Le 20 mars, la Française a, encore une fois, répondu présent pour dominer (4-1) la Finlandaise Vilma Viitanen en demi-finale des championnats d’Europe U22, à Porec.
La sociétaire du RO de Fosses entrait dans le combat avec à-propos. Mobile comme il convenait, elle laissait sciemment venir la Scandinave pour mieux la contrer. A son aise, elle optait parfois pour la stratégie inverse et avançait sciemment au point de bousculer et de faire reculer sa rivale avec des séries des deux mains. En revanche, dans la deuxième reprise, la Tricolore avait le tort de se placer un peu plus, pour ne pas dire trop, en situation défensive avec l’ambition d’endiguer les assauts de son opposante nettement plus entreprenante. Moins hermétique qu’elle ne l’aurait voulu, la Francilienne perdait le round. Heureusement, elle retrouvait ses esprits et sa lucidité dans l’ultime opus. Toute en maîtrise, elle utilisait à bon escient son bras avant pour contrôler la Finlandaise tout en désaxant histoire de mettre cette dernière dans le vent. De fait, Vilma Viitanen ne parvenait pas à trouver sa distance, frappait dans le vide et s’inclinait logiquement.
Voilà Sthélyne Grosy à une marche du Graal En finale, elle recevra la réplique de la Transalpine Biancamaria Tessari. « C’est une boxeuse qui ne va pas de l’avant mais qui a plutôt tendance à attendre et qui est, de surcroît, plus grande que Sthélyne, prévient l’entraîneur national Julien De Santa Barbara. Il ne faudra pas lui courir après sous peine de se faire accrocher en permanence. A elle d’être réactive en occupant le centre du ring pour se laisser de l’espace et pouvoir sortir facilement sur les côtés tout en provoquant pour forcer l’Italienne à déclencher la première et la prendre de vitesse. » Il n’y a plus qu’à.

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Le 19 mars, à Corbeil-Essonnes, le sociétaire du BC Rueil (4 v) a été brillant tout au long des dix rounds pour dominer largement aux points (98-92, 98-92, 98-92) Abderrazak Houya (14 v, 4 d) et se parer du titre national vacant des super-légers. A trente-trois ans, il a prouvé qu’il a plus que jamais un avenir.
Hassan Amzile entrait immédiatement dans le vif du sujet en misant sur ses qualités et d’abord, sur son intelligence tactique. Comme toujours doté d’une allonge nettement supérieure à celle de son rival, il délivrait à satiété son bras avant, en directs et en jabs. Parfois même, il s’offrait le luxe de les dédoubler pour, ensuite, enchaîner soit avec des droites plongeantes, soit des deux mains, parfois en martelant les flancs de son opposant. Très juste techniquement, il acceptait aussi la confrontation de près. Même dans cette configuration, ses longs segments ne le gênaient nullement pour faire mouche, en particulier avec des uppercuts d’école.
De son côté, Abderrazak Houya faisait la seule chose qu’il avait à faire : avancer en bon ordre, les mains bien hautes, pour casser la distance. Son coin lui demandait d’ailleurs de coller l’ancien membre de la Team solide pour initier un travail de sape. Plus facile à dire qu’à faire. En dépit de son évidente bonne volonté et de son entrain, le natif de Monastir était sans cesse repoussé et donc contraint de déclencher de trop loin pour être suffisamment impactant. Il peinait également à cadrer le Rueillois car ce dernier en décousait systématiquement sur les jambes, effectuant le pas de retrait ou de côté qui s’imposait à chaque offensive adverse. Sa faculté à désaxer, à frapper tout en étant en mouvement et à ne pas se laisser engluer dans des échanges brouillons lui permettait de conforter son avance méritée.
Dans la deuxième moitié du duel, ses combinaisons étaient d’une appréciable subtilité et viraient à la démonstration. Conscient de sa suprématie, l’élève de Gilles Procope avait la lucidité et l’humilité de ne pas verser dans le complexe de supériorité ni la facilité. Même si le mano a mano n’est pas pour lui déplaire, il ne s’y complaisait pas alors qu’Abderrazak Houya, admirable de courage et de détermination, ne rêvait que de le lui imposer en permanence.

