La bonne nouvelle est tombée hier soir pour Michel Soro 35 v, 3 d, 1 n); la WBA vient d’ordonner une revanche entre l’Ouzbek Israil Madrimov (7 v) et le champion Français en vue de désigner le challenger officiel du champion WBA des super-welters.

Le premier combat entre les deux hommes s’était achevé dans la confusion et la polémique. Mr Salvador Salva avait arrêté Michel Soro à la 9eme reprise alors qu’Israël Madrimov avait décroché plusieurs coups après la fin du round. L’arbitre indiquera ne pas voir entendu le gong indiquant le terme de la reprise.

Le camp du Français avait déposé rapidement une réclamation auprès de la WBA en espérant que la décision soit transformée en No Contest. « Michel a été arrêté sur des coups irréguliers, puisque délivrés après le gong, nous avions donc déposé une réclamation par le biais de David Berlin, notre avocat Américain spécialisé dans les affaires de la boxe depuis de nombreuses années », indique Yohan Zaoui, président de la société Y12 Boxing qui gère les intérêts de Michel Soro et Arsen Goulamirian. « Cela a mis du temps et ils ont tranché hier, nous sommes contents car ils ordonnent une revanche mais nous ne sommes pas totalement satisfaits car nous espérions un changement de décision. La WBA a donné trente jours pour que nous trouvions un accord à l’amiable avec Matchroom, sinon il faudra aller aux enchères. J’irai à l’offre de bourses s’il le faut, cela fait partie de mon travail, si Canal+ est avec nous, ce sera un gros plus pour l’organiser en France, face à une grosse machine comme Matchroom, il faut des moyens financiers. Pour le premier combat, j’avais perdu les enchères de peu avec 217.000 dollars face à Matchroom qui avait mis 247.000 dollars. »

Un championnat du monde unifié dans le viseur

Les sommes sont conséquentes et devraient même être revues à la hausse pour obtenir l’organisation de ce match éliminatoire WBA mais les opportunités suivant ce combat seront énormes pour le vainqueur. Michel Soro ou Israil Madrimov, l’un des deux deviendra challenger officiel du tenant WBA, or il se trouve que l’Américain Jermel Charlo qui détient cette ceinture, est aussi champion WBC et IBF et le 15 mai prochain, il retrouvera l’Argentin Brian Castano, détenteur WBO, pour une totale réunification des ceintures. Il est donc fort probable que le vainqueur du combat entre le Français et l’Ouzbek soit appelé à disputer le titre mondial réunifié des poids super-welters !

Michel Soro est aux anges, « je suis content que justice me soit rendue, tant que ce n’était pas officiel, on pouvait s’attendre à tout, même si nous avions bon espoir que notre réclamation obtienne gain de cause. Le combat doit se faire dans les quatre-vingt-dix jours, je vais commencer à me préparer à la maison avant de partir pour une préparation optimale, surement à Big Bear en altitude, rien n’est encore décidé.» L’élève de Faycal Omrani a continué de s’entretenir physiquement depuis sa mésaventure en Ouzbékistan, avec dans un coin de la tête, l’idée des retrouvailles avec Israil Madrimov pour remettre les compteurs à égalité.

Le Villeurbannais a analysé sa contre performance de décembre qu’il attribue à un concours de circonstances, «Je ne me cherche pas d’excuses mais vous n’avez pas vu le vrai Soro ce jour-là. Deux ans sans combattre et une préparation interminable avec des reports de combats successifs dus à la Covid, m’ont amené à un état de saturation psychologique. Je me prépare en moyenne en huit semaines, là cela a duré cinq mois. Lors des deux dernières semaines de sparrings, je n’avais qu’une envie, c’était de rentrer. J’ai été gagné par la lassitude et la fatigue mentale. »   

Michel Soro se déclare revigoré par cette nouvelle et ultra motivé par rapport aux grandes perspectives qu’un succès lui ouvrirait. Crier victoire sur tous les toits n’est pas le style de ce champion qui a su rester humble et lucide tout au long de sa carrière. « Je vais ajuster quelques paramètres et me préparer comme je l'ai toujours fait, je suis optimiste, je serai plus agressif et ce sera un autre combat. Je ressens de l'injustice par rapport au dénouement de notre premier affrontement mais c’est une chance qui m’est offerte, finalement cette première rencontre va me servir de combat de préparation ».

