Le 10 septembre, à Roland-Garros, le Français (14 v) a aisément conservé son titre WBA intercontinental des super-welters en surclassant le Russe Ismaïl Iliev (13 v, 1 n, 2 d), contraint à l’abandon à l’appel de la cinquième reprise.
Fin stratège, celui qui fut le glorieux capitaine de la Team Solide n’ignorait pas ce qui l’attendait à l’heure de monter sur le ring installé sur le court Philippe Chatrier. En l’occurrence, un rival qui ne lâcherait rien à force d’avancer et de mettre la pression tout en débitant des coups à n’en plus finir. Simple, usant à la longue mais pas le moins du monde inquiétant pour le si fluide et élégant duelliste qu’est le Francilien. Savoir qu’il allait devoir en découdre en reculant l’essentiel du temps n’était pas fait pour l’angoisser.
D’ailleurs, il en accepta l’augure de bonne grâce, sa vista et sa panoplie technique alliées à une vitesse d’exécution supersonique lui permettant, dès l’entame, de marquer son territoire et d’être maître des débats. Certes, en enclenchant fréquemment la marche arrière ou en tournant mais, surtout, en touchant sous tous les angles avec une variété et une précision qui viraient rapidement à la démonstration. Crochets, directs, jabs, combinaisons subtiles, uppercuts chirurgicaux… : le récital était un régal pour les yeux.
Le visiteur avait l’immense mérite de ne pas renoncer et de demeurer fidèle à sa stratégie. Cent fois sur le métier, il remettait son ouvrage mais faire le forcing de la sorte était peine perdue car il pourchassait une ombre qui le mettait systématiquement dans le vent avant de le crucifier d’une droite d’école et pleine face à la fin du quatrième round. Envoyé au tapis, compté et sonné, le pugiliste venu du froid repartait au front avec une louable abnégation avant que le gong ne retentisse comme une délivrance. Cependant, la minute de repos s’avérait trop courte pour qu’il récupérasse autant qu’il lui eut fallu, si bien qu’il se résolut à arrêter là les frais.
Souleymane Cissokho pouvait avoir le sourire et revendiquer une ambition décuplée : « J’ai effectué le combat que je voulais. Je savais que je pouvais le toucher avec la droite. Ismaïl Iliev est dur au mal. Il m’a fait progresser. Je me suis fait plaisir et j’ai kiffé. C’est ce que je voulais. Maintenant, j’ai envie d’aller plus haut et de pendre un boxeur qui figure dans le top dix mondial. Pour moi, c’est très important. »
Devant le public de Roland-Garros, le Tricolore (21 v, 1 d) est devenu champion d’Europe des mi-lourds, le 10 septembre, en dominant, par abandon à l’appel de la huitième reprise, le Russe Igor Mikhalkin (24 v, 3 d). Une sacrée performance, l’air de rien.
Une bise à son entraîneur et mentor, Mohamed Nichane, et le gong libérait les deux duellistes. Le fausse-garde nordiste entamait les hostilités de la meilleure des manières avec sagesse, mesure et efficacité. Patient sans être attentiste, il se positionnait en patron sur le ring, prenant l’initiative sans se jeter. C’est d’ailleurs lui qui plantait les premières banderilles avec son crochet lourd du bras arrière. Mais avant d’en arriver là, il soignait ses préparations d’attaques en jabs et en directs du droit.
Toutefois, il en fallait plus pour ébranler le visiteur qui esquivait et se montrait suffisamment varié dans ses déplacements pour empêcher le Français de déclencher à bonne distance avec une réelle assise sur ses appuis. Le Sibérien remisait même sporadiquement. Néanmoins, dès qu’il commettait l’erreur de coller le médaillé olympique de Rio, la sanction était immédiate : ce dernier faisait parler sa puissance dévastatrice.
Cependant, la chose était un tantinet trop rare pour que l’Héninois prenne nettement l’ascendant. Inversement, lorsque il se laissait quelque peu endormir par le natif d’Irkoutsk, comme dans le quatrième opus, il s’exposait aux contre-offensives de son rival qui, à défaut de combiner, faisait mouche sur une ou deux tentatives. Limpides, les débats se déroulaient sur un faux rythme et l’ami Mikhalkin se montrait plus que jamais fidèle à lui-même : jamais transcendant mais doté d’une réelle faculté à anesthésier ses contradicteurs pour mieux resurgir au moment où l’on ne l’attend pas, voire plus.
Seulement voilà, en face de lui, il y avait un sacré frappeur en la personne du Tricolore dont les poings sont réputés pour être des enclumes ou des parpaings au choix. Et même s’il eut aimé en faire un usage plus conséquent, Mathieu Bauderlique causait, l’air de rien, des dégâts à chaque fois qu’il dégainait et que ses assauts arrivaient à destination. Au fil des minutes, l’emberlificoteur Russe baissait pied et se montrait moins fringuant défensivement, comme laminé de l’intérieur. Au point de devoir renoncer à l’orée du huitième round, la mâchoire probablement cassée et l’œil droit mal en point. Des blessures qui disaient tout de l’entreprise de démolition savamment menée par l’ex-membre de la Team Solide qui se hissait avec aplomb sur le toit du Vieux continent.
