Si l'actualité pugilistique tricolore de ce week-end a été marquée par la grande réunion de vendredi soir à Grande-Synthe, d'autres galas ont abrité des confrontations professionnelles sur le territoire national.
En poids lourd-légers, Brice Clavier (3 v, 2 d) s’est incliné aux points (58-56, 58-56, 58-56) devant Eder Galina Fortes (1 v, 1 d). Le combat fut équilibré, Eder Galina Fortes s’est imposé d’une courte tête grâce à son pressing de tous les instants et son débit de coups. Brice Clavier a réussi quelques beaux uppercuts et quelques coups tranchants sans pour autant parvenir à stopper la marche en avant de son adversaire. " C'était dur dans les accrochages, il y avait une trop grosse différence de poids, a indiqué Brice Clavier au micro de Boxing Mag J'avais beau mettre des coups, il ne bougeait pas. C'est bien pour lui mais je ne pouvais pas faire mieux, c'était trop déséquilibré par rapport au poids".

Les super-moyens Rayhan Messaoudi (1 v, 1 n) et Vincent Galazzo (5 v, 8 d, 5 n) se sont séparés sur un match nul (38-38, 38-38, 38-38).
En super-coqs, Jeremy Bernardin (7 v, 1 d) a largement battu aux points (59-55) l’ex champion de France des poids coq, Sébastien Iacobas (4 v, 4d, 2 n).
En mi-lourds, Agop Margaryan (3 v, 1 d) a battu aux points (60-53) Mathieu Raymond (1 v, 10 d, 1 n).
Dans un combat d’encadrement du championnat de France des poids lourds, l’espoir des poids moyens, Lancelot Proton de la Chapelle (3 v) a battu par KO au 3eme round le dur Rochdi Ben Arbia (5 v, 2 d, 1 n). Lancelot Proton de la Chapelle a mis au tapis Rochdi Ben Arbia avec un bel enchainement crochet gauche au foie, droite à la face, le varois a été compté puis arrêté par l’arbitre. « Je me sentais bien, confie Lancelot Proton de la Chapelle, je l’avais déjà fortement touché au 2eme round. J’ai imposé mon rythme en avançant sur lui, je pensais qu’il viendrait au contact, il est resté à distance, il se jetait avec des grands coups larges mais je les voyais venir ».
Le poids super-légers Paul Le Guillou (2 v, 2 d) s’est imposé aux points devant Swan Barteau (2 d, 1 n).
Jonathan Bouillot (2 v, 1 d) a battu Yoann Menane (2 d) par arrêt de l’arbitre à la 4eme reprise.

En poids super-moyens, Matteo Hache (9 v, 1 d) a triomphé de Jonathan Leclerq (6 v, 7 d, 1 n) par arrêt de l’arbitre au 5eme round. L’ex champion de France des poids moyens a dominé son valeureux adversaire avant de produire une accélération à la 5eme reprise. L’arbitre a stoppé Jonathan Leclerq qui encaissait de nombreux coups sans répliquer.
Titre : Le 8 avril, à Grande-Synthe, le Nantais (12 v, 1 n, 2 d) a ravi, sur le fil, le titre national des lourds-légers à Eddy Lacrosse (13 v, 2 n, 8 d) vaincu aux points sur décision partagée (97-93, 96-94 94 97) à l’issue d’un duel de toute beauté.
Précisons, à titre liminaire, que ces deux-là ont eu l’immense mérite d’accepter de s’affronter… au pied levé. Initialement, Eddy Lacrosse devait, en effet, remettre en jeu sa couronne face à un rival au profil assez comparable au sien, en l’occurrence trapu et qui avance, en la personne d’Engin Karakaplan. Ce dernier ayant déclaré forfait au dernier moment, il a été remplacé par le longiligne et styliste Dylan Bregeon qui a accepté de relever le défi en ayant été sollicité moins d’une semaine avant l’échéance.
La donne tactique de la confrontation se résumait donc à une très classique opposition de styles. D’un côté, le tenant, apôtre du pressing et du travail de sape sous tous les angles, le buste souvent en rotation à la Mike Tyson. De l’autre, le challenger doté d’une belle panoplie gestuelle façonnée durant ses années dans les rangs amateurs et dont l’objectif était de ne pas se laisser engluer dans des échanges de près mais, au contraire, de toucher grâce à sa vitesse de bras et ses combinaisons pour aussitôt s’extirper, soit en reculant, soit en désaxant.