Cinq réunions comportant des combats de boxe professionnelle se sont tenues en France au cours de ce premier week-end de Mars.

A Londres

Honneur aux femmes et plus particulièrement à Johanna Wonyou (4 v) qui a réalisé l'une des performances du week-end en battant en moins d'un round la Tanzanienne Sarafina Bela (4 v, 5 d, 1 n) lors de son 1er combat en Angleterre.

Johanna Wonyou a touché sa rivale à la face avec une large droite et un crochet gauche alors qu'il restait 1,30 mn dans cette reprise initiale. La Tanzanienne a accusé le coup, dés lors la Française ne la lâchait plus, un direct du bras avant puis une droite à la face suivie d'un court uppercut gauche et d'un crochet droit a projeté Sarafina Beli dos aux cordes et quasiment KO debout. L'arbitre a arrêté immédiatement le combat.

A Aix en Provence

Trois combats professionnels à la salle Louison Bobet.

En super-moyens, le jeune (19 ans) et talentueux Souleimane Mohammedi (7 v, 1 d) a battu aux points (60-54), le Géorgien Giorgi Kankava (2 v, 5 d, 1 n).

« J’ai bien géré mon combat, analyse le provençal, je l’ai touché plusieurs fois mais il était solide. C’est un combattant qui fait aussi du MMA et il était robuste et solide. Je suis satisfait de ce que j’ai produit. J’ai alterné les phases de prés et à distance et bien réussi à gérer mes changements de garde. J’aurais bien aimé gagné avant la limite, il a parfois plié mais il a tenu les six rounds. »

Toujours en super-moyens, Kevin Lesa Nguivason (4 v, 2 d) s’est incliné aux points (54-60; 54-60; 55-59) devant l’expérimenté  Russe Artem Karasev (16 v, 41 d, 3 n)

En Super-légers, Tristan Benard (1 v, 1 d) a battu aux points (38-36; 38-36; 37-35), Paul Le Guillou (1 v, 1 d), les deux boxeurs doivent se retrouver pour une revanche le 9 avril à Saint Pierre l’Eglise (50, Manche).

A Campbon

Cinq combats professionnels devaient se disputer au complexe sportif du pilori mais deux affrontements n’ont pu avoir lieu avec les forfaits des adversaires de Johnny Bertin et Sonny Abid.

En poids welter, Sandy Meunier (2 v)  a battu aux points Ester Konecna (1 v, 14 d, 1 n) en six rounds qu’elle a maitrisé de bout en bout.

Sandy Meunier qui avait été expéditive lors de sa précédente sortie se dit satisfaite de sa prestation, « Ma préparation a été un peu perturbée et j’ai été un peu brouillonne en début de combat. Elle a tenté des changements de garde qui ne m’ont pas gênée. Les consignes étaient de se tester face à cette fille expérimentée et bien classée. Je me suis imposée en patronne, je suis satisfaite du déroulement de ce combat qui s’est déroulé comme nous le voulions. Finalement ce fut une bonne préparation pour un championnat de France que j’espère disputer cette année. »

En Super-Légers, Benjamin Dubois (7 v, 1 d, 1 n) a battu aux points Batoura Guirassy (6 v, 7 d, 1 n). Benjamin Dubois a confirmé ses progrès en battant le vainqueur du critérium des espoirs 2021.

En Super-Légers, Swan Barteau (1 n) s’est incliné aux points devant Djany Fiorenti (1 v).

A Soultz

En super-moyens, Loris Barberio (6 v, 1 d) a battu aux points (58-56) Raphaël Bocquet (3 v, 37 d, 1 n).