La prestation toute en maîtrise d’Hassan Amzile était épatante alors qu’il ne s’agissait que de son quatrième combat pro. Elle séduisait d’ailleurs logiquement les juges qui consacraient sa victoire indiscutable. « Je me suis très bien senti, convenait-il au micro de Fight Nation. Nous avions fait une très bonne préparation. Physiquement, je n’étais pas inquiet. J’étais serein, à l’aise et prêt pour tous les scénarii mais je n’ai pas eu besoin de faire la guerre. J’ai déployé ma boxe en jouant avec mes atouts. Je n’ai plus de temps à perdre. Je vais peut-être remettre ma ceinture en jeu une fois et, après, passer à l’échelon supérieur. »
Mougit El Moutaouakil (17 v, 2 d, 1 n) a conservé son titre de champion de France des poids moyens en battant aux points (97-93 ; 97-93 ; 98-92) Franck Zimmer (11 v, 3 d) hier soir au palais des sports de Corbeil-Essonnes.
Mougit El Moutaouakil remettait en jeu sa ceinture, acquise en décembre dernier, en jeu pour la 1ere fois devant son public qui s’était déplacé en nombre.
On pouvait s’attendre à une opposition de styles entre ces deux garçons aux caractéristiques différentes, il n’en fut rien. Dès que le premier coup de gong a retenti, les deux protagonistes se sont lancés dans une furieuse bataille de tous les instants.
Le tenant du titre, fidèle à son habitude de battant organisé, a avancé sur son challenger en tentant de le déborder d’entrée avec ses crochets des deux mains. Le jeune Zimmer semblait contacté par l’enjeu, il allongeait son bras avant pour maintenir à distance son adversaire, ce qui n’empêchait pas celui-ci de toucher durement avec une droite. Mougit El Moutaouakil poursuivait sa marche en avant et son travail de sape, Franck Zimmer trouvait son salut dans des accrochages à répétition qui hachaient quelque peu le combat. Lors de ces phases, les coups partaient un peu de partout et « Guito » accusait un crochet droit sur le haut du crâne en fin de 3eme round.
Il aura fallu attendre la 4eme reprise pour que Franck Zimmer se libère totalement et profite de son allonge supérieure. Le challenger utilisait son bras avant mais il ne ramenait pas assez vite ce bras gauche en protection et quand il donnait son direct du droit, le champion en profitait pour toucher avec ses crochets droits. Il poursuivait avec un travail en bas, le combat se durcissait et les deux boxeurs échangeaient alors une série de coups en oubliant toute défense.
Au 6eme round, Mougit El Moutaouakil durcissait les débats, tous ses coups étaient donnés avec tout le poids du corps, pour bien faire comprendre à son opposant qui était le champion. Franck Zimmer n’était pas en reste et s’il répliquait, on remarquait que ses frappes n’avaient pas le même impact que celles du champion en titre. Au cours des trois minutes suivantes, la technique était oubliée pour laisser place à un échange de coups, les deux boxeurs s’éprouvaient à tour de rôle même si le tenant en faisait toujours plus. Dès lors le combat s’équilibrait, les deux hommes étaient plantés au centre du ring et aucun des deux ne voulait reculer. Franck Zimmer déclenchait une série de coups, Mougit El Moutaouakil répondait avec un uppercut droit.
Les deux belligérants étaient allés au bout d’eux-mêmes, Mougit El Moutaouakil se savait suffisamment en avance au pointage pour se permettre de contrôler au 10 eme et dernier round.
«Je me suis préparé dur, indiquait le champion de France au micro de Fight Nation. Je prends encore des coups bêtes, il faut que je travaille toujours plus. Je ne voulais pas forcément lui rentrer dedans, c’était à lui de venir. Je salue Franck, il n’a pas triché, il est venu et il est resté vaillant jusqu’au bout. Maintenant, je vais monter dans les classements, je vise l’Europe ».
