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Boxe professionnelle

Implacable Ségolène Lefebvre

Boxe professionnelle
Le 30 Avril 2018

 

Le 28 avril, à Douai, devant son public, Ségolène Lefebvre (10 v) a aisément conservé son titre WBF des super-coqs en dominant, aux points, à l’unanimité des juges (96-94, 97-93, 98-92), l’Uruguayenne Gabriela Bouvier (13 v, 1 n, 9 d). Vivement la suite !
 
 
En ancienne championne de France amateur, la Nordiste débutait les hostilités comme il le fallait : avec un bras avant d’école, des mains bien hautes, histoire d’assurer les blocages et de la précision dans les remises en crochets courts. Impassible, ne montrant aucune impatience de mauvais aloi, elle soignait les préparations d’attaque en prenant soin de ne déclencher qu’une fois à bonne distance. Du travail bien fait mais qui nécessitait un peu d’emballement. C’est pourquoi Robert Pantigny demandait à son élève d’accélérer, en particulier à chaque fin de round. Supérieure techniquement, la Tricolore prenait en outre de vitesse sa rivale grâce à sa fluidité gestuelle et à son coup d’œil. Dès qu’elle voyait l’ouverture, elle touchait à l’oreille, derrière la garde de la Sud-Américaine. Extrêmement fine dans sa boxe, la tenante était en outre très mobile. Capable de frapper en tournant, en particulier en délivrant des jabs, elle veillait à ne pas rester dans l’axe de son opposante et à ne jamais se laisser enfermer.
 
 
A la mi-combat, sa prestation virait parfois à la démonstration même si, à l’image de Brahim Asloum qui l’encourageait, le public souhaitait qu’elle mette davantage de rythme. Si l’intensité des échanges était somme toute assez monocorde, ils étaient systématiquement en faveur de la Française. Un sens unique dont était en grande partie responsable l’infortunée Gabriela Bouvier dont la vaillance et le relatif entrain ne masquaient pas les carences. En effet, les offensives de la challenger étaient pour le moins téléphonées. Lente, négligeant le travail de feinte, elle ne visait que le bras de fer de près avec l’espoir de toucher à la face. Un manque notoire d’élaboration qui ne trompait aucunement la vigilance de la sociétaire du Douai Boxing Club.
 
« Elle est belle sur le ring »
 
Forte de ses acquis et de son ascendant, la championne du monde était sommée par Brahim Asloum d’enfin « s’amuser ». Cependant, très concentrée, voulant à tout prix éviter toute faute de concentration fatale, Majestic Lefebvre ne mettait pas le feu sur le ring et s’en tenait à son application sans faille, certes ponctuée de gestes de classe. Les juges appréciaient sa très solide performance et lui accordaient une victoire que la visiteuse n’avait jamais été en mesure de lui contester.
De quoi s’attirer les louanges de Brahim Asloum : « J’ai trouvé que Ségolène a fait preuve d’une confiance en elle impressionnante. Elle est belle sur le ring. On sent qu’elle a une aisance. Elle se déplace intelligemment. Tout est précis et bien calculé. Elle n’a pas pris de risque et a maîtrisé son sujet en faisant douter son adversaire. Elle a mené le combat du début à la fin sans commettre d’erreur. Je suis content de l’avoir fait découvrir à un maximum de monde. C’est une championne qu’il faut suivre. »
 
 
Alexandre Terrini
© Karim de la Plaine
 

 

 

 

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