La Normande (-52 kg) a répondu présent, en quart de finale, en battant (5-0) la Turque Pinar Ozkan. Une performance de choix dans la lignée de ce qu’elle a montré depuis le début de cet Euro.
La Française était des plus stressées dans le vestiaire, à l’heure de monter sur le ring. Si la chose n’est pas rare chez elle, elle a l’immense mérite de ne pas lui faire perdre ses moyens et de ne pas la paralyser. Tant mieux car la Turque avait du répondant en étant en mesure d’avancer et de cadrer tout en cherchant à enfermer la Française. Pour échapper à un pareil sort, cette dernière a boxé sur les jambes, en désaxant systématiquement, que ce soit dans les phases offensives ou défensives quand il s’est agi de remiser et de contrer Pinar Ozkan. Elle s’est d’emblée imposée en étant entreprenante, si bien qu’elle n’a jamais laissé sa rivale s’installer.
Une prestation maîtrisée qui a séduit l’entraîneur national, Mohamed Taleb, lequel a apprécié la lucidité de sa protégée et d’abord, son aptitude à appliquer les consignes du coin. « La connexion fonctionne bien avec elle, se réjouit-il. Chez elle, la dimension psychologique est importante. »
Un aspect que l’entraîneur national ne négligera pas en demi-finale. Kaelya Mopin y retrouvera l’Espagnole Maria Mairena Aragon Luna qu’elle a déjà battue et qu’elle ne sous-estimera pas pour autant. Le tout sans mettre la charrue avant les bœufs. « Je ne répondrai pas à la question de savoir si Kaelya a les moyens d’aller au bout de la compétition, sourit Mohamed Taleb. On prend chaque combat l’un après l’autre. Disons qu’elle est capable de rivaliser avec les meilleures. » De bon augure.
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Cinq réunions abritaient des combats professionnels en France lors de ce week-end de Pâques.
Le poids mi-lourds Jonathan Cotteret (7 v, 6 d, 1 n) a effectué un retour victorieux après trois ans passés loin des rings en battant par KO au premier round, Matiouze Royer (20 v, 41 d, 7 n).
En poids lourds, Mattar Garcia (2 v) a mis KO au premier round le hongrois Tamas Kantor (2 v, 10 d, 1 n).
En super-welters, Yamin Bartolo (2 v) a battu aux points (40-35, 40-35, 40-35) le géorgien Giorgi Kirvalidze (2 d).
Kevin Thomas Cojean (28 v, 11 d, 2 n) a battu aux points Martin Owono (8 v, 39 d, 4 n)
En poids lourd-légers, Sebastian Philipotte (5 d) a été mis KO au 4eme round par le tunisien Sadok Sebki (6 v, 10 d, 2 n).
Romain Lehot (4 v) a largement battu aux points (40-36, 40-36, 40-36) le géorgien Beka Murjikneli (6 v, 22 d, 1 n) dans la catégorie des poids welters.

En poids plume, Jeremy Bernardin (8 v, 1 d) a battu aux points (60-54, 60-54, 59-55) le géorgien Edgari Sarkisiani (9 v, 16 d, 2 n)
Le poids lourd Rany Hadj Aissa (1 v) a effectué des débuts professionnels victorieux en s’imposant aux points (40-36, 40-36, 40-36) face à l’italien Andrea Coffaro (2 d).
En poids plume, Clothilde Del Ben (2 v) a ajouté une seconde victoire à son palmarès en battant largement aux points (60-54, 60-54, 60-54) la géorgienne Tekle Begiashvili (2 d).
Le super-moyen Armen Yepremyan (11 v, 2 d, 2 n) s’est imposé aux points (78-74) devant le géorgien Badri Gogichashvili (9 v, 17 d, 5 n).
En huitième de finale de l’épreuve, le Français (-57 kg) a livré une prestation aboutie et d’une grande intelligence pour venir à bout (3-2) du Turc Berat Civelek. Le podium se rapproche.
Tout n’avait pourtant pas formidablement commencé pour le Tricolore. « Au premier round, il n’a pas trouvé la solution devant le Turc qui est un peu plus grand que lui et qui travaillait en contre avec le bras avant délibérément bas dans l’espoir de cueillir Marwan en crochets larges ou en directs. Mais, lors de la minute de repos, ce dernier s’est remobilisé et a su appliquer les consignes, décrypte l’entraîneur national, Mohamed Taleb. En l’occurrence, avoir les mains bien hautes et ne pas laisser son adversaire s’installer afin de dérégler sa boxe comme il sait si bien le faire. C’est-à-dire en étant en permanence mobile du buste, en se déplaçant latéralement et, surtout, en réduisant la distance et en instillant de la continuité dans ses actions grâce à sa vitesse de bras. Ce qu’il a fait et cela a payé. Il a vraiment effectué un combat intelligent. » L’ultime reprise, forcément très disputée dans la mesure où le Turc a joué, en vain, son va-tout, n’a rien changé à l’affaire ni à la victoire méritée du Français.