En quarts de finale de l’Euro -22 ans, en Croatie, Théo Ticout (-51 kg) et Hugo Grau (-67 kg) se sont tous deux inclinés. L’un et l’autre avaient pourtant les moyens de franchir l’obstacle et de se parer d’une précieuse médaille.
Théo Ticout (-51 kg) avait bien débuté devant le Géorgien Lekso Khasaia. Ce qui était d’autant plus remarquable qu’il s’agissait de son entrée en matière dans le tournoi. « Il a commencé et fini le premier round très fort en étant à la fois le plus précis et le plus rapide. Le problème, c’est que seuls trois juges sur les cinq le lui ont accordé », explique l’entraîneur national, Julien De Santa Barbara. Dans le suivant, le Français a continué sur sa lancée mais en parasitant sa prestation de défauts rédhibitoires, en l’occurrence, un propension à se jeter, à offrir sa tête comme cible, à négliger les moyens de défense en sortie d’action et à tourner du mauvais côté au risque d’encaisser de plein fouet la droite de son rival qui n’en demandait pas tant. Ce dernier, adepte du rentre dedans, s’octroyait les deux derniers opus, quand bien même le sociétaire du Boxoum a-t-il alors fait montre d’un engagement accru. « Si, à nos yeux, Théo a été celui qui a le plus touché, il n’aurait pas dû commettre ce genre de faute ni donner l’opportunité au Géorgien de revenir dans le match et de l’emporter sur le fil (3-2) », déplore Julien De Santa Barbara.
Un scénario cruel qui s’est, hélas, répété avec Hugo Grau (-67 kg) qui recevait la réplique de l’Azéri Nabil Isgandarov, lui aussi enclin à enclencher prestement la marche avant. C’est pourquoi le Vendéen entamait comme il le fallait le duel en contrôlant à distance son contradicteur avec ses directs du bras avant pour, ensuite, enfoncer le clou avec son bras arrière en variant les zones de frappe. Une fois ceci brillamment fait, il n’omettait pas de désaxer dans la foulée. Au lieu de poursuivre dans cette voie royale, le champion de France se mettait à être plus parcimonieux dans ses initiatives. Désireux de récupérer, il voulait gérer à tout prix les débats en temporisant, quitte à se démobiliser quelque peu. Pire, il s’exposait, se faisait contrer au visage et perdait la deuxième reprise. Dès lors, la consigne était claire : en découdre sur les jambes et à distance, piquer comme une abeille sur des combinaisons simples et voler comme un papillon. Mais la fatigue sévissant, le pensionnaire du club Boxe 85 s’écartait du game plan et en décousait les mains basses. Dans la troisième, il se faisait crucifier par un crochet irrégulier car asséné derrière le crâne. Cependant, n’ayant à l’évidence pas récupéré à l’issue du décompte fatidique, l’arbitre décrétait la fin des hostilités. « Hugo a un peu donné le bâton pour se faire battre, convenait Julien De Santa Barbra. C’est une déception. » Et un podium qui s’envole alors que l’affaire était si bien embarquée.
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Ce soir à Dubaï, Estelle Mossely (10 v) a conservé son titre IBO des poids légers en battant aux points sur décision partagée (96-94, 97-93 et 96-94) l'argentine Yanina del Carmen Lescano (10 v, 2 d).
Pour son retour après un an sans combattre, Estelle Mossely n’avait pas fait dans la facilité en reprenant contact avec le ring par une défense de son titre IBO contre une adversaire de haut niveau et compliquée à boxer. La pugiliste argentine était plus grande que la championne en titre, avec une bonne protection et de beaux directs en ligne.
Estelle Mossely a démarré le combat tambour battant, le visage fermé, l’œil sombre et visiblement déterminée à frapper un grand coup pour sa première sortie sous les couleurs de Probellum et sous les yeux de son promoteur Richard Scheafer. La championne tricolore montrait la qualité de son bras et de ses déplacements. Elle attaquait puis se mettait immédiatement hors de position de sa rivale. A 2eme round, l’argentine contrait et se faisait ensuite toucher par une droite et une magnifique remise en crochet gauche.