Dès le gong libérateur, ce dernier s’y employait, tenant son contradicteur à distance avec son bras avant, en directs et en jabs, pour ensuite enchaîner tantôt en uppercuts, tantôt avec des droites en ligne ou plongeantes. Vigilant, un tantinet roublard quand il s’agissait de s’accrocher, il veillait au grain tandis qu’Eddy Lacrosse ne parvenait pas à s’approcher et à toucher aussi nettement qu’il y aspirait. Toutefois, ses crochets larges des deux mains, en particulier derrière l’oreille, une spécialité maison, trouvaient par intermittence leur cible à partir de la quatrième reprise. Plus agressif, le Girondin tentait de porter l’estocade mais le pugiliste de Loire-Atlantique ne tombait pas dans le panneau. Sa rapidité d’exécution au service de son coup d’œil ainsi que sa plus grande précision lui permettaient d’inscrire de précieux points.
Le champion mettait du cœur à l’ouvrage mais avait parfois un temps de retard à l’heure de déclencher. Il donnait de surcroît l’impression d’être un peu désorganisé et pas suffisamment créatif pour trouver la faille. Ces assauts aux allures de charges tauresques étaient trop linéaires et stéréotypés pour véritablement surprendre l’élève d’Alban Georget qui faisait valoir sa belle science du ring et sa capacité à en découdre en tournant.
Les débats étaient néanmoins équilibrés et indécis même si c’était Dylan Bregeon qui, dans l’ensemble, les maîtrisaient. Le pointage des juges le confirmaient au grand dam de son vis-à-vis déchu mais d’un remarquable fair-play, au micro de Fight Nation : « Je suis très content de notre prestation à tous les deux et de la mienne en particulier parce que je savais que face à un boxeur si grand et technique, ce serait compliqué en ayant été prévenu dans un délai si court. A mes yeux, j’ai réussi à mettre en place ce qu’il fallait et à le toucher durement. Si bien que je suis assez surpris de perdre mon titre mais je respecte la décision. Quand est en champion, il est toujours compliqué de se faire détrôner lorsque l’on a autant marché sur son adversaire. Je suis frustré mais nous avons montré qu’en France, il y a un gros niveau dans cette catégorie. Félicitations à Dylan. C’est un super boxeur. » Qui lui rendait la pareille : « Le combat était très serré. La ceinture de champion de France a une saveur particulière mais félicitations à Eddy. »

L’invaincu Milan Prat (15 v) s’est emparé de la ceinture IBF Jeunes des poids super-welters, en battant par KO à la seconde reprise le mexicain Jose Angel Flores Chan (9 v, 6 d, 2 n) hier soir à Grande-Synthe.
Ce combat était l’affiche vedette de la grande réunion promue par Gérard Teysseron/Europrom où figuraient deux championnats de France et un championnat d’Europe féminin. Le jeune prodige français devait disputer cette ceinture en février face à l’ukrainien Bohdan Shtonda, malheureusement le combat fut annulé au dernier moment pour cause de guerre. Milan Prat est un excellent boxeur et de plus il est doté d’une redoutable puissance de frappe, ce qui explique en grande partie les difficultés pour lui trouver des adversaires de qualité.
Hier soir le brave Jose Angel Flores Chan a fait illusion un round, le premier, où il aura passé le plus clair de son temps à tourner. Milan Prat a pris la température, sans se précipiter, un direct du bras avant puis une droite et le Mexicain a vite compris que ce serait mission impossible de repartir avec la victoire au pays.
A la 2eme reprise, Milan Prat a accentué sa pression et il a commencé à appuyer ses coups. Un premier crochet gauche a fait voler le protège dents de son adversaire qui quelques instants plus tard a réussi à contrer le champion français avec son gauche, ce sera le seul coup notable de Jose Angel Flores Chan durant les cinq minutes qu’aura duré le combat.
Milan Prat a placé un uppercut au menton, puis sa droite destructrice sur le haut du crane a envoyé le mexicain au tapis . Compté puis relevé mais le regard dans le vague, l’arbitre a logiquement stoppé Jose Angel Flores Chan.

« Je m’entraine dur et je prends tous les combats au sérieux, a confié Milan Prat au micro de Fight Nation. C’est une première étape au niveau international, je suis prêt pour tous les challenges ». A la question de savoir s’il était prêt à rencontrer les meilleurs super-welters français, Milan Prat ne ferma pas la porte, précisant toutefois ; « plus on montera au niveau international, plus nous serons inévitablement amenés à nous combattre. »
Après le titre national et cette ceinture IBF, Milan Prat devrait maintenant lorgner vers le titre de l’union européenne.
