Jean-Pierre Giraudet a succombé à une crise cardiaque foudroyante hier en début de soirée, il allait avoir 63eme ans.
Venu sur le tard à la boxe après une expérience dans le karaté, Jean-Pierre Giraudet fut champion amateur de Paris Île de France. Il rejoindra les rangs professionnels dans la catégorie des poids super-légers en 1985. Il se retirera en 1989 après une défaite face à l’italien Gianluca Bronco avec un palmarès équilibré de 9 victoires, 8 défaites et un match nul.
Jean-Pierre Giraudet a ensuite passé le diplôme d’État d’entraîneur professionnel du 1er puis 2nd degré, pour former les cadres. Conseiller technique fédéral, conseiller technique au club de Mantes-la-Ville (Yvelines) et vice-président du club de Rueil-Malmaison, il suivait l’évolution de plusieurs boxeurs amateurs et un professionnel très prometteur en la personne d’Hassan Hamzile, qu’il avait découvert.
Homme généreux et bienveillant, il intervenait depuis de nombreuses années en milieu carcéral. « Il tendait la main à tout le monde, quelque soient leurs origines ou ce qu’ils avaient fait, confie Gilles Prokope, ex boxeur, lui aussi formé par Jean-Pierre Giraudet avec qui il était resté très proche. Ces derniers temps, sa carrière d’entraineur tournait essentiellement autour de la centrale de Poissy où il a aidé des prisonniers à se réinsérer par le sport, en les accompagnant pour trouver des solutions de vie sans rien demander en retour. Jean-Pierre était apprécié de tous pour ses exceptionnelles qualités humaines ».
Mr Claude Ceray, président du Boxing Club de Rueil rend un hommage appuyé à celui qui « était un élément moteur du club où il était arrivé il y a une vingtaine d’années. C’était un détecteur de talents hors pair et un immense formateur. Je lui ai encore parlé hier, il avait des projets pour le club où il tenait un rôle essentiel. Il était vice-président depuis dix ans, il va terriblement nous manquer, surtout sentimentalement mais aussi au niveau de l'organisation et la détection des jeunes ».
« C’est quelqu’un que nous connaissions bien, il était investi depuis longtemps dans son club. Jean-Pierre était un formateur de la FFB et un éducateur de grande valeur, la boxe perd un grand serviteur », déclare Dominique Nato.

Le Comité directeur de la Fédération Française de boxe et son président, Mr Dominique Nato, présentent leurs sincères condoléances à la famille et aux amis de Mr Jean-Pierre Giraudet.

L’ex champion d’Europe des poids légers et boxeur vedette des années 60, est décédé mercredi 27 avril à l’âge de 85 ans.
Né le 16 novembre 1936 à Tournon, Maurice Tavant (56 v, 16 d, 4 n) a effectué une cinquantaine de combats amateurs avant de passer professionnel après son service militaire alors qu’il était dans sa 23eme année. Le jeune gaucher managé par Robert Perono à Lyon, perd son 1er combat avant d’enchainer par une série de victoires pendant trois ans.
En 1965, lors de son 37eme combat professionnel, il détrône Daniel Deneux de son titre national des poids super-légers à Villeurbanne. Quatre mois plus tard, toujours à Villeurbanne, il cause la surprise en s’emparant du titre européen des poids légers, en battant par KO au 3eme round l’italien Franco Brondi qui était favori pour conserver sa ceinture continentale une seconde fois. Maurice Tavant avait frappé fort d’entrée, en ébranlant le transalpin dès la 1ere reprise avant d’abréger le combat deux rounds plus tard. Il perdra son titre lors de sa 3eme défense au Danemark où il fut battu aux points en 15 rounds devant le danois Borge Krogh. Une défaite que Maurice Tavant attribuera à l’absorption d’un thé qu’il soupçonnera être à l’origine de sa déconvenue, le français Jean Brucellari au programme ce soir-là et battu aux points, invoquera lui aussi ce fameux thé.
