A trente-quatre ans, la Niçoise (7 v, 4 d) disputera, ce samedi, à domicile, le titre EBU vacant des plumes face à l’Italienne Anna Lisa Brozzi (3 v, 2 d). Une opportunité à ne pas manquer.

Petit flash-back : le 25 janvier 2020, à Orléans, l’Azuréenne s’inclinait aux points, à l’issue d’un verdict serré qu’elle n’a toujours pas digéré, devant Victoire Piteau, en championnat de France des super-plumes. Il lui a fallu patienter deux ans pour retrouver une couronne nationale, en l’occurrence des plumes qu’elle avait détenue en 2019, en battant, le 5 février dernier, Amel Anouar.

La concrétisation d’une renaissance. La roue du succès a donc enfin tourné dans le bons sens et cette victoire lui a ouvert les portes du Vieux Continent. « J’aborde cette très belle échéance comme une chance, avoue-t-elle. C’est la consécration de tout le travail fourni depuis le début. »

Désignée cochallenger après que la tenante, l’Allemande Bina Meinke, a abandonné le sceptre EBU qu’elle détenait sans jamais l’avoir défendu depuis 2019, la Française devait, au départ, en découdre avec l’Espagnole Jennifer Miranda. Laquelle, une fois que son clan avait perdu les enchères, a renoncé…

« Je me concentre sur ma boxe et sur ce que je sais faire »

C’est donc la Transalpine Anna Lisa Brozzi qui a été désignée pour la remplacer. Contre elle, la Tricolore part plutôt confiante mais sans excès : « Je n’ai pas trop analysé son profil car je ne le fais jamais avec mes adversaires. Je laisse cela à mon entraîneur, Fabien Guillerme. Je me concentre sur ma boxe et sur ce que je sais faire. Néanmoins, je devine plus ou moins son style. En l’occurrence, c’est plutôt une bagarreuse qui va à l’affrontement. Même si je suis capable de m’adapter, qu’il s’agisse d’aller au combat ou d’être styliste, je préfère ça à des filles qui fuient. Cependant, je n’ai pas de game plan. Je suivrai les directives de mon coach. »

Depuis deux ans, Nahed Kharchi n’a pas chômé à la salle et s’est, de son propre aveu, bonifiée dans tous les domaines. « Je n’en ai pas travaillé un plus que les autres, confirme-t-elle. L’objectif était d’élargir ma palette et de progresser à tous les niveaux, que ce soient le cardio, la puissance, la technique etc. ». Il ne reste plus qu’à le démontrer sur le ring du Casino Le Ruhl, sachant qu’en cas de défaite, la locale, par ailleurs employée dans une société spécialisée dans les dispositifs médicaux sans disposer d’aménagements horaires, ne songe aucunement à raccrocher les gants pour autant.

La Française (-75 kg) a échoué en demi-finale des Mondiaux amateurs, à Istanbul. Elle a été dominée (5-0) par la Panaméenne Atheyna Bylon en n’ayant jamais véritablement trouvé la solution face à une rivale expérimentée.

C’est la traditionnelle histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Et rien qu’à scruter le regard dépité de la Martiniquaise à l’énoncé du verdict, logiquement en sa défaveur, c’est bien la deuxième perception qui prévalait. Il traduisait la frustration de n’avoir pas mis en difficulté la Panaméenne et de devoir se contenter d’une très honorable troisième place alors que la finale était à portée de gants.

Le problème, c’est qu’Atheyna Bylon n’a eu de cesse de piquer et de s’envoler dans la foulée, tantôt à droite, tantôt à gauche ou encore, derrière. Bien que relativement entreprenante, la championne de France était rarement au bon endroit au moment pour voir ses frappes atteindre leur cible. En débit de son bras avant qu’elle donnait à satiété, elle n’était pas en position d’enchaîner ni de toucher.

