Retrouvez ci dessous, les résultats des boxeurs professionnels français qui se sont produits sur les rings de l'hexagone lors de ce week-end.

A Villers sur Mer

En poids super welter, Romain Lehot (5 v) s’est imposé par décision majoritaire (59-55, 60-54, 57-57) devant  Jonathan Bouillot (2 v, 2 d).

Romain Lehot a utilisé sa mobilité et son bras avant pour tenir en respect son adversaire en début de combat. Jonathan Bouillot n'était pas venu en Normandie pour faire de la figuration, il a constamment pressé le sociétaire du noble art de Carentan qui a du s'employer pour décrocher une courte victoire. Romain Lehot qui souffrait du coude, fut contraint d'accepter le combat de prés à partir de la 3eme reprise. Les deux boxeurs se sont alors livrés un duel acharné avec un intense 6eme et ultime round où ils se sont fait face, se rendant coups pour coups.  

En poids super-moyens, Attemane Zanoune (1 v, 1 d, 1 n) et Quentin Fontaine (1 n) se sont quittés sur match nul majoritaire (38-38, 38-38, 39-37).

Avec Attemane Zanoune, le jeune Quentin Fontaine a eu un véritable adversaire pour son premier combat dans les rangs professionnels. Le boxeur coaché par Salem Hamraoui a été actif pendant les quatre rounds de l'affrontement, toujours sur l'homme en se jetant pour placer ses larges crochets des deux mains. Nullement impressionné, Quentin Fontaine a répliqué du tac au tac et avec un peu plus de précision. Sa boxe plus variée avec un bon travail en bas, lui a permis d'accrocher un match nul qui a semblé satisfaire les deux camps.

A Toulouges

Le poids mi-lourd Theo Beaufreton (2 v)  a battu aux points (40-36, 40-36, 40-36) le géorgien  Vladimer Kakashvili (2 d).

En poids welter, Clément Casanova (1v, 1 d) a battu aux points (40-36, 40-36, 40-36) le géorgien Shota Jvaridze (6 d).

En poids super-coqs, Said Chakeur (2 v, 2 d) a battu aux points (39-36, 39-36, 38-37) le géorgien Nicat Mammadov (1 d).

Le poids coq Emmanuel Maille (1 v) a effectué de sdébuts victorieux en battant aux points (40-36, 40-36, 39-37) le géorgien Davit Shervashidze (2 v, 9 d, 1 n).

A Rumilly

En poids super-moyens, Keanu Klose (4 v, 1 d, 1 n)  et le suisse Khalid Graidia (7 v, 9 d, 4 n) se sont séparés sur un match nul (57-57).

Le 23 avril, à Toulouges, devant ses supporters, la Française (7 v, 2 n, 1 d) s’est parée de la première ceinture internationale de sa carrière, en l’occurrence, de celle WBC francophone des super-coqs. Pour cela, elle a dominé aux points, à l’unanimité des juges (100-90, 100-90, 99-91), la vaillante Serbe Sara Marjanovic (8 v, 10 v).

Même si la boxe est une invitation perpétuelle à mettre prestement sous le boisseau toute velléité présomptueuse, l’Occitane a, dans l’ensemble et dès le départ, eu la partie facile face à la visiteuse. « Dès l’entame, j’ai su que si je ne faisais pas de bêtise, cela allait bien se passer et que le verdict serait pour moi, confirme-t-elle. J’ai d’emblée été sécurisée dans ma tête. La plupart du temps, j’attaquais la première, d’abord au corps pour trouver l’ouverture dans sa garde et, ensuite, remonter au visage. Mais je l’ai également laissée venir pour la contrer car Sara Marjanovic était assez lente gestuellement. Elle procédait essentiellement en crochets larges et visait sans cesse le foie. Elle était assez prévisible. Dès que je voyais que les échanges devenaient un peu trop mous, je remettais du rythme. »

« Je suis en train de réellement progresser »