Un succès qui reflète sa maturation pugilistique : « Marwan a appris à écouter, se félicite Mohamed Taleb. Au début, ce n’était pas toujours le cas. Il levait les mains et il allait à la guerre. Aujourd’hui, tout en veillant à ne pas s’exposer, il construit ses actions comme si chacune était, en tant que telle, un projet. »
Une ligne de conduite qu’il conviendra de conserver, en quart de finale, devant l’Irlandais John Arthur Donoghue. Il s’agira d’une revanche entre les deux hommes. Lors du dernier Euro cadets, il y a deux ans, le Britannique l’avait en effet emporté au même stade de la compétition et privé le Berjallien d’une médaille. Lequel n’a pas la mémoire courte. « On a une stratégie. On sera prêt », sourit Mohamed Taleb.
Le 16 avril, Marwan Mouflih (-57 kg) a brillamment dominé (5-0) le Géorgien Saba Eremeishvili, en seizième de finale. En revanche, Cyndelle Bachelet (-54 kg) a connu un sort diamétralement opposé face à l’Anglaise Emily Whitworth, en huitième de finale.
Marwan Mouflih (-57 kg) ) n’a pas failli devant le Géorgien Saba Eremeishvili doté d’un appréciable bagage technique et qui boxait en ligne et, surtout, en contre-attaque. « Il a pris le mesure du combat dès le début et donc un ascendant psychologique, raconte l’entraîneur national, Mohamed Taleb. Le but était de faire déclencher le Géorgien. Il a imposé un rythme que son adversaire s’est révélé incapable de suivre. Il l’a fatigué et a n’a eu de cesse d’imprimer de la continuité dans ses actions au point que Saba Eremeishvili ne parvenait pas à remiser ni à travailler comme il l’aurait voulu. Dès qu’il essayait, Marwan rentrait immédiatement derrière en combinant, en variant les zones de frappe et en désaxant à chaque fois que cela s’imposait. Non seulement il a été supérieur techniquement et tactiquement mais il a, en outre, parfaitement géré l’espace du ring. C’est quelqu’un qui fait tout pour ne pas se donner d’excuse. » Une attitude louable quand on aspire, comme lui, à se hisser sur le podium.
Cyndelle Bachelet (-54 kg), elle, a été moins heureuse en étant quelque peu hors sujet. « Elle n’a pas su entrer dans le combat, confirme Mohamed Taleb. Elle était trop dans l’attente, de surcroît avec les mains basses. A chaque fois qu’elle avançait, elle se faisait contrer par Emily Whitworth qui s’est montrée plus pressante en travaillant en ligne sur trois ou quatre coups. Dans ces conditions, Cyndelle a eu le tort de reculer dans l’axe au lieu de tourner et d’être toujours en mouvement pour ne pas rester en face de la Britannique et être en position de répliquer. Si bien qu’elle se faisait toucher. Et les rares fois où elle arrivait à s’en sortir, elle repartait de tellement loin qu’il était trop compliqué pour elle de revenir alors que l’Anglaise avait le temps de se remobiliser. Cyndelle ne s’est pas exprimée et n’a pas montré ce qu’elle est capable faire. Pourtant, c’est une boxeuse technique et propre. C’est d’autant plus dommage qu’il y avait la place pour passer. »
Ce soir à Telford, Terry le Couviour (16 v, 1 d) s'est incliné par KO au 6eme round face à l'anglais Jason Cunnigham (31 v, 6 d) pour le titre de champion d'Europe des poids super-coqs.
L’aventure s’annonçait périlleuse pour celui qui est surnommé « Le Petit Breton » et les premiers échanges ont confirmé que les craintes d’avant match étaient justifiées.
Jason Cunningham s’installait en patron, il tournait et distillait ses directs du bras avant avec une précision chirurgicale. Le français semblait crispé, il tentait de casser la distance sans y parvenir même s’il plaçait un court crochet à la fin de ce round initial.