« En panne d’alternative sur le plan tactique »

« Atheyna Bylon nous a posé des problèmes sur le plan tactique, admet l’entraîneur national, Stéphane Cottalorda. Elle bouge beaucoup et était difficile à cadrer. Le but était d’être un peu attentiste afin de la faire déclencher pour mieux revenir derrière et, si cela ne fonctionnait pas, de s’engager un peu plus pour aller la chercher. Mais Davina n’y est pas parvenue car la Panaméenne était très mobile, a bien utilisé l’espace et gérait parfaitement la distance. Tout cela la rendait difficile à manœuvrer  au point que Davina a été en panne d’alternative sur le plan tactique et n’a pas réussi à emballer le match comme nous l’aurions voulu. Quasiment à chaque fois qu’elle tentait quelque chose, elle se faisait contrer ou mettre dans le vent. Il aurait fallu cadrer davantage et travailler en séries en commençant par le bras arrière. Mais, encore une fois, ce n’était pas facile et Davina été dominée par meilleure qu’elle. D’habitude, elle est battue par des filles qui ont une meilleure condition physique qu’elle. Là, c’est l’une des rares fois où elle est battue par quelqu’un qui a un plus grand sens tactique". 

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La Française (-75 kg) a été étincelante pour prendre l’ascendant sans discussion (5-0) sur l’Anglaise Kerry Davis, en quart de finale des championnats du monde, à Istanbul. La voilà assurée de remporter a minima une médaille de bronze amplement méritée.

Déjà prête à en découdre alors que la Britannique continuait à mettre et à régler la fixation de son casque, la Martiniquaise commençait idéalement en campant au centre du ring et en étant intelligemment et constamment active. C’est elle qui avançait en déclenchant dans le mouvement, sans attendre de se retrouver collée à une rivale qui, il faut le rappeler, l’avait battue par le passé. Un rythme d’enfer qui contraignait cette dernière, au mieux, à tourner, au pire, à reculer complètement étouffée qu’elle était par le rythme et le pressing imposés par Davina Michel. Au point que le Sujet de Sa Gracieuse Majesté était comptée au bout d’une bonne minute de combat.

La Tricolore brillait de mille feux. D’abord parce qu’elle ne se précipitait pas et faisait tout en bon ordre. En effet, elle ne négligeait pas le travail de feinte puis prenait soin de d’abord donner son bras avant en directs ou en jabs avant d’enchaîner en séries de crochets des deux mains au visage ou, tout simplement, de passer sa lourde droite. Précise dans ses actions, sachant les interrompre à temps pour qu’elles ne se concluent pas par des accroches stériles, la copie qu’elle livrait était de haute volée.

Des larmes de joie à l’énoncé du verdict

Dotée d’une allonge inférieure et d’une garde peu hermétique, l’Anglaise Kerry Davis ne parvenait pas à remiser lorsqu’elle était en marche arrière et se faisait régulièrement crucifier. D’autant que la Française ne faiblissait pas et conservait jusqu’au bout une belle attitude, sans se déliter pugilistiquement ni négliger les moyens de défense. Aérienne dans ses déplacements mais solide sur ses appuis au moment de frapper, ses cross du gauche faisaient mouche. De même, ses accélérations régulières laminaient la Britannique et venaient conforter un succès acquis avec la manière, illustration d’une métamorphose qui pourrait mener la Tricolore encore plus haut et loin dans cette compétition référence.

« Davina a fait ce que l’on attendait d’elle et ce que nous avions préparé, se félicite l’entraîneur national, Stéphane Cottalorda. Nous l’avions bien mobilisée. Elle avait besoin de cette victoire à titre personnel. » Ses larmes de joie à l’énoncé du verdict en attestaient.

Retrouvez ci dessous, les résultats des boxeurs professionnels français qui se sont produits sur les rings de l’hexagone lors de ce second week-end de mai.

A Istambul

Le poids lourd Mourad Aliev (4 v)  a battu le bosniaque Mirko Tintor (16 v, 6 d, 1 n) par arrêt de l’arbitre au 2eme round. Mourad Aliev a envoyé son adversaire trois fois au tapis à la seconde reprise, à chaque fois avec de puissants crochets des deux mains à la tête.  