Ce vendredi 8 mars à Grande-Synthe, Mathis Vegas (9 v) a conservé son titre de champion de France en battant aux points (100-90, 99-91, 99-91) Thomas Barbier (10 v, 23 d, 1 n).
Pour sa première défense de titre, Mathis Vegas a eu fort à faire devant un Thomas Barbier combattif à souhait pendant les dix reprises. Le pointage large n’indique pas les efforts que le tenant du titre a dû fournir pour s’adjuger les rounds.
On connaissait le Thomas Barbier pugnace, on a découvert dans ce choc de générations un champion de France qui l’est tout autant.
Le combat s’animait dès le second round, le challenger touchait avec son uppercut pour enchainer au corps puis à la face. Il avançait et contraignait le champion à reculer et à tourner, ce qui n’empêchait pas ce dernier de placer une belle droite à la face. Mathis Vegas rectifiait le tir lors des trois minutes suivantes, son bras avant trouvait sa cible et son crochet gauche était précis. Très peu d’accrochages dans cet affrontement droitier, gaucher, les échanges étaient limpides, bien que manquant de puissance de part et d’autre. Les reprises se succédaient, le rythme ne faiblissait pas, Mathis Vegas se protégeait bien le visage avec sa garde haute, ce qui obligeait le Normand à travailler en bas.

Thomas Barbier ne se désunissait pas en ne laissant aucun répit à son adversaire, Mathis Vegas faisait la différence grâce à la précision de ses frappes, comme cette série délivrée en fin de 7eme round. Il en aurait fallu plus pour décourager Thomas Barbier, il repartait à l’assaut à la 8eme reprise pour trouver l’ouverture avec sa droite puis un uppercut.
Mathis Vegas profitait des mains de son rival pour placer quelques larges crochets à la face au 9eme round. Malgré la volonté de Thomas Barbier, Mathis Vegas avait légèrement dominé les reprises, il tournait lors de l’ultime round avec l’assurance d’un vieux briscard sur de sa victoire. «Cela s’est bien passé, déclarait le champion de France au micro de Fight Nation, Thomas Barbier est un boxeur coriace, c’est le plus dur que j’ai rencontré. »
Le 8 avril, à Grande-Synthe, la Nordiste (5 v) n’a pas raté l’occasion de devenir championne d’Europe des super-welters en dominant aux points et sans discussion (98-92, 98-92, 97-93) la Suédoise Marianne Ahlborg (5 v, 1 d). A trente-six ans, l’aventure continue.
C’est avant tout une belle histoire, celle d’une vaillante qui, à l’horizon encore lointain de la quarantaine, s’installe sur le toit du Vieux Continent. Qui l’eut cru ? Car en dépit d’un très honnête passé pugilistique ponctué par deux titres nationaux en amateurs, un en juniors et un en seniors, et un autre en professionnels, en moyens, pas grand monde n’imaginait la Saint-poloise si haut. La faute à une carrière à éclipses, ponctuée par des maternités et des choix d’entraîneur qui n’ont pas forcément toujours répondu à ses attentes.
Bref, la locale savait que le train ne repasserait pas deux fois et que c’était le grand soir ou jamais pour s’extirper d’un relatif anonymat auquel le destin l’avait peut-être injustement cantonnée.
C’était donc en conscience qu’elle démarrait en trombe mais en bon ordre. Son entame était remarquable, en partie grâce à un crochet gauche aussi puissant que précis. L’essentiel des échanges avait lieu à mi-distance mais n’était pas pour autant brouillon. Un satisfecit à mettre à l’actif des deux duellistes dont l’entrain n’était, au demeurant, pas synonyme de précipitation. De fait, la Suédoise était loin d’être passive. Plus trapue et dotée d’une allonge inférieure, elle acceptait goulûment le mano a mano de près.
Une configuration qui convenait à la Tricolore, laquelle faisait, dans ce registre, tout un peu mieux que sa rivale. Plus diversifiée tant gestuellement que dans les zones de frappe, elle imprimait également davantage de variations de rythme. Outre sa force physique supérieure à celle de la Scandinave, elle avait le mérite d’avoir corrigé un défaut récurrent : en l’occurrence, des moyens de défense sommaires. Elle avait les mains bien hautes avec, à la clef, un flopée de blocages.