Par-delà le résultat, indiscutable, la manière y était : « Je me suis efforcée de boxer intelligemment, en particulier avec un bon travail du bras avant, ce que j’avais du mal à faire jusque-là, analyse Élodie Bouchlaka. J’ai gagné en précision et en puissance. Je pense que je suis en train de réellement progresser. Cela fait du bien d’autant que cela faisait deux ans que je n’avais pas boxé. Ce match m’a remis le pied à l’étrier et a, en quelque sorte, relancé la machine. J’ai pris en maturité dans la mesure où j’ai compris par moi-même comment il fallait gérer mon combat. J’étais à l’aise, ce qui est bon pour la confiance. Je suis contente car j’avais eu la Covid-19 deux semaines auparavant. Or, monter sur le ring quand on n’est pas à 100 % est toujours compliqué. »

La Tricolore n’a pas de promoteur attitré, son équipe, en l’occurrence, son père et son entraîneur, Rodlin Mouloungui, gérant, pour l’instant, sa carrière. A l’issue de sa probante prestation devant une rivale dure au mal, elle aimerait disputer le titre continental voire, mondial. « Je me sens prête pour ça », assure-t-elle sans forfanterie. On la croit volontiers.

Hier soir à Villers Sur Mer, Sofia Nabet (3 v)  est devenue championne de France des poids légers en battant largement aux points (79-73, 79-73, 79-73) Eva Debacker (2 v, 2 d).

Ce combat mettait aux prises deux gauchères aux styles opposés avec la mobilité et l’aisance technique pour Sofia Nabet face au pressing et la recherche de puissance du côté d’Eva Debacker. Eva Debacker, la garde haute, a avancé pendant huit rounds menés tambour battant, en espérant provoquer l’épreuve de force et déclencher le combat de près qu’elle affectionne.

La nordiste s’est heurtée à l’impeccable jeu de jambes et au coup d’œil de Sofia Nabet, qui a évolué un ton au-dessus de sa vaillante rivale. La boxeuse coachée par Rachid Labdouni a rapidement mis son emprise sur le combat pour dominer les débats. Sofia Nabet a construit sa victoire round après round grâce à la précision et la variété de ses frappes. Eva Debacker a été contrainte de courir après le score sans toutefois être mise en danger par la nouvelle championne de France. Quand elle a touché avec son crochet gauche, Sofia Nabet a répliqué en série. Le débit de coups élevé de la Francilienne a indéniablement été un élément essentiel de sa victoire.  

" j’ai envie d’aller plus haut »

Sofia Nabet a longtemps savouré ce beau succès en répondant à toutes les nombreuses sollicitations de photo, avec un sourire qui en disait long sur la satisfaction d’avoir rempli son contrat avec la manière, «je n’ai pas rencontré de difficultés particulières face à Eva », déclare Sofia Nabet. « J’ai eu la chance que sa boxe me corresponde, je ne suis pas une « bagarreuse », je suis plutôt technicienne, du coup sa boxe me met à l’aise dans le sens où je peux m’exprimer. C’était mon premier combat en huit rounds, je le fais à l’entrainement mais là en championnat de France, je partais un peu dans l’inconnue, finalement tout s’est bien passé ».

L’ex sociétaire de l’équipe de France demeure une compétitrice de haut niveau qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.  

« Cette proposition m’a donnée la motivation pour m’entrainer deux fois plus pour bien préparer ce combat, confie la championne de France.  Je venais d’intégrer un nouvel emploi à temps plein quand cette opportunité s’est présentée, j’ai relevé le défi de travailler à temps plein et réussir à me préparer pour une grosse échéance, je suis une femme de challenge, j’avais promis à tout le monde que je ne rentrerai pas les mains vides. En toute honnêteté, il n’est pas dans mes objectifs de défendre cette ceinture. J’ai été championne de France amateur en 2017, j’ai prouvé que j’étais capable d’avoir ce titre dans le monde professionnel, j’ai maintenant envie d’aller plus haut ».

De son coté, Eva Debacker était abattue « Je savais que je ne boxais pas n’importe qui, on connaissait son niveau. Je pense ne pas avoir été ridicule. Le fait qu’elle soit gauchère m’a gêné. Elle était plus grande que moi, avec une meilleure allonge, il aurait fallu que je déclenche plus mais je ne pouvais pas me jeter sous peine d’être contrée. Il aurait fallu que je puisse déclencher plus de combinaisons, on va travailler encore plus dur. On a fait un beau combat, elle a une bonne frappe mais moi aussi. Je suis déçue, je suis perfectionniste, tout pendant que je n’ai pas la ceinture autour de la taille, je ne peux pas être satisfaite ».  La jeune (24 ans) nordiste a échoué deux fois dans sa quête de la ceinture nationale, il en faudra plus pour la décourager, « je dois être championne de France et je le serai, j’en ai fait la promesse à ma maman et elle n’est plus là… », conclut Eva Debacker les yeux embués de larmes.