A Livry Gargan

Un combat professionnel était à l'affiche du premier trophée Christophe Gibes qui s'est déroulé au parc des sports Alfred Marcel Vincent.

photo Pierre Girod

En super-plumes, Adem Medjs (2 v) a battu aux points (60-54 ; 60-54 ; 60-54) Jean-Noël Alvarez (7 v, 45 d, 2 n). L’élève de Jean-Patrick Lemaïtre qui avait subi une défaite avant la limite devant Jordan Rodriguez lors de son dernier combat, avait à cœur de réussir son retour. Malgré son énorme expérience et sa boxe bien meilleure que ce que peut laisser penser son palmarès négatif, Jean Noël Alvarez s’est incliné après avoir offert une bonne réplique à Adem Medjis. «J’ai logiquement perdu aux points, il était au-dessus de moi et il a donné plus de coups. Les combats gaucher contre gaucher ne sont jamais simples. Il m’a fallu trois rounds pour entrer dans le rythme mais c’est un très bon boxeur. On a livré un combat propre, beaucoup de gens m’ont félicité. J’ai 35 ans, je me donne encore cette saison avant de réfléchir à la suite. Je boxe pour le plaisir et il est encore là. »

Malgré un voyage au tapis, le Français (15 v) a conservé avec un brio certain, le 5 mars, à San Diego, son titre WBA intercontinental des super-welters. Pour cela, il a dominé aux points, à l’unanimité des juges (100-90, 99-91, 99-91), le puncheur Mexicain Roberto Valenzuela Jr (19 v, 3 d).

Alors que nous étions en Californie, laquelle abrite une très importante communauté de Latinos, c’est bien le patronyme du natif de Dakar qui était scandé en tribunes. Ce dernier se méfait à l’évidence de la qualité de frappeur de son rival. C’est pourquoi il travaillait essentiellement en directs et en jabs du bras avant tout en tournant constamment pour ne pas faire office de cible fixe.

Les duellistes se libéraient dans la deuxième reprise et se mettaient à enchaîner davantage. Le Mexicain en décousait uniquement en force et cherchait systématiquement le coup dur. Le Tricolore ne l’ignorait pas. Il multipliait les dégagements latéraux et se limitait sciemment à boxer sur deux ou trois techniques afin de ne pas s’exposer aux contres. Une tactique payante comme en attestait la pommette gauche meurtrie de Roberto Valenzuela Jr. Plus rapide de bras et nettement plus varié techniquement, le Francilien était parti pour réaliser une démonstration. Jusqu’à ce qu’une droite encaissée de plein fouet au menton ne l’envoie à terre dans la quatrième. Il se relevait, somme toute aussi aisément qu’il est possible en pareille circonstance, et reprenait immédiatement ses esprits. Tout le contraire de son opposant qui se ruait à l’attaque sans discernement et se faisait surprendre par un crochet à la tempe. Il était compté à son tour et les pendules étaient remises à l’heure, les deux hommes se congratulant, le sourire aux lèvres !

« J'ai montré que j'avais du mental. Je suis très content »

Toujours est-il que c’était bien l’élève de Virgil Hunter qui était en avance sur les bulletins des juges. Il creusait consciencieusement l’écart à mesure que les minutes passaient. Serein et toujours aussi réfléchi dans ses prises d’initiative, il restait fidèle au game plan : toucher, désaxer en permanence, être capable de reculer en bon ordre et en répliquant. Studieux, souvent brillant et inspiré, l’ancien capitaine de la Team Solide alternait intelligemment les zones d’impact, visant le bas pour se dégager la route au moment de remonter au visage. Le tout sans négliger, pour lui-même, la panoplie des moyens de défense, en particulier les esquives du buste. Un panel si complet que le Latino se montrait de moins en moins entreprenant, à la fois quelque peu émoussé physiquement et en panne de solutions. Las et frustré, il sommait, dans le huitième opus, le médaillé olympique d’accepter la bagarre de près. Ce dernier ne tombait pas dans ce piège grossier et achevait de réciter sa partition avec la baguette de maestro des rings qu’il est. Ce que confirmait le verdict sans appel en sa faveur.

« C'est un boxeur qui fait tous les camps d'entraînement du champion du monde des welters d'Errol Spence, qui est prêt et qui frappe, on l'a vu. Mais j'ai contrôlé sauf une fois où je me suis fait toucher. Et j'ai montré que j'avais du mental. Je suis très content », se félicitait-il légitimement avant de confirmer son projet de descendre en welters. Lui qui aspire plus que jamais à disputer un championnat du monde… non pour la beauté du geste mais avec de sérieuses chances de le gagner, sait, néanmoins, qu’il lui reste encore quelques réglages à opérer pour que la machine soit parfaitement huilée.