A Houdain

Le poids coq, Vincent Legrand (33 v, 1 d)  disputait le dernier combat de sa carrière face au dur  vénézuélien Hector Betancourt (14 v, 3 d) qu’il a battu aux points (57-55) non sans avoir été compté au 3eme round.

A Nice

Le poids super-coqs, Joe Callea (4 v) a battu par arrêt de l’arbitre au 8eme et dernier round,   le géorgien Davit Shervashidze (2 v, 10 d, 4 n).

En super-légers, Maxime Gilli (4 v, 6 d, 3 n) et Justin Dieme (1 v, 7 d, 2 n) ont fait match nul (57-57)

A Romorantin

En poids welter,  Alain Christian Sangue (11 v, 7 d, 2 n) et Don Yves Mikael Taha (7 v, 2 d, 1 n) se sont séparés sur un match nul majoritaire (58-57, 57-57, 57-57).

En mi-lourds, Alexis Cloarec (3 v, 1 d) a battu aux points (58-56, 58-56, 58-57) Fabrice Lewis Menayame (3 v, 5 d, 1 n).

En poids plume,  le jeune Nicat Mammadov (1 v, 1 d) a battu par décision majoritaire (39-37, 39-37, 38-38) Ylies Villaudiere (3 v, 2 d, 1 n).

En poids lourd, Eder Galina Fortes (2 v, 1 d) a battu aux points (40-36, 40-36, 39-37) le néo pro Jordan Lakli (1 d).

A Theix

En poids moyen,  Vincent Galazzo (5 v, 8, d, 6 n) et le géorgien Nika Bigvava (3 v, 1 d, 1 n) se sont séparés sur un match nul majoritaire (56-56, 56-56, 56-55).

A Calonne-Ricouart

En super-moyens, Kevin Deloffre (4 d, 2 n) et  Jonathan Leclercq (6 v, 7 d, 3 n) n’ont pas pu être départagés, match nul (57-57).

En poids coq,  quinze jours après son précédent combat, Dylan Beccu (5 v, 1 n) a fait match nul (38-38 avec Anthony Fevrat Rolet (1 v, 1 n).

A Clermont-Ferrand

En plume, Anaelle Angerville (3 v, 1 d, 1 n) a largement battu aux points (60-54, 60- 54, 60-54) la serbe Tijana Draskovic (1 v, 1 d).

En super-moyens,  Mbemba Miesi (8 v, 6 d, 4 n) a fait match nul (58-56, 56-58, 57-57)  avec le portugais Celso Neves (9 v, 2 d, 2 n).

En poids lourd, Karim Berredjem (11 v, 8 d)  s’est largement imposé aux points (60-54, 60-54, 60-54) face au tchèque Miloslav Pavek (2 v, 13 d).

En poids welter, Nassim Mahouechi (3 v, 1 d, 1 n) s’est qualifié pour les demies finales du critérium national en battant aux points (39-37)  Naim Bellahcene (1 v, 4 d, 1 n).

A Paris

En poids légers, l’invaincu Christ Esabe (12 v) s’est imposé aux points (80-72, 80-72, 80-72) devant le vénézuélien Sander Diaz (13 v, 8 d, 1 n).

En super-welters, Victor (1 v) a effectué des débuts pros victorieux en battant avant la limite (KO 1) le géorgien Gurami Kurtanidze (4 v, 15 d, 5 n). Victor Yoka a envoyé le géorgien au tapis avec un dur coup, celui-ci a été dans l’incapacité de se relever.

Ce samedi 14 mai à la maison des sports de Clermont-Ferrand, Sandy Messaoud (16 v, 6 d)  a conquis la ceinture WBC francophone des poids welters en battant Nurali Erdogan (12 v, 1 d) aux points, sur décision majoritaire (96-94, 96-94, 95-95).

Le boxeur de Saint Avé Boxe a une nouvelle fois infligé une première défaite à un adversaire invaincu. Sandy Messaoud et Nurali Erdogan se sont jaugés lors du round initial, le breton a tourné et déclenché son bras avant, comme pour prendre ses marques avant de passer à l’offensive.