Vaillante, la visiteuse l’était sans le moindre doute. Cependant, cette louable vertu ne suffisait pas à contenir la Française plus complète techniquement. En attestaient ses jabs parfois doublés et ses uppercuts opportuns. Le tout dans un souci constant d’efficacité pour saper sa rivale qui, repue, se mettait à tourner. Cependant, même si cette dernière était assez mobile, Priscilla Peterlé parvenait à la cadrer au corps ou au visage avec des droites plongeantes. Bref, sa prestation était des plus abouties et les juges ne pouvaient qu’en faire le constat flatteur sous les yeux embués de ses deux enfants.

La nouvelle championne d’Europe savourait avec beaucoup d’émotion, au micro de Fight Nation, son sacre tardif mais amplement mérité : « Je voulais ce titre. On a donc travaillé comme il le fallait. Je n’aurais pas pensé que Marianne serait si coriace. Elle a vraiment bien boxé et m’a donné du fil à retordre mais on a tenu. Au premier round, j’ai eu du mal à me mettre dedans puis je me suis ressaisie et on a fait face. C’est ma famille qui me porte. J’ai envie de viser plus haut. Il y a encore beaucoup de choses à travailler. Ce soir, je me suis sentie nulle (sic). » Qu’elle se rassure, elle est bien la seule… Son entraîneur et époux, Mario Evrard, la voix passablement éraillée, a d’ailleurs dit tout son amour pour « cette femme hors du commun, cette force de la nature qui le surprend tous les jours ». Celle dont il est « si fier ».
Hier soir au palais des sports de Marseille, Emma Gongora (3 v, 2 d) a conquis la ceinture WBC Francophone des poids légers en battant aux points (98-92, 98-92, 97-93) Elsa Hemat (4 v, 6 d, 2 n).
Ce championnat, entre deux ex tenantes du titre national, a tenu toutes ses promesses, tant au niveau technique que physique. Après un premier round d’observation où Emma Gongora et Elsa Hemat se jaugeaient sans se livrer, le combat s’animait rapidement lors des trois minutes suivantes.
Elsa Hemat se tournait résolument vers l’offensive sans parvenir à cadrer son adversaire dotée d’un très bon jeu de jambes. Emma Gongora virevoltait avant de délivrer ses frappes, sa rapidité d’exécution lui permettait de placer deux droites à la face, avant de reprendre sa distance. Elsa Hemat peinait à s’organiser et elle encaissait, sans dommages, un direct du bras avant puis un crochet droit au visage au 3eme round. La francilienne entrait véritablement dans son match à la 4eme reprise et les débats s’équilibraient, elle réussissait à placer son crochet droit. Elsa Hemat était en recherche d’efficacité mais elle était considérablement gênée par la mobilité et les remises de la marseillaise.
Les deux jeunes femmes se livraient un combat clair et propre, ce qui n’empêchait pas une grande détermination de part et d’autre. Emma Gongora était plus active en délivrant des séries alors qu’Elsa Hemat privilégiait de puissantes frappes isolées. Emma Gongora faisait la différence au pointage grâce à son sens de l’anticipation et son coup d’œil qui lui permettaient d’esquiver les coups de boutoir d’Elsa Hemat. WBC oblige, le speaker annonçait le pointage intermédiaire au début du 6eme round, sans surprise Emma Gongora était en avance. La boxeuse coachée par Nasser Lalaoui ne renonçait pas, elle maintenait sa pression et durcissait le combat, Emma Gongora était alors moins mobile mais elle avait la lucidité de pas accepter l'affrontement de prés. Poussée par son coin, Elsa Hemat livrait un grand 9eme round et elle touchait son adversaire avec un crochet gauche puis un droit.

Les deux championnes se lançaient dans un baroud d’honneur dans l’ultime round où elles échangeaient encore quelques coups. Le combat avait été intense, avec dix reprises disputées à un rythme élevé.
