A 31 ans, le sociétaire du Ring de Massy (24 v, 2 d) s’apprête à affronter, ce samedi, à domicile, le champion d’Europe des moyens, l’Italien Matteo Signani (31 v, 3 n, 5 d). Le plus grand défi de sa déjà belle carrière. Un challenge aux allures de stop ou encore.
Depuis son championnat WBA Gold des super-welters, catégorie qui n’est pas vraiment la sienne, perdu face à Michel Soro, en juillet 2019, Ladoune n’est remonté sur un ring qu’en juin dernier pour vaincre, par KO (6e), le modeste Ukrainien Maksym Onyshchenko. Entre les deux, l’épidémie de Covid-19, bien sûr, mais aussi une nouvelle blessure à l’épaule droite qu’il a fallu prendre le temps de soigner. Le voilà challenger européen, non pas désigné d’office mais volontaire. C’est, en effet, lui qui a expressément demandé à son Président de club, Mouloud Bouziane, et à son promoteur, Gérard Teysseron, d’intercéder en sa faveur pour avoir une chance continentale. Il ne s’agit pas d’une bravade à la cantonade mais d’un projet savamment mûri. Le Français sait à quoi s’en tenir, lui qui a vu l’Azzuro conserver son titre avec panache, en dominant prestement et avant la limite (KO 2e) Maxime Beaussire, à Caen, en octobre 2020.
Une performance qui n’a pas de quoi l’effrayer. « Matteo Signani est un bon boxeur qui a de l’expérience et qui délivre des coups lourds. S’il est trois fois champion d’Europe, ce n’est pas par hasard. Mais il est très classique et pas vraiment compliqué à boxer. Si je réponds présent et que je suis à 100 %, cela ne devrait pas faire long feu, sourit l’intéressé. L’idée, c’est de miser sur ma puissance et ma technique pour imposer l’épreuve de force. Normalement, je suis supérieur à lui et je ne crains rien de sa part. »
Anderson Prestot sait néanmoins qu’il joue gros. Pour cela, il a mis tous les atouts de son côté en effectuant une préparation de spartiate. De son propre aveu, il s’est entraîné « très, très dur ». Les noms de ses prestigieux sparring-partners en attestent : Diego Natchoo, Bilel Jkitou, Franck Zimmer ou encore, Sampras Toutin. Le tout sous la houlette de son nouveau coach, Joseph Germain, auprès de qui il assure avoir retrouvé la motivation et avoir appris « à ne pas prendre de coups, à être plus réactif et à construire davantage au lieu de chercher systématiquement à faire mal ». Résultat, le boxeur gitan a de bonnes sensations, a retrouvé tous ses repères et se « sent bien ». Il a, en outre, fait facilement le poids. Bref, « tous les feux sont au vert ».
Il faudra au moins cela car en cas de défaite, l’Essonnien d’adoption a déjà annoncé qu’il raccrocherait. Non pas par désamour programmé du noble art mais parce qu’il sait pertinemment qu’en tant que trentenaire, il ne retrouvera plus une telle opportunité de sitôt et qu’il ne se voit pas courir le cacheton en disputant çà et là des combats sans enjeu sportif notoire. En revanche, il se verrait bien se parer de la ceinture EBU, la défendre victorieusement et disputer un championnat du monde.

Vendredi à Dubaï, Estelle Mossely (9 v) défendra son titre IBO des poids légers face à l'Argentine Yanina Del Carmen Lescano (10 v, 1 d). La championne Française, qui n'a pas combattu depuis un an, revient aux affaires avec de grosses ambitions qu'elle dévoile lors d'un entretien exclusif accordé au site de la FF Boxe.
Depuis quand préparez vous ce combat ?
J’ai repris en septembre, mais je ne savais pas encore vers quel combat j’allais me diriger. J’ai su en janvier que je boxerais à la mi-mars, donc on a accentué la préparation sur ce combat. Je me prépare à Paris et à Lyon avec Kamel Hasni du Boxing Lyon United, j’ai fait venir Miriam Gutierrez, ex championne d’Europe, qui a boxé Katie Taylor et Amanda Serrano. Sur la fin de la préparation, on a eu deux semaines de sparring à Lyon, les mises de gants avec Miriam ont été la grosse phase de cette quinzaine. Les autres fois où j’ai mis les gants, c’était face à des hommes.
L’inactivité ne risque-t-elle pas de vous être préjudiciable ?
Cela aurait pu poser problème mais on s’est réellement bien entrainé, j’ai démarré depuis longtemps, je n’ai pas attendu la date de ce combat. J’avais un challenge qui m’attendait puisque j’avais pris la décision de refaire les JO en 2024, on travaille depuis septembre, j’ai beaucoup d’entrainement derrière moi, un gros foncier a été effectué. Cette préparation a été tellement complète qu’au final, je suis dans de bonnes dispositions pour ce combat, je ne pense pas que cela me pénalisera de ne pas avoir boxé depuis un an.