Le point fort de Sandy Messaoud est son activité de tous les instants, il a fait un pressing intelligent, sans se jeter mais en donnant son bras avant tel un piston avant de déclencher son bras arrière au corps et à la face.

Nurali Erdogan  fut dans la retenue, en privilégiant les coups isolés et la précision. Le combat fut tactique, les rounds se sont disputés à un haut rythme, avec un tempo donné par Sandy Messaoud. Onze ans séparaient les deux boxeurs, pourtant  le breton n’a pas eu à souffrir physiquement de la comparaison avec son jeune adversaire.

Après une première partie de combat menée par Sandy Messaoud, L’ex champion de France a réussi à rétablir l’équilibre, sans pour autant parvenir à prendre totalement l’avantage.  Les deux champions étaient près l’un de l’autre, mais les rounds engrangés par Sandy Messaoud en début de combat ont pesé lourd au moment du décompte final.

« Mon activité à fait la différence, a déclaré sandy Messaoud au micro de Fight Nation qui retransmettait la soirée en direct, j’avais un bon adversaire face à moi et j’ai eu un petit coup de mou à un moment du combat. On avait bien travaillé et le travail paye toujours. »

Nurali Erdogan qui avait levé les mains en attendant le décompte des juges, a fait preuve de sportivité en reconnaissant la courte victoire de son rival du soir, « c’est l’expérience qui a parlé, j’ai été touché à l’œil, on va travailler davantage pour revenir encore plus fort. Sandy Messaoud est un très bon boxeur, félicitations à lui ».

Ce samedi à Clermont-Ferrand, Nurali Erdogan (12 v) et Sandy Messaoud (15 v, 6 d) se disputeront la ceinture WBC francophone des poids welters.

Le championnat WBC sera l’affiche de ce gala, baptisé «La Nuit de la Boxe» où quatre autres combats professionnels figureront au programme. Cette grande soirée, organisée par le Boxing Club la Gauthière et son président Eric Sèvre, l’association Sports Air Santé présidée par Farida El Hadrati et le SCM, une structure de management suisse, se déroulera à la Maison des sports de Clermont-Ferrand, une salle entièrement dédiée aux sports pouvant accueillir 5000 spectateurs.

Ce combat mettra aux prises deux des meilleurs poids welters français, une catégorie relevée dans l’hexagone. Nurali Erdogan a conquis le titre national en octobre, « j’ai laissé ma ceinture car j’avais été contacté en Allemagne pour un évènement intéressant qui pouvait me faire progresser dans les classements internationaux, indique l’ex champion de France. Cette confrontation a été annulée, quand on m’a proposé l'opportunité WBC, je l’ai acceptée ». Concernant Sandy Messaoud, l’alsacien avoue partir dans l’inconnu, «comme pour mes autres adversaires précédents, je découvrirais son style sur le ring et je m’adapterai ». Nurali Erdogan, dont le palmarès est vierge de défaites,  affiche une certaine sérénité et il se projette déjà sur l’avenir, non sans préciser, que s’il gagne, « ce titre WBC me fera  monter dans les classements et je me rapprocherai d’une chance pour l’union européenne. Ce combat est vraiment très intéressant, à tous les niveaux ».

Jamais deux sans trois ?