Le Français (14 v) défendra son titre WBA intercontinental des super-welters, ce samedi, à San Diego, face au puncheur mexicain Roberto Valenzuela Jr (23 v, 2 d) qui a remporté l’intégralité de ses succès avant la limite. Tout sauf une formalité.

Fidèle à sa ligne de conduite, le Tricolore aborde la confrontation avec la sagesse du vieux briscard qu’il est déjà : « Le Mexicain sera chez lui puisqu’à San Diego, il y a une communauté de Latinos très importante. Roberto Valenzuela Jr est jeune mais cela fait longtemps qu’il est pro. Il est fougueux et voudra y aller à fond. Il est dangereux d’autant qu’il frappe des deux mains. Je ne m’attends pas à un match facile. A moi de bien gérer les débats et de faire attention à ne pas trop m’exposer. Ce sera l’occasion de voir où j’en suis et ce que je suis capable de faire et de proposer devant ce type de boxeur à la fois très offensif et qui frappe. Ce sera un sacré bon test. Le game plan sera d’être moi-même et de déployer ma boxe. »

Le Parisien s’est notamment préparé avec l’Anglais Amir Khan, en altitude, à Colorado Springs. Les mises de gants s’y effectuaient sur la base de rounds de quatre minutes avec seulement trente secondes de récupération entre chaque. Puis, l’élève de Virgil Hunter a fignolé les réglages avec son mentor. Au programme : travail à mi-distance, coups au corps, combinaisons, précision et tactique.

Une descente en welters n’est pas exclue

En cas de victoire, le natif de Dakar intègrera le top 10 de la WBA, ce qui, réglementairement parlant, lui permettra d’être éligible pour un championnat du monde. Même si on en est encore loin. D’ailleurs, le Francilien, qui aimerait ensuite remonter sur un ring avant l’été, envisage de descendre en welters parce que l’horizon est passablement bouché dans sa catégorie actuelle. « J’aurai beaucoup plus d’opportunités car, en super-welters, toutes les ceintures sont bloquées dans la mesure où la plupart des champions et des challengers potentiels sont sous contrat avec Premier Boxing Champions, la société d’Al Haymon », justifie le médaillé de bronze des Jeux de Rio. S’il se décide à franchir le pas, ce qui n’est, pour l’instant, pas acquis, les choses se feront progressivement afin de ne pas malmener son organisme. En outre, il ne fera un tel sacrifice qu’après avoir effectué d’ultimes tests et si le jeu en vaut la chandelle sportivement. En somme, si des perspectives planétaires s’offrent, à terme, à lui.

En attendant, Souleymane Cissokho se verrait bien disputer un championnat d’Europe en super-welters. Pourquoi pas face à Dylan Charrat s’il l’emporte contre l’Allemand Jama Saidi. Les deux hommes brigueront en effet prochainement la ceinture vacante abandonnée par l’Espagnol Kerman Lejarraga.

Le fondateur du BAC 9, l’un des plus célèbres club de boxe de la Capitale est décédé le 25 février, à 73 ans, des suites d’une longue maladie. Plus qu’un coach l’âme chevillée au corps, l’homme était un passeur de savoir, d’humanité et de valeurs.

Tout a commencé sur les rives de l’Atlantique, dans cette lointaine Andalousie qui l’avait forgé autant que la dictature franquiste qui avait baigné sa prime enfance. C’est donc à Cadix que Jose Chacon s’enamoura de la boxe. Il lui était, depuis, demeuré d’une fidélité monacale. Pourtant, dans la Péninsule, rien ne fut simple pour vivre sa passion. Non seulement, sa grand-mère, qui l’élevait, était opposée à l’idée de voir son petit-fils mettre les gants mais les clubs ibériques n’ouvraient alors leurs portes qu’aux partisans du Caudillo.