Vos combats contre Aurèlie Froment et Emma Gongora, après votre dernière coupure, avaient été compliqués…
J’avais accouché depuis quatre mois (rires). J’avais fait le choix de redémarrer vite, en temps normal, ce n’est pas recommandé de reprendre si tôt mais j’avais de gros objectifs derrière. Entre la recherche de réunification de ceintures mondiales et les jeux, on va dire qu’en terme de timing, j’ai des dates limites à respecter. Je ne peux pas me permettre de prendre trop de temps de repos, j’ai des attentes en professionnelles et après on s’approche trop des jeux. Un an avant les JO, je vais arrêter les pros pour me préparer pour Paris. J’ai repris rapidement pour toutes ces raisons, ce ne fut pas forcément mes meilleurs combats mais je sais qu’aujourd’hui, je suis dans de très bonnes conditions physiques, seulement dix-huit mois après ma seconde grossesse. Il a fallu que je rattrape le retard, par rapport aux grandes adversaires que j’ai en face et qui elles, n’ont pas eu de pauses.
Que connaissez-vous de Yanina Del Carmen Lescano ?
Elle est plus grande que moi, assez longiligne. Contrairement à beaucoup de filles d’Amérique latine, qui ont tendance à rentrer et venir au corps, elle travaille à distance. C’est un profil intéressant pour moi car j’aime bien boxer ce style de fille. Je pense que ce sera un combat propre. On a bien analysé les choses, elle a des qualités et aussi des défauts donc on a axé la préparation en fonction de tout cela, pour être au-dessus d’elle.
Comment êtes-vous arrivée chez Probellum ?
J’ai signé chez aux par l’intermédiaire de Richard Schaefer, qui dirige cette société de promotion qui a une grosse cadence d’organisation dans tous les pays du monde avec l’ambition de devenir un acteur majeur de la boxe mondiale. Ils veulent se faire connaitre dans le monde entier et organiser des rencontres là où il n’y en a pas souvent. Vendredi, cela sera la première fois qu’une femme disputera un titre mondial au Moyen Orient. Probellum a conclu un accord avec Discovery Sports et mon combat sera diffusé en direct sur Eurosport, d’ailleurs le contrat démarre avec cette réunion de Dubaï.

Où vous serez tête d’affiche…
Oui, Richard (Schaefer) croit beaucoup en moi, il souhaite vraiment me placer en n°1 mondiale, il voit mes qualités pugilistiques. C’est aussi ce qui me fait plaisir, car depuis le début de notre collaboration, il me prouve qu’il mise sur moi. Il va tout faire pour m’amener vers cette chance mondiale et une réunification des ceintures.
Boxerez-vous à nouveau en France ?
C’est une possibilité, peut être en fin d’année. C’est quelque chose que nous évoquons d’organiser un gros combat en France.
Quel est votre pronostic du combat entre Katie Taylor et Amanda Serrano ?
Je penche pour Taylor, Miriam qui a rencontré les deux, voit plutôt Serrano qui frappe très fort. Katie Taylor est une boxeuse très intelligente dans la manière de gérer sa carrière et ses combats et la connaissant, je pense qu’elle gagnera le combat, même si cela sera serré. Je pense qu’elle trouvera la solution, entre une boxeuse qui frappe et une autre qui est plus smart, j’ai tendance à pencher pour la seconde. Katie Taylor est très forte, rapide et technique. C’est un pronostic difficile, on peut s’attendre à voir un combat serré, intense et peut être avec des retournements de situation dus au punch d’Amanda Serrano.
Vous êtes n° 3 mondiale WBC/IBF/WBA derrière ces deux championnes, et tenante IBO, vous devriez donc être légitimement la prochaine à défier la gagnante pour le titre mondial réunifié…
On se positionne bien sûr pour prendre la vainqueur de ce championnat du monde, c’est mon objectif. C’est une discussion que nous avons avec Richard mais aussi avec les entraineurs pour faire ce combat au bon moment. On ne veut pas de défaite au palmarès, on veut être à la hauteur d’un tel combat, nous prendrons le temps nécessaire pour être dans les meilleures dispositions. Je pense qu’il est important de faire des grands combats avant de prendre un championnat du monde comme celui-là.
Peut-on évoquer Paris 2024 ?
Cela fait partie de mes objectifs, professionnel et olympique. C’est pour cela que tout est hyper cadré dans notre logique de programmation des futurs combats. Je risque de participer aux championnats du monde amateur, en vue des JO. Je n’aurais pas de vacances après le combat de vendredi, on va immédiatement basculer sur le format de 3X3. C’est une gestion physique d’entrainement très particulière. L’envie est vraiment là pour devenir la meilleure boxeuse au monde, le challenge est gros mais on pense que c’est possible. Les choses n’arrivent pas par hasard, j’ai trouvé la bonne équipe qui me correspond et qui prend ce double objectif très au sérieux. La signature avec Richard Scheafer est survenue au bon moment, tout cela me met dans de bonnes conditions mentales pour les grandes échéances qui arrivent.