La tenante du titre imposait un rythme élevé avec un gros débit de coups. La française proposait une boxe agressive qu’on ne lui connaissait pas, bien sur ses appuis à la recherche d’efficacité. A la 4eme reprise, Estelle Mossely dominait sa rivale, c’est elle qui faisait le combat et qui touchait à la face avec de rapides droites, Yanina Lescano était dépassée par la vélocité de la championne et ne proposait pas grand-chose, quand elle se hasardait à déclencher son crochet gauche, Estelle Mossely contrait avec sa droite. L’élève de Kamel Hasni maitrisait les débats même si elle s’exposait quelquefois, emportée par sa fougue.
Estelle Mossely se faisait contrer à la fin d’un 6eme round qu’elle avait mené, ce sera le seul moment dangereux qu’elle aura connu dans ce combat. Elle revenait à la boxe aérienne qu’elle maitrise si bien dans les reprises suivantes. Cette Estelle Mossely là, qui tourne autour de son adversaire, qui pique et qui reprend sa distance, était intouchable pour l’argentine. Yanina Del Carmen Lescano était totalement médusée par la championne olympique qui la contrait avec sa droite sur chacune de ses offensives. L’argentine ne parvenait pas à trouver de solution face à la mobilité de sa rivale. Les débats avaient été animés, Estelle Mossely a durci sa boxe, cette stratégie lui a occasionné quelques déchets inhabituels et quelques coups reçus lors de ce championnat IBO face une femme qui était tout de même classée 5eme mondiale en poids léger . Cette belle prestation de la française est de nature à lui donner confiance pour la suite de l’ambitieux programme qu’elle s’est concoctée.
Le 18 mars, en quarts de finale des championnats d’Europe -22 ans, Sthélyne Grosy (-57 kg) l’a emporté tandis qu’Ambrine Zitouni (-48 kg) et Salma Friga (-54 kg) ont échoué au pied du podium. Frustrant.
Ambrine Zitouni (-48 kg) faisait son entrée dans le tournoi, en quart de finale, face à l’Ukrainienne Olga Shalimova qui, elle, avait pu prendre ses repères en ayant disputé les huitièmes de finale. L’Occitane n’était donc pas forcément placée dans les meilleures conditions. Les premiers instants de son duel l’ont confirmé. L’enjeu a en effet eu tôt fait de dérégler sa boxe, elle qui avait pourtant été à son avantage tout au long de la préparation. « Ambrine n’a jamais trouvé la solution, concède l’entraîneur national, Julien De Santa Barbara. Elle a couru après son adversaire et s’est trop jetée, au risque de s’exposer alors qu’elle aurait dû la laisser venir, la provoquer et la cadrer pour déclencher à sa distance. Et ce, d’autant qu’elle est plus petite qu’Olga Shalimova qui a su être très mobile et contrer quand il le fallait. » A la clef, une défaite sans discussion (5-0) de la sociétaire du Boxing Toulouse Bagatelle qui, disons-le, est passée à côté.
Salma Friga (-54 kg) a, elle, été plus respectueuse des consignes contre l’Anglaise Olivia Grace Holmes. Face à une rivale un peu plus grande qu’elle, elle s’est efforcée de travailler sur les fautes de cette dernière. Une option louable mais qui n’a pas produit l’effet positif escompté à cause d’un déficit d’allonge et d’impact, en particulier de son bras arrière. La faute, en partie, à des appuis insuffisamment ancrés au sol au moment de porter l’estocade. Si bien que ses touches ont logiquement paru moins visibles et lisibles aux yeux des juges que celles de sa contradictrice. La Phocéenne n’a eu de cesse de vouloir refaire son retard au pointage en s’engageant de plus en plus au fil des minutes, quitte à négliger quelque peu les moyens de défense, en particulier en sortie d’action. Résultat : un revers logique (5-0) à l’issue de débats toutefois loin d’avoir été à sens unique. Le prix de l’expérience qu’il lui reste à acquérir pour ne plus échouer de la sorte sur le fil. « Ce n’est pas passé loin », reconnaît d’ailleurs Julien De Santa Barbara.