« Tout s’est passé comme je le pensais, indique la nouvelle championne WBC Francophone. Elsa avait une grosse frappe et il ne fallait pas la prendre, j’ai adopté la bonne tactique. J’avais dit que j’espérais gagner avant la limite mais il faut s’adapter, j’ai des cartes dans mon jeu, je les ai utilisées en étant mobile et en esquivant, je voyais ses coups venir, heureusement (sourire). Je serais peut-être au programme le 4 juillet à Marseille mais j’aimerais bien pouvoir boxer à l’étranger avant cette date. »
Elsa Hemat se disait déçue par la tournure du combat et par sa prestation qu’elle jugeait très en deçà de ce qu’elle avait escompté, « je n’ai pas pu m’exprimer, ni poursuivre sur la dynamique enclenchée lors de mon combat précèdent. Je n’ai pas trouvé la solution pour avoir cette singularité d’enchaîner les combats au même niveau. Je n’ai pas su appliquer les consignes des coaches pour poser la tactique que nous avions élaborée lors des sparrings. Il y a peut-être le fait qu’il y a longtemps que je n’étais pas descendue en légers… mais je ne veux pas chercher d’excuses, on va travailler tout cela avec les entraineurs ».
Dans un entretien accordé à Souad Soulimani, membre de l’Observatoire du sport business, et publiée par Le Figaro, l’ancien champion du monde des coqs a annoncé qu’il mettait un terme à sa carrière entre seize cordes. Les obstacles logistiques auxquels il a été confronté lors de ses derniers combats, un manque de soutien et une blessure aux yeux ont eu raison de sa motivation.
Premier Français champion du monde WBC des poids coqs, de surcroît dès son quinzième combat, médaillé de bronze aux Mondiaux amateurs 2007, huitième de finaliste des JO de 2008, à Pékin, puis quart de finaliste quatre ans plus tard, à Londres, à chaque fois éliminé suite à un verdict des plus contestables, c’est là un doux euphémisme : Nordine Oubaali nourrit le légitime sentiment d’être entré « à 1 000 % » dans l’histoire de la boxe tricolore, comme il nous le confiait, en 2019, après s’être paré du titre planétaire aux dépens de l’Américain Rau’shee Warren. « On m’aurait dit ça il y a quelques années, j’aurais répondu que ce ne serait pas possible », souriait-il.

Tout n’avait pourtant pas été simple, nuançait-il dans France Boxe. Déjà… : « J’ai eu plusieurs fois envie d’arrêter. Mon histoire, c’est un roman. Au vu de tout ce qu’il s’est passé, on ne pouvait pas croire que je deviendrais un jour champion du monde, à Las Vegas, face à un Américain. C’est la plus belle fin possible de tout le chemin parcouru. Il faut savoir qu’après les JO de Londres, j’ai interrompu ma carrière pendant deux ans. Non pas parce que je n’aimais plus la boxe mais parce que j’étais dégouté de la manière dont cela se passait. Pour moi, la boxe, c’est que le meilleur gagne et non pas du boxing business ou du copinage. C’est un sport noble. Moi, j’ai toujours un œil objectif. Il est inadmissible et intolérable de dire à un boxeur qu’il a perdu alors qu’il a bel et bien gagné. Aux JO de Pékin, en 2008, je m’étais déjà fait rouler. J’ai pensé qu’aux Jeux de Londres, en 2012, cette fois, ce serait la bonne. Or, ça a été pire. Dans un premier temps, j’ai donc dit stop. Puis, je me suis dit : soit je passe pro, soit j’arrête. Finalement, un concours de circonstances a fait que j’ai repris en 2014. »
Avec l’admirable obstination de ceux qui n’ignorent pas leur destin : « J’ai toujours cru en moi sinon, mon frère et moi n’aurions pas fait des pieds et des mains ni cassé les murs pour en arriver là. Aujourd’hui, le sentiment qui domine, c’est une grande fierté pour la boxe en France mais aussi au regard de mes origines. Je suis né en France et français avant tout. Mais je sais d’où je viens et je n’ignore pas mes origines marocaines. Si le fait qu’il y ait un Franco-marocain champion du monde de boxe crée des vocations chez les jeunes, tant mieux. Mon histoire leur montre que si l’on est déterminé et que l’on travaille, on arrive à ses fins. Il faut juste ne pas abandonner et ne pas lâcher. Il faut rester déterminé. C’est cela le message que j’ai envie de faire passer. »

Le souci de l’exemplarité. Voilà, entre autres, ce qui meut le Nordiste qui, à présent, aspire à redonner et à partager. Il l’a confirmé dans les colonnes du Figaro : « Aujourd'hui, un autre combat commence, celui des générations futures et la question de l'Héritage. (…) Ma préoccupation majeure est celle des jeunes générations. Je reste mobilisé pour faire du sport pour tous et de l'inclusion par le sport de véritables missions sociétales. J'y crois et je suis à disposition de tous ceux qui sont dans cet état d'esprit : construire par le sport la société que nous voulons demain. Il faut que les athlètes de haut niveau soient pleinement intégrés aux décisions et au développement du sport. »
Le sociétaire du Top Rank de Bagnolet entend apporter sa pierre à une noble ambition : donner du sens, encore et toujours. « Je reste persuadé que les associations, organismes et institutionnels qui privilégient l'éducation et l'insertion par le sport sont ceux qu'il faut soutenir et accompagner, insiste-t-il. Je me tiens à leur disposition pour porter des actions et des projets concrets. »
Devant le public de Grande-Synthe qui sera tout acquis à sa louable cause, la Tricolore (4 v) tentera de s’emparer, le 8 avril, de la ceinture EBU vacante des super-welters aux dépens de la Suédoise Marianne Ahlborg (5 v). Histoire de prolonger le rêve.