Si les JO s’étaient déroulés ailleurs qu’à Paris, auriez-vous eu la même démarche ?
C’aurait été différent. J’ai pris le temps le temps pour me décider mais ce que qui m’a fait basculer, c’est que ce soit en France, cette chance ne se représentera pas, c’est une manière de ne rien regretter plus tard.
Le 15 mars, Hugo Grau (-67 kg) n’a guère peiné pour dominer avant la limite le frustre Kosovar Shpetim Bujoku, en huitième de finale de l’Euro -22 ans tandis que Makan Traoré (-71 kg) s’est incliné avec les honneurs (5-0), en huitième de finale, contre l’épouvantail de la catégorie, l’Ukrainien Yuni Zakharieiev.
Hugo Grau avait affaire à un profil d’adversaire qu’il connaît sur le bout de gants : plus petit que lui, désordonné et brouillon dans ses initiatives, en décousant en donnant plus ou moins involontairement des coups de casque, le tout sans jamais chercher à construire. Une absence de préparation et une propension à négliger les moyens de défense qui le rendaient dangereux dans l’engagement.
Dans ces conditions, le Vendéen démarrait les hostilités de la meilleure des manières : en étant bien présent au centre du carré magique et en contrôlant son rival avec son bras avant, tantôt en directs, tantôt en jabs, avant de le stopper net dans ses velléités avec son bras arrière. Cerise sur le gâteau, le Tricolore n’omettait pas de désaxer en sortie d’échanges pour ne pas se faire toucher. La suite était, hélas, un peu moins limpide. Le champion de France se laissait, en effet, un peu plus accrocher et s’exposait davantage aux charges tête en avant de son contradicteur. Il n’empêche, il creusait l’écart mais avait le tort de ne pas reprendre suffisamment ses distances. Résultat : le front du Kosovar heurtait violemment la pommette gauche d’Hugo Grau qui en était quitte pour un petit hématome.
Après avoir écopé, dans la reprise initiale, d’un avertissement à force de frapper la main ouverte, Shpetim Bujoku s’en voyait infliger un second pour un motif identique dans le troisième. Ce qui faisait littéralement disjoncter… son entraîneur qui jetait la serviette, conscient que son protégé était de toute façon surclassé par le Tricolore. Lequel effectuait une entrée en matière plutôt maîtrisée qui augurait une suite des opérations continentales prometteuse.
Face à un opposant de haut vol, Yuni Zakharieiev, champion du monde en titre, porté sur l’offensive mais de manière assez réfléchie, sans se jeter à tout bout de champ, Makan Traoré a livré une prestation de bonne facture en tirant le double parti de son allonge et de sa puissance sans rester en face pour ne pas être facile à cadrer. Même si les débats ont tourné en sa défaveur tout au long des trois rounds, ils se sont avérés des plus serrés. Le Charentais a eu le mérite d’appliquer fidèlement les consignes. Il n’a, certes, jamais été débordé mais a, malheureusement, eu le tort de parfois trop reculer, surtout en début de match, ce qui a contribué à donner plus de visibilité aux assauts de l’Ukrainien. Ce dernier a, en outre, su inscrire des touches nettes qui ont marqué les esprits des juges.
« Tout comme Hugo, Makan a réalisé une belle performance même s’il a peut-être un peu trop respecté Yuni Zakharieiev. Il n’était pas loin de le battre et il sait qu’il en est capable. Ceci étant, lui et Hugo ont été à la hauteur et tenu leur rang », apprécie l’entraîneur national Julien de Santa Barbara.
Le 14 mars, le Troyen s’est incliné logiquement (5-0) devant l’Italien Alfred Commey Cromwell en seizièmes de finale des championnats d’Europe -22 ans, à Porec. Il n’est jamais parvenu à prendre la mesure de son rival. Une cruelle désillusion.
Le Français avait déjà affronté l’Azzuri en finale d’un tournoi international en Bosnie. Il s’était incliné mais s’était adjugé le troisième round alors qu’il était émoussé physiquement. Cette fois, alors qu’il était dans la plénitude de ses moyens et qu’il avait suivi une préparation optimale, le staff pensait bien qu’il serait en capacité de faire la différence et de prendre sa revanche.