A sa plus grande joie et en toute modestie : « Un combat ne se déroule jamais comme l’on veut. J’aurai voulu finir autrement, d’une meilleure façon, sur un KO. Je sentais qu’il commençait à descendre de rythme, à tirer la langue et à devenir prévisible. Je l’aurais eu à l’usure. J’ai encore beaucoup de défauts à corriger, notamment mon caractère sanguin et les moyens de défense. Je suis un peu trop généreux et cela peut être dangereux. Il y a des coups à ne pas prendre devant des puncheurs. Heureusement, Mikhalkin n’en est pas un. Je suis fier de ramener la ceinture à la France, à ma région, à ma ville, à mon club, à mes coachs et à ma famille. Cela va m’ouvrir des portes pour la suite mais piano, piano. Je vais prendre mon temps. J’ai encore beaucoup à apprendre dans mon métier. Avant de pouvoir prétendre disputer un championnat du monde, il faut avoir les armes nécessaires. Je vais rester patient et déjà régner en Europe. Ce ne sera pas mal. »
Le médaillé d’or olympique de Rio (10 v) aborde sa onzième sortie chez les rémunérés comme à son habitude, serein. Pourtant, la tâche ne s’annonce pas des plus aisées contre le Croate Petar Milas (15 v), lui aussi invaincu et complet sur le plan pugilistique.
Cette fois, pas de baffe qui part lors de la pesée. Pas de trash talking lors de la conférence de presse. Pas de récit d’un parcours personnel au fond de l’abîme sur le mode « après ce que j’ai vécu, rien ne peut me faire peur ». On était entre gens fort civils mais de peu de mots. Le visiteur, s’est contenté d’affirmer qu’il était mieux pour lui d’en découdre sur le terrain de son rival que sur le sien. Et, visiblement, il pensait ce qu’il disait.
On a voulu savoir pourquoi le Français ne défendrait pas sa ceinture de l’Union européenne sur le central de Roland-Garros. Réponse : « On est parti sur autre chose. On vise un autre titre d’ici la fin de l’année. » Lequel ? On n’en saura évidemment pas plus. Le promoteur Jérôme Abiteboul s’est bien gardé de se montrer plus prolixe : « Petar était classé par l’EBU pour rencontrer Tony au mois de mars. Mais il avait alors un autre promoteur avec lequel nous n’avons pas trouvé d’accord pour faire le combat. Il a donc fallu le décaler et là, il n’est pas éligible pour disputer le titre de l’Union européenne. Nous avons quand même décidé de faire ce match. Le prochain est prévu en décembre. Il y a de grandes choses qui arrivent. »
Pour éviter toute déconvenue en cours de route, Tony Yoka a potassé outre-Atlantique. « La préparation s’est très bien passée, a-t-il expliqué. On a eu le temps de travailler techniquement et tactiquement, si bien que j’ai progressé. Physiquement, j’ai perdu un petit peu de poids. Ce n’était pas forcément volontaire mais je ne me suis jamais senti aussi rapide et puissant. » Cela vaut mieux car le Croate est un rival aux allures de piège : « C’est un adversaire complet qui change de garde. Pour un poids lourd, il est assez technique. Il va vouloir imposer son style et son rythme dès le début. On l’a vu lors de mes derniers matchs, je souhaite boxer un peu tout le monde pour être prêt au maximum quand j’irai voir plus haut. »
Un moment qu’attend avec impatience Victor Yoka, le père du champion : « J’ai vu Tony à l’entraînement. Il est très bien. Je trouve qu’il est aujourd’hui un bon boxeur professionnel. Il n’a plus la boxe amateur qu’il avait auparavant. Il est bien assis sur ses appuis et frappe très fort. Il a beaucoup évolué et je suis très satisfait de son évolution. Pour moi, il est mûr pour un championnat du monde le plus tôt possible. Je ne demande que ça. Si, demain, on lui mettait en face quelqu’un qui figure dans le top cinq mondial, même le numéro un, je serais d’accord car je vois qu’il est prêt. »
Ce que clame le Francilien :« J'attends ma chance et qu'on me laisse boxer devant un nom pour que je montre que je peux le battre. Mon promoteur et mon manager essayent de me calmer un petit peu mais je suis fatigué de me battre contre des gars qui sont derrière moi. Je veux du haut niveau. Joe Joyce, Joseph Parker, Dillian Whyte, Dereck Chisora… : n'importe qui, on prend. »
Le Français (13 v) remet en jeu, ce vendredi, à Roland-Garros, son titre WBA intercontinental des super-welters face au Russe Ismaïl Iliev (13 v, 1 n, 2 d). Une étape supplémentaire vers le Graal planétaire que le Tricolore a plus que jamais dans le collimateur.