Hier soir à Copenhague, Franck Petitjean (25 v, 6 d, 3 n) n'est pas parvenu à conquérir le titre de champion d'Europe des poids super-légers, il s'est incliné aux points (114-113114-113, 116-113) face à l'invaincu danois Enoch Poulsen (12 v).

La Française (-52 kg) a été impressionnante de maîtrise pour dominer (5-0) l’Anglaise Lauren Mackie en finale des championnats d’Europe Juniors, à Sofia. Un avènement aussi mérité que prometteur.

« Kaelya a vraiment fait le combat qu’il fallait, sourit, soulagé, l’entraîneur national Mohamed Taleb. Face à la Britannique qui travaillait bien campée sur ses appuis et qui cherchait à frapper d'avantage en force qu’en séries, l’objectif était de l’empêcher de s’installer et de ne pas la laisser se poser. Pour cela, Kaelya a sans cesse été active en veillant à commencer les échanges, parfois en contre-attaquant, et à les terminer, toujours en ayant les main biens hautes. Elle a suivi le game plan, quitte à accrocher un peu pour récupérer. Dans la mesure où elle avait remporté les deux premiers rounds et qu’elle était quelque peu émoussée physiquement dans le troisième, elle a alors géré en occupant au maximum l’espace du ring. » Bref, la Normande a rendu une copie de grande qualité.

« Elle a le profil pour faire du haut niveau »

« Tout au long de ces championnats, elle a fait preuve d’une remarquable détermination qui a payé, renchérit Mohamed Taleb. Elle a fait le taf en étant vraiment à l’écoute et en appliquant les conseils qui lui étaient donnés. C’est quelqu’un qui en découd avec sa tête et… sa puissance appréciable pour une -52 kg. Elle a affronté des adversaires aux styles différents en réussissant à chaque fois à s’adapter et à varier sa boxe. »

Néanmoins, les axes d’amélioration sont identifiés afin que la prochaine transition avec les seniors se passe sous les meilleurs auspices  : « Kaelya doit travailler la gestion de ses émotions car elle a trop tendance à faire le combat avant le combat, ce qui lui fait perdre de l’énergie, pointe Mohamed Taleb. A elle d’arriver à faire le vide. De même, est-elle encline à s’énerver quand les choses ne tournent pas comme elle le voudrait entre seize cordes. Sur le plan tactique, il faut qu’elle évite de sortir trop loin pour ne pas avoir du mal à revenir et à initier une nouvelle action. Elle est encore perfectible mais elle est dans les temps. Elle a le profil pour faire du haut niveau. Cela a été un grand plaisir de l’accompagner lors de cette compétition. » Plaisir partagé.

Tout sur les championnats d'Europe Juniors ici

La Normande est la seule Tricolore à avoir remporté sa demi-finale continentale, le 20 avril. Elle n’est plus qu’à une marche du bonheur suprême. Ses coéquipiers, eux, ont connu de mauvaises fortunes parfois improbables.

Commençons par l’impensable. A l’issue de son match contre l’Ukrainien Oleksandr Balabin, Yojerlin César (-75 kg) était déclaré vainqueur sur le fil (3-2). Rien d’anormal à cela car quand bien même la confrontation avait-elle été serrée entre deux pugilistes aux styles comparables, le Lyonnais avait donné l’impression d’en avoir fait un peu plus et un peu mieux pour décrocher la timbale. « L’Ukrainien était rapide et explosif, analyse l’entraîneur national, Mohamed Taleb. Il boxait sur deux ou trois coups avant de ressortir en désaxant. Néanmoins, Yojerlin a su le contenir en restant à distance et en le contrant quand et comme il le fallait tout en veillant à avoir une garde hermétique. Surtout, il a pris l’ascendant au fil de la confrontation, à partir du deuxième round, en étant plus actif et plus précis. » Dont acte. Sauf que la délégation ukrainienne portait réclamation et… obtenait gain de cause dans la soirée ! « Les juges se sont réunis et ont choisi d’inverser le verdict après avoir revisionné le match, raconte Mohamed Taleb. C’est déjà arrivé deux à trois fois au cours de la compétition. Or, là, ce n’est absolument pas justifié. Je ne comprends pas comment on peut revenir sur une décision qui aurait pu pencher d’un côté comme de l’autre, la victoire de Yojerlin étant, dans l’ensemble, méritée. »