Bien que très déterminé à l’heure de monter sur le ring, l’Aubois a failli. « Au lieu d’être à l’initiative dans les déplacements, de décider du début des actions et de ne pas rester dans l’axe, Raphaël a laissé l’Italien prendre la main, déplore l’entraîneur national Julien De Santa Barbara. Il aurait dû davantage provoquer pour le faire déclencher dans le vide et revenir derrière. Il s’est trop jeté dans la gueule du loup en frappant sans être à sa distance. Non seulement, il ne touchait pas forcément en première intention mais il se faisait ensuite contrer. Tout ce qu’il ne fallait pas faire dans la mesure où Alfred Commey Cromwell était très mobile et réactif. Il délivrait des coups larges mais explosifs. Alors que Raphaël était appliqué et essayait de mettre en place les enchaînements que nous avions travaillés, l’Italien, lui, analysait la situation et exploitait la moindre ouverture. C’est lui qui a été le plus précis. »
Ne trouvant pas la solution, le Français proposait une boxe de plus en plus décousue au fil des minutes. Il eut beau donner tout ce qu’il lui restait en magasin dans le troisième round, au risque de trop s’exposer, il avait laissé passer sa chance et n’était plus en mesure de refaire son retard. « Il lui a manqué du timing et il n’a pas réussi à préserver l’avantage acquis sur ses quelques bonnes attaques », résume Julien De Santa Barbara.
« C’est clairement une déception. Même si l’adversaire n’était pas facile, Raphaël n’a pas su se mettre au niveau pour battre quelqu’un qu’il pouvait battre. Il faut qu’il apprenne à ne pas subir et à s’imposer. C‘est dans la tête que ça se joue », suggère l’entraîneur national qui rappelle que lors de sa précédente participation à cette compétition, Raphaël Monny avait échoué en quart de finale, au pied du podium, et qu’en Croatie, il était en lice pour une médaille. Raté.
De nombreux galas avec des combats professionnels au programme se sont tenus ce week-end dans l'hexagone. Retrouvez l'ensemble des résultats détaillés dans l'article ci-dessous.
Sirak Hakobyan (25 v, 5 d, 1 n) a battu Mahmoud Taha (10 v, 9 d, 3 n) par arrêt de l’arbitre à la 5eme reprise d’un combat prévu en six dans la catégorie des poids super-welters.
Sirak Hakobyan s’est montré offensif dès le premier round en procédant par des combinaisons crochet gauche, crochet droit. Mahmoud Taha a subi à la reprise suivante avant de placer par deux fois sa longue droite à la face. Lors des trois minutes suivantes, le marseillais fut contraint de s’accrocher face à la fougue de son rival, c’est toutefois lui qui termina le plus fort ce round en touchant Sirak Hakobyan avec son direct du bras avant. Les deux boxeurs ne se sont pas ménagés, les droites de Mahmoud Taha répondant aux crochets gauches de Sirak Hakobyan.
Au 5eme round « Scud» Hakobyan a placé plusieurs fois son crochet gauche à la face, la 3eme frappe fit tanguer sur ses jambes Mahmoud Taha, le Haut Garonnais n’a plus lâché plus son adversaire, qui acculé le dos aux cordes, a reçu une série de coups des deux mains qui ont incité l’arbitre à arrêter le combat.
En poids légers, Meryl Vegas (22 v, 5 d) s’est imposé aux points (58-56 ; 58-56 ; 59-55) devant Romain Couture (10 v, 5 d, 1 n).
En super-welters, Jonathan Bouillot (1 v) s’est imposé aux points (39-36 ; 40-35 ; 40-35) dans un duel de débutants dans les rangs professionnels l’opposant à Kevin Jamois (1 d).
Le poids lourd-légers Leonardo Mosquea (8 v) a conservé son invincibilité de belle manière en battant par arrêt de l’arbitre au 1er round, l’expérimenté Blanchard Kalembay (4 v, 16 d, 2 n). A noter que cette victoire express du Français est la 5eme avant la limite en huit combats pros.
En poids mi-lourds, Keanu Klose (4 v) a battu aux points (58-55) le vétéran Martin Owono (8 v, 37 d, 4 n).
En poids moyens, Malik Arbi (3 v) s’est imposé aux points (59-55) face à l’expérimenté Raphael Bocquet (3 v, 38 d, 1 n).

Il y avait un autre combat pro en sous carte du magnifique championnat de France des poids légers, qui opposait le néophyte Clément Casanova (1 n) à Tristan Bernard (1 v, 1 n, 1 d). Les deux poids welters se sont séparés sur un match nul.
A noter que le jeune Enzo Blanc qui devait combattre a été contraint au forfait, son adversaire ne s’étant pas déplacé.
Trois combats d’encadrement du championnat de France des super-moyens étaient présentés.
En poids welter, Mohamed Kani (20 v, 3 d) a battu aux points Houcine Moulahi (3 v, 9 d, 1 n).