Elle est radieuse, consciente que l’évènement revêt les atours d’un aboutissement et, qui sait, d’une consécration. « A ma grande surprise, j’ai été désignée cochallenger par l’EBU, sourit Priscilla Peterlé. Comme je ne suis pas du genre à me défiler, j’ai accepté. C’est l’accomplissement de nombreuses années de travail car cela fait quand même vingt ans que je boxe. Je n’aurais pas pensé arriver jusque-là. C’est une grande joie. Le fait de pas être montée sur un ring pendant un an n’est, à mes yeux, pas problématique d’autant que j’ai toujours continué à m’entraîner. J’aborde cette échéance sereinement. » Celle-ci devait initialement avoir lieu en fin d’année dernière puis le 12 février mais les contraintes sanitaires limitant les possibilités d’organisation, elle a finalement été reportée en ce 8 avril.
La Nordiste jouera crânement sa chance, elle qui n’a éprouvé aucune difficulté à redescendre en super-welters, sa catégorie d’origine. Et ce, sans perdre ses qualités essentielles. « La Danoise est plus petite que moi. Elle est assez offensive et a parfois tendance à avancer en se jetant, analyse la Française. Elle aura du répondant. Elle sera là. Elle n’a pas une grande technique et je n’en ai pas une beaucoup plus importante qu’elle. Je travaille davantage en contre mais en étant entreprenante. Je ne vais donc pas la laisser marcher sur moi. Je ne reculerai pas, ça c’est sûr. Le but est d’imposer mon rythme et de faire parler, dès le départ, ma puissance supérieure pour la saper et calmer ses ardeurs (sourire). Je suis extrêmement motivée. Je veux prouver que j’ai ma place. »

Embauchée en tant qu’agent de maîtrise à la Mairie de Saint-Pol-sur-Mer, l’ancienne championne de France professionnelle des moyens, également sacrée deux fois dans les rangs amateurs (une en juniors, en 2003, et une en seniors, en 2014), a bénéficié d’un appréciable aménagement de son emploi du temps par son employeur puisque depuis le 1er janvier, elle peut se préparer à sa guise tous les après-midis, sans perte de revenus. De quoi suer sereinement à la salle où il s’est agi prioritairement de peaufiner les moyens de défense, histoire de moins s’exposer.
La locale sait qu’elle joue aussi la suite de sa carrière. « C’est vrai, admet-elle. J’ai trente-six ans. Je ne suis pas fatiguée car j’ai une très bonne hygiène de vie. En outre, je n’ai pas disputé énormément de combats. Mais, sans sous-estimer mon adversaire, si je ne suis pas championne d’Europe, c’est que je n’ai pas le niveau pour continuer. Cependant, je suis confiante et je sais que je peux le faire. »
Mercredi soir au palais des sports de Marseille, Emma Gongora (2 v, 2 d) et Elsa Hemat (4 v, 5 d, 2 n) se disputeront la ceinture WBC Francophone des poids légers en direct sur Fight Nation.
Elsa Hemat fait partie de l’élite nationale dans la catégorie des super-légers, elle était encore championne de France au mois d’octobre dernier avant de céder sa couronne face à Marion Montanari, sa meilleure « ennemie ».
Emma Gongora est arrivée comme un ovni dans le monde de la boxe anglaise en tenant tête à l’excellente Rima Ayadi puis en bousculant la star Estelle Mossely en 2020 avant de décrocher avec brio le titre français l’année dernière. Ces deux-là auraient pu se rencontrer dans une autre discipline puisqu’elles sont issues du pieds-poings, un sport où elles ont évolué au plus haut niveau international, glanant ci et là de nombreux titres. Ce championnat WBC Francophone s’annonce spectaculaire et indécis, avec une opposition de styles où le physique et l’expérience seront des éléments prépondérants.