Deux ans plus tard, Maurice Tavant fera match nul avec René Roque, l’autre boxeur vedette de la région lyonnaise, pour le titre national des poids légers. Il obtiendra ce titre de champion de France dans une seconde catégorie en battant à Paris, Leonard Tavarez par arrêt au 15eme round. Deux mois plus tard, il échouera aux points devant son plus prestigieux adversaire, le grand Ismaêl Laguna, ex champion du monde WBC/WBA. Preuve de sa grande valeur, le Hall Of Famer panaméen reprendra ses titres mondiaux l’année suivante. Le champion lyonnais tenta de prendre sa revanche sur Borge Krogh, sans titre en jeu et pour une nouvelle défaite aux points, toujours à Copenhague. Maurice Tavant stoppera sa carrière après une défaite face à Roger Zami pour le compte du championnat de France des poids super-légers.

Maurice Tavant devient dirigeant de club et président du comité du Lyonnais tout en menant une vie professionnelle où il exerça divers métiers tels que commerçant ou VRP.
Le Comité directeur de la Fédération Française de boxe et son président, Mr Dominique Nato, présentent leurs sincères condoléances à la famille et aux amis de Mr Maurice Tavant.
Les obsèques de Maurice Tavant auront lieu le 5 mai à 9 heures à la Guillotière.
Le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) Hauts-de-France vous propose d'élire le sportif du mois.
Elisez Yvan Mendy en votant ici
Les votes seront clos le mercredi 11 mai 2022.

Devant le succès grandissant de la Formation Cutmen Nationaux (FCN), de nombreuses demandes ont été formulées aux concepteurs concernant la prochaine session de formation en Île-de-France.
Celle-ci aura lieu les 11 et 12 juin prochain, au Boxing Beats d'Aubervilliers (93300) et les inscriptions sont maintenant OUVERTES !
Rendez-vous donc très rapidement sur le site officiel www.formation-cutmen-nationaux.com pour vous inscrire, car le nombre de participants est limité !
Ne ratez pas la seule formation diplômante reconnue par la FF Boxe !
Les deux formateurs et leur équipe ont déjà hâte de vous y retrouver pour un nouveau week-end de formation.
Informations et renseignements :
A noter que les deux techniciens ne chômeront pas en attendant de retrouver les stagiaires de l'étape francilienne puisqu'ils seront à pied d'œuvre à Istambul (Turquie) pendant la durée des championnats du monde féminins. En effet, Laurent Boucher et Franck Romeo interviendront à la demande de l'IBA auprès des entraineurs internationaux, en tant qu'International Technical Official (ITO), chargés d'instruire la méthodologie du bandage professionnel.

L’équipe de France senior masculine a battu (5-2) son homologue espagnole, samedi 30 avril, à Bazeilles. Une répétition générale de bon augure.
Cette rencontre pays à pays contre une nation qui est désormais un partenaire privilégié des Bleus avait pourtant mal commencé… sur le plan logistique. En effet, une erreur d’aiguillage de bagages avait privé deux athlètes ibères ainsi que leur entraîneur, Rafael Lozano, de leurs effets personnels. A la clef, deux forfaits et un troisième, celui du super-lourd des visiteurs touché à la mâchoire et qui ne voulait prendre aucun risque dans l’optique de prochains championnats d’Europe. Si bien que Théo Ticoud (-51 kg), Enzo Grau (-60 kg) et Djamili Dini Aboudou Moinze (+91 kg) n’ont pas pu monter sur le ring. Pour autant, ce match avait de l’importance puisque du côté tricolore, il fait partie intégrante du chemin de sélection en vue de l’Euro, donc, mais également des Jeux méditerranéens.
Ibrahim Boukedim (-54 kg) a mis ses partenaires sur la bonne voie en l’emportant d’un chouïa aux dépens de Gabriel Escobar Mascunano à l’issue d’un duel extrêmement serré. « Il a fait un beau combat face à quelqu’un qui a de la bouteille puisque l’Espagnol a été champion d’Europe en 2019, pointe Malik Bouziane, entraîneur national responsable de la filière masculine. Très actif, Ibrahim a bien boxé sur ses jambes mais il doit être plus efficace en étant davantage assis sur ses appuis et prendre moins de coups en ne s’exposant pas à des contres en sortie d’échange. » Monté dans une catégorie qui n’est pas la sienne, en l’occurrence les -57 kg, Billal Bennama, vainqueur d’Antonio Barrul Fernandez, « a livré une prestation sérieuse en levant bien les mains. Il a été appliqué et propre dans ses actions », se félicite Malik Bouziane. Blessé à la main, Lounès Hamraoui (-63,5 kg) a assuré l’essentiel devant Adrian Thiam Creus et ce, avec la manière en misant sur des changements de rythme opportuns, sa précision et sa vitesse de bras.
