Souleymane Cissokho Le Magnifique

Le 10 septembre, à Roland-Garros, le Français (14 v) a aisément conservé son titre WBA intercontinental des super-welters en surclassant le Russe Ismaïl Iliev (13 v, 1 n, 2 d), contraint à l’abandon à l’appel de la cinquième reprise.

Fin stratège, celui qui fut le glorieux capitaine de la Team Solide n’ignorait pas ce qui l’attendait à l’heure de monter sur le ring installé sur le court Philippe Chatrier. En l’occurrence, un rival qui ne lâcherait rien à force d’avancer et de mettre la pression tout en débitant des coups à n’en plus finir. Simple, usant à la longue mais pas le moins du monde inquiétant pour le si fluide et élégant duelliste qu’est le Francilien. Savoir qu’il allait devoir en découdre en reculant l’essentiel du temps n’était pas fait pour l’angoisser.
D’ailleurs, il en accepta l’augure de bonne grâce, sa vista et sa panoplie technique alliées à une vitesse d’exécution supersonique lui permettant, dès l’entame, de marquer son territoire et d’être maître des débats. Certes, en enclenchant fréquemment la marche arrière ou en tournant mais, surtout, en touchant sous tous les angles avec une variété et une précision qui viraient rapidement à la démonstration. Crochets, directs, jabs, combinaisons subtiles, uppercuts chirurgicaux… : le récital était un régal pour les yeux.

« Maintenant, j’ai envie d’aller plus haut »

Le visiteur avait l’immense mérite de ne pas renoncer et de demeurer fidèle à sa stratégie. Cent fois sur le métier, il remettait son ouvrage mais faire le forcing de la sorte était peine perdue car il pourchassait une ombre qui le mettait systématiquement dans le vent avant de le crucifier d’une droite d’école et pleine face à la fin du quatrième round. Envoyé au tapis, compté et sonné, le pugiliste venu du froid repartait au front avec une louable abnégation avant que le gong ne retentisse comme une délivrance. Cependant, la minute de repos s’avérait trop courte pour qu’il récupérasse autant qu’il lui eut fallu, si bien qu’il se résolut à arrêter là les frais.
Souleymane Cissokho pouvait avoir le sourire et revendiquer une ambition décuplée : « J’ai effectué le combat que je voulais. Je savais que je pouvais le toucher avec la droite. Ismaïl Iliev est dur au mal. Il m’a fait progresser. Je me suis fait plaisir et j’ai kiffé. C’est ce que je voulais. Maintenant, j’ai envie d’aller plus haut et de pendre un boxeur qui figure dans le top dix mondial. Pour moi, c’est très important. »