Seule satisfaction de la journée, Sthélyne Grosy (-57 kg) qui a dominé avec la manière (5-0) la Danoise Melissa Juvonen Mortensen. Concentrée sur son sujet, multipliant les déplacements à sa guise sans jamais subir, « elle sentait les choses au point de faire à chaque fois le bon choix. Elle est capable d’avancer comme de contre-attaquer, sachant que dans les deux cas, elle fait mal », analyse l’entraîneur national. La tactique consistait à laisser sciemment la Scandinave passer à l’offensive pour mieux la contrer dans la foulée. La Francilienne a aussi, parfois, fait le pressing pour la bousculer et l’acculer dans les cordes. Sa prestation aboutie, toute en maîtrise, est synonyme de première médaille pour la délégation tricolore. Un accessit amplement mérité.
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Gaëtan Micallef, l’historique entraineur du Red Star Olympique Audonien est décédé ce vendredi matin à Saint-Ouen à l’âge de 93 ans.
Né le 17 Février 1929 à Tunis, le jeune Gaëtan Micallef se passionna pour la boxe et il devint l’un des entraîneurs du Naccuria de Tunis à l’aube des années 50. L’histoire retiendra qu’un soir, José Jover vint avec l’un de ses poulains disputer une rencontre à Tunis. L’emblématique manager parisien fit savoir qu’il cherchait quelqu’un pour l’assister, Gaëtan Micallef qui était disponible se proposa, les deux hommes firent ainsi connaissance et apprécièrent leur collaboration. Gaëtan Micaleff arriva en France pour s’installer à Drancy et travailler à la RATP, il apprit que le club de celui avec qui il avait échangé et communiqué en Tunisie, était proche de son domicile. Il se rendit au RSOA de José Jover, pour une visite de courtoisie en 1958, pour finalement y rester pratiquement 60 ans en tant qu’entraineur.
José Jover fera de Gaëtan Micallef son entraineur en chef, il l’estimait et il l’associait à son rôle de manager. Quand José Jover s’éloigna du RSOA en 1985, c’est Gaëtan Micallef qui lui succéda logiquement.

Gaëtan Micallef fut dans le coin de quelques-uns des plus grands boxeurs français de ces dernières décennies. Il était avec Jean Josselin pour son Championnat du monde à Dallas puis à Scranton avec Lucien Rodriguez pour le titre des poids lourds ainsi qu’avec Antoine Montero et Daniel Londas champion WBO. Impossible de citer tous ceux qu’il aura accompagnés lors de leurs grands rendez-vous tant il a dirigé de boxeurs. Gaëtan Micallef a entrainé et coaché une multitude de champions d’Europe et de France tels que les Cazeaux père et fils, Dominique Nato, les frères Rodriguez, Fabio Bettini, Jacques Chinon, Pierre Franck Winterstein et Stéphane Ferrara, Mehdi Labdouni, le puncheur Jo Gonzales, Aldo Cosentino, Jérôme Thomas et tant d’autres qui lui vouaient une véritable admiration.
Le CV de Gaëtan Micallef est incomparable, lors d’une fête célébrant ses 71 ans en 2000, ses amis avaient retracé sa carrière : 56 championnats d’Europe et 92 championnats de France ! Le célèbre coach audonien avait la boxe dans la peau, c’était un formateur dans l’âme, désireux d’apprendre le noble art aux jeunes ou corriger et perfectionner les plus confirmés. «La boxe, ce n’est pas de donner des coups n’importe comment, c’est l’école de la patience et du travail, un boxeur cela se construit… », disait-il dans un magnifique portrait, intitulé "la boxe dans la peau" que la mairie de Saint-Ouen lui avait consacré en 2016.
