Des vacances apprenantes gant au poing

La pandémie de coronavirus ajoutée aux inégalités sociales vont avoir une conséquence fâcheuse : majorer le nombre de jeunes qui seront dans l’impossibilité de partir cet été. Néanmoins, pour agrémenter cette période, le Gouvernement a mis en place le dispositif des Vacances apprenantes auxquels les clubs de boxe sont conviés à participer.

Environ un enfant sur trois : c’est, en période dite normale, la proportion de ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir se changer les idées en changeant d’air en juillet ou en août. Cette année, pour causes de Covid-19, de paupérisation accrue de certaines catégories sociales et de fermeture des frontières, la part des jeunes qui ne pourront pas aller en vacances a de fortes chances d’être supérieure, notamment dans les Quartiers prioritaires de la ville (QPV). Afin de compenser quelque peu cette injustice, les pouvoirs publics entendent « faire de cet été, avec les collectivités et les associations, une période de découverte, apprenante et solidaire pour tous les enfants que la crise aura pu fragiliser ». C’est là le leitmotiv des Vacances apprenantes avec, en toile de fond, un double objectif. Pédagogique, d’abord, « en luttant contre les retards qui ont pu s’accumuler pendant la période de confinement et les risques de décrochage » ; social ensuite « en permettant aux enfants de vivre des moments enrichissants pendant leur été ». Au programme donc, l’acquisition des savoirs fondamentaux dans le cadre de remises à niveau, la réhabilitation du vivre ensemble malmené par le confinement et la déscolarisation de ces dernières semaines mais aussi la pratique d’Activités physiques et sportives (APS) pour se défouler et retrouver une hygiène de vie forcément bénéfique.

Les clubs de boxe invités à se montrer proactifs dans le cadre d’appels à projets

Parmi les différentes déclinaison des Vacances apprenantes, l’une d’elles fait plus particulièrement la part belle aux APS. En l’occurrence, l’École ouverte qui consiste, comme son nom l’indique, à ne pas fermer, dans la première quinzaine de juillet et la dernière du mois d’août, les écoles primaires, les collèges et les lycées, en particulier professionnels. Un continuum laissé à l’initiative des chefs d’établissement dans le but de proposer aux élèves du renforcement scolaire le matin et des activités culturelles ou sportives l’après-midi.

Précisément, pour ce qui concerne ces dernières, les clubs de sport et donc de boxe sont invités à se montrer proactifs dans le cadre d’appels à projets. Et il n’est pas trop tard pour ce faire ! A eux de formaliser des initiations à leur discipline qui soient adaptées à ce type de public et au milieu scolaire. Quitte à, dès le départ, associer en amont à leur réflexion des professeurs d’Éducation physique et sportive (EPS) des écoles, collèges et lycées environnants auxquels ils entendent prioritairement s’adresser. Une fois ceci fait, ils doivent prendre contact avec le rectorat ou l’Académie de leur ressort territorial afin de déposer leur programme sur une plate-forme dédiée à laquelle ont accès l’ensemble les directeurs d’établissement. Ceux-ci ont l’opportunité de sélectionner les projets qui leur semblent les plus intéressants et pertinents au regard du contexte qui leur est propre. Puis, ils se mettent en relation avec les associations qui en sont à l’origine afin d’examiner avec elles les conditions de leur mise en place sur le terrain. A noter que les clubs ont la possibilité d’être rémunérés pour cette prestation.

Une formule suffisante pour faire découvrir l’attrait de la chose pugilistique

Pour ce qui est de la boxe, ce n’est pas parce que la pratique pleine et entière des sports de combat n’a encore pas été autorisée (sauf pour les athlètes de haut niveau et professionnels), qu’elle est exclue des Vacances apprenantes et de l’École ouverte. Et ce, d’autant, que la FF Boxe a pris soin d’élaborer un référentiel précisant les conditions dans lesquelles il est possible d’envisager l’activité pugilistique en milieu scolaire dans un souci de sécurisation maximale. Il comporte des mesures sanitaires (utilisation de bouteilles d’eau ou de gourdes personnelles, présence d’un point d’eau avec du savon et/ou du gel hydroalcoolique, mise à disposition de serviettes en papier et de poubelles avec sac, prise de température de l’éducateur, désinfection minutieuse du matériel…). Par ailleurs, il préconise d’adapter le nombre de personnes accueillies en fonction de l’espace utilisé. Quant au contenu des séances, il doit privilégier les jeux de découverte de l’activité en respectant la distanciation sociale ainsi que les animations sans touche ni frappe (jeux de coordination, d’adresse, de motricité…). Un canevas qui s’intègre lui-même dans le Guide des sports à reprise différée, publié le 25 mai, lequel s’applique toujours. Il prévoit, pour chaque discipline, des modalités restrictives. Concernant le noble art, il prohibe tout contact et est axé sur trois thématiques complémentaires (le renforcement musculaire, l’amélioration des capacités cardio-ventilatoires et la technique). Une formule certes réduite mais amplement suffisante pour faire découvrir, sous le soleil, l’attrait de la chose pugilistique aux élèves.

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