Dans la fleur de l’adolescence, le gamin franchit les Pyrénées pour rejoindre sa mère qui avait refait sa vie, à Paname, avec un Français. Ce fut la libération dans toute la polysémie du terme. Le jeune homme convola définitivement avec le noble art, d’abord à Saint-Ouen, sous l’auguste parrainage de la famille Rodriguez dont les trois fils, Richard, Jo et, bien sûr, Lucien brillèrent dans le carré magique. Il n’était encore qu’un honorable amateur quand le souci du lendemain qui ne déchante pas le rattrapa. A vingt-cinq ans, il renonça au professionnalisme pour s’établir comme plombier à son compte, rue Henri Monier, dans le IXe arrondissement.

Les actes pour donner corps aux paroles, encore et toujours

Rapidement, il passa de l’autre côté des cordes et devint l’entraîneur et le mentor d’une poignée de gamins qu’il façonna, dans un premier temps, du côté de Clignancourt. Puis, las de cette transhumance dans le nord de la Capitale, il usa de toute sa force de persuasion - pas la moindre de ses qualités - auprès des édiles locaux pour se voir octroyer une salle digne de ce nom, sise rue Buffault. La Mairie finit par céder, en 1985, convaincue par cet éducateur droit et foncièrement altruiste, désireux d’implanter le noble art dans un quartier qui était, jusque-là, dépourvu de toute infrastructure dédiée. Pour cela, il lui avait fallu convaincre les élus des vertus pédagogiques de la chose. Le Boxing Athletic Club du IXe, le BAC 9 pour les intimes, était né et bien né.

Le Maître des lieux modela d’emblée la maison à sa manière, toute à la fois accueillante, joviale, stricte familiale, exigeante. Bref, en un mot humaine. Pas besoin d’être devin pour entrevoir que son histoire personnelle lui avait fait épouser le progressisme et tourner casaque dès que pointait l’esprit réac et conservateur. On parle souvent de melting-pot en se gargarisant. Chez lui, c’était une réalité et pas pour faire bien. Tout le monde côtoyait tout le monde, anonymes et célébrités, doués et laborieux, cadres sup le vent en poupe et prolétaires qui rament. Jose Chacon avait aussi mis grassement la main à sa poche pour financer l’achat de matériel. Les actes pour donner corps aux paroles, encore et toujours.

Il n’eut de cesse d’enseigner la boxe telle qu’il la voulait, telle qu’il ne l’a voulait pas aussi. En prônant la technique des deux poings et la gestuelle au service de la fameuse loi d’airain de l’apprenti pugiliste : toucher sans se faire toucher. Le professionnalisme, ses connivences et ses compromissions ? Très peu pour lui. L’homme était un pur qui ciselait avant tout des amateurs. Parmi eux, Luigi Mancini, Mohamed Boulakhras et Souleymane Cissokho qui délivra ses premiers directs sous ses ordres à quatorze ans. Le médaillé de bronze aux JO de Rio se souvient d’un « être exceptionnel et profondément humain, doublé d’un bon vivant. C’était un grand homme pour lequel j’ai beaucoup d’estime. Il m’a beaucoup appris et fait évoluer en tant que boxeur mais également en dehors de la boxe. Cela lui tenait à cœur de prendre soin de ses boxeurs. Il voulait que nous soyons des champions sur le ring mais aussi en dehors. Cette faculté à prendre du recul sur les choses vous aide dans la vie de tous les jours. Il était très généreux et aimait aider son prochain. »

« Il nous donnait tellement d’amour »

Mohamed Boulakhras, double champion de France amateur et ancien entraîneur national, ne dit pas autre chose : « Jose était quelqu’un d’important pour moi. J’ai débuté avec lui. Je l’ai toujours porté dans mon cœur et je ne l’ai jamais oublié. Il a ouvert sa porte à tout le monde, dont à moi, et, surtout, il ne l’a pas refermée. C’est pour cela que l’on s’attachait très vite à lui. Il nous a accompagnés à tous les niveaux, notamment dans nos réflexions. Il nous a apporté beaucoup de choses, en particulier une éducation et des valeurs qui, aujourd’hui, ont tendance à se perdre. C’était un père pour nous. Il vous recevait comme si vous étiez son enfant. Il nous donnait tellement d’amour qu’on ne pouvait que le lui rendre. »