Sandy Messaoud est dans une dynamique victorieuse depuis près de cinq ans, une période marquée par un exploit en Biélorussie en 2020 quand il est allé battre Nursultan Zhangabayev, un invaincu kazakh pour le titre WBA intercontinental des welters. Une ceinture qu’il a défendue victorieusement face à un autre invaincu en la personne du danois Olivier Mollenberg. « J’ai été destitué de mon titre WBA car je ne l’ai pas remis en jeu assez souvent, explique le breton. On leur a demandé de nous aider à trouver des adversaires mais ils n’ont pas donné suite ou c'était avec des exigences. La WBA nous a fait comprendre que c’était un buisness et qu'elle allait vendre cette ceinture à un autre promoteur ». A 36 ans, Sandy Messaoud n’a jamais paru aussi performant qu’aujourd’hui, bourreau de travail et perfectionniste, il a mis tous les atouts de son côté pour repartir du Puy de Dôme avec la ceinture WBC autour de la taille. A l’instar de son rival de samedi, il avoue ne rien connaitre du style adverse, « je n’ai pas eu beaucoup d’infos concernant mes derniers rivaux, concède-t-il. Je vais m’adapter à sa boxe, je suis allé à Paris où j’ai mis les gants avec de bons boxeurs, de tous styles et de toutes tailles, cela ne m’a pas posé de problèmes d’adaptation. Je pense être paré à toutes les éventualités ». Sandy Messaoud reste sur deux victoires nettes contre deux invaincus, l’expression jamais deux sans trois se vérifiera-t-elle ? Réponse samedi soir à la Maison des Sports de Clermont-Ferrand ou en direct sur Fight Nation qui retransmettra la soirée en direct.

Cruelle désillusion pour le camp tricolore en ce 12 mai : Romane Moulai (-50 kg) et Caroline Cruveillier (-54 kg) se sont toutes deux inclinées, respectivement 5-0 et 3-2, en seizièmes de finale des Mondiaux, à Istanbul. Un échec qui fait mal.

Disons-le sans ambages, Caroline Cruveillier (-54 kg) a réalisé un non-match devant la Serbe Jelena Zekic qu’elle avait pourtant déjà battue. « Dès le départ, à chaque fois qu’elle attaquait ou contre-attaquait, elle partait de loin et se retrouvait collée à son adversaire avec, à la clef, beaucoup d’accrochages, de surcroît, souvent tête en avant. Dans ces conditions, le match a été extrêmement haché de part et d’autre. », commente l’entraîneur national, Stéphane Cottalorda. Certes, il faut aussi être deux pour pourrir un combat et Jelena Zekic est toute autant coupable.

Néanmoins, l’Azuréenne, sanctionnée par deux avertissements contre un à sa rivale du jour qui a fait un peu moins de fautes, n’aurait pas dû tomber dans le piège et aurait été, au contraire, plus avisée de faire montre de lucidité tactique. « Caroline n’a pas su faire la différence et inscrire des touches suffisamment nettes et franches, déplore Stéphane Cottalorda. Initialement, nous lui avions demandé d’être offensive pour contraindre Jelena Zekic à déclencher et, ensuite, contre-attaquer en avançant. Dès que l’on a vu qu’il y avait beaucoup d’irrégularités, nous lui avons conseillé de faire l’inverse, c’est-à-dire d’aspirer la Serbe pour remiser derrière en reculant et en variant la distance. Elle n’a pas été dans le bon timing ni eu de bons placements. C’est une déception. Dans la perspective des échéances ultérieures et sans manquer de respect à qui que ce soit, ne pas être capable de battre une boxeuse de cet acabit est réellement une contre-performance. Je n’en connais pas les raisons mais Caroline n’a pas réussi à mettre en application les consignes. »

« Romane Moulai peut nourrir de légitimes regrets »

Romane Moulai (-50 kg), elle, y est parvenue contre l'Espagnole Laura Fuertes Fernandez mais n’a pas été récompensée à la mesure de ce qu’elle a produit. Le game plan était clair et elle s’y est tenue : réduire la distance et travailler en séries en commençant au corps. Résultat : un premier round remporté, un deuxième cédé, ce qui peut s’entendre, et un troisième accordé à l’Ibère, ce qui, là, est nettement moins compréhensible tant le pressing et le débit de la Marseillaise ont été constants et plutôt productifs. « Il nous semble qu’elle a fait ce qu’il fallait pour l’emporter, suggère Stéphane Cottalorda. On peut seulement déplorer qu’elle ait délivré des coups un peu trop larges. C’est une défaite amère d’autant que Laura Fuertes Fernandez a, la plupart du temps, fui la confrontation car elle savait que, de près, Romane est plus puissante et efficace. Elle a donc travaillé de loin et en reculant. Il n’en reste pas moins que nous sommes un peu surpris par la décision sans pour autant crier au scandale. Romane peut nourrir de légitimes regrets. Elle sait qu’elle frappe pour la catégorie. Cependant, il faut qu’elle cherche davantage à construire en marquant des points avec sa vitesse de bras qu’à faire mal pour détruire. »

L’invaincu Tony Yoka (11 v) rencontrera le congolais Martin Bakole (17 v, 1 d) samedi 14 mai à l’Accor Arena de Paris Bercy dans un combat prévu en dix rounds.

