L’Occitan l’a emporté de façon étriquée (3-2) devant le Colombien Juan Palacios, en seizième de finale des Mondiaux. Sa prestation a toutefois été suffisamment solide pour lui éviter une déconvenue. Mais il faudra faire mieux au prochain tour.

Face à un opposant qui tentait, dès le départ, crânement sa chance, le Français donnait l’impression d’avoir du mal à se lâcher. Quelque peu crispé, il se contentait de remiser avec acuité en reculant mais sans enchaîner avec la maestria et la vivacité qui sont d’ordinaire les siennes

Le fausse garde sud-américain avançait sans cesse et se montrait le plus actif. Le fait que son rival soit toujours en mouvement l’empêchait toutefois de cadrer autant qu’il l’eût voulu. Cependant, il arrivait parfois que le Tricolore se retrouvât dos aux cordes et fût contraint d’accepter le mano a mano de près. Heureusement, c’était lui le plus précis et qui, donc, touchait davantage. Dans le deuxième opus, le Blagnacais prenait encore le parti d’aller au contact mais en soignant les moyens de défense, les mains pour bloquer et le buste souple pour esquiver. Il n’empêche, certaines attaques du Colombien faisaient mouche.

« Nous attendons beaucoup plus de lui »

En revanche, lorsque le Haut-Garonnais en décousait sur les jambes, son coup d’œil faisait le reste. On eut aimé qu’il alternât échanges à distance et à mi-distance et qu’il combinât de manière créative. Nonobstant, l’ensemble était satisfaisant mais, avouons-le, pas aussi fluide et inspiré que ce que l’on connaît de ce virtuose qu’est Billal Bennama, lequel ne ménageait au demeurant pas ses efforts pour forcer la décision. Loin de lever le pied dans l’ultime opus, il continuait de débiter des coups sans parcimonie dans un à toi à moi qui ne le mettait pas spécialement en valeur mais qui lui permettait de conserver son avantage en étant plus efficace techniquement.

« Je ne suis pas mécontent mais je tire quand même le signal d’alarme, commentait l’entraîneur national, Malik Bouziane. Billal est beaucoup trop allé à la bagarre, ce qui n’est pas son style. Son profil est de boxer sur l’anticipation et la contre-attaque. Il a manqué de concentration et connu une baisse de régime dans le troisième round. En outre, il n’a pas toujours écouté les consignes. Nous lui avions demandé de provoquer son adversaire pour le faire frapper dans le vide et le contrer. Bref, nous attendons beaucoup plus de lui. »

Pour ses premiers Mondiaux seniors, le Tricolore n’a pas démérité et a fait ce qu’il a pu contre ce vieux roublard qu’est l’Espagnol Emmanuel Reyes Pla. Néanmoins, sa débauche d’énergie n’a pas suffi pour empêcher une défaite honorable mais logique (5-0).

Le Nordiste démarrait les hostilités mû par les meilleures intentions. Offensif, c’est lui qui avançait en débitant. Certes, toutes ses frappes n’arrivaient pas à destination, soit parce que l’Ibère les esquivait avec des rotations du buste, soit parce qu’il tournait et ne laissait pas le temps au Français de le cadrer. Des déperditions qui coûtaient le premier round à ce dernier d’autant que l’Espagnol avait le mérite d’être plus précis dans ses remises, ses séries de directs des deux mains passant parfois entre la garde pourtant bien haute du Roubaisien.

Qui, bien que mené, ne se résignait nullement, au contraire. Il continuait à attaquer sans se jeter ni se précipiter mais Emmanuel Reyes Pla voyait venir ses offensives et parvenait à y échapper par la grâce d’un jeu de jambes efficace ou à les enrayer en répliquant dans le temps de manière chirurgicale. Il avait surtout le mérite d’être un peu plus rapide gestuellement et varié dans sa boxe. Ce qui lui valait le gain de la seconde reprise.