Aujourd’hui, Laurent Chacon, fils de Jose, a pris le relais au sein du BAC 9. On pense alors invariablement à l’adage qui trône au-dessus du bureau de son père. Il est signé de Nelson Mandela : « La plus belle victoire de l’homme n’est pas de ne jamais tomber mais de se relever une fois tombé. »

Le Manosquin (30 v, 6 d) s’est incliné par KO (9e), le 27 février, à Londres, contre l’insipide Anglais Jordan Gill (27 v, 1 n, 1 d) qu’il dominait jusque-là de la tête et des épaules et auquel il a cédé sa ceinture continentale des plumes. A trente-quatre ans, la question de son avenir se pose forcément…

Vêtu d’un short et d’un collant blanc, le Français démarrait les hostilités comme on l’espérait. Autrement dit, avec l’aisance et la précision qui le caractérisent quand il maîtrise son art sur le bout des gants. Dès la minute initiale, sa gauche jaillissait en crochets, parfois en uppercuts. Elle n’était que le prélude à des droites en ligne qui commençaient à savamment martyriser la pommette de l’Anglais.

Ce dernier se comportait en challenger, s’efforçant d’avancer et de faire le combat. Mais on était là davantage dans la velléité que dans l’effectivité. En effet, il était prestement mis en échec par le tenant qui, soit reculait sciemment pour remiser à sa guise avant de désaxer, soit restait sciemment en face et répliquait magistralement en suivant à la lettre la consigne de son coin : en l’occurrence, délivrer des « une-deux en puissance, bien sur les appuis ». Si bien que dès la seconde reprise, le Britannique réfléchissait à deux fois avant de partir à l’assaut, les deux hommes occupant alors fréquemment le centre du carré magique. Il n’en résultait pas pour autant un mano a mano de près mais plutôt des échanges au cours desquels les duellistes alternaient actions à distance et à mi-distance.

Le Sudiste tissait sa toile lentement mais sûrement

Lors des minutes de repos, les propos avisés entendus dans le coin du Tricolore résumaient parfaitement la situation et indiquaient avec pertinence la marche à suivre : « Tu es bien, tu es dedans. Dès que tu travailles, il ne fait rien. Il n’a rien pour lui. Il n’est pas rapide et ne te touche pas. Lève les mains et ne le laisse pas rentrer. Ne reste pas en face. Vise les côtés mais aussi le plexus et le foie. Fais le frapper dans le vide et travaille le retrait. » Le Sudiste s’exécutait avec une rigueur qui lui permettait de tisser sa toile lentement mais sûrement. De fait, il était supérieur dans tous les domaines et toutes les configuration. Assez quelconque dans ses initiatives, le sujet de Sa Gracieuse Majesté se bornait, quant à lui, à attaquer en séries de deux ou trois coups circulaires des deux mains, sans variation ni réellement chercher à feinter.

Surtout, il était le plus souvent pris de vitesse par le Français qui, en outre, s’avérait bien plus diversifié parce que sa supériorité technique et son coup d’œil, en un mot sa vista, l’autorisaient à être créatif et à inscrire les touches les plus nettes. Toutefois, dans la cinquième, il encaissait une lourde droite au menton. La faute à un poing gauche un peu bas.

On crut, l’espace de quelques minutes, que la chose était anecdotique tant l’ascendant pris par le visiteur était patent. Dans le septième opus, le champion serrait même encore la visse et durcissait sciemment les débats. Une tactique payante puisque Jordan Gill allait au tapis après sur une gauche de plein fouet à la face. « Continue d’aller sur lui. Il a mal. Il va lâcher », professaient ses coaches.

« Je me suis fait avoir comme un débutant »

Karim Guerfi ne parvenait pas à conclure l’affaire mais ne relâchait pas son étreinte. Il était en démonstration avec l’immense talent pugilistique qui est le sien. Et ce, on insiste, sans tomber dans la facilité ni nourrir le moindre complexe de supériorité. Simplement avec ce satané bras gauche pas suffisamment remonté… Sans cesse acculé dans les cordes, son rival ployait mais ne rompait pas. Pire, il avait sans doute vu la faille. Dans le huitième round, déjà, il passait un cross du droit en contre aux allures d’avertissement. Dans le suivant, alors qu’il était au bord de la rupture, il rééditait la chose à la pointe du menton. Cette fois, Karim Guerfi était crucifié et tombait lourdement au sol, sur le dos. Sans même entamer le moindre décompte, l’arbitre signifiait immédiatement la fin de la confrontation et se souciait de l’état du vaincu qui, heureusement, retrouvait ses esprits.