Les boxeurs qui ont évolué sous sa direction retiennent sa bienveillance, son calme en toutes circonstances. « Gaëtan était un entraineur exceptionnel, se souvient Dominique Nato. C’était un homme charismatique, il donnait confiance par son calme lors des minutes de repos. Je suis immensément triste d’avoir perdu un être cher et triste aussi pour ses enfants Michel et Claude. »
Malgré tous les titres obtenus avec ses champions, Gaëtan Micaleff était resté humble et passionné par ce sport qui lui avait tant apporté. Il n’était pas rare de le voir accompagner un autre entraineur dans le coin d’un boxeur amateur, être là en second, juste pour le plaisir. « Mr Micalleff brillait par ses faits pas pour sa présence, indique Eric Tormos, entraîneur au Red Star. Le Strass et les paillettes, ce n’était pas pour lui, c’est mon modèle, je le considérais comme mon deuxième père. C’était un homme très gentil, en 39 ans passés à le côtoyer, je ne l’ai jamais entendu crier, nous sommes très tristes ».

Le technicien audonien aura voué une grande partie de sa vie à la boxe, cet infatigable serviteur du noble art était apprécié de tous, autant par sa gentillesse naturelle que pour ses exceptionnelles compétences qui font de lui l’un des plus grands entraineurs français de l'histoire de la boxe nationale.
Le Comité directeur de la Fédération Française de boxe et son président, Mr Dominique Nato, présentent leurs sincères condoléances à la famille et aux amis de Mr Gaëtan Micaleff.
Le 17 mars, en huitième de finale des championnats d’Europe -22 ans, le Français (-54 kg) s’est incliné sur le fil (3-1) face à une vieillie connaissance, le Bulgare Yassem Radev. Un résultat qui prêtre à discussion au regard de la physionomie de la rencontre.
Les duellistes se connaissent parfaitement puisqu’en dépit de leur jeune âge, c’était la quatrième fois qu’ils s’affrontaient, la précédente ayant été la finale des championnats d’Europe juniors remportée par le Bulgare, à domicile. L’un et l’autre ont, en outre, un profil assez comparable, ce qui contribue à rendre l’issue de leurs confrontations souvent indécise.
« Nous savions que ce serait un match compliqué car ce sont deux bons boxeurs, explique l’entraîneur national, Julien de Santa Barbara. Ibrahim l’a très bien commencé en maîtrisant le Bulgare à distance. Et ce, en étant mobile sans reculer et en gênant son adversaire avec son bras avant pour, ensuite, mieux le contrer avec son bras arrière. En somme, il était toujours dans le tempo et ne se faisait quasiment jamais toucher » Résultat : le premier round tombait dans l’escarcelle du Nordiste.
Hélas, la suite n’était pas du même acabit. Dans le deuxième, le sociétaire du BC Héninois était réprimandé pour la seconde fois par l’arbitre qui lui reprochait d’accrocher et d’appuyer sur la tête de son rival, lequel… attaquait souvent le crâne en avant. Non seulement ce dernier n’était pas sanctionné mais le Tricolore, lui, écopait d’un avertissement quasiment sans sommation. Une sévérité unilatérale qui allait peser lourd au moment du décompte final.
Elle avait, en outre, comme effet délétère, de faire inconsciemment cogiter Ibrahim Boukedim. Au lieu de rester totalement fidèle au game plan qui avait jusque-là si bien fonctionné, il se désunissait dans sa boxe par manque de lucidité. Dans la troisième reprise, il se montrait un peu moins disponible et avait le tort de trop vouloir en découdre à mi-distance, faisant le jeu de son contradicteur du jour. « Pour autant, à notre sens, même s’il a pris des coups, Ibrahim en a délivrés davantage. C’était lui qui faisait le match en étant le plus actif. », estime Julien De Santa Barbara. Un avis que ne partageaient pas les juges : ils donnaient Yassem Radev gagnant. Le camp français avait du mal à digérer ce verdict, d’autant qu’Ibrahim Boukedim était un candidat déclaré à la plus haute marche du podium.
Veuillez retrouver ci-dessous les tableaux concernant la première phase, 1/8 et 1/4 de finales, des Compétitions nationales de boxe amateurs pour les Juniors et Cadets, hommes et femmes 2022.
les CFA juniors et les Critériums nationaux cadet(te)s se dérouleront simultanément et, comme pour les Séniors, sur deux week-ends dont les dates ont été arrêtées. En l’occurrence, les 26 et 27 mars pour les huitièmes et les quarts de finale puis les 2 et 3 avril pour les demi-finales et les finales.