Les coups de Terry Le Couviour ne partaient pas alors que le champion d’Europe réussissait tout ce qu’il entreprenait lors de la seconde reprise. L’anglais décochait un terrible crochet gauche au corps de son adversaire qui allait au tapis. Terry Le Couviour était compté une 1ere fois dans ce combat.
Fort de son expérience, Jason Cunningham ne se précipitait pas au cours des trois minutes suivantes, il dominait totalement les débats et il expédiait à nouveau le français au tapis avec une combinaison direct du gauche, crochet à la face. 2eme compte pour Terry Le Couviour qui encaissait ensuite une grosse série des deux mains.
Le breton ne se désunissait pas malgré l’évidente supériorité du champion, il livrait un bon 4eme round et semblait rentré définitivement dans son combat. Il confirmait au cours du 5eme même s’il était encore touché durement en bas, il encaissait les frappes de l’anglais avant de répliquer avec son crochet droit. Terry Le Couviour manquait d’allonge, le gaucher britannique tournait et distribuait son direct du bras avant mais le challenger fermait bien sa garde et il parvenait enfin à bloquer ce coup essentiel du champion d’Europe.

La 6eme reprise allait être fatale à Terry Le Couviour, il observait son adversaire avant de se jeter en lançant son crochet, Jason Cunnigham le contrait durement en bas, Terry Le Couviour posait les deux genoux au tapis, il était dans l’impossibilité de reprendre avant le compte de l’arbitre. La marche était haute pour le boxeur français, il ne s'est pas remis du premier coup au corps, il subit son premier revers en 17 rencontres.
Après seize mois sans boxer et avec peu de moyens, Terry Le Couviour, toujours aussi lucide, a déclaré sur sa page facebook, ne rien regretter, soulignant au passage que ses objectifs de début de carrière avaient été largement dépassés. Il a ensuite annoncé qu’il s'interrogeait sur la suite et qu'il allait se concentrer sur son activité professionnelle tout en se proposant d’aider les jeunes boxeurs de son club.
Même s’il s’est montré quelque peu crispé, le Français (-75 kg) s’est employé, le 16 avril, pour venir à bout (4-1) du solide Allemand Malek Semmo et se hisser en quart de finale de la compétition.
Une entrée en matière dans un grand championnat n’est jamais simple même quand on est infiniment doué. Le Lyonnais en a fait l’expérience mais a su passer l’obstacle et sauver l’essentiel, la qualification, devant un rival très agressif qui misait avant tout sur la dimension physique. D’autant que plus petit, l’Allemand n’avait d’autre choix que d’avancer en ligne, d’imposer le pressing et de débiter une profusion de crochets larges.
« On n’a pas forcément retrouvé le grand Yojerlin que l’on connaît d’habitude, admet l’entraîneur national, Mohamed Taleb. Il n’a pas toujours réussi à se mettre dedans et a eu du mal à déployer sa boxe, au point de, parfois, délaisser sa qualité essentielle, la technique, pour être prioritairement dans l’engagement. Il lui est arrivé de se faire déborder et toucher. A sa décharge, il est compliqué, pour un premier combat, d’avoir affaire à quelqu’un qui vous rentre dedans d’emblée. Cependant, il a fait la différence grâce à son allonge supérieure, en parvenant à maintenir son adversaire à distance et en désaxant en sortie d’action après avoir combiné sur deux ou trois coups. Il s’en est sorti en misant sur sa supériorité gestuelle et sa plus grande vitesse d’exécution. Néanmoins, la confrontation a été serrée. »
Le Tricolore a surtout eu le tort de « négliger les moyens de défense », dixit Mohamed Taleb, et donc de s’exposer. Un aspect que l’intéressé s’efforcera de corriger lors des entraînements à la leçon prévus d’ici mardi prochain. Ce jour-là, une médaille sera en jeu, en l’occurrence contre le Belge Noa Hadjit, un frappeur que le Rhônalpin a dominé par le passé. « Or, on sait tous que l’adversaire le plus dangereux est celui que l’on a déjà battu, prévient Mohamed Taleb. On ne va donc pas le prendre à la légère et on sera prêt. »
Si Momir Trbic (-71 kg) s’est incliné sans discussion, le 14 avril, en seizième de finale de la compétition qui se tient à Sofia, Kaelya Mopin (-52 kg), elle, n’a pas tremblé et l’a emporté avec la manière, en huitième de finale