Très volontaire, Enzo Marguerite a, quant à lui, été dominé par Youba Cissokho Ndiaye, un rival beaucoup plus expérimenté et puissant. Il faut rappeler qu’il était aligné en -71 kg alors que le Normand en décousait en -63 kg quand il était junior. « Il n’a pas démérité devant un client », insiste Malik Bouziane.
Fidèle à lui-même, Moreno Fendero (-75 kg) a fait parler sa force physique, la justesse ciblée de ses frappes et sa science du pressing pour triompher sans bavure de Miguel Cuadrado Entrena. Une absence de déchet technique qui s’est reflétée sur les bulletins des juges.
Seule petite déception dans le camps français, la défaite de Raphael Monny (-80 kg), battu par Gazimagomed Schamilovich Jalidov Gafurova. Plus que le résultat, c’est la façon avec laquelle elle a été concédée qui n’a pas ravi le staff. Lequel déplore, chez le Troyen, « un manque d’engagement et d’initiative, sans compter une propension à trop souvent être sur la défensive et à subir alors que Raphael a de réelles qualités ».
Enfin, la performance de la soirée aux allures de cerise sur le gâteau est à mettre à l’actif de Soheb Bouafia qui a pris sa revanche sur Emmanuel Reyes Pla, médaillé de bronze lors des derniers Mondiaux et JO, excusez du peu ! Une victoire qui va emplir de confiance le Roubaisien, lequel a eu du mal à se remettre de son échec en finale des derniers championnats de France. « C’est Soheb qui a fait le match, commente Malik Bouziane. Il y a cru jusqu’au bout et a gagné à l’usure en travaillant sur de séries courtes et en étant systématiquement réactif après avoir bloqué. Il a marqué les esprits. » Et d’abord ceux des entraîneurs nationaux, ce qui est l’essentiel.
Retrouvez ci dessous, les résultats des boxeurs professionnels français qui se sont produits sur les rings de l'hexagone lors de ce dernier week-end d'avril.
En super-moyens, Loris Barberio (7 v, 1 d) a battu Amadou Ndiaye (4 v, 8 d, 1 n) par arrêt suite à une blessure à l’épaule.
En super-légers, Ziane Abdelouhab (3 v, 2 d, 3 n) a battu avant la limite (TKO 6) Gael Kebe (3 v, 1 d, 1 n).
En poids légers, Jordan Patrick Tomasoni (1 v, 1 n) et Tristan Benard (1 v, 1 d, 1 n) se sont quittés sur un match nul (57-56, 56-57, 57-57).
En poids légers, Yoni Valverde Jr (8 v) a largement battu aux points (60-54) le géorgien Luka Tchilauri (7 v, 21 d, 1 n). Le jeune Valverde a effectué un cavalier seul devant un boxeur plus grand que lui mais qui n’a jamais su profiter de son allonge pour contrer le français. Yoni Valverde a montré de belles attitudes et notamment des retraits du buste qui lui ont permis d’esquiver les bras avant et les droites du géorgien. « Si tout se passe bien, je devrais rejoindre les Elites 1, a déclaré Yoni Valverde, mon objectif est de disputer le titre national des super-plumes et de le ramener dans les Ardennes ».
En poids welter, Hugo Morel (1 v) a effectué des débuts professionnels victorieux en battant aux points (40-37) Mathéo Rousseau (1 v, 1 d).

En poids moyens, Jonathan Kinner (1 v, 10 d, 1 n) s’est incliné d’une courte tête (56-58) devant Fréderic Cousy (5v, 2 d, 1 n).
Deux combats professionnels encadraient le championnat d’Europe des poids légers d’Yvan Mendy.