Emma Gongora n’a rien laissé au hasard, « ce championnat a été reporte deux fois, avant que la date d’avril ne soit confirmée, indique Emma Gongora. Je me prépare depuis deux mois, en fait je ne coupe vraiment jamais. Même quand je n’ai pas de combat prévu, j’ai toujours quelque chose à améliorer, que ce soit physiquement ou techniquement . Nous avions envisagé un championnat d’Europe mais je n’ai pas disputé assez de combats et il y avait des filles classées devant moi. Cette ceinture WBC est une belle opportunité pour progresser dans les classements ». Emma Gongora et Elsa Hemat ont en commun le fait d’avoir deux entraineurs de premier plan pour les diriger. La marseillaise est entrainée par Louis Lavally et la martiniquaise par Nasser Lalaoui. « C’est mon coach qui étudie le style d’Elsa et qui met en place une tactique, je ne me focalise pas sur sa boxe, je sais juste que son style est différent du mien ». La jeune championne, qui exerce le métier de coach sportive, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et elle s’est fixé des objectifs élevés. «Le titre européen m’intéresse beaucoup car c’est une confrontation internationale et j’ai envie de connaitre cela ».
Elsa Hemat a adopté depuis longtemps un comportement professionnel en étant toujours prête à répondre aux sollicitations intéressantes, « je suis souvent prévenue tardivement, je n'ai su que le 12 mars que je combattrai pour cette ceinture WBC. Je me maintiens toujours en forme, ensuite on finalise les entrainements en fonction de l’adversaire. Je vais boxer dans une catégorie au-dessous de la mienne, vu l’enjeu, nous n’avons pas laissé passer l’occasion mais il y a bien longtemps que je ne suis pas descendue à ce poids-là. » Le défi est périlleux mais Elsa Hemat se dit confiante tout en soulignant les possibles retombées positives en cas de victoire, « ce combat me fait rester active et puis un succès me permettrait de faire autre chose derrière et d’avoir d’autres propositions. Une ceinture WBC, ce n’est quand même pas rien. »

Le style et la fougue de sa rivale d’un soir ne l’angoissent pas car à l’instar d’Emma Gongora, elle laisse le soin à ses entraineurs d’étudier la boxe adverse, « nous avons axé les trois semaines de préparation en fonction de ce qu’ils ont observé. Du coup cela me permet de travailler sur mes lacunes et de bien organiser ma récupération. Je leur fais confiance, on a toujours géré de cette façon. Je sais qu’Emma Gongora est technique et vaillante, elle a fait un gros combat face à Estelle et nous savons qu’elle a du cardio et du physique. »
Elsa Hemat est responsable sureté à la RATP, il lui faut poser des congés pour préparer ses combats, ces sacrifices consentis décuplent sa motivation pour renverser la table mercredi soir à Marseille où elle ne sera pas favorite. « Si je gagne, j’espère faire un championnat d’Europe et puis un championnat du monde et si je pouvais faire tout cela en 2022, ce serait formidable », conclut-elle.
Il y avait sept réunions, étalées sur deux journées, avec de nombreux combats de boxe professionnelle au programme, dans l'hexagone lors de ce premier week-end d'avril.
Le poids welter Victorien Monny (6 v), a battu le géorgien Bakar Gelenidze (6 v, 15 d, 1 n) en moins d’un round. Le français a déclenché son crochet droit puis a enchainé avec son crochet gauche au foie, le géorgien a mis un genou au sol et il fut incapable de se reprendre le combat. « Aucun français parmi ceux que nous avons contacté, n’a accepté de me rencontrer, on s’est donc rabattu sur Bakar Gelenidze, a déclaré Victorien Monny. Je vais m’inscrire en coupe de France pour boxer de bons adversaires ».
En super-welters, Souleimane Mohammedi (8 v, 1 n) a battu aux points le chevronné Fouad El Massoudi (17 v, 17 d, 1 n)
Deux combats pros encadraient le championnat de l'union européenne des super-moyens entre Gustave Tamba et l'italien Dragan Lepei.
En super-moyens, Clément Lubrano (8 v, 1 d, 1 n) a battu Amadou Ndiaye (4 v, 7 d, 1 n). Clément Lubrano a eu l'arcade gauche bien ouverte suite à un choc de têtes dés le premier round. La blessure étant trop profonde, le combat a été arrêté pour laisser place au pointage.