Afin de préparer cette échéance, le médaillé de bronze de Rio s’est, comme à son habitude, expatrié sur la côte ouest des États-Unis pour se roder et se bonifier sous la houlette de son coach Virgil Hunter. Auparavant, il avait parfait son physique en France. « En Californie, j’ai continué à bosser les mêmes choses car, au départ, nous ne connaissions pas mon futur adversaire pour cette défense, raconte-t-il. Il ne s’est pas agi de changer ma boxe mais d’améliorer des points précis, notamment le travail à mi-distance, la précision, les combinaisons de coups, lesquelles m’avaient d’ailleurs un peu manqué lors de mon dernier combat. »
Si tout se passe comme prévu, Ismaïl Iliev s’annonce comme un rival intéressant. « Il a de l’expérience et un débit de coups important, ce qui lui permet d’imposer un rythme élevé. Non seulement il a un style offensif mais il est solide et il encaisse. C’est quelqu’un qui va me faire travailler. C’est ce dont j’ai besoin. Il a le profil type de celui qui n’est pas là pour faire de la figuration. Ce sera à moi de m’adapter sur le ring, round par round, en fonction de ce qu’il proposera. Nous avons mis les choses en place… » Classées secret défense.
En tout cas, les feux sont au vert. « Je me sens bien. Le moral est bon, assure l’ancien capitaine de la Team Solide. Je suis très content de boxer à la maison, de surcroît dans un lieu historique et mythique du sport français comme Roland-Garros. » Au point que le Francilien a fait des pieds et des mains, avec succès, auprès de son promoteur pour être à l’affiche Porte d’Auteuil, quitte à renoncer à être à en sous-carte de celle du championnat du monde des lourds entre Anthony Joshua et Oleksandr Usyk, le 25 septembre, à Tottenham où 60 000 spectateurs sont attendus.
Si la victoire est au rendez-vous, Souleymane Cissokho verra forcément plus grand : « L’objectif sera, ensuite, d’aller chercher les autres ceintures au-dessus, en se mesurant à des boxeurs qui sont dans le top dix mondial. Je vais continuer à avancer. Ce que l’on veut, c’est disputer un championnat du monde et cela passe par des combats comme celui-là. Il m’en faut encore quelques-uns avant d’être prêt pour un championnat du monde car à mes yeux, l’enjeu va au-delà de ça. La question est, en effet, de savoir quel est le but. Faire un championnat du monde ou le gagner ? Le gagner ou conserver la ceinture ? Conserver la ceinture où aller en conquérir d’autres ? »
Dylan Charrat, lui, sera en lice, ce samedi, de l’autre côté des Pyrénées, pour tenter de s’emparer de la couronne continentale de la catégorie aux dépens de l’Espagnol Kerman Lejarraga. En cas de succès de son compatriote, Souleymane Cissokho aspirerait-il à le défier lors d’un duel franco-français au sommet du Vieux Continent ? « Pour l’instant, je n’y pense pas, répond-il. Je suis concentré sur mon combat. En tout cas, je lui souhaite vraiment de l’emporter. Il en a les moyens. Après, si j’ai l’opportunité de l’affronter, pourquoi pas ? Sinon, je continuerai de suivre le fil de ma carrière. » Si prometteuse.
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Vendredi soir à Coventry, Bilel Jkitou (15 v) sera opposé à l’Anglais Sam Eggington (30v, 7 d) pour le compte de la ceinture WBC Silver des poids moyens. Un combat qui sera diffusé en direct sur tv.fight-nation.com.
Véritable star des réseaux sociaux comme en atteste ses 195.000 abonnés Instagram, Bilel Jkitou ne laisse personne indifférent dans le monde de la boxe. Ses supporters sont aussi enthousiastes que ses détracteurs sont septiques sur sa valeur pugilistique. Pas facile de s’appeler Jkitou et se faire un prénom après Rachid le grand frère qui fit frissonner le Cirque d’hiver à de nombreuses reprises.
Quoi qu’il en soit, l’aura grandissante et le parcours sans faute de Bilel Jkitou a traversé la Manche pour parvenir jusqu’aux oreilles de Mike Henessy, ex promoteur d’un certain Tyson Fury, qui cherchait un challenger reconnu par le WBC pour la 1ere défense de Sam Eggington sa nouvelle recrue.
Champion d’Angleterre, du Commonwealth puis d’Europe des poids welter, détenteur de ceintures WBC dans trois catégories de poids, le CV du boxeur Anglais est impressionnant. Au delà de la ceinture WBC Silver, cette rencontre est un test grandeur nature qui peut faire rentrer Bilel Jkitou dans la cour des grands.