« Soheb est tombé sur meilleur que lui »

Pourtant, le pensionnaire de l’Insep maintenait son pressing et ne se démontait pas. Faisant preuve d’une attitude méritante et pleine de panache, il jouait son va-tout durant les trois dernières minutes, imposant encore plus d’intensité mais ses offensives était trop dépourvues de changements de rythme et de diversité pour perturber son expérimenté rival et inverser la tournure des débats.

« Soheb a fait ce qu’il a pu face à une tête de série, commentait Malik Bouziane, entraîneur national en charge de la filière masculine. Il est dommage que ses actions aient manqué de continuité car, par moments, il a bien touché son adversaire. Il aurait également dû être davantage sur ses appuis pour le déstabiliser. Le fait qu’il bloquait avec ses deux mains l’a, en outre, empêché d’avoir suffisamment de réactivité. Enfin, il est trop resté dans l’axe, si bien qu’il se faisait surprendre derrière. Cependant, il a fait son match. Il n’a pas de regret à avoir car il est tombé sur meilleur que lui. Avec un tirage au sort plus favorable, il aurait pu passer deux ou trois tours. »

Il était une figure de la boxe nordiste et du vivre ensemble : le fondateur du BC de Roubaix est décédé, le 25 octobre, à soixante-huit ans, des suites de la Covid-19. C’est toute une ville qui pleure aujourd’hui sa disparition.

Foudil Hamdoud avait porté sur les fonts baptismaux le Boxing club de Roubaix qu’il avait créé en 1983. Une structure qui, comme bien d’autres sur le territoire national, mêle savamment enseignement sportif, éducation au civisme, formation à la compétition, bienveillance et entraide. Il faut d’autant moins s’en étonner que son fondateur était salarié de la Ville en tant que médiateur social dans le quartier de l’Alma, sans doute le plus défavorisé de cette cité qui a pâti de plein fouet de la désindustrialisation et est en proie à un taux de chômage endémique. Avant de prendre sa retraite, il y a neuf mois, Foudil Hamdoud arpentait inlassablement le terrain pour canaliser cette jeunesse désœuvrée et lui offrir des perspectives aux allures d’horizons nouveaux.

C’était aussi cette noble mission qu’il s’était assignée dans son club. Si son objectif essentiel était de façonner de futurs citoyens exemplaires, il a aussi accompagné au plus haut niveau certains de ses élèves, à commencer par son neveu, Mourad Hamdoud, qui fut champion de France amateur et membre de l’équipe nationale. Dans les rangs professionnels, son élève Maïdin Elgarni a, lui, décroché la timbale en détenant la ceinture nationale des légers (2016 et 201) puis, en 2019, le titre WBA Intercontinental.

Crédit photo ALL Fighting CLUB Roubaix

« Discipline, bonté, générosité et respect »

« J’ai fait quinze ans de boxe avec ce grand Monsieur, raconte-t-il. J’ai commencé avec lui à quatorze ans. Lors de mon premier entraînement, il m’a fait monter sur le ring. Nous avons tout de suite accroché. Nous nous sommes compris. Le souvenir qui me vient à l’esprit à son propos, ce sont la discipline, la bonté, la générosité et le respect. Comme il le disait, quand vous veniez dans sa salle, il y avait un menu et vous veniez pour le manger. Il y avait des règles à respecter. Il voulait toujours le mieux pour nous. Il faisait tout pour notre avenir mais il fallait être réglo avec lui. Par-delà la boxe, il nous apprenait des valeurs, que ce soit à l’école, au travail etc. pour nous améliorer. C’était un passionné de boxe qui se levait à cinq heures du matin pour regarder des combats. Avec ses quarante ans de métier, il avait l’œil et nous donnait de très bons conseils sur le plan tactique. Il était en outre très axé sur le physique. Ce que j’aimais chez lui, c’est que jamais il ne nous disait que nous étions les meilleurs. Il insistait sur nos faiblesses pour que nous les travaillions. On pouvait très facilement parler avec lui pour lui dire ce que l’on ressentait. »

Président du Comité régional des Hauts-de-France, Jacqueline Mairesse évoque « un ami avant tout, honnête, droit dans ses baskets et sérieux. C’était une personne de confiance avec qui j’ai toujours eu d’excellents rapports. Il était extrêmement investi dans ce qu’il entreprenait. » Une authenticité qui l’inscrit encore plus avant dans la mémoire de ceux qu’il a épaulés et côtoyés.

