Samuel Kistohurry échoue au pied du mur

Visiblement émoussé, l’Aquitain (-57 kg) s’est incliné en finale du TQO continental face au Russe Albert Batyrgaziev. Ce qui ne retire rien à son remarquable parcours ni à ses légitimes ambitions olympiques.

Le Français avait fort à faire devant le fausse garde Russe qui a parallèlement entamé une carrière chez les professionnels où il compte trois victoires avant la limite. Mais si, sur le papier, il en faut nettement plus pour impressionner le Girondin, ce dernier peinait à prendre les débats à son compte. Pourtant, pareille épreuve de force correspondait à ses préférences dans le carré magique, lui qui est toujours à son aise quand il faut aller à la bagarre… en bon ordre. Mais on comprit rapidement qu’il manquait de tonus, de ce supplément d’énergie qui est, en temps normal, le sien et qui lui permet de hacher menu ses contradicteurs.

Là, ce n’était, hélas, pas le cas. Non pas qu’il subissait mais il ne dominait pas franchement. En outre, il lui arrivait d’encaisser des gauches de son rival en fin d’échanges. Albert Batyrgaziev, tel un métronome, débitait consciencieusement et ne lâchait pas le morceau. Sa boxe ne confinait pas au génie mais elle était suffisamment efficace et sobre pour engranger les touches synonymes de victoire logique.

« C’est mieux que je perde maintenant qu’aux Jeux »

« Samuel n’a pas été suffisamment régulier dans ses actions. Il a eu du mal à mettre en place la stratégie qui était prévue, admettait l’entraîneur national Mohamed Boulakhras. Il aurait dû être plus explosif, décaler davantage et mieux varier les cibles. A sa décharge, il était vraiment fatigué car il sortait d’une période marquée par une charge de travail importante. Ce sont des choses difficilement contrôlables. »

« Je n’avais plus de jus. Physiquement, j’ai un peu tiré sur la machine. C’est comme ça, commentait, un brin fataliste, le Tricolore. Le Russe donnait des coups, certains passaient et moi, je ne répondais pas trop. J’étais tellement concentré sur le fait de remporter la médaille d’or et que cela faisait un an et demi que je n’avais pas perdu que je me suis un peu crispé en misant sur des coups forts. C’est une déception même si je suis très content d’être arrivé jusque-là. C’est mieux que je perde maintenant qu’aux Jeux où je viserai la médaille d’or. »