De prime abord, cette confrontation entre l’invaincu Bilel Jkitou et Sam Eggington pourrait apparaitre déséquilibrée, l’Anglais est expérimenté avec plus du double de combats professionnels au compteur que le Français qui a débuté sa carrière à 21 ans après seulement six rencontres dans les rangs amateurs. Eric Tormos, l’entraineur du cadet des Jkitou écarte cette idée, au contraire il affirme que son élève est prêt pour relever le défi « quand on nous a proposé Sam Eggington, je suis allé consulter des vidéos confie le technicien Audonien, j’ai vu un bon boxeur mais j’ai aussi noté des choses intéressantes que nous pourrons exploiter ». La tactique est déjà en place dans l’esprit d’Eric Tormos qui ne souhaite pas trop dévoiler la stratégie qu’il mettra en place, tout juste nous indiquera t-il que la taille de l’Anglais et le fait qu’il prenne beaucoup de coups constituaient une partie des axes de travail qu’il avait buché avec son poulain.

Sam Eggington est un boxeur offensif, un battant organisé habitué à livrer des combats durs comme en raffole le public Anglais. Véritable machine à donner des coups des deux mains, il bénéficiera d’un avantage d’allonge sur son rival qu’il domine d’une dizaine de cms. Sa propension à tenir sa main droite relativement basse lui a joué quelques tours par le passé, une aubaine pour l’excellent crochet gauche du Français ? Bilel Jkitou a franchi un palier depuis sa victoire en 12 reprises devant Pavel Semjonov en 2019 « Bilel est un gros travailleur, il ne s’arrête jamais, confirme Eric Tormos, depuis que nous avons conclu ce championnat WBC, nous n’avons fait que du tactico-technique car il était prêt physiquement. Bilel a mis les gants avec des boxeurs puissants comme Kevin Lele Sadjo et Anauel Ngamisengue et il est bien. »
L’opportunité est énorme pour Bilel Jkitou, qui bien que pas favori, dispose des armes pour créer l'exploit. La ceinture WBC Silver est référencée juste derrière le titre mondial WBC et elle constitue souvent une voie royale pour le disputer, de quoi largement motiver le jeune champion à se surpasser.
Après bien des péripéties, l’invaincu Dylan Charrat (20 v, 1 n) va enfin disputer le championnat d’Europe des super-welters ce samedi 11 Septembre à Barcelone, en direct sur la célèbre plateforme DAZN, devant le redoutable puncheur et ex champion d'Europe des poids welters, l' Espagnol Kerman Lejarraga (32 v, 2 d). Le talentueux boxeur Français n’a plus combattu depuis près de 21 mois, ce qui n’altère en rien sa détermination à succéder à un certain Zakaria Attou dernier détenteur tricolore de ce prestigieux titre en 2017.
Comment vous sentez-vous
Très bien, j’ai hâte d’y être.
Comment vous êtes-vous préparé ?
La préparation spécifique pour ce combat dure depuis deux mois mais étant donné que j’attends ce championnat d’Europe depuis deux ans, je peux dire que je n’ai jamais cessé de m’entrainer et de me préparer. Il y a eu des tas de rebondissements dans l’élaboration de ce championnat. J’ai dû démarrer au moins six préparations qui n’ont jamais abouties, à cause du Covid, à cause de Sergio Garcia, puis nous avons ensuite connu des soucis de promotion, sur lesquels je ne m’étendrais pas, avec mon ex promoteur. La majeure partie de ma préparation s’est effectuée à Lyon où j’ai travaillé avec des amateurs et des jeunes pros. Howard Cospolite est venu mettre les gants et je suis allé une semaine à Marseille et à Montpellier pour des sparrings. Je suis vraiment satisfait de ces entrainements, grâce à Faycal qui a beaucoup cherché, nous avons pu disposer de gens qui avaient un peu le profil de mon futur adversaire. J’ai eu de bonnes mises de gants où j’ai eu de supers sensations.

Avec finalement un changement d’adversaire…
J’étais allé seul à Rome en Avril, Jérôme Abiteboul représentait le financement et nous avons gagné les enchères pour défier Sergio Garcia, le champion en titre. C’était une relance car les anciennes enchères étaient devenues caduques, nous devions organiser ce championnat d’Europe fin Mai à Paris avec All Star Boxing mais Sergio Garcia s’est désisté et a laissé son titre fin avril. Kerman Lejarraga a été désigné co-challenger la semaine suivante, ce qui a impliqué de nouvelles enchères. Lejarraga est représenté par Matchroom Boxing, nous avons à nouveau gagné les enchères avec un gros montant mais Matchroom nous a fait une proposition intéressante que nous avons acceptée. Matchroom voulait absolument le faire, j’ai accepté pour que le combat se fasse rapidement et que nous ne connaissions pas de nouveaux soucis. C’est pour cette raison que le combat se déroulera à Barcelone avec une belle exposition sur DAZN. Je suis reconcentré à 100% sur le sportif, totalement focus sur le combat.
