Nom de code 2S2C…

Même si les élèves du primaire et les collégiens sont censés retrouver les bancs de la classe dans une configuration proche de la normale, à compter du 22 juin, l’organisation des activités physiques et sportives en milieu scolaire demeure complexe. A cette fin, les infrastructures sportives sont susceptibles d’apporter leur concours. C’est tout le sens du dispositif 2S2C qui n’exclut nullement le noble art parmi les options possibles.

Un Protocole parti pour durer

2S2C, quèsaco ? Un acronyme qui vient préciser les contours du Protocole relatif au dispositif d’appui à la reprise scolaire « Sport, santé, culture, civisme » (2S2C) en sortie de confinement. Un programme élaboré, à destination des fédérations et des clubs, par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et par celui des Sports. On pourrait penser la chose caduque à trois semaines des vacances d’été alors que l’étau du déconfinement ne cesse de se relâcher dans l’espoir de revenir à la situation qui prévalait avant la pandémie. Il n’en est rien. D’abord, parce que l’on ne sait pas encore comment va se dérouler le retour massif à l’école et au collège et s’il sera possible de respecter dans tous les établissements les mesures de distanciation et autres gestes barrière qui demeurent en vigueur. Ensuite, parce que même si rien n’est acté, il n’est pas impossible que ledit Protocole ait vocation à perdurer en cas de deuxième vague de coronavirus ou au long cours, dans l’optique qu’une collaboration renforcée entre les acteurs du sport et ceux de l’enseignement.

Alors de quoi s’agit-il ? « L’objectif du dispositif 2S2C dans le champ sportif est d’assurer localement l’accueil des élèves sur le temps scolaire par d’autres intervenants que leurs professeurs en proposant d’encadrer une activité physique et sportive », expliquent les deux ministères concernés. Lesquels ont voulu anticiper au maximum les choses pour que l’Éducation physique et sportive (EPS) ne soit pas le laisser pour compte de la reprise d’une scolarité en présentiel  : « La progressivité de la reprise des classes doit s’effectuer en groupes réduits de quinze élèves maximum, impliquant l’intérêt de l’activité physique et sportive pour les jeunes allié au recours possible aux clubs et aux éducateurs sportifs en lien avec la communauté éducative et les collectivités locales. »

Dans quel espace ?

A cette fin, quatre types d’espace sont organisés pour accueillir les élèves :

  • le domicile pour ceux dont les parents ont souhaité le maintien chez eux ou pour les jeunes qui ne peuvent pas être accueillis ou qui doivent continuer d’être protégés ;
  • les cours à l’école devant le professeur ;
  • l’étude si la configuration de l’établissement le permet ;
  • le dispositif 2S2C en complément de l’école, si possible dans ou à côté de l’établissement scolaire.
    C’est justement dans ce dernier cas, que les clubs fédéraux sont invités à apporter leur contribution et leur savoir-faire. Sachant que « l’intervention du mouvement sportif s’inscrit dans une continuité éducative », insiste le Gouvernement. Il s’agit d’une « intervention complémentaire fondée sur les objectifs définis (…) et non en substitution de l’enseignement des professeurs d’EPS ». Pour le reste, la déclinaison du dispositif 2S2C est définie localement et de manière coordonnée avec les Inspecteurs d’académie, les directeurs des services départementaux de l’Éducation nationale, les services déconcentrés en charge du sport, les collectivités et les acteurs associatifs.

Pour quoi faire ?

Les activités proposées ont pour visées :

  • la remise en forme physique et psychologique et le lien avec l’éducation à la santé après une période de confinement ;
  • l’enrichissement de la motricité et la reconquête d’une pratique corporelle et sensorielle ;
  • la poursuite du travail engagé lors du confinement en non présentiel : apprendre à s’exercer, construire des repères et préparer la rentrée prochaine ;
  • le respect de la doctrine sanitaire et des gestes barrière au service de l’intérêt général (respect de règles communes pour tous) ;
  • l’ouverture à d’autres activités sportives pour enrichir sa culture sportive ;
  • la complémentarité avec les enseignements en matière d’éducation au civisme et à la citoyenneté, notamment la coopération, le respect des règles, le respect de soi et des autres et, d’une manière générale, des valeurs civiques véhiculées par la pratique sportive et des valeurs olympiques.

Comment faire ?

Pour cela, il convient de :

  • privilégier les pratiques extérieures en veillant à respecter la distance entre les élèves lors de chaque atelier ou activité, lors des changements d’espace de pratique, des départs d’activité ou encore, des déplacements des élèves pour y accéder. Sans compter la mise en place d’une distance importante entre les différents espaces de pratique et la systématisation des gestes barrière pour les élèves ainsi que le nettoyage du matériel entre chaque utilisation tout en privilégiant l’usage de matériel individuel ;
  • choisir des activités permettant aux élèves de se détendre dans un contexte particulier, au travers de modalités de pratique individuelle mais qui n’empêchent pas les challenges et les situations ludiques ;
  • favoriser les activités individuelles et éviter les sports collectifs.

A noter que l’organisation de ces activités par les clubs s’appuie obligatoirement sur les guides fédéraux de reprise des activités sportives adaptées aux règles de distanciation sociale et à la doctrine sanitaire établie par le ministère des Sports. Par ailleurs, les associations sportives qui s’impliquent doivent proposer une activité sportive adaptée à la demande de la collectivité et des enseignants ainsi qu’au public visé, conformément aux horaires et aux contraintes imposés par la collectivité et l’établissement scolaire.

Et la boxe dans tout ça ?

Pareil cahier des charges ne bannit nullement de facto la discipline chère au marquis de Queensberry, même à l’heure où l’Exécutif n’a toujours pas rétabli le droit de s’adonner aux sports de contact et de combat dans leur acception pleine et entière.
En effet, la FF Boxe a élaboré un référentiel précisant les conditions dans lesquelles il est possible d’envisager l’activité pugilistique en milieu scolaire dans un souci de sécurisation maximale. Il comporte des mesures sanitaires (utilisation de bouteilles d’eau ou de gourdes personnelles, présence d’un point d’eau avec du savon et/ou du gel hydroalcoolique, mise à disposition de serviettes en papier et de poubelles avec sac, prise de température de l’éducateur, désinfection minutieuse du matériel…). Par ailleurs, il préconise d’adapter le nombre de personnes accueillies en fonction de l’espace utilisé. Quant au contenu des séances proposées, il doit privilégier les jeux de découverte de l’activité en respectant la distanciation sociale ainsi que les animations sans touche ni frappe (jeux de coordination, d’adresse, de motricité…).
En somme, exactement, ce qu’attend le Gouvernement. Les clubs de la FF Boxe n’ont plus qu’à s’approprier la démarche et à s’y investir en contactant les écoles et collèges situés à proximité de leur siège.