Le Français a battu l’Anglais Niall Farell (3-2) en seizième de finale des championnats du monde. Visiblement remis de sa déconvenue olympique, il a montré le meilleur de lui-même en associant savamment entrain constant et vigilance permanente.

L’Aquitain enclenchait d’entrée la marche avant mais sans se jeter. Réfléchi dans ses initiatives, il prenait le temps de construire ses attaques avec son jab avant d’enchaîner avec des séries courtes des deux mains. Ce qui lui permettait de ne pas se retrouver collé à son rival et de désaxer avant que ce dernier n’ait le temps de remiser. Et lorsque le Français faisait le choix de rester en face pour accepter l’épreuve de force, celle-ci tournait à son avantage car son débit de coups ainsi que sa puissance étaient supérieurs.

Légèrement plus grand, Niall Farrell tentait bien de se ressaisir dans le deuxième opus et de prendre la main mais il se heurtait à la force physique et à l’efficacité du Lormantais qui le contraignait à reculer. Fidèle à son tempérament, ce dernier ne rechignait pas à aller au contact mais toujours en bon ordre, en s’efforçant de faire déclencher auparavant le Sujet de Sa Gracieuse Majesté. Très mobile du buste et volontaire, virevoltant sur les appuis, le Girondin était plus qu’à son aise dans le carré magique.

« Samuel a montré de choses qu’il ne faisait pas avant »

Le Britannique peinait d’ailleurs à suivre la cadence et était le plus souvent dépassé. Même s’il se faisait réprimander par l’arbitre pour frapper parfois avec l’intérieur du poing, Samuel Kistohurry se livrait à un véritable récital. Tout y passait dans le troisième round : uppercuts, directs du bras arrière, crochets courts, jabs assénés en tournant… Bref, du grand art d’autant que le Bleu levait les mains quand il le fallait afin de ne pas s’exposer inutilement. Il avait le bon goût de maintenir son louable effort jusqu’à l’ultime coup de gong pour s’offrir un succès prometteur.

Qui ravit l’entraîneur national, Malik Bouziane : « Samuel a réalisé une belle prestation, en particulier tactiquement. Il a su allier travail à distance et à mi-distance. Il a montré des choses qu’il ne faisait pas avant, ce qui m’a beaucoup plu. Il prend encore quelques coups dans la zone de contact. Il doit faire attention à cela. D’habitude, il a un statut de bagarreur qui boxe en force. Là, il a pris son temps en mêlant vitesse et précision. » Un cocktail gagnant.

Le Français a battu (5-0) le Sud-Coréen Ham Sangmyeong, en trente-deuxième de finale des Mondiaux. Un début pleinement réussi aux allures de pendules en passe d’être remises à l’heure.

On l’avait quitté sur le ring tokyoïte laminé par ce qu’il a lui-même qualifié de plus grosse désillusion de sa carrière. Un contre chirurgical de l’Américain Keyshawn Davis, au premier tour des JO, avait anéanti ses rêves de médaille d’or. Inutile de préciser que dans ces conditions, l’Occitan a beaucoup à (se) prouver lors de ces Mondiaux. L’entrée en matière face à l’Asiatique ne s’annonçait pas insurmontable. Il avait au demeurant les faveurs des pronostics. Mais plus que le résultat, c’est la manière que l’on guettait.

Plus petit, le Coréen se plantait au milieu du ring et avançait. Il n’y avait là rien qui gênait le Toulousain, lequel n’avait qu’à faire ce qu’il maîtrise sur le bout des gants : tourner, esquiver et remiser encore et encore. Le tout en ayant la garde plus haute qu’à son habitudes, ce qui lui permettait de bloquer les assauts de son rival et de répliquer toujours dans le temps. La reprise initiale, à son avantage, était rassurante : il avait conservé sa vista et n’en décousait pas la main sur le frein.