Pas de titre ni de ceinture en jeu dans cette rencontre, l’objectif avoué du français est de se rapprocher du groupe très fermé des dix meilleurs poids lourds mondiaux. Tony Yoka aurait dû combattre Martin Bakole en janvier avant que la covid ne contraigne les autorités à réduire les jauges de spectateurs. Il avait accepté l’offre de l’IBF pour boxer contre Filip Hrgovic dans un combat éliminatoire qui aurait permis au vainqueur de devenir challenger officiel du champion IBF, l’ukrainien Oleksandr Usyk qui est aussi détenteur des titres WBO et WBO, une inespérée opportunité qui a capoté à cause de Martin Bakole et son manager Billy Nelson qui ont fait valoir un contrat signé avec le team français pour le combat reporté au mois de mai.

Tony Yoka a déclaré lundi lors d’un entrainement ouvert à la presse que cet affrontement serait « le plus dur de sa carrière professionnelle » tout en précisant qu’il pensait que ce serait aussi celui où il se sent le mieux. "Je pense que mon explosivité fera la différence à partir du moment où je vais commencer à enchaîner les combinaisons, à enchaîner les coups", a-t-il indiqué.

Martin Bakole s'est entrainé avec Tyson Fury

En onze rencontres professionnelles, le champion olympique s’est montré intraitable, le seul qui lui a posé quelques problèmes, fut le rugueux et rusé américain Jonathan Rice lors de sa 2eme sortie. Depuis il a beaucoup progressé, on l’a vu être capable de disputer 12 rounds à un rythme élevé et techniquement, il fait assurément partie des cinq meilleurs poids lourds au monde. Avec Martin Bakole, il va être confronté à un athlète plus jeune et plus lourd que lui.  Le frère cadet d'Ilunga Makabu, le champion du monde WBC des lourd-légers, est un boxeur de niveau mondial doté d’une belle frappe des deux mains qui lui a permis d’abréger 13 de ses 17 victoires. Le congolais est dangereux avec sa lourde droite en ligne et ses crochets larges des deux mains. Nul doute qu’il sera fin prêt puisqu’ il a participé à la préparation de l’anglais Tyson Fury pour son championnat WBC face à Dillian Whyte.

Si Tony Yoka sera confronté à la plus rude opposition de sa carrière professionnelle, il en sera de même pour Martin Bakole qui n’a jamais combattu un boxeur aussi brillant que le champion olympique de Rio. Sa seule défaite a été concédée face à l’américain Michaël Hunter, un très bon pugiliste qui vient des lourds-légers mais qui n’a pas la densité physique et le bagage technique du poids lourd français. Tony Yoka a conscience que Martin Bakole est un nom qui compte dans la catégorie reine, une victoire probante serait un signal fort envoyé aux meilleurs poids lourds de la planète.

  

A trente-et-un printemps, The Diamond (15 v) entend briller au moins une dernière fois dans le carré magique. Pour cela, il lui faudra triompher de l’épouvantail Delfine Persoon (46 v, 3 d), ce samedi, à Dubaï, alors que la ceinture WBC silver vacante des super-plumes sera en jeu.

Il y a encore quelques semaines, la Française voulait raccrocher les gants. Fatiguée, usée et frustrée de ne pas pouvoir disputer le championnat du monde WBC qu’on lui promettrait depuis si et trop longtemps. Entre des bisbilles avec son ancien promoteur, des tenantes du titre qui se blessent au dernier moment ou qui contractent le Covid-19 ou encore, qui préfèrent tenter d’unifier les ceintures, en passant par des propositions de dernière minute qui ne lui laissaient décemment pas le temps de se préparer comme une telle échéance l’exige : pareille loi des (mauvaises) séries avait fini par dissuader la Rhône-Alpine. Qui, finalement, a redéménagé à Lyon alors qu’elle avait élu domicile dans le Val-de-Marne où elle s’entraînait avec le binôme Ali Oubaali - Joseph Germain.

