Abdel Benaïcha, l'acharné

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La quatrième tentative a été la bonne. Après trois revers en finale en 2012, 2014 et l'an passé, Abdelhafid Benaïcha brise enfin la malédiction. Au mythique Cirque d'Hiver des frères Bouglione, dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, il domine aux points (3-0) le Réunionnais Marcus Gévia en finale du championnat de France Amateur Seniors Hommes 2016 (CFA SH).
 
 
Dans un duel très disputé, l’Asniérois se révèle plus déterminé. « Cette fois, c’était la bonne », explique l’élève du sympathique Houri Belkeir. « Après ce que j'ai connu, ce sacre, que j’attentais depuis des années, est encore plus beau. C’est une fierté, une satisfaction et je savoure. Mon téléphone n’a pas cessé de sonner pendant trois jours. En 2015, je n’avais pas assez boxé. Mais c’est avec des défaites que l’on apprend et que l’on devient ce que l’on aspire à être. Depuis un an, j’ai progressé techniquement. Je suis plus intelligent et plus réfléchi dans ma boxe même si je commets encore des erreurs et que je suis toujours un peu fougueux ». Dans la foulée de son titre national, le pugiliste de l’Asnières Boxing Club inscrit son nom au palmarès du tournoi du Val-d’Oise baptisé les « Ceintures Montana », organisé de main de maître par le Club Olympique Multisports d’Argenteuil (COM), dans la catégorie des poids plume (56 kg). « Je voulais cette ceinture depuis pas mal d’années. À cause des aléas et des blessures de la vie d’un pugiliste, j’avais disputé ce tournoi qu’une seule fois. Je m’étais incliné en demi-finale ».
 
 
Né le 9 mai 1993 à Colombes (Hauts-de-Seine), Abdel Benaïcha débute la boxe à 14 ans, par hasard, en tombant sur le film Rocky 4. D'emblée, il est séduit et s’inscrit à l’Asnières Boxing Club. « Je suis tombé directement sur Belkeir. Au début il me faisait un petit peu peur parce qu’il crie beaucoup, mais en fait c’est quelqu’un de très gentil. Le courant est bien passé. Dès que je suis arrivé, je lui ai dit que je veux être champion du monde. (Il rit) ». D’entrée, « l'idylle » entre Belkeir et Abdel démarre tout feu tout flamme. Le sieur Abdelhafid Benaïcha gravit les échelons, se montrant tantôt attaquant, tantôt agressif ou encore tantôt contreur.
 
 
« C’est un acharné de travail », explique le coach du roi de France. « Abdel s’entraîne quatre heures par jour, six jours sur sept. Il fait preuve d’une volonté sans faille pour acquérir la condition physique, la technique et le mental. Il ne lâche jamais rien et peut enfin jouir des fruits de son labeur. Ses revers lui ont permis de mûrir et de se construire. Depuis un an, il a progressé sur le plan technique. Il est plus intelligent, plus réfléchi, mais toujours un peu fougueux ! Il faudrait qu’il se pose un peu plus. Il a une marge de progression très importante et je pense que l’on reparlera de lui très prochainement, que ce soit chez les amateurs ou les pros », en termine, Houri Belkeir.
 
Par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit image : Denis Boulanger - Presse-Sports

 

 

 

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