« Sofiane a retrouvé tous ses repères »

Sangmyeong Ham n’arrivait guère à le cadrer et avait tendance à se jeter, ne parvenant pas à déclencher à la bonne distance. Nombre de ses coups arrivaient d’ailleurs en bout de course. Dans le second opus, le Français ne changeait pas de game plan mais appuyait davantage ses contres, tant en uppercut qu’avec son bras arrière sans oublier de distiller quelques directs du gauche. Bien que nettement dominateur, il ne tombait pas dans la facilité et se montrait toujours actif en délivrant des séries des deux mains qui faisaient mouche et lui offraient un victoire amplement méritée.

Entraîneur national, Malik Bouziane pouvait se féliciter de la prestation du Tricolore tout en la mettant en perspective : « Le premier round était assez serré, puis Sofiane a retrouvé tous ses repères dans les deux suivants. Il revient de loin. Le but, c’est de monter crescendo et d’arriver en finale. Il va s’améliorer et montrer encore une autre image lors du prochain combat. Je suis satisfait de sa prestation. Il est à l’écoute. Il doit veiller à bien lever les mains, en particulier en sortie d’action et lorsqu’il commence à se rapprocher. Il faut que les erreurs du passé lui servent. »

Le Français a réussi son entrée en matière, en trente-deuxième de finale des Mondiaux amateurs. Il a dominé avec la manière (5-0) le modeste Népalais Bhupendra Tapha.

Plus grand que son adversaire qui, logiquement, cherchait sans cesse à casser la distance, Lounes Hamraoui avait l’intelligence de ne pas être passif ni de trop enclencher la marche arrière pour contrer. C’est d’ailleurs lui qui tirait les premières salves avec son bras arrière avant d’effectuer aussitôt un pas de côté. Pris de vitesse, l’Asiatique tentait de répliquer mais le Tricolore ayant déjà désaxé, il se jetait et frappait dans le vide

Très mobile mais sans cesse actif, le Normand tirait tout le parti de son allonge supérieure et endiguait aisément les assauts du Népalais grâce à ses esquives rotatives et à ses déplacements latéraux. Plus rapide de bras et plus précis, il parvenait ponctuellement à combiner après avoir délivré son direct du droit. Mieux, il insistait sur le travail de feinte pour forcer son rival à déclencher. Enfin, c’est le Rouennais qui terminait le mieux les actions sans négliger les moyens de défense en sortie d’échange ou en corps à corps en bloquant les offensives de son contradicteur qui non seulement s’accrochait mais chargeait de manière bien trop brouillonne pour espérer inverser le cours des débats.

« Une première victoire, c’est bien pour le groupe »

Bref, la copie du Tricolore était d’excellente facture et synonyme de qualification pour le tour suivant. « Nous sommes d’autant plus satisfaits que Lounes était le premier à entrer en compétition, commente Malik Bouziane, head coach de l’équipe de France masculine. Une première victoire, c’est bien pour le groupe, surtout au regard de ce qu’il s’est passé à Tokyo. Dans la mesure où Lounes est un fin technicien qui boxe beaucoup en contre-attaque, nous lui avions demandé de faire l’inverse. Il a assuré l’essentiel. S’il avait été davantage sur ses appuis, il aurait sûrement fait plus mal. Peut-être aussi a-t-il été un peu trop sur le reculoir mais dans l’ensemble, il a réalisé une très bonne prestation. »

Devant son public de Cernay, l’Alsacien (12 v) s’est adjugé, le 23 octobre, le titre national professionnels des welters en dominant aux points, à l’unanimité des juges (99-91, 97-93, 100-90), le valeureux Dieppois Romain Nemery (9 v, 3 n, 11 d). Une victoire qui l’incite à viser plus haut.