Et puis, il y a un mois, une proposition inespérée, celle d’affronter Delfine Persoon, ancienne multiple championne du monde WBC des légères, l’a fait céder et revenir temporairement sur sa décision. « Au point où j’en suis, je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Et puis j’avais envie de boxer un grand nom », justifie-t-elle. Si bien que l’ex-championne d’Europe est remontée en Île-de-France où elle a cravaché sous l’autorité de Joseph Germain, désormais son coach à part entière. A Noisy-le-Grand, elle a mis les gants avec Thaïs Larché et Mariam Sidibé.

« Aujourd’hui, je n’ai peur de rien. J’ai juste envie de m’évaluer »

Suffisant quand on s’apprête à défier un bulldozer comme la Belge ? Oui, acquiesce Elhem Mekhaled, sûre de son fait : « Je me sens plus que prête car cela fait longtemps que je m’entraîne en permanence à haut niveau et très dur. Physiquement, je n’avais pas grand-chose à rattraper. Pour le reste, j’ai un peu tout travaillé. Je m’attends à ce que Delfine Persoon me rentre dedans mais je ne perdrai pas ma technique pour autant. Cela va se jouer au mental, or j’ai une tête dure (sic). La puissance de mon adversaire ne me fait pas du tout peur même si elle vient de la catégorie supérieure. D’ailleurs, aujourd’hui, je n’ai peur de rien. J’ai juste envie de m’évaluer. »

Sachant que ce duel n’est, in fine, qu’une cerise sur le gâteau et un défi. « Pour moi, c’est un challenge, résume Elhem Mekhaled. Ce combat, c’est mon championnat du monde à moi et je n’ai absolument rien à perdre. Je ne boxe pas pour l’argent car je travaille à la Matmut depuis plusieurs années. Et, quel que soit le résultat, je songe à mettre un terme à ma carrière car j’ai envie de fonder une famille. Néanmoins, je pars dans l’optique de gagner. Si j’y parviens et qu’ensuite, j’ai des opportunités, on verra. » On aimerait alors que la Lyonnaise change une nouvelle fois d’avis.

La Martiniquaise (-75 kg) n’a pas tergiversé pour dominer, par arrêt de l’arbitre (2e), la Sud-Africaine Geanne Dicks, le 11 mai, en seizième de finale des championnats du monde à Istanbul. La voilà idéalement lancée.

Certes, Geanne Dicks était une rivale peu expérimentée mais, en la circonstance, toute victoire est bonne à prendre, a fortiori avant la limite. La Française ne s’en est pas privée. Possédant un vécu pugilistique nettement plus fourni que celui de sa contradictrice, elle a rapidement pris le dessus en la touchant au visage avec son bras arrière. Même si le stress lié à l’enjeu lui a sans doute fait manquer quelque peu de précision pour ajuster plus prestement encore son opposante, elle a d’emblée fait la différence en misant sur sa vitesse de bras, son engagement et son activité supérieure. Au point que Geanne Dicks a été sans cesse débordée et sur le reculoir, en mode survie, quand elle n’était pas contrainte de s’accrocher afin de ne pas encaisser trop de coups.

« On avait demandé à Davina de prendre l’initiative, de marquer les premières touches pour impressionner la Sud-Africaine et de prendre l’ascendant psychologique, explique l’entraîneur national Stéphane Cottalorda. Il fallait qu’elle travailler en rapidité sur trois coups sans pour autant chercher le coup dur. Dans l’ensemble, elle y est parvenue, ce qui est toujours bon pour le moral et rassurant. » De quoi libérer la multiple championne de France qui recevra la réplique de l'Ouzbèke Mavluda Movlonova au tour suivant.

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