Jean-Philippe Lustyk : « L’idée majeure était de raconter vingt-neuf combats »

Sa voix est sa marque de fabrique sur toutes les chaînes de télévision pour lesquelles il commente le noble art. Mais Jean-Philippe Lustyk est aussi un journaliste qui aime les mots couchés sur des pages comme en atteste son dernier ouvrage, « Le grand livre de la boxe »1.

Question un peu provocante : pourquoi encore un livre sur l’histoire de la boxe ?

Je n’avais pas le projet de l’écrire, sachant que c’est un investissement personnel, aussi bien en temps qu’intellectuellement. Mais je me suis laissé séduire par les éditeurs de Marabout qui sont passionnés par la boxe. J’ai senti chez eux une ambition. A partir de là, nous avons réfléchi à ce qu’il serait possible de faire qui soit différent de ce qui existe déjà. L’idée majeure était de raconter vingt-neuf combats, à chaque fois sur une double page. On sait, en effet, que la boxe, quelle que soit sa période historique, ce sont des face-à-face avec une histoire, un lieu, des palmarès etc. Ce sont ces duels que j’ai voulu mettre en valeur tout au long de l’ouvrage, ce qui, à ma connaissance, n’existe dans aucun autre livre de boxe paru en France. C’est avant tout en cela que celui-ci est original. La maquette l’est tout autant, avec une couleur dominante, le jaune et non pas, comme traditionnellement, le rouge qui est fréquemment choisi parce que c’est la couleur du sang mais aussi, souvent, des gants.

S’agit-il d’une encyclopédie du noble art ?

Oui et non. Oui parce que je pense que le livre comporte les éléments majeurs de l’Histoire de ce sport. Non parce que je n’ai pas la prétention d’avoir écrit un ouvrage dans lequel on trouverait tout sur la boxe. Cela eut été possible mais eut nécessité un travail de plusieurs années avec, à la clef, plusieurs tomes et un bon millier de pages. Cependant, je ne pense pas que c’eut été la démarche la plus pertinente vis-à-vis du lecteur. Le but était plutôt de lui donner à voir l’essentiel de la discipline. Et puis, j’ai voulu faire un livre personnel dans la mesure où 30 % de son contenu porte sur les trente dernières années et sur des évènements que, pour la plupart, j’ai vécus en tant que journaliste. J’en ai été le témoin et, pour chacun d’eux, j’avais constitué un dossier que j’avais précieusement conservé.

« Il était essentiel de replacer la boxe dans son temps »

Il y a aussi la volonté, comme en atteste les titre des chapitres (« La Belle Époque », « La Grande Dépression », « Les années Reagan », « On a marché la Lune »…), de toujours rattacher l’histoire de la boxe à l’Histoire tout court…

La boxe a notamment été le sport majeur des années vingt puis des années cinquante. Certes, mon ambition n’était pas d’écrire un essai de sociologie. En revanche, il était essentiel de replacer la boxe dans son temps, sachant que le livre est divisé en huit périodes qui sont aussi, à mon sens, autant de périodes-clefs de l’histoire de la société.

Enfin, vous avez fait le choix de ne pas évoquer les drames survenus sur les rings…

J’y ai, dans un premier temps, pensé mais cela est vite sorti de mon esprit car la boxe se suffit à elle-même. Il y a ce danger qui rode en permanence. On le voit avec ces visages abimés et la violence des combats. On se doute que lorsque deux hommes ou femmes s’affrontent sur un ring, il peut y avoir des dégâts. Il ne m’a pas semblé nécessaire d’insister sur la tragédie inhérente à la boxe, laquelle est un sport sombre avec de la lumière.

1 « Le grand livre de la boxe », Jean-Philippe Lustyk, 256 pages, 35 euros.

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