L'infatigable Gérard Multeau

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A 80 printemps et des poussières, G. Multeau est toujours présent lorsqu’il s’agit du Noble Art à Châtellerault. Portrait d’un homme peu ordinaire.

Le président Samuel Lostis rend hommage à l'homme et l'entraîneur Gérard Multeau. Photo, Florian Delage

Toujours affublé du même survêtement bleu aux couleurs du CP Châtelleraudais, Gérard Multeau court tout le temps. Il façonne et forme les débutants, mais pas seulement. « Il inculque les valeurs fondamentales du bien vivre ensemble. Tout commence par le respect et la politesse. Apprendre à dire bonjour, merci et au revoir », rappelle le président du CPC Samuel Lostis, ancien boxeur pro. Il a été le mentor de professionnels dont les noms résonnent encore entre les cordes. Les Lostis, donc, Kerzazi, Mothie ou encore Monshipour. Tous reconnaissent en l'homme sa technicité et son affection indéfectible envers ce sport. Depuis plus d'un demi-siècle, ce passionné du Noble Art suscite l'admiration. Juste avant la présentation des boxeurs samedi soir, dans les coulisses de la salle omnisports de Châtellerault, la discussion avec M. Multeau commençait. A cet instant, des adolescents tentaient d'approcher des boxeurs dans les vestiaires. « Je ne veux voir personne ici », tranchait-il. Les ados prenaient la tangente sans broncher.

"Je ne perds jamais"

Le CPC recense 80 licenciés, avec pas moins de quinze boxeuses. Un créneau leur est réservé, le jeudi soir. Au-delà de quarante pratiquants, le petite salle surchauffe. « Il m'arrive de partager les séances à deux endroits différents », soupire le technicien. Samedi soir, l'entraîneur n'affichait pas son plus large sourire : « Je ne sais pas comment je fais, je n'arrête jamais. A mon âge, ça commence à être dur. En plus, je suis déçu pour Walid (Bourass). Il devait combattre, à la place il a effectué une démonstration ». Depuis 1964, il est bénévole au club, et jamais avare pour donner de sa personne. « J'aime enseigner, j'ai toujours le petit coup d'œil qui fait la différence. Je dis quand ça ne va pas, je corrige les imperfections. Je me sens bien au contact du ring. Quand je pars en vacances, la boxe me manque », sourit-il. Juste avant l'entracte, Dominique-Raymond Renoux demandait au taulier de rejoindre Samuel Lostis sur le ring : « J'avais 20 ans lors de mon premier combat professionnel, raconte ce dernier. Nous parcourions ensemble les rues de Brest. Partout était affichée la photo de mon adversaire, je lui demandais où nous étions partis. Gérard me répondait simplement qu'il ne savait pas non plus. Ça me rassurait ». Des applaudissements saluaient l'homme autant que le prévôt, tandis qu' il s'écartait légèrement de la lumière, laissant la part belle au gala. « Je ne l'ai jamais entendu dire à un boxeur qu'il était nul. Il nous a tous protégés. Ce petit bonhomme est mon deuxième papa », concluait Samuel Lostis. La devise du Châtelleraudais est empruntée à un géant, Nelson Mandela : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends ». Respect Monsieur Multeau

Par Romuald Pena

Source : La Nouvelle République

 

 

 

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