Les comités régionaux ont eu jusqu’au 13 mars pour organiser les championnats régionaux et les Commissions régionales de boxe amateur (CRBA) jusqu’au 14 mars pour communiquer à la CNBA les noms de leurs athlètes (le vainqueur, voire le finaliste) qu’elles estiment aptes à s’aligner aux phases nationales. Comme pour les seniors, c’est la CNBA qui a tranché en dernier ressort au regard du palmarès et des performances des uns et des autres. Sachant que la compétition débutera au stade des huitièmes de finale et donc que seuls seize participants par catégorie figureront dans le tableau final.
Pour cela, ils devaient, en outre, avoir à leur actif le nombre minimal de combats requis. La CNBA a fait le choix de ne pas l’abaisser, ce qui eut été prendre un risque pour les plus inexpérimentés tout en ouvrant la porte à un nivellement d’ensemble par le bas sur le plan qualitatif. En revanche, elle a délibérément placé ces CFA et les Critériums plus tard dans la saison afin de laisser le temps, à ceux qui en avaient besoin, de disputer les matchs qui leur manquaient et d’être ainsi éligibles.
Les demi finales et finales H/F des championnat de France junior et critérium cadet H/F, se dérouleront les 2 et 3 avril prochain à Istres. Veuillez retrouver ci-dessous toutes les infos relatives à cette compétition.
Résultats complets Talence ici

Le 16 mars, en huitième de finale des championnats d’Europe -22 ans, à Porec, Salma Friga (-54 kg) et Sthelyne Grosy (57 kg) ont réussi leur entrée manière. Victorieuses, les voilà à un combat de la médaille.
Le staff tricolore n’ignorait pas que l’adversaire de Sthelyne Grosy, la Moldave Christina Chiper, était d’un niveau inférieur car moins à l’aise techniquement et trop encline à se jeter sur chacune de ses attaques. Dès lors, la Francilienne a su la contenir en misant sur la qualité de ses déplacements, son bras avant pour contrôler et son bras arrière histoire de porter l’estocade. La sociétaire du RO de Fosses, vice-championne du monde junior, a en outre eu l’intelligence de bien occuper l’espace du ring, de laissé venir sa rivale et, en dépit de sa domination, de ne pas se ruer à l’attaque inconsidérément. Au fil des minutes, conformément aux injonctions de son coin, elle s’est davantage posée sur ses jambes pour appuyer au mieux ses coups. Le résultat ne s’est pas fait attendre puisque Christina Chiper était comptée deux fois et arrêtée par l’arbitre dans la seconde reprise. A la clef, donc, « une victoire nette et sans bavure », se félicite Julien De Santa Barbara.

Salma Friga, elle, a livré une prestation parfois un tantinet chaotique face à la Suédoise Zehra Milli qui avait une fâcheuse tendance à accrocher. Après un début de match qui l’a vu maîtriser la Scandinave, elle est entrée dans le jeu de cette dernière en avançant alors que cela n’était pas forcément nécessaire. Elle s’est ensuite ressaisie en faisant un usage plus prolifique de son bras avant pour repousser à bonne distance sa contradictrice, le tout en désaxant en sortie d’échange. De bonnes intentions, certes, mais intermittentes qui ont donné l’image d’un duel brouillon et semé le doute dans l’esprit des officiels. En atteste le score (3-2). D’autant que dans le troisième round, au lieu de gérer, la Marseillaise s’est un peu démobilisée et n’a pas livrée une performance des plus abouties.
« Salma s’est compliqué la tâche en restant trop devant, au lieu de chercher à mettre dans le vent Zehra Milli, résume Julien De Santa Barbara. A elle d’être plus rigoureuse pour ce qui est de la concentration durant l’intégralité d’une confrontation et plus lucide tactiquement afin de ne pas se laisser emporter. »