Ce combat était une revanche puisque les deux hommes s’étaient affrontés en février dernier avec, à la clef, déjà un succès à la limite du Haut-Rhinois. Une répétition générale qui lui a toutefois servi de leçon et dont il avait tiré de précieux enseignements. « Cela m’a permis de bien me préparer dans l’optique de ce championnat de France car je ne savais alors pas comment Romain boxe, confirme-t-il. Là, j’ai mis en place une stratégie qui a bien fonctionné. Romain, c’est un rouleau compresseur. Il prend des coups mais il avance et travaille au corps. Le but était donc de le contrer et de le stopper, notamment en donnant beaucoup de jabs et de directs du bras avant pour enchaîner en uppercuts ou en crochets avec ma droite, comme à la huitième reprise, quand je l’ai touché. Le tout en me déplaçant et en restant à distance. » Par-delà sa tactique qui s’est avérée payante, Nurali Erdogan a également fait valoir une panoplie et une rapidité gestuelles supérieures qui l’ont aidé à faire la différence d’autant qu’il n’a pas négligé les moyens de défense en s’évertuant à bloquer les assauts du Normand. « Je savais que ce serait dur mais j’ai été au-dessus de lui », résume le sociétaire du BO Cernay.

« Je suis jeune et c’est maintenant qu’il faut en profiter »

Fair-play, Romain Nemery, qui ne sait pas encore quelle suite il entend donner à sa carrière, n’en disconvient pas : « Dans la mesure où il est plus grand que moi, j’ai cherché à casser la distance. Je me suis évertué à ne pas rester en face et à désaxer pour ne pas être une cible facile à toucher. J’ai essayé de faire avec mes moyens. J’ai réussi à éviter pas mal de coups mais j’en ai aussi pris. Le but était ensuite de délivrer des séries et de le saper au fil des rounds. Lui a très bien bougé et boxé en contres. Techniquement, il a un bagage plus étoffé que le mien. Ses déplacements et ses remises m’ont posé des problèmes. La défaite est normale. J’ai donné le meilleur de moi-même et il n’y a pas de regret à avoir. »

Le nouveau champion de France, qui avait auparavant remporté la Coupe de France, est fier de la ceinture qu’il a conquise mais il n’y voit là qu’une étape aux allures de point de passage : « Je suis champion de mon pays. Ce n’est pas n’importe quoi. C’est à la fois une satisfaction et un soulagement. Je sais que ce titre va m’ouvrir des portes. D’ailleurs, j’ai l’intention de ne le défendre qu’une fois. En outre, si d’ici là, j’ai une opportunité, par exemple, de disputer un championnat de l’Union européenne ou d’Europe, pourquoi ne pas la saisir dès à présent après en avoir parlé avec mes entraîneurs ? Je suis jeune et c’est maintenant qu’il faut en profiter. Mon but est d’être champion à l’international. Pour cela, il faut que j’apprenne à m’adapter à n’importe quel style d’adversaire. »

Emma Gongora (1 v, 2 d) est devenue championne de France des poids légers Jeudi 21 octobre au palais de la Bourse à Marseille en battant largement aux points (80-72, 80-72, 80-72) Eva Debacker (2 v, 1 d).

Au-delà de la victoire c’est la manière avec laquelle Emma Gongora l’a acquise qui est à relever. Pendant huit rounds, la sociétaire du Boxing Club Bethunois fut dominée par la variété et la précision des coups d’Emma Gongora.  

Eva Debacker a avancé  la garde bien haute pendant que sa rivale bougeait et trouvait des angles avec son direct du bras avant et capitalisait ensuite avec sa droite. Emma Gongora a martelé les flancs de son adversaire, se permettant même le luxe de passer quelques courts uppercuts de toute beauté.  Eva Debacker n’est pas parvenue à trouver la solution face à la vitesse de bras et la qualité des frappes d’Emma Gongora.

La Nordiste qui fut dépassée par le rythme effréné de la boxeuse entrainée par Louis Lavaly, a encaissé beaucoup de coups, notamment des combinaisons de deux directs des deux mains. Faisant preuve d’une grande résistance et d’abnégation, Eva Debacker s’est battue jusqu’au coup de gong final mais elle est tombée sur une combattante en état de grâce et qui avait déjà posé de gros problèmes à la super star Estelle Mossely. Transfuge du pieds poings et grosse travailleuse, la progression d'Emma Gongora en boxe anglaise où elle ne disputait que son troisième combat pro, est spectaculaire.