Et quand rien ne va, rien ne va pas. En -57 kg, devant l’Allemand Arian Gohar Shenason Esfahani, tout à la fois fuyant et truqueur au point d’être sanctionné d’un avertissement, Marwan Mouflih a été coupable de ne pas « avoir fait étalage de toute sa technique même si je ne le vois pas derrière au regard de la physionomie des débats », dixit Mohamed Taleb. A la clef, un échec frustrant (3-2 préférentiel). Dommage car quand le Berjallien s’est résolu à varier les cibles au lieu de ne viser que le visage et à ne pas tomber dans le jeu de l’Allemand, toujours enclin à s’accrocher, il se montrait le plus précis.

« Maelys Richol a réalisé un très beau parcours »

Quant à Maelys Richol (-66 kg), elle a été victime de ses émotions et de son désir ardent de prendre sa revanche contre la très brouillonne Roumaine Nicoleta Sebe Crinuta Andra qui l’avait dominée lors d’un précédent tournoi international. La Francilienne a eu le tort d’accepter la bagarre à mi-distance alors qu’elle avait les armes et l’allonge pour en découdre de plus loin et être plus tranchante en faisant valoir sa supériorité technique. Il n’empêche, « Maelys a réalisé un très beau parcours, tempère l’entraîneur national. Elle n’est que junior 1 et vient d’être sacrée championne de France. »

L’éclaircie de la journée est donc venue de Kaelya Mopin qui a pris l’ascendant (3-2) sur l’Espagnole Maria Mairena Aragon Luna. Au cours de la reprise, il lui a fallu prendre la mesure d’une adversaire qui avançait sans vraiment chercher à combiner et qui misait surtout sur la puissance de son bras arrière. « Ensuite, Kaelya a davantage su enchaîner et ne pas rester dans l’axe en ayant les mains hautes afin de ne pas s’exposer, commente Mohamed Taleb. Elle a beaucoup été sur les jambes et a eu l’intelligence de refuser d’aller à la guerre, ce qui a eu pour effet de dérégler les plans de l’Ibère qui ne parvenait pas à la cadrer. Kaelya a vraiment réalisé une belle prestation. » Il lui faudra employer la même stratégie pour se parer d’or à l’issue de la finale face à l’Anglaise Lauren Mackie.

La Pyrénéenne (6 v, 2 n, 1 d) briguera, ce samedi, chez elle, à Toulouges, le titre WBC francophone des super-coqs face à la Serbe Sara Marjanovic (8 v, 9 d). En cas de succès, elle aimerait viser le titre continental.

Pas de doute, les spectateurs du Naturopole de Toulouges assisteront à un duel de battantes qui ignorent consciencieusement la marche arrière et qui ne sont jamais plus à l’aise que quand elles avancent. Sauf qu’à ce jeu-là, il faudra bien qu’il y en ait une des deux qui finisse par céder. La Française a, évidemment, la ferme intention de ne pas être celle-là. Pour cela, elle sait ce qu’elle devra faire dans le carré magique : « Le profil de mon adversaire me convient. C’est celui que je préfère. Je vais imposer une pression constante. Le but sera de débiter davantage qu’elle tout en soignant les moyens de défense et sans me précipiter. Je vais boxer comme je sais le faire. »

Cette échéance est pour le moins attendue par l’Occitane qui, entre les blessures et le Covid, a été contrainte de décliner plusieurs opportunités, en particulier un championnat d’Europe contre l’Espagnole Melania Sarroche, en novembre dernier. « Ne pas avoir boxé depuis deux ans n’est pas problématique parce que j’ai effectué pas mal de mises de gants notamment avec Anissa Benyoub, explique-t-elle. Le fait d’en découdre à la maison sera également à atout sur le plan psychologique. »

