Pourquoi les sports de combat sont-ils les exclus du déconfinement..?

La décision du Gouvernement, officialisée dans la nuit du 19 au 20 juin, de maintenir l’interdiction de pratiquer pleinement les sports de contact, exceptée pour les athlètes de haut niveau et professionnels, suscite l’incompréhension des fédérations concernées, y compris de la FF Boxe.

« Pour l’heure, la pratique des disciplines de corps à corps n’est pas possible sous leur forme codifiée et doit continuer de prendre la forme d’une pratique alternative », s’est empressé d’affirmer le ministère des Sports, samedi 20 juin, dans la matinée.

Un jugement de Salomon

La position des pouvoirs publics a des allures de jugement de Salomon. Point positif : les sportifs de haut niveau et professionnels peuvent désormais reprendre du collier et s’entraîner normalement. Ce qui signifie, pour les boxeurs et les boxeuses, la possibilité d’effectuer des mises de gants ou encore, des assauts à thème. Quant aux entraîneurs en charge des différents collectifs, ils ont, à présent, toute latitude pour organiser des stages qui ne se bornent plus à de la préparation physique et à des exercices techniques individuels dans le respect des mesures de distanciation.

Si l’élite est donc la grande bénéficiaire de cette nouvelle étape du déconfinement, il n’en va, hélas, pas de même pour la masse, autrement dit pour la quasi-totalité des adhérents de la FF Boxe. Ceux-là même qui constituent le gros du bataillon dans les clubs, lesquels sont toujours dans l’obligation de réduire la voilure en ne proposant que des formes de pratique édulcorées, conformes aux stipulations du Guide des sports à reprise différée, publié le 25 mai.

Une distinction difficile à accepter pour la FF Boxe comme, d’ailleurs, pour l’ensemble des fédérations de sports de combat et d’arts martiaux. Tout d’abord au regard des dispositions prises par les pouvoirs publics pour l’ensemble de la société, entraînant, de facto, la possibilité de contacts entre les personnes. On peut citer, pêle-mêle, la réouverture des écoles et des centres commerciaux, la normalisation du trafic dans les transports en commun ou encore, la suppression progressive des restrictions dans les entreprises. Par ailleurs, les sports collectifs, eux, sont de nouveau autorisés, sachant que l’essence même de certains d’entre eux est précisément basée sur le contact, qu’il s’agisse le rugby, du football, du handball ou du hockey sur glace.

Deux poids, deux mesures

Alors oui, la FF Boxe, à l’image de la Confédération française des arts martiaux et sports de combat (CFAMSC), a le désagréable sentiment de pâtir d’une forme de deux poids, deux mesures. Le maintien prolongé à l’excès de contraintes si importantes fait peser une menace réelle sur la survie des clubs, tant pour ce qui est de leurs finances que de l’incertitude de les voir retrouver, à la rentrée, des effectifs de licenciés qui leur permettent de revenir au fonctionnement qui était le leur avant la survenue de la pandémie de coronavirus.

Si les limitations actuelles imposées par les autorités venaient à perdurer, c’est tout l’édifice de notre discipline qui viendrait à vaciller. De son côté, la Fédération serait alors confrontée à des difficultés de trésorerie faute de pouvoir s’appuyer des rentrées qui sont habituellement les siennes, en particulier, les licences et les taxes acquittées par les organisateurs de réunions pugilistiques.

Faut-il, en outre, rappeler que comme pour d’autres, la majorité des licenciés de la FF Boxe ont moins de dix-huit ans, la spécialité comptant le plus d’adeptes étant le Boxe éducative assaut (BEA). Or, celle-ci s’adresse au même public que celui qui est aujourd’hui autorisé et même obligé de revenir sur les bancs de la classe. Cherchez l’erreur… alors que de récentes études scientifiques tendent à démontrer que les enfants sont nettement moins contagieux et contaminants que leurs aînés. La FF Boxe n’ignore pas que la crise sanitaire n’est pas terminée et qu’elle réclame de chacun une vigilance de tous les instants. Néanmoins, à l’aune des périls qui guettent le noble art et d’injonctions qui ne placent pas l’ensemble des disciplines sportives sur un pied d’égalité minimal, la Fédération demande que le Gouvernement envisage, comme il s’y est engagé, à revoir « la situation (des sports de combat, N.D.L.R.) avant la rentrée de septembre ».

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