Momir Trbic (-71 kg) faisait ses débuts dans un grand championnat international devant l’Irlandais Bobbi Duggan Flood, plus grand que lui. Le Britannique a fait la différence d’entrée : « Il a d’emblée été plus explosif, plus sec dans ses frappes et plus entreprenant, raconte l’entraîneur national, Mohamed Taleb. Bobbi Duggan Flood a pris un ascendant psychologique dès le début. En outre, il a aussi bien boxé en avançant qu’en reculant. Ses crochets larges étaient puissants. Quand Momir se déplaçait, il n’était pas suffisamment actif, ce qui permettait à son adversaire de le cadrer. Et lorsqu’il avançait, il se faisait cueillir. Il aurait dû effectuer davantage un travail de feintes, soigner ses préparations d’attaque et plus provoquer l’Irlandais. A cause de son manque d’expérience et de maturité, Momir n’est jamais parvenu à trouver la solution et a perdu confiance en lui. Ce qui explique qu’il n’ait pas été en mesure de reproduire tout ce qu’il sait faire habituellement sur le plan technico-tactique. Il était très stressé et bloqué, au point de ne pas réussir à appliquer les consignes, lesquelles consistaient à en découdre en séries, à ne pas se laisser faire, à multiplier les esquives rotatives et à gagner du terrain en ayant les mains bien hautes. Momir a perdu contre lui-même. Cette défaite (5-0) sera formatrice. »
En revanche, Kaelya Mopin (-52 kg) n’est pas passée à côté contre la locale de l’étape, la Bulgare Margaret Lamber Esther. « Ce qu’elle a fait est magnifique. Elle m’a épaté sourit Mohamed Taleb. Elle a engagé le combat dès le début pour montrer que c’était elle la patronne sur le ring. Même si, parfois, elle a eu tendance à débiter en continu, sans toujours être efficace, notamment en corps à corps, elle s’est bien ressaisie en désaxant pour ne pas rester en face ni accepter la bagarre. Elle a laissé venir la Bulgare, laquelle ne faisait qu’avancer en ligne et maintenir un pressing constant, pour mieux la contrer. Si bien que Kaelya a gagné haut la main en ayant su s’adapter à sa rivale. »
Samedi soir à Telford en Angleterre, Terry Le Couviour (16 v) tentera de s’emparer du titre de champion d’Europe des poids super-coqs détenu par l’anglais Jason Cunningham (30 v, 6 d). Ce grand combat sera retransmis en direct sur Fight Nation.
Terry Le Couviour fait partie de ces boxeurs français qui arrivent à faire une carrière professionnelle avec peu de moyens structurels et financiers mais en s’appuyant sur une détermination sans failles et du talent. « Le petit Breton » a consenti d’énormes sacrifices pour sa préparation à ce choc européen. « Je ne pensais pas arriver aussi loin quand je suis passé professionnel, confesse Terry Le Couviour, j’ai arrêté de travailler pendant six mois, pour m’entrainer comme un pro. Je mange boxe, je dors boxe, je vis boxe…depuis six mois, ma vie tourne autour de la boxe. Un semestre sans salaire, à vivre sur mes économies, j’ai mis toutes les chances de mon côté, pour voir si je peux franchir ce niveau. A moins de posséder un talent exceptionnel, je ne pense pas que l’on puisse devenir champion d’Europe en travaillant en même temps. Mon adversaire n’est pas dans la même situation ».
Le Team Le Couviour est une entreprise familiale où le papa tient une place prépondérante. Un paternel qui a la double casquette d’entraineur et d’associé puisque le père et le fils ont développé la marque de vêtements « Petit Breton » qu’ils vendent sur les marchés et par correspondance. Le champion concède que la relation du fils boxeur avec le père entraineur peut parfois être conflictuelle sans pour autant remettre en question la cohésion familiale à laquelle il est tant attaché. Terry Le Couviour a conquis la ceinture de l’union européenne, son niveau et ses objectifs lui imposent de se déplacer pour trouver des sparring-partners et progresser.
« Je me suis éloigné pour préparer cette échéance. Je suis allé en Thaïlande effectuer un gros travail physique, je ne me suis jamais senti aussi bien. J’ai mis les gants avec un champion du monde et j’étais à l’aise. En France, j’ai eu de bonnes mises de gants avec Vincent Gallazo, Jean Noël Alvarez, Karim Guerfi, Virgile De Gonzaga et un jeune boxeur prometteur en la personne de de Tony Kim Batreau ».