« Je suis dans une bonne phase mentale »

« Je suis sereine car avec mon entraîneur, Rodlin Mouloungui, nous avons fait une bonne préparation. On a mis l’accent sur le physique et le cardio car ce sera mon premier dix rounds. Je suis assez sûre de moi. J’ai longtemps manqué de confiance en moi mais là, je pense que je suis dans une bonne phase mentale. Les paroles de mon père et de mon coach m’ont beaucoup aidée. Ils me répètent que je sais boxer et que j’ai les capacités d’aller loin. » D’ailleurs, l’intéressée n’a, de son propre aveu, « pas lâché l’affaire et a beaucoup progressé sur le plan technique ». « Je suis plus structurée et variée dans ma boxe, assure-t-elle. Défensivement, je suis, en outre, moins perméable. En somme, j’en découds davantage avec ma tête afin de mieux construire mes combats »

Si elle l’emporte contre la Serbe, la Sudiste espère bien avoir, ensuite, la possibilité de disputer un championnat d’Europe. C’est l’objectif déclaré de celle qui se sent aussi à son aise en coqs qu’en super-coqs, deux catégories dans lesquelles elle a, au demeurant, été sacrée championne de France.

La Formation Cutmen Nationaux a eu l'honneur et le plaisir de dispenser une formation au sein de l'unité d'élite de la Police Nationale : le RAID. Une grande première en France ! Les sports de combat faisant partie de l'ADN du RAID, ses membres, déjà riches d'une grande expérience en la matière, ont pu découvrir et apprendre les techniques du métier de cutman. Un formidable moment de partage, dans un environnement où l'excellence et la rigueur sont un travail du quotidien.

Laurent Boucher et Franck Romeo remercient chaleureusement Mr. Sabot (chef adjoint du RAID, commissaire divisionnaire), d'avoir permis la réalisation de cette formation, ainsi que l'ensemble des membres du RAID pour leur accueil chaleureux, leur sérieux et leur grande disponibilité.

Les cadres techniques nationaux de la FF Boxe Abdelkader Bouhenia et Bakary Diabira étaient également présents pour accompagner la FCN.

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur leur site officiel :

www.formation-cutmen-nationaux.com

Il reste des places pour Bazeilles les 14 et 15 mai

Ce 19 avril a été un jour faste pour les Tricolores. Yojerlin César (-75 kg), Marwan Mouflih (-57 kg) et Maelys Richol (-66 kg) ont, en effet, remporté leur quart de finale et sont donc assurés d’une médaille. Tout comme l’avait été Kaelia Mopin, la veille. Le bilan de l’équipe de France est d’ores et déjà admirable.

C’est à Yojerlin César (-75 kg) qu’il est revenu d’ouvrir le bal face au Belge Noa Hadjit, un bagarreur porté sur l’offensive, donc dangereux car cherchant systématiquement le coup dur. Pour ne pas tomber dans le panneau, le Lyonnais a misé à la fois sur des moyens de défense hermétiques et sur la contre-attaque. Si, dans la deuxième reprise, il s’est un peu écarté de ce plan de bataille en acceptant trop le mano a mano, il s’est remobilisé dans l’ultime round, tantôt en attaquant le premier puis en désaxant, tantôt en remisant mais toujours en veillant à ne pas se faire toucher. Mieux, le Rhônalpin, notoirement au-dessus sur le plan technique, a été en mesure de durcir les échanges et de mettre à mal le cardio pas toujours optimal de son rival. A la clef, une victoire logique… sur le fil (3-2)

En fin stratège, Marwan Mouflih (-57 kg) a opportunément alterné entre trois stratégies selon la teneur des échanges devant l’Irlandais John Arthur Donoghue, enclin à en découdre les mains basses et à changer de garde en étant extrêmement mobile. La première consistait à travailler à distance, à faire déclencher l’adversaire et à revenir immédiatement derrière ; la deuxième à mettre la pression et à rester en face pour cadrer comme il se devait et étouffer le Britannique ; enfin, la troisième visait à insister sur la continuité des actions en doublant les attaques. Une variété qui a permis au Berjallien, lequel a parfaitement occupé l’espace du carré magique, de s’adjuger les trois rounds (4-1). « Il a été à la hauteur de ce que l’on attendait de lui », résume l’entraîneur national, Mohamed Taleb.