« Les huit rounds se sont très bien passés pour moi. J’avais face à moi une fille qui avançait droit sur moi mais sans mettre de coups. Par contre elle se protégeait bien, que ce soit au niveau du visage ou du corps et j’ai dû varier mes coups, corps tête, uppercuts. Je peux dire que j’ai mis en place tout ce que j’ai appris à l’entrainement, j’ai vraiment pu me libérer. Je lui ai mis beaucoup la pression car elle donnait très peu de coups» indique Emma Gongora. «A l’entrainement je faisais des 10X3 alors les 8X2 se sont très bien passés ».

"J'ai des ambitions"

Après une telle prestation, on se demande ce qui aurait pu perturber la nouvelle championne de France et quel était son état d’esprit avant le combat, face à son public  « je ne ressentais aucune pression, j’étais très bien entrainée et quand je suis dans ces dispositions, je sais que cela ne peut que bien se passer. Ce championnat de France ne représente pas un point final pour moi, c’est une étape car j’ai de grosses ambitions». Le message a le mérite d’être clair, la jeune championne affiche la couleur avec l’assurance de celles et ceux qui ont conscience de leur valeur, sans pour autant fanfaronner. « Je verrais ce que l’on me proposera, quelles seront les opportunités intéressantes pour défendre ce titre ou pour me diriger vers l’international ».

Pourquoi ne pas envisager un championnat d’Europe contre Elhem Mekhaled ? «Je l’avais vue boxer à Marseille et je l’avais trouvée très technique, elle est en super-plume. Je n’avais pas pensé à elle mais ce serait super intéressant » conclut Emma Gongora.

Ce week end, l'activité était intense pour la boxe professionnelle Française avec six réunions organisées sur le territoire national.

A Villenave d'Ornon

Deux rencontres professionnelles dans ce gala qui s'est tenu vendredi soir à l'Espace d'Ornon.

En poids moyens, Francis Tchoffo (19 v, 19 d , 1 n) s'est incliné aux points devant Melvudin Suleimany (6 v, 13 d, 3 n).

Francis Tchoffo a été compté au 1er round sur une action confuse où il s'est retrouvé au tapis. A la seconde reprise, le Girondin a touché avec sa droite mais il se retrouve à nouveau à tapis suite à un court crochet droit de Melvudin Suleimany mais aussi à cause de mauvais appuis. Francis Tchoffo a ensuite tout tenté pout inverser la tendance devant un adversaire fuyant sans parvenir à le mettre hors combat.

En poids moyens, Nourredine El Goumi (3 v, 11 d, 1 n) a battu aux points Joakim ElKaim ( 3 v, 11 d, 4 n).

A Cernay

L’invaincu Nuraly Erdogan (12 v) est devenu champion de France des poids welters en battant aux points (100-90, 99-91, 97-93) Romain Nemery (9 v, 11 d, 3 n). Le résumé ici

Dans l’autre combat de la soirée, l’Ukrainien Mikhailo Sovtu (4 v, 7 d) a causé la surprise en battant aux points (58-55, 5756, 56-57)  par décision partagée Tamaz Avdiev (11 v, 16 d).

A Puiseux-Pontoise

Un second combat professionnel accompagnait le championnat de France féminin des poids super-légers entre  Elsa Hemat et Marion Montanari (lire compte rendu ici).