L'ex champion de France et de l'Union Européenne des poids welter a effectué six rounds pleins face à un boxeur physique au style offensif. Houcine Moulahi a constamment marché sur Mohamed Kani sans parvenir à le fixer pour pouvoir l'ajuster avec ses lourds crochets des deux mains. En misant sur son coup d'œil et sa mobilité, le Montpelliérain a contenu son adversaire avec son bras avant et son uppercut du bras arrière. Mohamed Kani a connu une petite alerte au 5eme round quand il se fit surprendre en sortie par un large crochet droit de Houcine Moulahi.
En poids plume, Said Chakeur (1 v, 2 d) a battu Jean Noël Alvarez (7 v, 46 d, 2 n) par arrêt de l'arbitre à la 4eme reprise.
Saïd Chakeur a ouvert son compteur de victoires en se montrant actif et déterminé. Il a constamment mis la pression à son expérimenté rival en délivrant des coups corps face. Jean Noel Alvarez est un diésel qui trouve son rythme au bout de quelques rounds, à la 3eme reprise il a touché son opposant à la face avec son direct du droit puis avec son crochet droit. Saïd Chakeur a répliqué avec des crochets au corps. Au 4eme round, le boxeur local a repris son travail de sape en bas et Jean Noel Alvarez fut contraint de poser un genou au sol après avoir encaissé un nouveau coup au foie. Le boxeur de Jean Patrick Lemaître fut dans l'incapacité de reprendre le combat.
En poids moyens, Mehdi Kada (1 v) a battu Yohan Menane (1 d) par arrêt de l'arbitre au 4eme et dernier round.
Mehdi Kada a largement dominé ce combat entre deux boxeurs venant de la boxe pieds-poings. Son adversaire a monté une grosse résistance mais il a encaissé beaucoup de coups à la face. A la 4eme reprise, Yohan Menane qui avait déjà été fortement éprouvé, est allé au tapis suite à une droite au visage. Compté et relancé au combat, il ne put pas esquiver trois uppercuts et deux droites qui incitèrent l'arbitre à le stopper à 30 secondes du coup de gong final.
En poids moyens, Mbemba Miesi (8 v, 5 d, 2 n) et Melvudyn Suleymani (8 v, 15 d, 5 n) ont fait match nul (57-57).
En poids mouche, Youness Khater (2 v, 1 d) s’est incliné aux points (39-37) face Anthony Fevrat Rollet (1 v) qui effectuait ses débuts professionnels.
L'invaincu poids mi-lourds, Pierre Hubert Dibombé (21 v, 1 n) qui s'est engagé avec le promoteur canadien Lee Baxter, n'a pas raté ses débuts de l'autre coté de l'Atlantique en battant par arrêt de l'arbitre au 5eme round le Bosniaque Sladan Janjanin (31 v, 10 d). Le Français, qui a souffert d'une blessure au bras gauche, a peu à peu sapé la résistance du courageux Bosniaque avant de le faire compter à la 5eme reprise suite à une série de coups. Pierre Hubert Dibombé a fait forte impression auprès des 3000 spectateurs présents au complexe Rebel de Toronto.
Le poids mi-lourds Ferdy Zongo (1 v) a mis KO au 1er round le Serbe Milos Pavicevic (2 d, 20 d, 2 n). Le Français a touché son adversaire au foie avec un court uppercut, le Serbe a été dans l'incapacité de reprendre le combat.
L’ex championne de France des super-légers, Elsa Hemat (4 v, 5 d, 2 n) a battu par TKO à la 5eme reprise la Serbe Aleksandra Ivanovic (0 v, 8 d, 1 n). Aleksandra Ivanovic a été comptée aux 1er et 3 eme round. Ensuite, elle est durement touchée au corps à la 5eme reprise et l’arbitre l’a arrêtée.
En poids mi-lourds, Benjamin Mendes Tani (1 v) a nettement battu aux points (40-36; 39-37; 39-37) l'expérimenté Fabrice Lewis Menayame (2 v, 3 d, 1 n) . Benjamin Mendes Tani, qui est licencié à Seyne-Sur-Mer sous la houlette de Mounir Riahy, s'entraine à Evreux où il travaille. Le jeune néo-professionnel pourrait remonter sur le ring en Normandie au printemps.
Le 13 mars, le Charentais (-71 kg) a battu aux points (3-2) le Turc Alperen TerziI en seizième de finale des championnats d’Europe -22 ans. Il était le premier Tricolore à entrer en scène.