Auriez-vous préféré Sergio Garcia ?
Depuis un an et demi, je me préparais psychologiquement à rencontrer Garcia qui est grand, technique et physique avec un gros débit de coups et là je me retrouve avec un boxeur au profil totalement différent. Finalement, cela ne m’a pas posé de problèmes de réadaptation dans le sens où Kerman Lejarraga a une boxe qui me convient bien. Il est certes plus puissant que son compatriote mais il est plus lent, il est plus agressif et il vient frontalement au combat, ce qui n’est pas pour me déplaire. J’ai une boxe technique et explosive, c’est un type de boxe auquel j’aurais moins de mal à m’adapter. Cela n’a pas bousculé mes méthodes de préparation car c’est un style auquel j’ai déjà été confronté avec Howard et d’autres.
Que devrez-vous redouter ?
Il faudra que je reste toujours vigilant, ce n’est pas un boxeur très rapide ni hyper technique mais il dispose d’une frappe très lourde. Il faudra que je reste concentré sur mes protections et sur mes moyens de défenses. Je devrai bien préparer mes attaques sans précipitation pour ne pas être contré bêtement. Lejarraga est dangereux à tout moment avec son punch.
Pensez-vous que l’Espagnol soit plus vulnérable depuis ses deux défaites avant la limite devant David Avanesyan ?
Sur ces derniers combats, il n’a pas montré le visage qu’il avait en poids welters mais ayant regardé des interviews de lui, je pense que c’est un champion qui réagit au challenge et le fait que ce soit un championnat d’Europe va le motiver à se présenter au meilleur de sa forme. Je ne demande que cela, d’avoir face à moi un Kerman Lejarraga au top de ses moyens. Sans forfanterie, je pense que je suis prêt pour le battre avec la manière, avant la limite, mais je reste prudent car c’est un très bon boxeur avec un gros punch.
Quelle sera votre tactique ?
Il faudra que je lui fasse perdre patience, le pousser à la faute pour qu’il s’expose. J’aime la stratégie, je vais faire ce qu’il faut, vous verrez samedi soir (rires).
Vous avez fait de gros progrès au niveau de la puissance…
Oui, c’est le résultat du travail effectué avec Faycal depuis de longues années qui porte ses fruits. Quand je suis arrivé à Lyon il y a six ans, j’étais un boxeur aérien qui n’avait jamais appris à poser ses appuis pour donner ses coups avec efficacité. Je n’avais jamais travaillé la préparation physique spécifique à la boxe. Depuis on a fait un gros travail musculaire, j’en récolte les fruits depuis deux ans et cela s’est vu lors de mon dernier combat, mes coups sont plus puissants et je sais dorénavant que je fais mal.

Vous avez certainement noté que l’Espagnol était n°3 WBA…
Bien sûr et il est clair que j’ai tout à gagner dans ce combat. Le titre de champion d’Europe est hyper important pour moi, cette ceinture est prestigieuse et il est bien classé mondialement. Etant sportif et compétiteur on vise toujours plus haut, après l’Europe on pense au monde et forcément toutes ces choses sont prises en compte pour faire d’une pierre deux coups. Son classement WBA et les opportunités qu’il peut y avoir ensuite, me motivent d’avantage pour m’imposer samedi.
Si vous gagnez ce titre, seriez-vous favorable à une défense devant un Français ?
Complétement ! Si je gagne, je veux défendre et garder ce titre prestigieux, faire mon image autour de ça. Au classement EBU derrière nous deux, il y a des Anglais puis Souleymane Cissokho et Zakaria Attou. Comme dit précédemment, je suis un compétiteur et je prendrai qui on me proposera. Ce serait génial que ce soit une défense Franco-Française, nous savons que c’est attendu par le public et que cela susciterait un gros engouement.
Pensez-vous avoir une marge de progression ?
Je suis un perfectionniste et je vois encore plein de défauts dans ma boxe, je suis très critique envers moi-même. Physiquement, j’arrive dans la force de l’âge, mes résultats s’améliorent et j’ai encore de la marge. Techniquement j’ai quelques lacunes qui se comblent petit à petit, notamment au niveau de mes appuis, de l’expérience du ring et de la gestion de la distance. Je pense que les gros combats, comme celui de samedi prochain, me feront atteindre l’échelon supérieur.
Avec qui travaillez-vous ?