Le poids lourd Mekki Sahli (4 v) est demeuré invaincu en battant Charly Masiya Mbuyi (2 v, 1 d) par arrêt de l’arbitre à la 6eme reprise. Charly Masiya Mbuyi a d’abord encaissé de gros coups à la 4eme reprise avant d’aller au tapis sur une terrible droite au 5eme round. Mekki Sahli a de nouveau acculé son adversaire le long des cordes à la reprise suivante et Charly Masiya Mbuyi s’est écroulé.
En poids welter, Dassa Namana (2 v, 3 d, 2 n) et Mikheil Gabinashvili (8 v, 27 d, 3 n) ont fait match nul. « Dassa n’est pas parvenu à entrer correctement dans son combat, commente John Borlin, le coach auscitain. Il sort d’une blessure à l’épaule et il a eu une infiltration, il y a dix jours. Il n’a pas réussi à se poser, le manque d’entrainement s’est fait ressentir ».
En poids super-coq, Lydie Bialic (1 v) a effectué des débuts professionnels victorieux devant la serbe Marijana Dasovic (0 v, 13 d, 1 n). « Lydie a gagné tous les rounds, analyse John Borlin, sa victoire est incontestable. Elle n’a que 21 ans, on l’a fait passer chez les pros où sa boxe posée pourra mieux s’exprimer qu’en amateur où le débit de coups est plus important.
En super-welters, l’ukrainien basé à Monaco, Ruslan Kupchik (7 v) a battu aux points Kevin Jamois (2 d)

En poids welter, Nayan Deslion (6 v, 2 d) a battu aux points Raphaël Bocquet (3 v, 39 d, 1 n). « J’ai été un peu perturbé par le changement d’adversaire, indique Nayan Deslion. Je devais boxer Jean Moraiti en poids welters, il n’a pas pu venir et seul Raphaël Bocquet a accepté de combattre mais lui est beaucoup plus lourd. Je ne m’attendais pas à ce type de boxe fait de crochets larges et de bagarre. J’avais de la pression sur les épaules car cela faisait 15/20 ans qu’il n’y avait plus eu de boxe à Sète, je suis un pur sétois et j’étais la tête d’affiche. Je voulais produire de la belle boxe avec des coups en ligne, en bas, en haut, je n’ai pas pu le faire. Enfin la victoire est incontestable.
En moyen, Gaston Due (6 v, 4 d, 1 n) a battu le géorgien Giorgi Namgalauri (3 v,7 d) par abandon à l’appel du 2eme round.
En mi-lourds, Theo Beaufreton (1 v) a effectué des débuts professionnels prometteur en battant le géorgien Pridon Kakitashvili (1 v, 12 d) par KO à la 2eme reprise.

En poids welters, Melvin Moreau (8 v, 5 d, 1 n) a battu aux points (78-74, 78-74, 77-75) Batoura Guirassy (7 v, 8 d, 2 n). Le combat fut équilibré dans cette opposition de styles. Batoura Guirassy a utilisé son bras avant mais sans enchainer avec sa droite. Melvin Moreau a boxé en contre en laissant l’initiative à son rival pour déclencher ses crochets des deux mains dès que l’ouverture se présentait.
En super-légers, Romain Couture (10 v, 5 d, 2 n) et Kodjo Yetongnon (9 v, 4, 1 n d) se sont quittés sur un match nul (77-75, 75-77, 76-76).
En super-légers, Nathan Pineau Laib (8 v) a battu aux points (58-76, 58-76, 58-76) Islam Mouklouchev (8 v, 4 d, 1 n)
En plumes, Ylies Villaudiere (2 v, 1 d, 2 n) s’est imposé par arrêt de l’arbitre à la 6eme et dernière reprise devant Alexis Barateau (4 d, 1 n)
En super-welters, Georges Wiss (6 v, 1 n) a battu aux points (58-56) Mbemba Miesi (8 v, 5 d, 3 n).
En super-welters, Brayan Guedes (3 v, 3 d, 1 n) a créé la surprise en s’imposant aux points (59-55) devant John Lafont (2 v, 3 d, 1 n).
En super-welters, Kamel Guercif (2 v, 1 d, 1 n) s’est offert une large victoire aux points (60-54) devant le serbe Bozidar Ilic (12 d, 1 n).
En super-moyens, Nabil Bouazni (2 v) a défait le serbe Jovan Smilic (1 v, 7 d) aux points (38-37) en quatre rounds.