Le sociétaire du Royan océan club boxe dispute, à Porec, le premier grand championnat international de sa carrière. Une découverte aux allures d’initiation au haut niveau international qui explique sans doute son entrée en matière timorée face au fausse garde turc, du genre mobile et enclin à en découdre les mains basses en délivrant des coups larges mais pas en séries. « Makan a entamé timidement le premier round, confirme l’entraîneur national, Julien De Santa Barbara. Il ne s’est pas livré. Il ne donnait que son bras avant, de surcroît de manière intermittente. Pourtant, la tactique était claire : avancer, passer le bras arrière, finir en crochet, voire contrer en uppercut. Le tout en exploitant son allonge supérieure. Or, Makan laissait trop venir le Turc, lequel ne débitait pas énormément mais prenait confiance. C’était lui qui faisait un peu plus le match. Nous étions donc logiquement menés à la fin du premier round. »
Ce qui, on le sait, n’est jamais de bon augure en boxe olympique. Heureusement, le Français a eu l’immense mérite de se ressaisir à temps. « Dans la seconde reprise, Makan s’est lâché un peu plus pour revenir dans le combat, raconte l’entraîneur national. Il n’a quasiment plus reculé et prenait l’initiative le premier. Si bien que les touches les plus nettes étaient à mettre à son actif. Enfin, dans la troisième, il a pleinement appliqué les consignes au point d’ébranler plusieurs fois son adversaire quand bien même ce dernier n’a pas été compté. »
Un ascendant entériné sur le fil par les juges, ce qui augure une suite sous de meilleurs auspices. « Maintenant, Makan va se libérer et passer à la vitesse supérieure, prédit Julien De Santa Barbara. C’est quelqu’un qui frappe, qui travaille en ligne et qui est agréable à regarder boxer. Dans un premier temps, on lui demande de faire des choses simples pour être efficace sur le ring. Il prendra son envol lorsqu’il aura confiance en ses capacités. Toute l’équipe était là pour le soutenir et est déterminée à l’imiter en passant le premier tour. »

A trente printemps et après quasiment quatre ans loin des rings, le Bombardier catalan (19 v, 2 n) s’est emparé du titre national professionnel des super-moyens. Pour cela, il a dominé, par arrêt sur blessure (6e), le courageux Baptiste Castegnaro (11 v, 21 d), le 12 mars, à Toulouges. Il revient de loin.
Le Pyrénéen ne s’en cachait pas au micro de Fight Nation : il a été victime d’un burn out, pugilistique et autre, qui l’a incité à repenser sa vie en quête de spiritualité : « J’ai eu envie de reprendre la boxe non pas pour moi mais parce que j’avais un devoir envers le Seigneur. Je cherche des réponses que je n’ai pas trouvées à l’extérieur et que j’essaye de trouver à travers la boxe. Pour moi, la boxe est devenue un sport et non plus de la bagarre. Je suis apaisé dans ma tête. C’est un renouveau pour moi. »
Restait à en faire étalage dans le carré magique. Le premier round de ce championnat de France était une indication de ce qu’allait être la suite de la confrontation. Baptiste Castegnaro se méfiait de la frappe dévastatrice du Catalan et déclenchait souvent d’un peu trop loin, à force de veiller à ne pas trop s’approcher de ce dernier. Mais dès la deuxième reprise, il était profondément ouvert à l’arcade sourcilière gauche. De fait, les coups de Mickaël Diallo faisaient mal. Heureusement, ils étaient, somme toute, assez sporadiques, car à l’évidence, il lui fallait encore trouver pleinement ses repères afin que ses initiatives gagnent en fluidité et en constance. Se sachant handicapé par le sang qui coulait et le risque d’être arrêté prématurément, le visiteur se montrait extrêmement volontaire et remisait autant qu’il le pouvait. En revanche, il était un peu désordonné techniquement et, surtout, reculait en ligne au lieu de désaxer, ce qui eut compliqué la tâche de son rival en étant plus difficile à cadrer.

Plus facile à écrire qu’à faire d’autant que le sociétaire du BC Thuir prenait un ascendant croisant au fil des minutes en réglant de mieux en mieux la mire. A compter du quatrième opus, ses enchaînements commençaient à faire mouche et donnaient à voir les capacités d’encaisseur très au-dessus de la moyenne de son adversaire. Mais, à force de subir, Baptiste Castegnaro était de moins en moins coordonné sur ses appuis ainsi que dans ses moyens de défense. Sa blessure à l’œil s’aggravant, le médecin prônait la fin de la confrontation que l’arbitre actait dans le sixième épisode.
Le Perpignanais avait, pour autant, le triomphe modeste, toujours au micro de Fight Nation : « Je suis désolé car pour moi, j’ai fait un combat qui n’était pas honorable. J’ai trop cherché à détruire et à boxer en force. Baptise est un très bon boxeur, résistant. Merci à lui d’avoir accepté de m’affronter alors que tout le monde s’était défilé. Je reviens de plusieurs années d’inactivité. Cela s’est senti, surtout dans les premiers rounds. J’aurais pu faire mieux. Mais je suis content car j’ai la ceinture. J’ai retrouvé le plaisir de boxer. Maintenant, il me faut plus de combats, de sparrings et d’entraînement. Pourquoi ne pas défendre ma ceinture ou m’attaquer à l’Europe ? Je ne veux pas trop m’avancer. »
Le PDG du réseau d’agences immobilières Century 21 est décédé le 11 mars, foudroyé par une crise cardiaque, dans la fleur de l’âge, à 61 ans, C’était un passionné de sport, en particulier de boxe qu’il contribuait à épauler financièrement.
