Morange a conforté son choix

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Le Niortais Pierre Morange a parfaitement négocié son premier combat pro, dans un contexte pas facile, ce qui lui ouvre des perspectives pour la suite.
 
 
Après la victoire, la tension est encore présente sur le visage de Pierre Morange, entouré de Daniel Yameogo et Patrick Armand. Photo, Michel Hartmann
 
La frustration et la pression sont bruyamment évacuées. « C'est ce que je voulais », clame Pierre Morange lorsqu'il revient dans son coin, au terme de ses quatre premiers rounds professionnel d'un combat qu'il sait déjà victorieux, bien avant que l'arbitre égrène les scores des juges. « Lorsque je l'ai touché dès la première reprise, que ses jambes ont flageolé et que je l'ai vu par terre, c'était une première pour moi. Je n'avais jamais ressenti ça chez les amateurs. Ça m'a conforté dans l'idée que la boxe pro était plus adaptée pour moi que le monde amateurs où ma puissance n'était pas assez décisive ».
 
Ce n'est qu'un combat…
 
Samedi soir dernier, à Saintes, en battant sans discussion le local Éric Pata qui comptait déjà dix combats pros à son actif, Pierre Morange a fêté de la plus belle des manières son vingt-neuvième anniversaire, devant ses parents, ses grands-parents et ses amis qui avaient fait le voyage pour le soutenir. « A chaque fois que je boxe, ce sont des moments importants de ma vie. Le 10 mai 2014, par exemple, je suis sorti de la maternité à 11 h après la naissance de ma fille, Tayci, et j'étais à l'Acclameur à 16 h pour me préparer à monter sur le ring », rappelle le sociétaire du CL Niort, bien décidé à se faire un nom dans une catégorie peu médiatisée (super-légers). « Gagner ce premier combat permet de libérer la soupape mais je sais que j'ai encore tout à prouver », tempère Pierre Morange dans le calme du vestiaire, encore tout excité de la montée d'adrénaline ressentie sur le ring. « Maintenant, je veux faire beaucoup de combats très vite, trois ou quatre avant la fin de l'année, pour ensuite tenter une compétition officielle en 2017 », ajoute-t-il. A le voir courir partout juste après sa descente du ring, on se dit que ce garçon qui vient de passer dix ans dans la marine avant d'entamer le mois prochain une formation de frigoriste, est un homme heureux. Il nous fait pourtant comprendre en quelques mots pudiques que tout n'est pas aussi simple dans sa vie, et que la boxe, avec l'entraînement drastique auquel il s'astreint, l'aide à évacuer le trop plein de tension, et à vivre, tout simplement. « La boxe me fait oublier certaines réalités difficiles à vivre et m'a bien canalisé », lâche-t-il en guise de conclusion, avant d'aller fêter comme il se doit ces débuts réussis dont on attend la suite avec curiosité. Car ce n'est qu'un combat, continuons le début, comme disait le regretté Coluche.
 
Par Philippe Jounier
 
Source : La Nouvelle République

 

 

 

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