Nouveau nom et nouvelle ère pour l’AIBA

La fédération internationale a décidé de changer d’appellation et de sigle. L’AIBA (pour Association internationale de boxe amateur ) devient l’IBA (pour International boxing association). Une modification patronymique qui s’accompagne d’une refonte de sa gouvernance.

Lasse d’être dans le collimateur du Comité international olympique (CIO), la désormais ex-AIBA a décidé de revoir son mode de fonctionnement pour tendre vers davantage de rigueur et de probité. A cette fin, son congrès extraordinaire a voté, début décembre, la création d’une unité indépendante, dite d’intégrité, qui entrera en action dès 2022. Par ailleurs, le Conseil d’administration de l’IBA aura une configuration réduite et passera de vingt-huit à dix-huit membres au lendemain des élections prévues d’ici le 30 juin. Sans compter l’instauration de critères stricts d’éligibilité des candidats désireux de siéger au CA, le tout étant assorti d’une procédure de contrôle.

Et comme nous sommes dans une période où la communication est plus que jamais cruciale, l’instance va se doter d’une identité visuelle dans l’ère du temps. Elle est censée la rendre plus attractive sur le plan commercial. « Nous faisons bien plus qu’apporter des améliorations importantes à notre gouvernance. Nous changeons toute notre culture de manière durable. La nouvelle IBA est prête à servir les boxeurs d’aujourd’hui et de demain ainsi que tous ceux qui les soutiennent. Nous avons jeté les bases d’un avenir stable. Nous sommes prêts à atteindre de nouveaux sommets. Nous avons tiré le meilleur de notre riche histoire pour créer une nouvelle Association internationale de boxe. Anciennes valeurs mais nouvelles façons de travailler », a commenté le Russe Umar Kremlev, Président de l’IBA.

« Commencer une nouvelle ère propre pour la boxe »

Illustration du propos avec les juges-arbitres de l’AIBA qui devront se plier à une démarche de recertification. « Nous avons commencé ce travail pour nous assurer que nos juges et nos arbitres sont justes et objectifs, a expliqué Umar Kremlev. Nous avons une nouvelle approche de l’intégrité sportive. Nous devons réformer notre système d’arbitrage et de jugement. Lors de nos récents championnats du monde masculins, à Belgrade, nous avons commencé à régler nos problèmes. Nous sommes pleinement déterminés à commencer une nouvelle ère propre pour la boxe. »

Umar Kremlev a également assuré que l’AIBA avait retrouvé une situation comptable saine et n’était plus grevée par un passif : « J’avais promis, avant mon élection, que toutes les dettes seraient effacées. Cela fait, nous pouvons désormais fournir à nos membres un soutien financier pour le développement de la boxe dans le monde. »

La boxe rayée de la liste des disciplines au programme des JO de 2028

Reste que la défiance du CIO à l’égard du noble art demeure plus que jamais de mise. Si ce dernier sera bien présent aux Jeux de Paris, en 2024, rien n’est acquis pour ceux de Los Angeles, en 2028. En effet, la boxe ainsi que l’haltérophilie et le pentathlon moderne ont d’ores et déjà été rayés de la liste des vingt-huit disciplines qui feront automatiquement partie du programme des JO de Los Angeles. Ils seront remplacés par le skate-board, l’escalade et le surf, davantage dans l’ère du temps et tournés vers la jeunesse.

Cependant, tout n’est pas encore perdu. Certes, le CIO a suspendu sa reconnaissance de l’AIBA, son Président, Thomas Bach pointant de « grands problèmes de gouvernance », au point de « surveiller la situation de très près ». Pour que la chose pugilistique soit réintégrée à l’affiche des Jeux, dans sept ans, l’IBA devra montrer patte blanche. En somme, apporter la preuve qu’elle ne recèle plus aucune zone d’ombre, qu’il s’agisse des décisions actées en interne et, bien sûr, des verdicts rendus sur le ring. Une chemin vers la transparence aux allures de sauve conduit.