Il mettait aux prises Mustapha Zaouche (4 và à Raphaël Boquet (3 v, 33 d, 1 n) dans la catégorie des poids super-moyens. Dès l’entame du combat, le talentueux  Mustapha Zaouche montrait l’étendue de son arsenal technique et physique. Il envoyait Raphaël Boquet au tapis avec un cross du droit au 1er round. Le boxeur formé à Aulnay-Sous-Bois et coché par Halim Chalabi, continuait son travail de démolition à la seconde reprise, un fulgurant uppercut au foie contraignait le valeureux Ebroïcien à mettre un genou au sol. Etonnamment mature pour un jeune professionnel, Mustapha Zaouche ne se précipitait pas pour conclure. Le 3eme round allait être le dernier car l’arbitre arrêtait sagement Raphäel Boquet après que Mustapha Zaouche l’ait à nouveau mis au tapis avec une pure droite à la face. Mustapha Zaouche est assurément un boxeur promis à un bel avenir.

A Carcassonne

Quatre confrontations professionnelles dans ce gala retransmis par TV Fight Nation.

L’invaincu Jaouad Belmehdi (12 v, 3 n) était opposé à Ricardo Fernandez (9 v, 6d), un  Bolivien jamais battu avant la limite et résidant en Espagne.

L’ex champion de France des poids légers à déroulé sa belle boxe huit rounds durant en étant contraint de se méfier des coups larges donnés par le rusé et râblé Ricardo Fernandez. Malgré quelques belles droites bien senties à la face qui l’ont parfois bien secoué, le boxeur Bolivien est parvenu à tenir les huit rounds de l’affrontement. Les juges ont attribué à l’unanimité la victoire à Jaouad Belmehdi : (80-72, 80-72, 79-73). « Il était là, bien résistant. Je sais que je peux mieux faire, je n’ai pas de pression pour chercher le KO. Mon prochain combat aura lieu à Béziers le 18 Décembre » a indiqué Jaouad Belmehdi au micro d’Arnaud Romera.

Avec Thomas Barbier (10 v, 22 d, 1 n) et Mike Esteves (9v, 1 d), ce sont deux ex champions de France des poids super-coq qui en ont décousu pendant huit rounds.

Les deux boxeurs ont livré un combat engagé et équilibré. Thomas Barbier ne voulait pas céder un pouce de terrain à son adversaire qui s’est imposé grâce à sa précision à mi-distance. Le boxeur Normand a été blessé à la pommette gauche mais il a tenu la dragée haute à son rival plus jeune de onze ans. Le pointage des juges furent unanimes en faveur de Mike Esteves : 78-74, 78-74, 77-75).

En poids super-welters, Adel Aghroud (4 v) a éprouvé toutes peines du monde à se dépêtrer de l’incessant pressing de Houcine Moulahi (2 v, 7 d, 1 n).

Hocine Moulahi a enclenché la marche avant pendant six reprises, beaucoup de ses coups étaient bloqués par Adel Aghroud qui a fait preuve de plus de précision pour se voir décerner la victoire à l’unanimité : (58-56, 58-56, 58-56)

Le dernier combat pro mettait aux prises Mohamed Suleiman Kartoum (6 v, 1 d) et Guillaume Lorenzo (7 v, 4 d).

Guillaume Lorenzo qui avait causé la surprise en dominant Sylvain Chapelle, a confirmé en bousculant le jeune (20 ans) boxeur de Fontenay-Sous-Bois. Les six rounds de ce combat furent équilibrés entre un Guillaume Lorenzo offensif et un Mohamed Suleiman Kartoum précis dans ses contres. Les juges ont opté pour le plus jeune des deux protagonistes : 60-54, 58-56, 58-57).

A Campbon

Deux combats pros étaient à l’affiche au complexe sportif du pilori.

En poids moyen, l’invaincu Sonny Abid (6 v) a gagné par arrêt de l’arbitre  face à Benjamin Tondellier (5 v, 3 d).  Au 6éme et dernier round, Sonny Abid a délivré une fulgurante combinaison crochet gauche au foie et crochet droit à la face qui a incité le 3eme homme sur le ring  à mettre  un terme à la confrontation.   

En poids légers, Swan Barteau (1 n) et Mohamed Charef (1 v, 3 d, 1 n) se sont quittés sur un match nul  après quatre rounds disputés.