Le ciel lui était tombé dessus. Sur les réseaux sociaux, il plaidait coupable : « Je me suis fait avoir comme un débutant. Je l'avais. J'étais mieux que lui. Il était cuit et marqué sur tout le visage. Il restait dans son coin et je suis tombé dans son panneau. Je suis vraiment désolé. » Nous aussi.

Le double champion du monde amateur a mis la manière pour ses débuts chez les pros. Le 26 février, à Barcelone, il a dominé par KO (4e) le Vénézuélien Anderson Rangel (6 v, 1 nul, 9 d). On attend la suite avec impatience.

Un coup au foie puis un deuxième et le Sud-Américain ne s’est pas relevé, contraint de s’incliner à l’issue du décompte fatidique de l’arbitre. Un scénario qui dit tout de la mue réussie du vice-champion olympique de Rio, en passe d’allier avec brio sa sublime gestuelle innée à une force de frappe acquise, notamment en mettant l’accent, à la salle, sur la musculation. « Le but est d’impacter, maintenant que je suis chez les pros. Être technique, c’est très bien mais il faut aussi savoir appuyer les coups pour stopper la personne en face quand elle avance trop. En somme, je m’efforce d’étoffer mon panel pour être efficace et réussir à faire tomber les gars. Je refais un peu mes gammes. Je suis satisfait de ma prestation. Après avoir jaugé mon adversaire avec mon bras avant, je me suis installé dans le combat sans me précipiter. Ensuite, j’ai déroulé en avançant et en étant mobile du buste. Mes feintes ont quelque peu déstabilisé Anderson Rangel et l’ont contraint à reculer. Au fil des rounds, il baissait de régime tandis que moi, je montais en puissance. Je me suis senti bien. J’ai eu de bonnes sensations et je pense qu’avec le temps, cela va aller crescendo.  »

« Je vais essayer d’être un peu ambitieux sans me brûler les doigts »

Une victoire initiale avant la limite, a fortiori pour commencer chez les rémunérés : qui l’eut cru ? « Cela m’a un peu surpris car je suis conscient qu’à la base, je ne suis pas un puncheur. En tout cas c’est une bonne chose pour la confiance », admet le Toulousain qui veut croire qu’un tel résultat va contribuer à battre en brèche l’idée qu’il n’est qu’un superbe styliste guère capable de faire mal et d’abréger les débats.

©Karim De La Plaine

Quid de l’avenir? Le Tricolore, qui devrait reprendre l’entraînement dès mercredi prochain, aimerait qu’il arrive vite et avoir l’opportunité de remonter sur le ring fin mars. « Ce qui devra arriver, arrivera, sourit-il, lui qui compte bien être de la partie aux Jeux de 2024, à Paris. Si une ceinture est en jeu, tant mieux, sinon, je verrai ce que l’on me proposera. Je suis prêt à disputer le championnat de France mais je ne suis pas obnubilé par ça. C’est bien d’être champion de son pays mais il faut voir ce que cela va m’apporter. Si j’ai l’opportunité de briguer une ceinture internationale en WBA, WBC, WBO ou encore, en IBF ou en IBO, je ne refuserai pas. J’ai vingt-sept ans. Il ne faut pas que j’aille vite mais un peu quand même pour monter dans les classements assez rapidement. Je vais essayer d’être un peu ambitieux sans me brûler les doigts. Je suis réaliste. Ce que j’ai montré contre Anderson Rangel n’était pas mal mais les boxeurs que je vais rencontrer à l’avenir seront beaucoup plus coriaces et plus durs. »

Lors de l’assemblée générale des Hauts de France, le Président de la FF Boxe Dominique Nato a remis la médaille de commandeur dans l’ordre du mérite de la boxe à Mme Jacqueline Mairesse, Présidente du comité régional.