Dans une autre vie, avant d’entamer sa fulgurante carrière au sein du groupe Century 21 dont il avait pris la tête en 2009 après avoir gravi tous les échelons en interne, Laurent Vimont avait été maître-nageur à la piscine de Melun en compagnie d’un certain Philippe Lucas, futur entraîneur de Laure Manaudou.
Ce dirigeant de haut vol, infiniment et authentiquement respecté par ses troupes, était un self made man, lui qui, avec son sens de l’humour et de l’autodérision, se présentait comme « bac moins deux ». Dans un tweet, il avait, un jour, commenté, à propos des séances d’Éducation physique et sportive (EPS) au cours de sa scolarité : « Les seuls cours où j’avais de bonnes notes. »
En août dernier, dans les colonnes de L’Opinion, il avait surtout déclamé son amour pour le noble art : « Je suis un passionné de boxe. J’ai découvert ce sport exigeant sur le tard, à cinquante ans, et je le pratique depuis assidûment. J’adore ce sport parce qu’on ne peut pas tricher. On doit être engagé à 200 % quand on le pratique, physiquement, bien sûr, mais mentalement aussi. Il m’est arrivé de venir en aide à des boxeuses qui, faute de moyens, ne pouvaient pas s’entraîner sereinement. C’est ainsi que Century 21 a apporté son soutien à Rima Ayadi qui a failli tout arrêter durant le confinement, faute de moyens. On ne se rend pas compte à quel point les sportifs français ont souffert pendant cette crise sanitaire ! »
Au point que Laurent Vimont avait lancé la Maison des champions pour aider de manière concrète de jeunes athlètes de diverses disciplines en vue des Jeux olympiques de 2024. Parmi eux, deux pugilistes, la sociétaire du BAM L’Héritage, Rima Ayadi, donc, mais également le récent finaliste des CFA amateurs seniors en super-lourds, le Massicois Maxime Vaz. Cette structure avait, au demeurant, vocation à faire des émules « parce qu’à l’été 2024, Paris accueillera plus de deux cents pays à l’occasion du plus prestigieux des évènements sportifs. Parce que les athlètes qui nous feront vibrer demain ont besoin de notre soutien aujourd’hui pour mieux se préparer et pouvoir briller. (…) Nous invitons les entreprises à s’engager en tant que mécènes auprès des sportifs français et à nous rejoindre. », écrivait Century 21 dans le communiqué de lancement du dispositif.

Pour rester fidèle à l’homme d’action qu’il était, Laurent Vimont avait joint les gestes à la parole. Il avait en effet fait installer un ring au siège de Century 21 et s'y entraînait régulièrement depuis plusieurs années. Il prenait notamment des cours sous la houlette d’Alexandre Tadjer, ancien membre de l’équipe de France amateur. L’entreprise qu’il dirigeait avec une compétence et une humanité reconnues était, en outre, devenue partenaire de la FF Boxe et avait contribué, par son concours, à la parfaite tenue des derniers CFA seniors. De même, n’était-il pas rare que le logo de Century 21 figure sur le tapis de ring de galas professionnels d’envergure.
La formule consacrée veut que l’on écrive que la discipline a perdu là l’un de ses plus fervents défenseurs. En l’espèce, le propos est d’une sincérité totale qui n’a d’égales que les condoléances que la Fédération et son Président, Dominique Nato, présentent à la famille et aux proches de Laurent Vimont.
Sabri Sediri (14 v, 2 d, 1 n) est devenu champion de France des poids légers hier soir à Lattes en battant aux points (96-93, 95-94 et 96-94) Sylvain Chapelle (17 v, 31 d, 2 n) après un combat d’une rare intensité.
Pas de round d’observation, Sylvain Chapelle a démarré sur les chapeaux de roue en se ruant à l’attaque avec de rapides séries de crochets des deux mains à la face. Sabri Sediri a paru surpris par cette entrée en la matière de son co challenger avant de répliquer et les deux hommes ont commencé à échanger coups pour coups. Sylvain Chapelle montrait qu’il était déterminé à conquérir enfin un titre national pour lequel il a échoué à cinq reprises, même s’il lui fallait pour cela prendre tous les risques devant un gros frappeur tel que Sabri Sediri.