J’ai mis fin à la collaboration avec mon ancien promoteur en avril. C’était le bon choix étant donné l’évolution des choses par la suite. Aujourd’hui je n’ai pas de contrat de promotion officiel mais je travaille en collaboration avec Jérôme Abiteboul contractuellement sur ce combat là avec Matchroom, cette collaboration pourrait être prolongée par la suite pour plusieurs combats mais nous n’en sommes pas encore là. Mon entraineur est toujours Faycal Omrani assisté de Kid Lomani. Notre kiné, Julien Aldeguert, s’occupe de ma préparation physique.
Etes-vous professionnel à part entière ?
La boxe est mon activité principale, j’ai la chance d’avoir des partenaires qui me suivent et me soutiennent à 200%. A côté de cela, j’ai une entreprise où je fais de la gestion de portefeuilles et de l’investissement dans les entreprises, je fais du trading, de la lecture “Chartiste” et de l’analyse de marchés. Ce sont des services que je propose aux particuliers et aux entreprises.
L’ancien membre de la Team Solide (18 v) poursuit sa route qui doit le mener à un championnat du monde. Celle-ci passe par la conquête du titre WBC continental, le 23 septembre prochain, à Québec, face à l’Américain Nick Brinson (19 v, 2 n, 5 d). Point d’étape avant d’entrer dans le vif du sujet.
On suppose que par ces temps où être au programme d’une réunion de boxe n’a rien d’évident, cette échéance est un soulagement…
C’est ça. C’est un peu une délivrance, c’est déjà bien. Mon promoteur, Camille Estephan, effectue un travail formidable. Je suis vraiment content de ce qu’il fait actuellement. Quand j’ai signé avec lui, il m’a proposé de me faire disputer au minimum trois combats par an. Tout se passe comme prévu au regard du plan de carrière qu’il a mis en place pour moi. Je retrouve un bon rythme. Reste à espérer que la Covid-19 ne nous empêchera pas d’avancer comme nous le voulons. Il était prévu que j’aie encore deux combats d’ici la fin de l’année. Il s’avère que le prochain sera contre cet Américain. Il faut rappeler qu’au Canada, si vous n’avez pas reçu les deux injections du vaccin contre la Covid-19, vous ne pouvez pas boxer. Idem en ce qui concerne le public qui doit satisfaire cette exigence pour pouvoir assister à un gala. Dans ces conditions, c’est une très bonne chose que nous ayons pu trouver un adversaire pour le 23 septembre. On espère que tout va bien se passer d’ici là même si mon promoteur m’a assuré qu’en cas de problème, il aura des adversaires de rechange, toujours pour le titre WBC continental.
Justement, cela va faire deux ans que vous n’avez pas boxé pour un titre…
Je ne crache évidemment pas sur le titre WBC continental mais ce n’est pas la priorité. Nous avançons petit à petit dans les classements pour aller chercher un titre mondial. Que l’on aille chercher parallèlement des ceintures mineures, c’est toujours un plus d’autant que cela aide à monter plus rapidement dans les classements mais, encore une fois, ce n’est pas l’objectif premier de ma carrière. Nous faisons notre petit bonhomme de chemin même s’il y a une dimension politique et stratégique avec des adversaires qui refusent des matchs. Nous allons nous positionner en tant que challenger officiel, comme ça, personne ne pourra plus nous esquiver.
Dans quelle fédération êtes-vous le plus proche de disputer un titre mondial ?
Dans le dernier classement de la WBC, j’étais quinzième. Il est sûr que l’on travaille beaucoup avec cette fédération. Suite à ce titre WBC continental et au combat qui suivra, je pense que je serai dans le top dix. Nous allons donc nous concentrer un peu plus sur la WBC même si j’ai demandé à mon promoteur de faire en sorte que je sois classé dans un maximum de fédérations.
Le champion WBC mais aussi WBA et WBO des super-moyens est l’épouvantail Saul Canelo Alvarez…
Oui. L’idée est évidemment de le rencontrer et, plus largement, d’affronter et de défier les meilleurs de la catégorie pour vraiment prouver que j’en fais partie. Concrètement, pour en avoir parlé avec mon coach, Marc Ramsay, nous sommes prêts à faire un championnat du monde tout de suite mais si ce n’est qu’à la fin de l’année, ce sera encore mieux car j’aurai pris plus d’expérience. Je suis mûr pour une telle échéance. Mes deux derniers combats ont montré à mon encadrement que je suis prêt pour de gros combats. S’il y a une possibilité de rencontrer un champion du monde d’ici la fin de l’année, je serai prêt, bien sûr avec aucune préparation adaptée.
Quel est le profil de Nick Brinson ?
Il a un style de boxe très à l’américaine, basée sur des contre-attaques, un bon jab, une bonne droite et une garde à la Floyd Mayweather. Il est sûr que je préfère les boxeurs qui viennent au contact et que je ne m’attends pas à ce qu’il fasse cela. Il va plutôt bouger sur les jambes. Mais il n’y a aucun style qui me dérange, bien au contraire.