En mi-lourds, Daniel Blenda Dos Santos (19 v, 1 d) a battu le tunisien Sadok Sebki (6 v, 12 d, 2 n) par arrêt de l’arbitre au 4eme round.
Le pontois a utilisé son allonge supérieure pour délivrer ses puissants directs du bras avant à la face de son opposant. Boxeur réputé pour ses qualités offensives, Sadok Sebki a dérogé à ses habitudes en adoptant une posture attentiste. Le tunisien a tenté de surprendre son adversaire en se jetant sur ses larges crochets sans parvenir à le toucher. Les deux boxeurs ont échangé coups pour coups au 3eme round avant que Daniel Blenda Dos Santos n’ébranle Sadok Sebki avec un superbe crochet gauche à la face. Le boxeur coaché par Giovanni Boggia marqua un temps d’arrêt avant de produire une accélération avec une série des mains qui incita l’arbitre à stopper le combat. «Le coup est venu tout seul, j’ai pris mon temps, a commenté Daniel Blenda Dos Santos. Je n’ai pas enchainé car je pensé qu’il serait compté comme il avait été retenu par les cordes, j’ai fait ensuite ce qu’il fallait pour gagner. Mon but reste le championnat de France des mi-lourds, que ce soit à l’extérieur ou à la maison ».

En lourd-légers, le combat entre Stéphane Bado (1 v, 1 n) et Patrick M Bida (2 d, 1 n) s’est soldé par un match nul. Stéphane Bado a bien démarré les hostilités en touchant avec son direct du bras avant mais il s’est fait contrer plusieurs fois par les crochets de Patrick M Bida. Le combat fut équilibré et ardemment disputé.
En super-moyens, Jonathan Leclercq (6 v, 7 d, 2 n) et Kevin Deloffre (3 d, 1 n) ont fait match nul (57-57, 55-59, 58-56).
En poids coq, Dylan Beccu (5 v) a effectué un retour victorieux après 6 ans passés loin des rings en battant largement aux points (39-35, 40-36, 40-35) Santiago San Eusebio (3 v, 5 d, 2 n).
Ce samedi 30 avril à Pont Sainte-Maxence, Yvan Mendy (47 v, 5 d, 1 n) est devenu champion d'Europe des poids légers en battant aux points (117-111, 116-111, 116-111) l'italien Gianluca Ceglia (17 v, 4 d, 1 n).
Devant une salle bondée et totalement acquise à sa cause, Yvan Mendy n’a laissé aucune chance à son valeureux adversaire. Le Lion de Pont Saint Maxence est redevenu Yvan le terrible en retrouvant la boxe et la détermination qui lui avaient permis de faire partie des meilleurs poids légers mondiaux. Gianluca Ceglia n’à rien à se reprocher, cet Yvan Mendy là était trop fort, trop motivé et incontestablement supérieur dans tous les compartiments. Lors de ses derniers combats, Yvan Mendy s’était parfois montré attentiste et avare de ses coups, rien de tout cela hier soir…
Le français a attaqué le 1er round en optant pour une garde inversée et en martelant les flancs adverses avec ses crochets des deux mains. Gianluca Ceglia semblait surpris par cette entame de combat, il attaquait tambour battant la seconde reprise avec l’intention d’imposer le pressing et une activité de tous les instants. Yvan Mendy bloquait quasiment tous les coups de son opposant puis il remisait en bas et à la face. La précision, la variété et le débit de ses frappes lui permettaient de bousculer l’italien, son bras avant empêchait l’italien de s’organiser. Yvan Mendy acceptait l’affrontement de près qu’affectionne son rival et le combat s’équilibrait au 4eme round, avant que Giovanni Boggia n’exhorte son boxeur à reprendre son travail en ligne. Totalement maitre de son art, Yvan Mendy avait dicté le tempo lors de cette première partie de combat.
Véritable machine à donner les coups, Gianluca Ceglia se heurtait à l’impeccable défense du français et à ses remises. L’italien avait le visage rougi et il était tout près de sombrer au 8eme round. La droite d’Yvan Mendy arrivait à la face de l’italien qui accusait le coup avant de mettre un genou au sol. Le français tentait d’abréger le combat sans y parvenir.