Les reprises se sont succédés à un un rythme effréné avec un énorme débit de coups de part et d’autre. Rarement une frappe isolée mais des séries de crochets à tour de rôle. C’était à celui qui allait faire céder l’autre, la puissance pour le Picard et l’intensité pour le montpelliérain. Sabri Sediri était lui aussi déterminé à effacer un cruel revers subi face à Jaouad Belmehdi, pour cette même ceinture nationale, qui l’avait plongé dans la dépression, il décrochait de durs crochets au corps de son rival à la garde haute. Dans sa précipitation, il délivrait un coup bas qui contraignait l’arbitre à octroyer une trentaine de secondes de récupération à un Sylvain Chapelle dont la réputation de dur au mal n’est plus à faire. L’élève de Bouziane Oudji écopait d’un avertissement dans ce 4eme round pour un nouveau coup bas.

Le combat était propre malgré une intensité de tous les instants, les débats demeuraient équilibrés, le protégé de Daniel Barry ne se désunissait pas malgré quelques droites encaissées à la face et il répliquait toujours en séries de 5/6 coups, comme pour montrer qu’il ne cédait rien face à la puissance adverse.
A la 7eme reprise, Sylvain Chapelle, semblait chercher un second souffle, il était acculé le long des cordes, bien protégé derrière ses gants, il subissait quelque peu la pression de Sabri Sediri. Le montpelliérain livrait un magnifique 9eme round au cours duquel, il touchait son rival avant d’esquiver par des mouvements du buste les remises de Sabri Sediri. Sylvain Chapelle regagnait son coin les bras levés, convaincu d’avoir rempli son contrat. Les deux hommes ne lâchaient rien dans l’ultime reprise. Les reprises avaient étaient disputées, équilibrées et si chacun des deux camps était persuadé de l’avoir emporté, l’indécision régnait avant que les juges ne rendent leur verdict de ce magnifique championnat de France.
Du 3 au 5 mars derniers, avait lieu, à Nancy, le premier stage de détection mis en place par la Direction technique nationale (DTN) afin de sélectionner les pensionnaires du futur pôle France féminin. Ce dernier doit ouvrir ses portes en septembre prochain, au Creps lorrain.
Les conditions pour être autorisée à participer à ce rassemblement n’étaient pas drastiques, de l’aveu même de Stéphane Cottalorda, entraîneur national en charge de la filière féminine qui était, pour la circonstance, épaulé par deux autres entraîneurs nationaux, Elias Friha et Pierre Cougoulic. « Nous n’avons délibérément pas été trop exigeants en ce qui concerne les critères, confirme-t-il. Le but était de ne pas être restrictif afin de pouvoir superviser un nombre conséquent d’athlètes et d’éviter que certaines qui ont du potentiel passent entre les mailles du filet. Nous avons surtout privilégié un public assez jeune et qui avait un minimum d’expérience de la pratique compétitive, que ce soit en BEA et/ou en boxe amateur. » Sachant qu’au bout de deux ans de crise épidémique, il était difficile d’exiger que les candidates arborent un palmarès fourni faute d’avoir eu de nombreuses occasions de monter sur le ring.
Onze demoiselles avaient toutefois fait le voyage jusqu’au Creps. « Le niveau était assez hétérogène mais nous avons eu quelques bonnes surprises, se félicite Stéphane Cottalorda. Malgré le contexte sanitaire, nous avons vu des boxeuses dotées de capacités technico-tactiques appréciables en dépit de leur expérience limitée. Ce qui atteste de la qualité de la formation dispensée par les clubs. L’évaluation a surtout porté sur la coordination générale et spécifique mais a également été effectuée sur la base d’exercices à thème et de situations d’opposition libre. Certaines ont fait montre de réelles prédispositions et, ce qui est important, ont réussi à assimiler des choses au point d’avoir progressé au fil des jours. »
S’il n’y a pas eu de débriefing individuel dans la mesure où aucune décision définitive n’a été prise, les coachs ont, en revanche, délivré de précieux conseils sur les axes de travail et les fondamentaux à privilégier dans les mois à venir. Par ailleurs, un deuxième regroupement de ce type est programmé fin avril. Il sera ouvert à toutes les pugilistes qui souhaiteront s’y joindre, y compris à celles qui étaient déjà présentes au premier. Tout comme la tenue du Critérium national cadettes et des championnats de France juniors, fin mars, début avril, il permettra au staff d’affiner sa perception des éléments qu’il a identifiés.
L’objectif est d’en sélectionner entre huit et dix pour intégrer, à la rentrée, le pôle France. Mais ce n’est là qu’un chiffre, l’essentiel étant, bien sûr, que les intéressées aient réellement les atouts pour espérer atteindre le haut niveau. « On ne recrutera pas pour recruter, prévient Stéphane Cottalorda. Et ce, d’autant que pour les filles en question, s’engager dans une telle voie n’est pas un choix de vie anodin. Il est indispensable qu’elles aient un réel double projet, sportif et scolaire. »