La mission pas facile de Maelys Richol

La palme revient sûrement Maelys Richol (-66 kg) qui participe, en Bulgarie, à son premier grand championnat et qui, pour son entrée en matière, disputait un combat pour la médaille. On a déjà vu mission plus facile, a fortiori contre une Irlandaise - Gabrielle Faustina Mongan - au petit gabarit et qui n’a eu de cesse d’avancer sur elle. Mais il en fallait plus déstabiliser l’Essonnienne qui, si elle a eu le tort, initialement, d’aller un peu trop au baston, a ensuite corrigé le tir en exploitant son allonge supérieure sans se coller à sa contradictrice mais au contraire, en débitant sur les jambes afin de se déplacer à satiété entre seize cordes. Sa capacité d’adaptation, aux allures de démonstration, a débouché sur un succès mérité (5-0) et séduit l’entraîneur national même si la Francilienne doit encore progresser dans la gestion de ses émotions.

« Pour tout le monde, ce sera jouable en demi-finale », conclut Mohamed Taleb. On le croit volontiers.

Le Français (23 v, 3 n, 5 d) tentera de relancer sa déjà belle carrière en allant battre le Danois Enock Poulsen (11 v), à Copenhague, le 21 avril. A la clef, la ceinture européenne vacante des super-légers.

Absent des rings depuis trois ans, le Parisien a néanmoins obtenu une chance continentale. Un défi, fruit des circonstances et qui ne se refuse pas. « C’est l’effet positif du Covid, si je puis dire, explique-t-il. Ma victoire face au Géorgien Aleksandre Gamqrelidze, en avril 2019, m’a permis de continuer à figurer dans le classement de l’EBU. Le titre était vacant et l’un de mes coachs, Rachid Labdouni, s’est positionné pour que je puisse le disputer. Comme j’étais disponible, je me suis précipité sur l’occasion. J’étais toujours plus ou moins dans la boxe mais je me lassais à force de ne pas avoir d’échéance en perspective. En revanche, je suis toujours resté actif et j’ai continué à m’entretenir. Je n’avais pas envie d’arrêter mais, au contraire, de faire encore quelque matchs. »

L’ancien champion de l’Union européenne se prépare avec deux entraîneurs, Youssef Barit, à Levallois, et Rachid Labdouni, à Fontenay-sous-Bois. Le premier a plutôt en charge la boxe à distance tandis que le second s’occupe davantage de la boxe de près. Une répartition des rôles complémentaire et bien huilée. Parallèlement, le Francilien a récemment lancé sa propre salle, à Levallois, la Gloves Academy, également ouverte aux compétiteurs et qu’il compte affilier à la FF Boxe.

« J’ai plus de maturité, de confiance et de volonté. »

Il espère bien y accrocher la ceinture de l’EBU. Pour cela, il devra se défaire du sieur Enock Poulsen. « Il est un peu plus grand que moi et boxe pas mal sur les jambes, décrypte Franck Petitjean. Il est technique et bon à distance mais ce n’est pas un frappeur. Je pense qu’au début, il va pas mal bouger et essayer de me perturber. A moi de rester concentré et de lui mettre la pression pour ne pas perdre les rounds. J’espère faire la différence grâce à mon expérience en misant sur ma capacité à attaquer intelligemment. Mon inactivité n’est pas un problème car j’ai quand même une trentaine de combats à mon actif et je sais ce que c’est de disputer un championnat continental. Cette coupure m’a permis de prendre de la hauteur et de me dire que j’ai réalisé pas mal de choses. Cette opportunité arrive à pic car j’ai atteint un âge où j’ai plus de maturité, de confiance et de volonté. »

Le résultat augurera-t-il de la suite ? « Franchement, je ne sais pas, répond le Tricolore. Ma deadline, c’est le 21 avril. Je vais tout donner. Après, on verra si j’ai des propositions et si elles en valent le coup. »

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