L’italien avait frisé la correctionnelle et Yvan Mendy avait fourni un gros effort, le transalpin se lançait avec l’énergie du désespoir dans un pressing tout azimut mais trop brouillon pour surprendre un Yvan Mendy galvanisé par la ferveur de ses nombreux supporters qui scandaient son nom. Yvan Mendy finissait le combat sans encombres et en contrant chacune des initiatives de son valeureux co challenger. A 37 ans, le français s’empare avec la manière de cette ceinture européenne à sa seconde tentative.

A 28 ans, Dylan Charrat (20 v, 1 d, 1 n) a décidé de stopper sa carrière de boxeur professionnel. Dylan Charrat a accordé un entretien exclusif au site de la FF Boxe.
Vous arrêtez donc votre carrière…
C’est une décision qui a été dure à prendre mais elle est murement réfléchie. Il y a la passion que j’ai pour la boxe mais c’est un choix que je fais car il y a des choses qui ne me permettent pas de continuer sereinement. Je suis atteint depuis longtemps d’une maladie de la cornée, qui n’est pas due à la boxe mais à des allergies et qui n’était pas incompatible avec la pratique de ce sport. J’ai discuté avec mes équipes et j’ai pris cette décision d’arrêter, le bénéfice potentiel n’est pas à la hauteur pour continuer. C’est compliqué car j’avais envie du titre de champion d’Europe, de la revanche avec Kerman Lejarraga, d’avancer et de devenir champion du monde. Il y a la passion et puis il y a la raison, j’avais déjà eu cette réflexion en tête en mars 2021 avant le championnat d’Europe contre l’espagnol.
Parlons de votre parcours et notamment de vos débuts…
Je viens du karaté que je pratiquais depuis l’âge de six ans. J’ai commencé la boxe à l’âge de 12 ans et demi au Canet-Rocheville en BEA. J’ai vu un combat de Brahim Asloum à La Palestre et j’ai été fasciné par ce sport, c’est devenu une obsession de pratiquer. Je suis un passionné et quand je me lance dans quelque chose, c’est à fond. J’ai dû faire le forcing auprès de mes parents (rire) et j’ai débuté à la salle associative. Ce n’était pas une salle qui formait des boxeurs pros ni même amateurs de haut niveau mais des loisirs et de la boxe amateur, disons, départementale. J’ai fait une dizaine d’assauts en BEA où je n’ai rien gagné de significatif. Je me faisais souvent disqualifier car j’oubliais de retenir mes coups (rire). Je suis passé en amateurs très tôt, j’ai gagné les championnats régionaux cadets puis en juniors mais j’ai perdu en quarts de finale aux championnats de France devant le futur champion. En juniors 2, j’étais frustré, je pensais être au plus haut niveau mais je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de lacunes, mon père m’a trouvé un préparateur physique dans le sud. Cette année-là, je passe deux tours aux CDF Juniors et je subis ensuite un vol monumental. Nous avions fait une lettre à la FF Boxe qui m’avait ensuite convoqué pour un stage en équipe de France. Je m’étais montré convaincant lors de tests matchs, je fus ensuite appelé pour un tournoi en Allemagne. J’ai gagné au 1er tour avant de recevoir une leçon de boxe par un ukrainien, ce fut une super expérience car je me suis remis à nouveau en question.

Comment s’était passée la transition avec les seniors ?
J’ai encore gagné les championnats régionaux et en 1/4 de finale des championnats de France, j’ai perdu d’un point face à Chabane Fehim (Rouen). Je n’ai jamais réussi à devenir champion de France, ce fut assez frustrant. J’ai gagné la ceinture Montana, j’avais battu l’allemand Slama Spomer, aujourd’hui invaincu en 15 combats pros puis Yayhya Tlaoutziti et enfin Maxime Beaussire en finale. J’ai de nouveau été appelé en équipe nationale pour un stage qui s’est super bien passé, j’ai tenté de boxer à 64 kgs mais cela fut très dur même si je suis devenu champion régional, je suis passé pro ensuite.
Des débuts professionnels discrets…
J’ai fait mes premiers combats dans des organisations de clubs, sans promoteur. J’ai commencé à travailler avec Sébastien Acariès à ma 5eme sortie pro à La Palestre, il a continué à m’accompagner pendant ma carrière jusqu’à ce que nos chemins se séparent avant mon dernier combat.