Bien qu’invaincu en seize sorties, Terry Le Couviour demeure humble et lucide ; « Je ne suis pas favori, Franck Warren, le promoteur de Jason Cunningham, doit penser que son boxeur va me battre facilement. Il a l’habitude de miser sur les bons chevaux. Je ne suis pas un puncheur mais un démolisseur, on a travaillé sur la puissance, pour être en capacité de conclure un combat. J’y vais avec l’objectif de gagner avant la limite ». Le breton sera accompagné Outre-Manche par son père et Cédric Laporterie qui officiera en tant que soigneur. Maxime Beaussire sera du voyage pour représenter Gérard Teysseron le promoteur de Terry Le Couviour.

Le longiligne gaucher anglais qui oscillait entre les super-mouches et les poids plume, semble avoir trouvé sa catégorie avec les super-coqs où il enchaîne les performances de premier plan depuis son revers face à Michaël Conlan, ex champion du monde et d’Europe amateur. Jason Cunningham a réalisé l’une des surprises de l’année 2021 en Angleterre, en détrônant de ce titre européen des poids super-coqs, le puncheur Gamal Yafai, qu’il a envoyé trois fois au tapis. Jason Cunningham a confirmé cette performance en infligeant une première défaite au grand espoir Brad Foster. Classé en IBF et WBO, une nouvelle défense victorieuse le rapprocherait un peu plus d’une chance mondiale que lui a promis Franck Warren.
Terry Le Couviour est inactif depuis seize mois mais il s’entraine d’arrache-pied depuis six mois pour ce grand rendez-vous. La marche est haute, comme l’est sa motivation pour faire déjouer le pronostic et créer l'exploit. Samir Ziani a montré la voie et Kevin Lele Sadjo a suivi l’exemple, Terry Le Couviour a les moyens de ne pas faire mentir l’expression « jamais deux sans trois »…
Le 9 avril, à Brive, le Haut-Viennois (17 v, 3 n, 11 d) a remporté sa sixième couronne nationale des lourds en détrônant Nicolas Wamba (8 v, 1 d) qui a abandonné à l’appel de la 6e pour cause de blessure au bras. A trente-huit ans, il n’a peut-être pas dit son dernier mot.
On peut tutoyer la quarantaine, avoir un sacré vécu sur et en dehors du carré magique et être encore impressionné par l’ambiance, au point de temporiser quelque peu avant d’entrer pour de bon dans le vif du sujet. C’est ce qui est arrivé à l’Aquitain qui… ne s’en cache pas. « Je n’ai pas été pris par l’enjeu car je suis habitué à disputer des championnats de France mais cela ne faisait pas loin de trois ans que je n’en avais pas fait un, justifie-t-il. Et puis la salle était archipleine... Même si je suis un diesel, il m’a donc fallu deux bons rounds pour me mettre vraiment dedans. Jusque-là, les coups ne partaient pas trop. Au troisième, je me suis mis un coup de pied aux fesses. Là, j’ai commencé à prendre l’ascendant et à faire reculer Nicolas Wamba en marchant sur lui sans me précipiter. »
Pour cela, le challenger a, bien sûr, cherché à casser la distance pour ensuite, dans un premier temps, déclencher à profusion des crochets larges, son « bras avant ne passant pas trop au début ». Au fil des minutes, son pressing constant et son appréciable vitesse de bras au service d’une gestuelle retrouvée l’ont mené lentement mais sûrement à un nouveau sacre, son adversaire étant contraint de renoncer à la mi-combat, trahi par son épaule.

« Dans l’ensemble cela s’est à peu près déroulé comme je l’avais prévu même si j’ai eu du mal à me lâcher. J’aurais bien voulu faire quelques rounds de plus », sourit Cyril Léonet qui aimerait surtout poursuivre l’aventure entre seize cordes. « Pour l’instant, je suis content d’avoir récupéré la ceinture d’autant que c’est la première que je prends à un champion en titre, explique-t-il. Le travail a payé. Me connaissant, j’aspire toujours à aller plus loin. Honnêtement, pour l’instant, je ne sais pas ce que je vais faire. On doit en discuter avec mon équipe. Des proches me conseillent d’arrêter, a fortiori sur une telle victoire. Moi, cette ceinture, je l’aime et j’ai envie de la défendre. Quand vous voyez un gala comme celui-là, tous ces gens debout qui crient votre nom, vous n’avez pas envie de raccrocher. On verra les opportunités. Une chose est sûre : si je continue, c’est pour briguer des titres et non pas pour boxer une fois par an et faire briller des étrangers. »