. Cela a rendu mon pressing inefficace. Physiquement, nous avons été tous les deux présents et les dix reprises sont passées plutôt vite mais encore une fois, je n’ai pas trouvé la solution pour lui faire mal. Le fait qu’il soit gaucher m’a également beaucoup gêné et encore plus déstabilisé. En outre, dès que je travaillais, il était suffisamment hermétique défensivement pour ne pas prendre de coup et marquer ses points derrière. J’aimerais avoir une nouvelle chance nationale. Je prendrai ce qui viendra. »

De son côté, le Haut-Pyrénéen peut savourer son succès, lui qui a été sacré trois fois champion de France amateur chez les jeunes, une en cadets et deux en juniors. Il n’avait d’ailleurs pas eu le temps de rééditer son exploit en seniors car il a fait le choix de passer pro dès l’âge de dix-neuf ans. « Cette ceinture est un bon début d’autant que je suis le premier Tarbais champion de France professionnel de boxe, se réjouit-il. À présent, l’objectif est de la défendre puis, en cas de succès, pourquoi ne pas viser le titre de l’Union européenne. C’est mon père qui gère ma carrière. S’il pense que je suis prêt et que l’on nous propose quelque chose, j’irai. Sebastian a fait match nul contre j’ai l’ancien champion d’Europe, le Belge Stéphane Jamoye. Le fait de l’avoir battu largement m’incite à croire que je ne suis pas loin du niveau européen. Il faut encore que je gagne en puissance pour arriver à remporter mes combats avant la limite. Pour le reste, sur le plan technique, cela va bien. »