Sur quoi avez-vous mis l’accent à la salle durant ces six derniers mois ?
Nous ne nous sommes pas concentrés sur un seul domaine mais sur l’ensemble des composantes de la boxe. Nous travaillons toujours tout, que ce soit le physique, la technique ou la tactique. Je progresse tous les jours, dans tous les domaines. J’ai pris en maturité physique. Les entraînements que j’effectue n’ont pas rien à voir avec ceux que je faisais au début.
Quid d’un combat contre Hassan N’Dam qui vous a récemment défié ?
Je ne veux pas m’attarder sur le sujet. Il y a eu plusieurs possibilités de le rencontrer. Nous nous sommes rapprochés de son équipe mais il demande des sommes incroyables, dignes d’un championnat du monde. Dans ces conditions, c’est un peu compliqué et mon promoteur m’a dit de laisser tomber. Sportivement, j’aimerais l’affronter. C’est pour cela que j’avais sollicité en ce sens mon promoteur.
S’il revoyait ses prétentions à la baisse, seriez-vous prêt à le rencontrer ?
Bien sûr ! Évidemment. Cela fait des années que nous demandons ce combat et qu’il aurait dû se faire.
Propos recueillis par Alexandre Terrini
Ce soir à Leeds en Angleterre dans une grande réunion organisée par Eddie Hearn/Matchroom Boxing, l'ex championne de France des poids coqs Maïlys Gangloff (5v, 3d) s'est inclinée aux points (77-76) devant la star l'Australienne Ebanie Bridges (7v, 1d). La Française a fait mieux que résister à l'ex challenger mondial WBA des poids coqs.
Les deux jeunes femmes ont livré un combat de toute beauté, disputé sans temps mort ni accrochages, le tout avec un fair play exemplaire. L'apport de Myriam Lamare a indéniablement fait franchir un palier à Maïlys Gangloff. Réputée pour ses qualités de battante, la Française a affiché de gros progrès techniques au contact de la grande championne provençale.
La Savoyarde se méfiait de la frappe de l'Australienne et elle débutait le combat à distance pour distiller son direct du bras avant. Lors de la minute de repos, Myriam Lamare insistait sur le préparation d'attaque, des consignes suivies à la lettre par Maïlys Gangloff. Bridges pressait et tentait d'acculer sa rivale le long des cordes pour l'ajuster avec ses coups lourds mais Gangloff parvenait à se dépêtrer, mieux, c'était elle qui touchait en crochets des deux mains en sortie, elle concluait le 2eme round avec un magnifique uppercut. Le ton du combat était donné, l'Australienne allait être dangereuse pendant les huit rounds de cet affrontement mais la Française avait des arguments à faire valoir pour être à la hauteur de l'enjeu et même briguer la victoire.

" Monte les mains ! Elle va se fatiguer, accélération " criait Myriam Lamare, Maïlys Gangloff donnait plus de coups, elle était plus variée et précise que son adversaire comme en attestait un magnifique crochet gauche qui bleuissait l'œil droit de l'Australienne. Il n'aura manqué que la puissance pour endiguer la marche en avant d'Ebanie Bridges. Le pressing constant et les gros coups détachés de celle-ci ont probablement pesé lourd dans la courte décision du juge arbitre, Mr Steve Gray.
Quoi qu'il en soit, Maïlys Gangloff s'est révélée sur la scène internationale en tenant la dragée haute à une boxeuse figurant parmi les plus en vues de la catégorie. De quoi augurer un bel avenir pour la jeune Savoyarde de 25 ans.
Ce soir à la salle Ampère à Vendôme, Marie Connan (4 v, 2 d) a échoué dans sa tentative de devenir championne d'Europe des poids mi-mouche. La Française s'est inclinée par décision majoritaire ( 94-94, 96-93, 95-93) devant l'Espagnole Joana Suarez (6v, 1d, 1n).
La boxeuse de l'US Vendôme Boxe avait confié que la gauchère Ibère était puissante et qu'elle n'aurait pas droit à l'erreur, elle avait malheureusement vu juste. Deux secondes d'inattention et deux voyages au tapis, lui enlèvent une victoire qui lui semblait promise au vu de l'ensemble du combat.

Après le traditionnel round d'observation au cours duquel les deux jeunes femmes se jaugeaient avec prudence, intervint le premier coup de semonce pour Marie Connan. Elle avançait sur Joana Suarez, la main droite pas assez relevée et le direct du bras arrière de l'Espagnole arrivait au visage de la Française qui allait au tapis. Plus surprise que réellement sonnée, Marie Connan se relevait immédiatement mais elle était logiquement comptée. Frustrée et vexée par ce coup, elle attaquait le 3eme round, en étant confrontée à une double équation: Raccourcir la distance face une rivale plus grande, pourvue d'une allonge supérieure et gauchère, qui de surcroit, ne se livre pas et attend pour contrer avec son bras arrière. La tâche s'annonçait ardue...