Vous êtes rapidement devenu un boxeur en vue...
Lors de mon 14eme combat, j’ai boxé contre Yayhya Tlaoutziti, ce fut assez serré. C’est devenu intéressant car je commençais à être diffusé sur Canal+. J’ai franchi un palier quand j’ai combattu Howard Cospolite pour le titre de l’union européenne, la première rencontre avait été accrochée et s’était soldée par un match nul, mais j’ai gagné la revanche sans contestation, en changeant de stratégie. J’avais vécu neuf mois en ne pensant qu’à cette revanche et là j’étais au top du top, cette victoire m’a permis de passer un cap.
Quelles furent vos grandes victoires ?
Au-delà de la revanche avec Howard, je pourrais citer le vénézuélien Johan Perez qui avait un gros CV mais cela avait été trop court, je pense plus à mon succès contre l’ukrainien Dmitry Mikhaylenko. Je me suis fracturé un métacarpe à la main droite dans ce combat, je souffrais terriblement. Je l’ai boxé d’une seule main, à part à la 8eme quand je l’ai arrêté. Je me sentais très fort ce soir-là, cette convaincante victoire acquise dans des conditions extrêmes m’avait rendu fier.

Le boxeur qui vous posé le plus de problèmes ?
L’espagnol Kerman Lejarraga pour tout un tas de raisons. Je sortais d’une inactivité de 22 mois, avec un changement de promoteur, on n’avait pas pu faire beaucoup de sparring. Pendant le combat, j’ai eu deux côtes flottantes fracturées, au 8eme round, il pensait que j’étais fini mais j’ai vu de l’inquiétude dans ses yeux à la 9eme reprise quand il s’est rendu compte que je reprenais mon souffle et ma boxe en mouvement, j’étais persuadé qu’il allait céder. J’ai été déclaré perdant, je ne reviendrais pas sur la décision, tout le monde a vu comment s’est passé l’arrêt du combat. Ce dénouement avec un contexte défavorable plus le fait que devais me démener de tous les côtés pour combattre J. Saïdi puisque l’espagnol a laissé le titre alors que l’on devait se retrouver, ont pesé lourd dans ma décision de raccrocher.
On connait votre parcours universitaire qui est souvent cité en exemple, vous imaginez vous dans la promotion ou tenir un autre rôle dans la boxe ?
C’est trop tôt pour y penser. Je vais profiter du temps que j’ai pour me concentrer sur les activités que j’ai à coté pour digérer tout cela. Après, la boxe est ma passion, le ring me manquera toujours, je resterai bien sur connecté à ce sport, j’ai envie de transmettre mon expérience. Ensuite, si je peux aider dans la promotion, ce serait un projet qui me plairait, j’aurais peut-être quelque chose à apporter mais ce n’est pas encore d’actualité, on verra.
Que peut-on vous souhaiter ?
Je tiens à rappeler que c’est ma décision, je suis fier de partir en bonne santé, par choix, et que ce ne soit pas le sport qui me mette dehors. Je pense que pour tous les boxeurs et tous les sportifs, savoir dire stop est le plus gros combat. Ce que l’on peut me souhaiter, c’est de trouver un épanouissement similaire à celui que j’ai pu avoir avec la boxe, dans d’autres domaines. Je suis sûr que je vais le trouver. Je suis hyper reconnaissant pour tous les moments que j’ai connu dans la boxe, on a beau dire ce que l’on veut de ce sport, moi il m’a permis de me construire et de vivre des choses uniques et de rencontrer des belles personnes. Je pars sans aucune aigreur ni amertume, je suis heureux et comme je vous l’ai dis, je reste connecté à ce sport que j’adore.
Le code sportif 2022 de la boxe professionnelle est à télécharger ci-dessous. Ce document officiel de la FF Boxe regroupe la règlementation et la globalité des informations spécifiques à la pratique et à l’organisation de la boxe professionnelle en France. Le code sportif a pour vocation d’encadrer la discipline en informant chacun et chacune de ses acteurs sur les règles à suivre rigoureusement.
