La Française (13 v, 1 n) a conquis, le 4 juillet, à Créteil, le titre WBA par intérim des légers en dominant, sur décision partagée (98-92, 96-94, 94-96), la très solide Argentine Karen Elizabeth Carabajal (25, 4 d). Encore une sortie et ce sera le moment de tirer sa révérence.

Bien sûr tout n’a pas été parfait. Le pointage en atteste, d’ailleurs. La Val-de-Marnaise a eu toutes les peines du monde à prendre l’ascendant et à creuser l’écart. Dès le départ, on comprit que la soirée serait compliquée. De fait, la confrontation démarrait en trombe. Loin d’être intimidée, la Sud-Américaine enclenchait immédiatement la marche avant, en mode rouleau compresseur. Compacte et les main bien hautes, elle passait fréquemment sa droite en cross au-dessus de l’épaule de la Francilienne, quand bien même cette dernière veillait à tourner du bon côté pour en amoindrir l’impact. Un scénario qui allait se répéter au fil des minutes, en témoignait la pommette gauche tuméfiée de l’ex-championne olympique.
Laquelle se montrait initialement très mobile sur ses appuis, essentiellement pour s’exposer le moins possible et empêcher sa rivale de la cadrer. Mission à moitié accomplie car lorsqu’elle revenait sur la Latina, celle-ci parvenait à placer des séries au buste et, parfois, à la face. Consciente de la chose, la locale s’efforçait de garder ses distances. Conséquence : elle déclenchait parfois d’un chouïa trop loin, si bien que ses coups arrivaient en bout de course et perdaient donc de leur efficacité.
La chaleur étouffante qui régnait au Palais Robert Oubron ne facilitait pas les choses. Dans ces conditions, la précision technique des deux protagonistes se dégradait logiquement à mesure que le temps passait. Le duel s’apparentait à un à toi, à moi débridé qui valait davantage par son intensité que par l’académisme des deux protagonistes. Ce n’était d’ailleurs pas pour rien qu’elles étaient tour à tour, aux sixième et septième rounds, ouvertes à l’arcade sourcilière, suite à des chocs de têtes.
« Je voudrais terminer en beauté »
La suite des débats n’allait pas pour autant changer fondamentalement. L’Argentine se montrait toujours aussi volontaire et percutante dans les corps-à-corps quand la Tricolore, tout aussi perméable défensivement, faisait valoir, par intermittence, ses qualités pugilistiques. Ce que les juges choisissaient de valoriser majoritairement sur leurs bulletins.
Le visage marqué, Estelle Mossely s’en satisfaisait amplement, consciente que le piège tendu par son opposante aurait pu se refermer sur elle. « Elle a beaucoup de matchs son actif. Elle est dure et elle frappe. Cela ne m’était jamais arrivé d’être blessée comme ça, en combat, expliquait-elle au micro de Jean-Philippe Lustyk. Cela fait partie des risques et c’est ce que je redoute le plus. Heureusement, cela a été très bien géré par mon coin. Et puis, boxer à la maison, ça change tout. »
Toujours est-il qu’à bientôt trente-quatre printemps, la question se pose de savoir de quoi l’avenir sera fait. La réponse ne s’est pas fait attendre : « C’était mon avant-dernier combat. Je voudrais terminer en beauté et aller chercher le titre WBA. » Lequel est détenu par l'Américaine Stephanie Han, deux fois vainqueur d’Holly Holm cette année. Bref, pas une mince affaire non plus.