Marie Connan connaissait à nouveau les affres du tapis en début de 4eme reprise sur une action en tous points similaire à son précèdent compte; un pur et précis direct du gauche encaissé à la face lors d'une rentrée. Se sachant grandement en retard au pointage, Marie Connan a ensuite redoublé d'efforts pour dominer son adversaire avec ses crochets des deux mains à la face.
Au 6eme round, Marie Connan réussissait à imposer sa boxe de prés et l'Espagnole était contrainte de se livrer. Dominée de prés et obligée de reculer, Juarez reprenait sa distance et restait menaçante avec son puissant direct du gauche. Le combat se durcissait au cours des trois minutes suivantes et les deux femmes échangeaient de gros coups bien appuyés, la Française prenait l'avantage et mettait son emprise sur la fin de l'affrontement. Joana Suarez jouait la montre au 9eme round en s'accrochant pour freiner les ardeurs d'une Marie Connan déterminée à renverser la vapeur. L'ex championne de France avait beau terminer en trombe l'ultime reprise, les deux rounds perdus 10-8 pesaient lourd dans le verdict rendu par les trois juges.
La Française (4 v, 1 d) aborde, chez elle, à Vendôme, en ce samedi 28 août, le rendez-vous le plus important de sa carrière professionnelle : un championnat d’Europe des mi-mouches contre la puncheuse espagnole Joana Suarez (5 v, 1 n, 1 d). La tâche s’annonce éminemment ardue mais pas insurmontable.
L’événement, car c’en est un, est le fruit d’opiniâtretés conjuguées. Celle d’un dirigeant de club obstiné, Robert Guettier, qui préside aux destinées de l’Union sportive vendômoise (USV) boxe, et celle d’une athlète de trente-six printemps dont l’entrain n’est en rien altéré par les outrages du temps qu’elle laisse à d’autres. Robert Guettier, donc, s’est démené pour proposer ce duel au sommet. C’est lui qui a sollicité l’EBU et obtenu son aval pour ce faire avant de partir à la chasse aux euros en vue de boucler un budget qui atteint 30 000 euros. Pour cela, il a rameuté les partenaires privés, les collectivités locales (Mairie, Conseil départemental et Conseil régional) mais également lancé une campagne de financement participatif sur Internet qui permettait à chaque contributeur qui acquittait au minimum dix euros d’obtenir une contrepartie proportionnelle à la somme investie (place pour assister au gala, accès au carré VIP, gants des deux protagonistes, adhésion gratuite à l’USV etc.).
C’est également Robert Guettier qui a contacté les cochallengers potentielles et a finalement convaincu l’Ibère Joana Suarez, descendue des mouches et surnommée Mains de pierre en référence au terrifiant Roberto Duran, de venir relever le défi dans le Loir et-Cher. Ce ne sera pas une partie de plaisir pour la Tricolore dans la mesure où sa rivale est gauchère, frappeuse et plus grande de dix centimètres.
Qu’importe, celle qui vit habituellement à Londres où elle s’entraîne et enseigne la langue de Molière, a un plan de bataille finement ficelé. « La préparation s’est très bien passée même si, en dépit des coupures, elle a été assez longue dans la mesure où le combat a été reporté deux fois, explique-t-elle. La première parce que les contraintes sanitaires nous imposaient le huis clos dont ne voulions pas. La seconde parce que Joana Suarez a contracté la Covid. Toujours est-il que nous avons mis l’accent sur la stratégie. En effet, pour gagner, je vais devoir boxer différemment de ce que ce je fais d’habitude. Joana Suarez a un très bon bras arrière et cherche le coup dur. C’est pourquoi, face à elle, le but ne sera pas d’avancer mais d’être plus posée et réfléchie, notamment en la laissant venir et en la contrant. Néanmoins, je me servirai de mes qualités. Je ne les délaisserai pas. L’idée est plutôt d’ajouter de nouveaux éléments à ma panoplie. Il faudra que je sois très vigilante défensivement. Je n’aurai pas le droit à l’erreur. J’espère arriver à reproduire ce que j’ai travaillé à la salle avec mon coach Matthew Joseph Burke. »
Marie Connan vit l’échéance dans la joie et la bonne humeur : « C’est un chance énorme de faire un championnat d’Europe. Je ne veux rien avoir à regretter. Ce n’est pas parce que j’évoluerai à domicile que j’aurai la pression. Au contraire. Je n’oublie pas que cela ne fait que cinq ans que je pratique la boxe anglaise. A mes débuts, jamais je n’aurais pensé disputer le titre continental. C’est extraordinaire. Je vais voir de quoi je suis capable. Si ça marche, je viserai plus haut. En cas de défaite, je n’arrêterai pas et je retenterai ma chance. »