Le Français disputera, ce samedi, chez lui, à Pont-Sainte-Maxence, le deuxième championnat d’Europe de sa carrière, celui vacant des légers. Il recevra la réplique de l’Italien Gianluca Ceglia (17 v, 1 n, 3 d). A trente-sept printemps, la victoire est impérative. Il le sait.
Paradoxalement, abordez-vous ce championnat d’Europe avec un peu de dépit, en l’occurrence, celui de ne pas avoir eu une chance mondiale à la place ?
Non. Je l’aborde assez bien parce qu’avec la Covid-19, les choses ont été assez compliquées pour les trois quarts des boxeurs, en France. Beaucoup n’ont pas eu la chance de boxer. En ce qui me concerne, j’ai la chance de revenir en disputant une ceinture EBU alors que je sors de plus d’un an d’inactivité. Honnêtement, Je ne peux qu’en être satisfait même si l’on m’a destitué de ma teinture WBA gold parce que je ne l’ai pas défendue. Maintenant, il est vrai que j’ai toujours à l’esprit de disputer un championnat du monde mais je ne me prends plus la tête. Je prends les choses comme elles viennent. Pendant la crise sanitaire, j’ai beaucoup réfléchi. J’ai pris du temps avec ma famille. Le fait d’avoir une vie un peu plus calme m’a fait du bien. Si un championnat du monde devait avoir lieu tant mieux, sinon je ferais avec. Je suis quelqu’un qui relativise beaucoup
Redoutez-vous de ne pas retrouver la grinta qui était la vôtre il y a quelques années ?
J’aurai la réponse samedi, après le combat. Il me permettra de me repérer. Là, honnêtement, je ne peux pas répondre. Ce que je sais, c’est que tout va bien. Il est sûr qu’en cas de défaite, la suite de ma carrière sera compromise. Il ne faut pas se leurrer. C’est pour cela que je ne veux pas me poser trop de questions sur ce que je ferais si je l’inclinais. Je dois impérativement gagner. Si cela ne se passe pas comme prévu, alors mon niveau sera remis en question. Ce sera peut-être le moment de penser à autre chose…
Lors de vos deux derniers combats, en octobre et décembre 2020, on vous a trouvé moins tranchant non pas parce que vous auriez perdu vos qualités pugilistiques mais parce que vous avez donné l’impression d’être moins impliqué. On se trompe ?
Vous avez bien résumé les choses. Il est vrai que j’ai été moyen lors de ces deux confrontations. Elles avaient lieu en huit rounds, sans titre en jeu. Le but était simplement de gagner et de rester actif. J’ai eu du mal à trouver la motivation. Mais là, pour ce championnat d’Europe, je l’ai ! Durant ces deux ans, j’ai eu des opportunités de disputer des combats mais, honnêtement, même si je n’étais pas non plus à deux doigts d’arrêter, je ne voulais pas boxer pour boxer. J’ai déjà bien roulé ma bosse et suffisamment tourné pour cela. Là, il y a un enjeu et je repars de plus belle. Le titre EBU, c’est une bonne opportunité. Je ne crache pas dessus d’autant que c’est une ceinture que je n’ai jamais eue. J’avais disputé un championnat d’Europe contre Edis Tatli, en Finlande, en avril 2015, mais en ayant été appelé au dernier moment, quinze jours avant l’échéance, et j’avais été injustement déclaré perdant aux points.
Comment faudra-t-il vous y prendre face à l’Italien ?
Sa boxe n’est pas toujours lisible. C’est quelqu’un qui aime bien la castagne et qui y va. Par moments, ses attaques sont désordonnées ou, en quelque sorte, aléatoires. A moi d’être prêt et de ne pas me faire avoir en le laissant imposer un faux rythme. Je serai à l’affût. Le but sera de m’imposer physiquement, de saper sa confiance et de montrer, dès le début du combat, que c’est moi qui mérite la ceinture. Je ne me fie pas au fait qu’il compte peu de victoires avant la limite. Cela ne veut rien dire. Je ne fais pas trop de plans. Je m’adapterai en fonction de la tournure des débats.

Propos recueillis par Alexandre Terrini