A Romorantin

Le jeune (21 ans) invaincu Tony Kim Batreau (3 v, 2 n)  a infligé une 1ére défaite à  Ylies Villaudière (2 v, 1 d, 2 n). Le Provençal s’est imposé aux points : (39-37) et il se qualifie pour la finale du Critérium National des poids plumes.

Alors qu’elle avait échoué lors de sa première tentative à ce niveau, en mars 2021, devant Anissa Benyoub, la Martiniquaise (3 v, 2 n, 4 d) n’a, cette fois, pas laissé passer sa chance. Elle s’est emparée de la ceinture nationale des super-légèrs en dominant Marion Montanari (2 v, 6 d) aux points, à l’unanimité des juges (78-74, 78-74, 78-74), le 23 octobre, à Puiseux-Pontoise.

Elsa Hemat occupait d’entrée le centre du ring tandis que Marion Montanari, dotée d’une allonge supérieure, tournait et donnait son direct du bras avant dans l’espoir de repousser et de tenir en respect sa contradictrice. La Rhônalpine s’offrait même parfois le luxe de prolonger le plaisir en passant, dans la foulée, sa droite, voire des crochets des deux mains. Dans le coin, son coach, Patrick Malaizé, épaulé par Newfel Ouatah, appréciait la chose mais demandait à son élève de délivrer plus de coups et de les appuyer franchement.

Il faut dire que dans les deux premiers rounds, la sociétaire du CSL Aulnay-sous-Bois peinait à régler la mire. Ses velléités offensives étaient avérées mais elle avait tendance à se jeter et ne réussissait pas à cadrer avec la précision souhaitée. Son entraîneur, Nasser Lalaoui, lui ordonnait de casser nettement la distance en désaxant et de faire mal en imposant le pressing. Dans la troisième reprise, la Francilienne s’exécutait et prenait l’ascendant en débitant davantage et en variant les cibles, tantôt au corps, tantôt en remontant au visage.

Marion Montanari ne parvenait jamais à reprendre l’ascendant

Marion Montanari remisait comme elle le pouvait mais ses répliques étaient moins incisives que les assauts de sa rivale. En outre, elle avait les mains trop basses en sortie d’échange, si bien qu’elle s’exposait aux contres d’Elsa Hemat, plus puissante mais un tantinet brouillonne. « Sois dure et n’attends pas qu’elle parte pour déclencher », conseillait avec à-propos le staff de l’Aulnaysienne. Plus active et saignante, cette dernière s’y employait avec une louable abnégation tout en agrémentant sa prestation d’opportunes esquives rotatives.

En face, Marion Montanari n’était jamais submergée. Cependant, elle encaissait les droites lourdes de son adversaire sans jamais parvenir à reprendre l’ascendant ni à inverser le cours de débats qui avaient depuis longtemps tourné au bénéfice d’Elsa Hemat.

« J’ai moins de débit mais des coups beaucoup plus efficaces »

Qui pouvait laisse éclater sa joie au micro d’A Boxing Nation : « Je suis très heureuse d’avoir gagné la ceinture. Le combat a été difficile. J’ai eu du mal à trouver du rythme mais mes coups durs ont fait la différence. Pendant la préparation, on a modifié ma boxe pour que je travaille en avançant alors qu’auparavant, j’étais plus styliste. J’ai moins de débit mais des coups beaucoup plus efficaces. Une revanche est prévue le 20 novembre mais ce n’est pas signé. Si cela ne se fait pas, j’aimerais disputer un championnat d’Europe d’ici la fin de l’année, ce serait sympa. »

Marion Montanari, elle, attend le match retour avec impatience et est convaincue qu’elle se l’adjugera. D’autant qu’elle estime le pointage sévère : « A mes yeux, il n’y a clairement pas quatre points d’écart. Je me plie à la décision. Il faut être sportif. Bien joué à elle. Ses coups étaient larges et je les voyais donc arriver. Peut-être aurais-je dû être un peu plus combative à la fin et mettre plus d’intensité. Néanmoins, je suis contente de ma boxe. Je me suis bien sentie sur le ring. J’ai appliqué ce que j’avais prévu et j’ai fait ce que je devais faire. »

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