Cette médaille, qui représente la plus haute distinction de la FFBOXE, a été remise à Jacqueline Mairesse pour son engagement sans faille depuis des décennies au service de la boxe, en présence de Pascal Cordier, vice Président délégué et Medhi Nichane, DTN de la Fédération Française de Boxe.


Hugo Legros (14 v, 2 d, 2 n) s'est incliné ce soir en Italie face à l'Italien Luca Rigoldi (26 v, 2 d, 2 n) par arrêt de l'arbitre au 9eme round pour le titre vacant de l'Union Européenne des poids super-coqs.

Avec Luca Rigoldi, Hugo Legros augmentait indéniablement le niveau de son adversité et pourtant l'ex champion de France de la catégorie n'a pas à rougir de sa prestation.

L'élève de Giovanni Boggia se montrait prudent à la 1ere reprise en se tenant la garde haute, le visage bien protégé par ses poings. Fidèle à son style de battant attaquant sous tous les angles, le gaucher Italien délivrait ses crochets en bas pour ensuite travailler en haut. Il touchait le Français avec un crochet droit à la face mais emporté par son élan, il provoquait un choc de têtes. Hugo Legros posé un genou au sol en indiquant à son coin souffrir de la face, il était compté et le transalpin sortait de cet échange avec une blessure à la pommette gauche.

Après cette dure entrée en la matière, Hugo Legros a tenu bon face au rythme effréné imposé par son adversaire qui ne l'a pas laissé respirer en attaquant à tout va. L'activité de Luca Rigoldi ne se traduisait pas par une domination sans partage. Hugo Legros profitait du travail brouillon de l'Italien pour placer son crochet gauche tranchant à la face du champion local. Hugo Legros était plus précis mais sur ses contres mais il aurait fallu plus d'efficacité dans ses frappes pour stopper l'Italien, véritable machine à donner des coups, dont une majorité était heureusement bloquée par l'excellente garde du Picard.

Attaque à outrance contre précision

Les "Luca, Luca !" redoublaient d'intensité dans une salle totalement acquise à la cause de son champion, galvanisé par les encouragements de ses tifosis, Luca Rigoldi continuait de tenter de saper Hugo Legros au corps avec ses nombreux crochets des deux mains. Le Français ne semblait pas éprouvé par ce traitement de choc et il parvenait toujours à contrer, avec son crochet gauche et même parfois sa droite.

Précision avec des coups sporadiques du coté tricolore et attaque à outrance sous tous les angles pour l'Italien, ce dernier dominait les débats même s'il devait s'employer durement pour vaincre Hugo Legros.

Au 9eme round, Hugo Legros était piqué en bas et était contraint de s'accrocher, Luca Rigoldi enchainait alors avec un uppercut au menton puis avec ses crochets des deux mains à la face. Le Français était au bord de la rupture et il s'accrochait avant que l'arbitre ne stoppe judicieusement le combat.

Les renouvellements des licences de Boxe Professionnelle sont en cours.

· MEDICAL

Au regard des documents adressés au médecin, nous vous rappelons, que l’intégralité des examens doit être envoyée à l’adresse mail suivante : medical@ff-boxe.com

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LES DOSSIERS INCOMPLETS NE SERONT PAS TRAITÉS.

Tout courrier arrivant à la Fédération sera automatiquement renvoyé à l’expéditeur.

· ADMINISTRATIF

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Le règlement se fait uniquement par virement bancaire.

Le montant de la licence groupe « ELITES » : 270€

Le montant de licence groupoe « ELITES FEMININ » : 210€

Le montant de la licence groupe « ESPOIRS » : 150€ {maximum 5 combats pro}. Le montant de la validation de contrat : 80€

« Pas de photo, mais uniquement des documents au format PDF. »

LES DOSSIERS INCOMPLETS NE SERONT PAS TRAITÉS.

LES DENANDES D’ORGANISATION

Elles sont adressées au Comité Régional 30 jours avant la date de la réunion puis acheminées à la Fédération 20 jours avant la date du gala.

Les plateaux doivent être complets et les boxeurs licenciés.

Au-delà des 72 heures précédant l’organisation, aucun changement ne sera pris en compte.

Plus aucune dérogation ne sera accordée.

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